02 juillet 2009

Socialisme fiction: files d’attente en vue

par Gilles Guénette

Caisse_file Canoë.com: Malgré tous les efforts des hôpitaux, des centaines de lits seront fermés cet été. Au total, pas moins de 650 lits seront fermés à Montréal et en Montérégie durant l'été, faute de personnel, de financement ou encore en raison de travaux d'importance. À Montréal, 471 lits seront fermés pour la période estivale, soit 17 de plus que l'an dernier. Le CHUM est l'hôpital qui fait le plus piètre figure avec pas moins de 117 lits fermés durant la période estivale. «Le CHUM a des difficultés. Ils ont une importante pénurie de personnel et des travaux», explique Louise Massicotte, directrice générale adjointe de l'Agence de la santé de Montréal. […] L'Hôpital de Lachine est celui qui aura le plus petit pourcentage de lits ouverts avec 60%. À l'Agence, on explique que l'établissement recommence à rouler à plein régime après des années de services au ralenti. «Il y aura aussi des rénovations qui seront faites à cet endroit», indique la directrice générale adjointe. […] Ces fermetures dureront entre 70 et 112 jours selon les hôpitaux.

Depuis toujours les pénuries sont le propre des systèmes publics. Imaginons que Québec nationalise l’offre de supermarchés sur tout son territoire, histoire de maximiser l’impact de ses campagnes d’«achat chez nous» et de gérer plus efficacement l’offre alimentaire…

Canoë.com: Malgré tous les efforts des supermarchés, des centaines de caisses seront fermées cet été. Au total, pas moins de 650 caisses seront fermées à Montréal et en Montérégie durant l'été, faute de personnel, de financement ou encore en raison de travaux d'importance. À Montréal, 471 caisses seront fermées pour la période estivale, soit 17 de plus que l'an dernier. Métro-Québec est la bannière qui fait le plus piètre figure avec pas moins de 117 caisses fermées durant la période estivale. «Métro-Québec a des difficultés. Ils ont une importante pénurie de personnel et des travaux», explique Louise Massicotte, directrice générale adjointe de l'Agence de l’approvisionnement alimentaire de la grande région de Montréal. […] Le supermarché de Lachine est celui qui aura le plus petit pourcentage de caisses ouvertes avec 60%. À l'Agence, on explique que l'établissement recommence à rouler à plein régime après des années de services au ralenti. «Il y aura aussi des rénovations qui seront faites à cet endroit», indique la directrice générale adjointe. […] Ces fermetures dureront entre 70 et 112 jours selon les supermarchés.

01 juillet 2009

Le Blogue du QL dans le Top des blogs qui buzzent

Buzz Je ne suis pas un gros fan des concours de popularité et palmarès de blogues mais bon, puisque nous avons reçu une distinction, aussi bien faire un peu d'autopromotion et la mentionner!

Le site participatif du groupe Le Monde Interactif en France, lepost.fr, publie régulièrement un «Top des blogs francophones qui ont le plus gagné en influence». Ce palmarès, intitulé les Big Buzz Blogs, se base sur l'évolution du nombre de commentaires et de liens entrants sur les 20 derniers billets.

Ce mois-ci, les blogues sélectionnés sont dans la catégorie Politique et Société. Le Blogue du QL arrive en 5e position. Une courte entrevue que j'ai donnée à la journaliste de lepost.fr accompagne la descrition. Un autre blogue libertarien, Objectif Liberté, animé par le Français Vincent Bénard, se classe au 9e rang.

MM

Le fil de discussion libre de juillet

Fleches5 Vous avez une courte analyse libertarienne à proposer sur un sujet d'actualité? Une information à transmettre à l'ensemble des lecteurs? Une question à poser à un collaborateur du QL ou à un autre intervenant sur le blogue? Un commentaire quelconque à soumettre qui ne cadre pas dans les fils de discussion des autres billets? Ce fil de discussion libre est l'endroit pour le faire.

Notez bien que les interventions doivent avoir une pertinence d'un point de vue libertarien québécois et que les commentaires qui n'ont vraiment rien à voir de même que les échanges purement personnels seront effacés. Dans ce fil comme dans les autres, il faut toujours garder à l'esprit qu'on ne s'adresse pas uniquement à un interlocuteur, mais aux milliers de visiteurs qui nous liront demain ou dans cinq ans.

Éducation: toujours moins d’efforts, toujours plus cher

par Gilles Guénette

Effort C’est connu, les bureaucrates du ministère de l’Éducation du Québec font tout en leur pouvoir pour que les élèves de la province aient le moins possible besoin de se dépasser – il ne faut surtout pas que nos p’tits se sentent rejetés ou qu’ils aient une mauvaise estime de soi. Ainsi, on apprend que le zéro a été banni du bulletin provincial. À la commission scolaire de la Capitale par exemple, la plus basse note possible, qui correspond à la lettre E, est 24%. «Ça n'a pas de bon sens!, de dire la présidente du Syndicat de l'enseignement des Deux Rives, Mme Andrée Turbide. Les élèves disent aux profs: “Ça ne dérange pas, même si j'écris rien dans mon examen, je vais avoir 32%.”» Aberrant? Peut-être. Mais pensez aux p’tits: ils vont se sentir tellement mieux. Dans la capitale mondiale du festival qu’est le Québec, tout le monde «a le droit» de se sentir bien.

Nos élèves sont tellement dorlotés que lorsqu’ils se rapprochent de l’âge adulte – ou qu’ils l’atteignent –, ils sont persuadés que tout leur est dû. Ça donne des situations comme celle où un certain Marc-André Lacasse, étudiant à la maîtrise en mathématiques à l'Université de Montréal, se dit outré par les frais de rédaction que lui facture l’établissement. Ceux-ci ont grimpé à 337$ aux trimestres d'automne et d'hiver et à 349,50$ à l'été 2009. Une augmentation de 37,50$ en un an. Wow. Trente-sept dollars et cinquante cents de plus par année. Ce n’est même pas le prix d’un t-shirt et il proteste. Sans doute se plaint-il pour les autres, au nom des plus démunis. Comme disait l’autre, «les étudiants se payent des iPods, des iPhones, et tout le bataclan, et ils ne sont même pas foutus d’investir quelques cents par année dans leur éducation!» – c’est vrai qu’elle ne vaut plus grand-chose, mais bon…

Peut-être que si on les payait, les étudiants chialeraient moins! Hein? Eh oui, selon un sondage réalisé pour le compte de La Presse par la firme Angus Reid, «pour près de la moitié des Québécois qui ont des enfants dans le système scolaire ou qui fréquentent eux-mêmes des institutions scolaires, une bonne solution pour lutter contre le décrochage serait de rémunérer les élèves pour leur présence et leurs bons résultats. Les répondants qui n'ont pas de lien avec les institutions scolaires sont un peu moins enthousiastes envers cette initiative, qu'ils n'appuient qu'à 43%.» Imaginez. La prochaine étape est de payer les enfants pour qu’ils gardent la forme! Les «débordants de générosité» qui trouvent l’idée bonne devraient payer leurs enfants avec leur argent et nous laisser tranquilles. Mais, encore une fois, dans la capitale mondiale du festival, les dépenses doivent être réparties «équitablement», donc «collectivement».

Avec toutes ces idées brillantes, et malgré le fait que 490,2 millions $ aient été ajoutés au budget de l’éducation en 2009-2010 pour couvrir la hausse des coûts et poursuivre la lutte contre le décrochage scolaire, le Québec demeure l’une des provinces canadiennes où les jeunes décrochent le plus, avec un taux de 31%. Si la tendance se maintient, la Belle Province sera bientôt la pire province du pays. En tout cas, les do-gooders sociaux et les bureaucrates du ministère y travaillent fort!

11 juin 2009

Déménagement

Comme nous déménageons dans les prochains jours de Montréal à Stanbridge East, le blogue sera probablement inactif pour au moins une semaine. Le Québécois Libre sera publié comme à l'habitude le 15. À très bientôt,

Martin Masse
Gilles Guénette

07 juin 2009

Lecture: Jesús Huerta de Soto et l'école autrichienne

par Martin Masse

Desoto1 Jesús Huerta de Soto, qui enseigne aux universités Complutense et Juan Carlos à Madrid, est l'un des économistes les plus dynamiques de l'école autrichienne. Même si son influence se fait particulièrement sentir dans le monde hispanophone, il écrit également en anglais.

L'année dernière, il a publié un excellent petit livre d'introduction à la théorie autrichienne intitulé The Austrian School. Market Order and Entrepreneurial Creativity. En moins de 130 pages (incluant la bibliographie et l'index), il fait un tour d'horizon des principaux enseignements de cette école.

Dans l'introduction, il présente tout d'abord les principes essentiels qui distinguent l'approche autrichienne de celle des économistes néoclassiques qui dominent la discipline: le subjectivisme autrichien versus l'objectivisme néoclassique, l'entrepreneur autrichien versus l'homo economicus néoclassique, le processus de coordination autrichien versus les modèles d'équilibre néoclassiques, le formalisme verbal autrichien versus le formalisme mathématique néoclassique, etc. Cette introduction correspond en fait presque mot pour mot à un article de l'auteur publié il y a une décennie, que j'avais traduit et publié dans le QL en 2000.

Puis, il consacre une série de chapitres à des thèmes particuliers en les rattachant à quelques-uns des grands penseurs de la tradition autrichienne, tout en y intégrant une foule d'information sur l'histoire de la pensée économique et celle de l'école autrichienne: Böhm-Bawerk et la théorie du capital, Mises et la conception dynamique du marché, Hayek et l'ordre spontanée, etc.

Lire la suite "Lecture: Jesús Huerta de Soto et l'école autrichienne" »

05 juin 2009

Tax Freedom day 2009 (le grand jour approche!)

Selon l'Institut Fraser, «le Québec est l'une des dernières provinces canadiennes à atteindre la journée d'affranchissement de l'impôt» cette année. La journée d'affranchissement de l'impôt est le moment de l'année où la famille québécoise moyenne a gagné suffisamment d'argent pour payer les impôts prélevés par tous les ordres de gouvernement. Si les Québécois devaient payer tous leurs impôts d'avance, il faudrait qu'ils remettent aux gouvernements chaque dollar gagné avant le 12 juin cette année. «Le fardeau fiscal des Québécois est parmi les plus lourds au Canada, souligne Niels Veldhuis, directeur des études fiscales à l'Institut Fraser. En Ontario, par exemple, les contribuables célèbrent la journée d'affranchissement de l'impôt 11 jours avant ceux du Québec» – soit le 1er juin.

Parmi toutes les provinces canadiennes, l’Alberta est la première à atteindre la journée d’affranchissement de l’impôt (16 mai), suivie par le Nouveau-Brunswick (31 mai) et l’Ontario (1er juin). Viennent ensuite l’Île-du-Prince-Édouard (3 juin), le Manitoba (7 juin), la Colombie-Britannique (8 juin), la Nouvelle-Écosse (11 juin), le Québec (12 juin) et Terre-Neuve-et-Labrador (16 juin). La Saskatchewan est la dernière à atteindre la journée d’affranchissement de l’impôt (20 juin).

Plus qu'une semaine avant d'être entièrement libres! En attendant, histoire de patienter, vous pouvez toujours regarder cette vidéo produite pour l'occasion par l'Institut. (G.G.)

03 juin 2009

De ministre au grand coeur à mairesse au grand coeur?

par Gilles Guénette

Louise_harel Cyberpresse.ca: L'ex-ministre péquiste Louise Harel a annoncé officiellement cet après-midi qu'elle sera candidate de Vision Montréal à la mairie de Montréal. Mme Harel a tenu un point de presse avec le chef de Vision Montréal, Benoit Labonté, dans le Vieux-Montréal, une heure après avoir rencontré les membres du caucus de ce parti. Louise Harel et Benoit Labonté se sont rencontrés ce matin. Leurs discussions les ont conduit à décider que Mme Harel deviendra le chef de Vision Montréal tandis que Benoit Labonté sera le numéro deux du parti, promis au poste de président du comité exécutif si Mme Harel est élue le 1er novembre prochain.

Nous avons suivi au QL les péripéties de Mme Harel au fil des ans. Surtout lorsqu’elle était ministre de l'Emploi et de la solidarité (1997-1998) puis ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole (1998-2002) – période durant laquelle elle a piloté le projet «une île, une ville» de fusion des municipalités de l'île de Montréal mis de l'avant par le maire Pierre Bourque. Et je ne peux qu’être heureux de quitter Montréal! Parce que si la tendance se maintient, comme disait l’autre, l’ex-ministre au grand coeur va coûter cher aux Montréalais! Et elle ne se fera pas prier pour donner libre court à ses idées de grandeur et à son amour pour l’ingénierie sociale. C’est qu’elle a de bonnes chances de remporter la mairie, Mme Harel! Un récent sondage lui crédite 45% des intentions de vote lorsqu'elle est opposée au maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui ne recueille que 22%...

02 juin 2009

Angela Merkel, seul chef de gouvernement qui a encore une tête sur les épaules ?

par Martin Masse

Angela-merkel Les Allemands, qui ont connu l'hyperinflation dans les années 1920 et dont la Bundesbank a été pendant longtemps la banque centrale la plus prudente et conservatrice d'Europe, sont probablement l'un des peuples les plus conscients des effets néfastes de la dépréciation de la monnaie. C'est donc sans grande surprise que l'on constate que le peu de jugeote qui se manifeste encore sur les questions monétaires en Europe vient de ce pays. Une dépêche rapporte en effet que

La chancelière allemande Angela Merkel a critiqué mardi les initiatives de diverses banques centrales pour injecter des liquidités sur le marché et appelé à «revenir à des politiques de banques centrales indépendantes».

La chancelière a fait part de son grand scepticisme face au pouvoir des banques centrales américaine et britannique, appelant à mettre fin aux mesures dites «non conventionnelles» engagées par la Réserve fédérale et la Bank of England.

Elle a aussi estimé que la Banque centrale européenne (BCE) était «sous pression» pour lancer à son tour de telles mesures, qui consistent pour les banques centrales à acheter des titres financiers afin d'injecter de l'argent frais sur le marché.

Je ne suis pas tout ce qui se dit dans tous les pays, mais à ma connaissance, au cours des derniers mois, aucun autre chef de gouvernement n'a fait de pareille déclaration. La presque totalité d'entre eux appuient aveuglément les politiques inflationnistes keynésiano-monétaristes des banques centrales. Au Canada, Stephen Harper, qui prétend avoir lu Hayek pendant ses études en économie, semble n'en avoir rien retenu. Angela Merkel est-elle la seule politicienne dans le monde à avoir encore une tête sur les épaules lorsque vient le temps de parler de questions monétaires?

Les nouveaux chiches au musée

par Gilles Guénette

Accueil_visiteurs Quelque 120 000 personnes ont pris d'assaut la trentaine de musées de la métropole qui ont ouvert leurs portes «gratuitement» dimanche dernier à l'occasion de la 23ième édition de la Journée des musées montréalais. C'est un peu moins que les 135 000 personnes qui s'étaient déplacées l'an dernier - sans doute pleuvait-il… La Journée des musées montréalais est une présentation de Quebecor (bravo!) en collaboration avec de nombreux partenaires, dont la Société de transport de Montréal, transporteur public officiel depuis 1987, qui bénéficie de l'appui des divers paliers de gouvernement, notamment du soutien financier de l'Entente sur le développement culturel de Montréal, intervenue entre la Ville de Montréal et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec. Bref, rien de bien gratuit.

Je ne comprend toujours pas l'engouement d'un tel événement. Je ne comprend pas qu'on veuille passer une journée dans des files d'attentes pour entrevoir (à travers les têtes) des expositions dans des établissements bondés. Comment expliquer que les personnes qui y participent ne soient pas prêtes à débourser quelques dollars en temps normal pour voir les mêmes expositions dans des conditions cent fois meilleures? On ne parle pas de montants faramineux. Ce que cette Journée démontre année après année, c'est que la culture n'a aucune valeur pour ces personnes. Si l'expression «nouveaux riches», apparue en France pendant l'entre-deux-guerres, était utilisée pour qualifier les personnes qui s'étaient enrichies rapidement et qui dépensaient leur argent de manière ostentatoire, il est temps de parler de «nouveaux chiches» pour qualifier ces personnes, souvent les mêmes, qui font payer leurs sorties culturelles par la collectivité.

La bureaucratie des armes à feu veut faire de Pierre Lemieux un criminel (suite)

par Yvon Dionne

Pierre_lemieux Il y a deux formes d'opposition aux lois, celle des vrais criminels et celle des objecteurs de conscience, laquelle se subdivise selon les moyens: lutte armée, désobéissance civile ou simple contestation. Pierre Lemieux a choisi la désobéissance civile (voir mon texte sur la désobéissance civile, écrit en 2003).

La grande majorité des gens sont passifs face aux nombreuses lois votées par ceux qui se disent «nos représentants». Il devient donc facile pour ces représentants de se laver les mains de toutes les intrusions dans la vie privée et contre la liberté individuelle. Nos médias serviles s'insurgent rapidement contre des lois qui resserrent le contrôle des vrais criminels mais rarement contre celles qui augmentent le contrôle de l'État sur nos choix individuels.

J'ai assisté aux audiences de la Cour du Québec où comparaissait Pierre Lemieux les 26 et 27 mai. Je réserve mes commentaires pour après le 19 juin - après avoir pris connaissance du jugement. Inutile de vendre présentement la mèche sur ce qui peut suivre. La Loi sur les armes à feu place le fardeau de la preuve sur le plaignant. La juge a refusé d'entendre les arguments de nature constitutionnelle et s'est limitée à ceux portant sur la légalité du refus d'émettre un permis.

J'étais la seule personne du public dans la salle d'audience. Aucun représentant des clubs de tir ou de leur association. Ceux-ci ont décidé de vivre avec la loi Charest (no. 9, ou Loi Anastasia) et voient leur nombre diminuer graduellement, jusqu'à l'extinction. Une fois cette loi sanctionnée par tous les partis, ils croient qu'ils n'ont plus rien à dire. Puisque les lois ne garantissent rien, combien de lois à venir?

Jeff Snyder, dans un article récemment publié sur LewRockwell.com et intitulé «Plastic People», décrit ainsi la majorité prête à se faire plumer: «If at no point will you ever openly refuse to comply with their plans when you are ordered to do so; then relax, the state is not coming for you. You are a plastic person, deforming yourself to fit into the shape that the state designs for you. You are no threat and you can be controlled because there is no one there to offer any resistance.»

Un scientifique que personne ne peut qualifier d'être «un homme de droite», Bertrand Russell, a déjà écrit: «Je pense que le plus grand danger qui nous menace [...] c'est d'être enrégimentés. Par l'effet des découvertes scientifiques, par l'effet des tendances bureaucratiques, le monde risque de se trouver organisé à tel point qu'il ne sera plus drôle du tout de l'habiter.» Nous nous dirigeons graduellement vers une telle société où la liberté devient de plus en plus un privilège octroyé par l'État et dans laquelle il n'est plus intéressant de vivre.

01 juin 2009

Geithner en Chine: autre dure journée pour "the land of the free"

par Martin Masse

La république de banane américaine sombre non seulement à vive allure dans le marasme économique mais aussi dans l'ignominie à l'échelle internationale.

Aujourd'hui, le symbole de la puissance industrielle américaine, la plus grosse compagnie au monde dans les années 1950, General Motors, a déclaré faillite et est passée sous le contrôle du gouvernement fasciste de gauche des États-Unis.

Geithner Pendant ce temps, le secrétaire au Trésor de ce gouvernement a carrément faire rire de lui en Chine. L'autre nouvelle économique de ce jour qui marquera peut-être un jalon dans l'histoire économique étatsunienne est en effet la visite de Timothy Geithner chez les plus importants créanciers des Américains, ceux qui leur permettent de continuer temporairement à vivre au-dessus de leur moyen en achetant leurs dettes et en leur vendant des produits à bon prix.

Les Chinois sont très intéressés de savoir si les politiques du gouvernement Obama ne vont pas entraîner une flambée inflationniste et une chute du billet vert, ce qui compromettrait la valeur des centaines de milliards de dollars d'obligations américaines qu'ils détiennent.

Geithner, un ex-apparatchik de la Fed de New York qui a participé à l'élaboration du plan Paulson de 700 milliards $ pour «sauver» l'économie américaine l'automne dernier, s'adressait à un auditoire d'étudiants à l'Université de Pékin, où il a lui-même étudié le chinois dans les années 1980. Selon la dépêche, il a provoqué un fou rire dans la salle lorsqu'il a tenté de les rassurer sur la valeur des investissements chinois. «Chinese assets are very safe», a-t-il déclaré.

Les partisans de la monnaie de papier, ceux qui croient dans les vertus magiques d'un moyen d'échange dont la valeur peut indéfiniment se maintenir grâce à la «confiance» qu'on lui voue, doivent commencer à avoir des sueurs froides. Quand même des étudiants chinois s'esclaffent devant l'absurdité de propos bullshiteux de la sorte, c'est que les tours de passe-passe des prestidigitateurs étatiques ne convainquent vraiment plus personne.

Aidez-nous à battre la concurrence déloyale

Ql Les étatistes contrôlent pratiquement l'ensemble des médias conventionnels. Ils ont des médias d'État (comme Radio-Canada) qui sont directement financés par l'argent des contribuables. La plupart des périodiques au Canada reçoivent également des subventions de «fonds d'aide» fédéraux ou provinciaux. En France, l'État finance maintenant directement les médias dans le cadre de son soutien aux industries «en crise». Les médias dits privés peuvent également compter indirectement sur l'apport financier du plus gros annonceur, l'État, avec sa publicité «sociétale» omniprésente. Et c'est sans compter l'impact considérable de toute la propagande produite par le système universitaire d'État, qui forme les journalistes et économistes interventionnistes, et la réglementation qui restreint la compétition sur les ondes.

Pour les illettrés économiques, la présence d'un joueur puissant au sein d'un marché libre constitue nécessairement une concurrence «déloyale» qu'il faut restreindre et encadrer par l'intervention de l'État. En réalité, si ce joueur est arrivé dans cette position par des moyens légitimes, en étant plus efficace et en répondant mieux aux besoins des consommateurs que les autres, il n'y a rien de déloyal dans cette compétition.

La véritable concurrence déloyale n'existe que lorsqu'un joueur obtient un avantage indu sur le marché en utilisant la fraude, la force ou le vol. C'est justement ce que font les étatistes. Ils forcent les citoyens à financer leurs médias. Nous n'avons pas le choix de le faire, que l'on soit d'accord ou non avec leur contenu. Chacun de nous est forcé de contribuer à Radio-Canada, au Devoir, à la Revue d'intervention sociale et communautaire, que l'on veuille ou non lire ou écouter ces organes de propagande étatiste. Leur domination vient du transfert massif de ressources et des privilèges dont ils jouissent grâce à l'intervention de l'État.

De l'autre côté, les médias comme le QL qui défendent la liberté individuelle et le libre marché ne peuvent compter que sur leurs propres moyens. Internet est un prodigieux moyens d'égaliser les chances et de contourner en partie les effets de cette concurrence déloyale. Mais les forces restent inégalement distribuées dans une proportion de 100 contre 1.

Pour le moment, vous ne pouvez pas vous abstenir de financer les médias étatistes. Mais si vous croyez qu'il faut leur opposer une véritable concurrence, vous avez le choix d'appuyer celle-ci. En vous «abonnant» volontairement au QL par un don annuel de 25$ (ou tout autre montant qui vous convient), vous faites un geste concret pour contrebalancer l'emprise des médias étatistes et permettre à une véritable diversité d'opinion de s'exprimer.


LES BONNES IDÉES NE SE RÉPANDENT PAS TOUTES SEULES
AIDEZ-NOUS À LE FAIRE


Un très grand merci aux généreux donateurs du Québec, de France et d'ailleurs dans la francophonie qui nous ont appuyés durant le mois de mai.

(À lire également: Pourquoi faire un don au QL?)

Martin Masse
Gilles Guénette

Le fil de discussion libre de juin

Fleches Vous avez une courte analyse libertarienne à proposer sur un sujet d'actualité? Une information à transmettre à l'ensemble des lecteurs? Une question à poser à un collaborateur du QL ou à un autre intervenant sur le blogue? Un commentaire quelconque à soumettre qui ne cadre pas dans les fils de discussion des autres billets? Ce fil de discussion libre est l'endroit pour le faire.

Notez bien que les interventions doivent avoir une pertinence d'un point de vue libertarien québécois et que les commentaires qui n'ont vraiment rien à voir de même que les échanges purement personnels seront effacés. Dans ce fil comme dans les autres, il faut toujours garder à l'esprit qu'on ne s'adresse pas uniquement à un interlocuteur, mais aux milliers de visiteurs qui nous liront demain ou dans cinq ans.

31 mai 2009

Déficit canadien, Dette américaine, PrudentBear

par Martin Masse

Macedoine4 Déficit canadien

On sait que je ne suis pas un fan du déficit budgétaire du gouvernement fédéral. Comme je l'ai écrit il y a quelques mois, je pense qu'en période de crise, contrairement à ce que préconisent la presque totalité des économistes illettrés économiques, un gouvernement devrait non pas augmenter mais réduire ses dépenses de façon à libérer des ressources pour le secteur privé.

Malgré cela, il faut admettre que le déficit de 50 milliards $ annoncé cette année par le ministre Flaherty (une prévision déjà à la hausse par rapport aux 34 milliards $ prévus dans le budget du printemps) est relativement modeste si on le compare à ce qui se passe dans le reste du monde et aux déficits de précédents gouvernements canadiens.

Même si je ne suis pas d'accord avec son affirmation selon laquelle un déficit correspondant à 3% du PIB «n'est pas un problème», les chiffres que donne le chroniqueur L. Ian MacDonald dans la Gazette de ce matin mettent les choses en perspective.

At $34 billion, the deficit was going to be two per cent of output. At $50 billion, it will be three per cent. That's not a problem, though it will gobble up, in one big bite, half of the $106 billion paid down on the national debt since the books were balanced in 1997.

But if you want to see a real number in terms of a deficit as a share of the economy, have a look at Washington, where the deficit is $1.75 trillion, or more than 12 per cent of GDP. That's more than the entire output of Canada, and we are still a G7 economy. But we don't have the issues confronting Barack Obama - the sub-prime housing mess, the bailout of banks, and wars to finance on two fronts. Not to mention that Obama is also the new CEO of Detroit Inc.

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Harper et le QL

par Martin Masse

Harper L'un de mes chroniqueurs préférés dans la mouvance autrichienne, Gary North, publiait cette semaine un commentaire fascinant sur la stratégie de l'Institut Mises de rendre tout son contenu, y compris les livres, accessible gratuitement sur son site Web. C'est selon lui cette stratégie, que d'autres instituts similaires tels que Foundation for Economic Education n'ont pas voulu suivre parce qu'ils s'accrochaient à la béquille du copyright, qui explique que Lew Rockwell (qui dirige l'Institut Mises et dont le site et le blogue sont parmi les sites libertariens les plus visités dans le monde) «a pris le contrôle du mouvement libertarien».

FEE's presidents from 1995 to 2008 never really understood the power of the World Wide Web. Lew Rockwell did. So did Jeff Tucker. This is why LewRockwell.com and Mises.org have a large traffic, and FEE.org doesn't. Rockwell got there first and captured the libertarian market by giving away everything. You can buy printed copies of the books Mises.org gives away. Result: Mises Institute sells more libertarian books than any other organization.

You mean that giving away a download of a book sells the book? Yes! But why? Because most book lovers suffer from what I call Picard's syndrome. Like Jean-Luc, they want to hold a book in their laps. They don't like to read a book in a 3-ring binder. They can read a chapter on-line. Then they say, "Nuts to this. I'll click a link and buy it." Print-on-demand technology lets the Mises Institute list hundreds of books in its on-line catalogue (free). Inventory problems? Nothing to speak of.

J'ai une anecdote similaire à raconter pour la petite histoire. J'en avais déjà parlé ici, à la fin des années 1990, j'ai rencontré Stephen Harper à quelques reprises à Montréal, alors qu'il dirigeait la National Citizens Coalition, un groupe de pression conservateur/libertarien. La NCC n'avait alors aucune présence au Québec et il m'avait proposé de mettre sur pied une aile québécoise à partir du site et du réseau de lecteurs du QL. Comme je l'ai écrit, des divergences stratégiques et son retour en politique ont fait en sorte que ce projet n'a pas abouti.

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30 mai 2009

L'effondrement du dollar américain - 2

par Martin Masse

La monnaie de la république de bananes américaine a connu l'une de ses pires semaines depuis des mois.

Dollar crashing and burning Ça fait déjà des années que les économistes autrichiens prédisent son effondrement, compte tenu des politiques inflationnistes de la Fed sous la gouverne d'Alan Greenspan et de Ben Bernanke, et de la précarité de cette monnaie de papier depuis son découplage final avec l'or par le président Nixon en août 1971. J'ai écrit un billet là-dessus il y a un an et demi (L'effondrement du dollar américain).

Alors que la crise économique s'amplifiait l'automne dernier, le dollar a pourtant connu un regain de force, ce qui semblait contredire cette prédiction. Les marchés financiers, qui sont composés d'individus en chair et en os qui lisent les idioties keynésiano-monétaristes de la presse financière et n'ont qu'une compréhension limitée de l'économie, avaient alors décidé de se réfugier dans cette «valeur sûre» que sont les obligations du Trésor américain. C'est leur réflexe de moutons chaque fois qu'on se retrouve en période d'incertitude à l'échelle mondiale depuis des décennies.

Cette fois cependant, le scénario ne se déroule pas de la même façon qu'à l'habitude. Depuis l'automne, le gouvernement américain et la Fed multiplient les plans de sauvetage et de relance en créant des quantités monstrueuses de faux crédit. Washington a à toutes fins pratiques nationalisé les secteurs de la finance et du prêt hypothécaire, et achève de nationaliser le secteur de l'automobile. Son déficit budgétaire atteint des niveaux inimaginables il y a à peine un an, alors qu'on se surprenait déjà des déficits gigantesques du gouvernement Bush.

La reprise par la Fed il y a deux semaines de son programme d'achats massifs (pour 300 milliards $) de bons du Trésor (ce qui signifie que la banque centrale crée de l'argent à partir de rien pour financer directement le déficit du gouvernement) a fait réfléchir les investisseurs, qui craignent de plus en plus que ces mesures ne mènent à une poussée inflationniste et à une dévaluation de la monnaie. Ce programme n'en est qu'un parmi les nombreuses interventions de la Fed, qui a acquis au cours des deux dernières années pour des centaines de milliards de dollars d'obligations hypothécaires et autres titres toxiques.

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Bisbille chez les apparatchiks censeurs du Conseil de presse

par Martin Masse

Censure La feuille de chou nationalo-étatiste nous informe ce matin que le président et le vice-président du Conseil de presse du Québec ont remis hier leur démission et que l'organisme est en crise à cause d'un manque de «consensus» entre ses composantes que sont les représentants des journalistes, des groupes de presse et du «public».

Selon le quotidien,

Le rôle et le mandat du Conseil de presse font l'objet de discussions depuis un an, et une première crise est survenue fin décembre, alors que plusieurs diffuseurs privés, dont TVA, TQS, Astral et Corus, décidaient de se retirer de l'organisme. (...) Mais c'est le rôle entier du conseil qui est remis en question. (...) Certains intervenants voudraient que le conseil se borne à intervenir sur les plaintes qu'il reçoit, alors que d'autres, dont Raymond Corriveau, veulent qu'il puisse intervenir plus largement sur la place publique, sur les questions d'éthique et d'information, comme il le faisait plus souvent ces dernières années.

Dans le contexte actuel de multiplication et de fragmentation des sources d'information, on ne se surprendra pas qu'un organisme qui cherche à régenter tout le domaine de l'information soit la proie de divisions internes. Ce qui est une excellente nouvelle. Un tel organisme a plus à voir avec le monde archaïque de l'information à l'ère pré-Internet, alors que quelques grands médias officiels contrôlaient la presque totalité de ce qui était diffusé et imprimé, qu'avec le monde d'aujourd'hui.

Les deux démissionnaires, qui nous dit-on étaient des représentants du «public», sont en réalité de typiques apparatchiks issus de ce petit monde incestueux. Le président est un professeur de communication (l'un de ceux qui forment notre très compétente et renseignée élite journalistique) à l'Université du Québec à Trois-Rivières où il enseigne au programme de «communication sociale». «M. Corriveau est très engagé dans le domaine de la communication en situation d'exception. Spécialiste de la communication dans le domaine de la santé publique, il est devenu une personne-ressource reconnue en situation de crise.» Santé publique, communication sociale, situation de crise, intervention de l'État: on connaît la game.

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29 mai 2009

Des communistes récupèrent «ce qui appartient à la communauté!»

par camarade Gilles

Squat Ils doivent bien occuper le building désaffecté à cette heure-ci. C’est que les «progressistes» du Centre social autogéré (CSA), «un projet anticapitaliste et égalitaire qui s’oppose à toute forme de domination, d’hiérarchie et d’impérialisme» – comme on peut le lire sur leur tract – ont pris d’assaut un édifice abandonné du quartier Pointe-Saint-Charles ce soir. Dans une atmosphère festive, on s’en doute.

Les squatteurs de l'organisme «décentralisé et autonome des autorités politiques, religieuses et économiques», qui semble être affilié au Comité logement Centre-Sud qui lui est affilié au Front d’action populaire en réaménagement urbain, le FRAPRU pour les intimes, ont invité la population à venir les appuyer dans leur prise de possession. J’ignore si l’appel a été entendu. Sauf qu’on peut être sûr que toute la clique de manifestants professionnels et de tapeux de tam-tam va s’être déplacée.

La prise de possession (ou réappropriation), peut-on lire sur le tract en question, est nécessaire «afin de mieux remplir la mission du centre social. Il est légitime que la population s’approprie les lieux et les bâtiments qui sont laissés à l’abandon par les capitalistes dans un but de spéculation. À l’heure où les individus deviennent des consommateurs, où la culture n’est plus qu’une marchandise, où la nature est détruite et où les quartiers populaires sont gentrifiés, le Centre social autogéré répond “Ya basta!”: la vie n’est pas une marchandise!» Imaginez.

Squatteurs du monde, unissons-nous! On ne sait pas à qui appartient l’édifice. On le saura sans doute dans les jours qui suivent. Bien hâte de voir ce que les autorités vont faire de ces communistes…

Lecture: Pierre Leconte, pour comprendre la crise économique

par Martin Masse

Le prolifique analyste financier et auteur suisse Pierre Leconte a lancé il y a quelques semaines son cinquième ou sixième bouquin depuis le début de la décennie sur les questions monétaires et financières internationales. J'avais déjà parlé d'un livre précédent, La grande crise monétaire du XXIe siècle a déjà commencé! dans le QL il y a un peu plus d'un an (il y en a eu un autre entre-temps que je n'ai pas lu, Les faux-monnayeurs).

Leconte Il est difficile de résumer ce livre, qui se présente comme une sorte de long reportage sur les origines de la crise (mais sans répéter de nouveau en détail des explications déjà élaborées dans les volumes précédents) avec une mise à jour reprenant les développements des derniers mois comme les plans de relance annoncés par la plupart des gouvernements, des analyses de sujets précis comme " le grand contresens à propos de la déflation " ou les " élucubrations " de John Maynard Keynes, et enfin des conseils aux investisseurs pour protéger leurs avoirs en cette période de turbulence majeure.

Je parle de format «long reportage» parce que M. Leconte ne nous propose pas vraiment un essai théorique qui développe systématiquement une thèse centrale, mais s'attaque plutôt à différents aspects de la question souvent sur le ton d'un chroniqueur plutôt que d'un essayiste. Il reprend par exemple à son compte en les commentant de longues citations tirées de livres ou articles de journaux. Ce format a le grand avantage, surtout pour des lecteurs qui n'ont pas envie de trop s'imprégner de théorie, d'être plus accessible et de faire passer de nombreux messages et explications plus facilement. M. Leconte ne délaisse pas pour autant les aspects fondamentaux du problème et parle de réserves fractionnaires, des idées de Mises et Hayek, de l'étalon-or, du découplage du dollar avec l'or par Nixon en 1971, et d'autres éléments qu'il faut connaître pour avoir une vue d'ensemble de la situation.

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28 mai 2009

Les médias en crise (suite)

par Gilles Guénette

Publicite On apprenait hier que «la disparition de 70 concessionnaires liés à General Motors l’an prochain représente une menace pour les revenus publicitaires des médias régionaux […]. En effet, selon les données d’une enquête réalisée par la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), dont ARGENT a obtenu copie, les détaillants investissent 150 000 $ par année en moyenne en publicité, tous médias confondus. Si l’on multiplie cela par 70 magasins qui devront fermer boutique, il s’agit d’un manque à gagner de plus ou moins 10,5 M$ à l’horizon. De plus, la baisse des ventes dans le cadre de la crise automobile force les annonceurs à réduire les dépenses publicitaires.»

Ceci n’est qu’une mauvaise nouvelle de plus pour le secteur «en crise» des médias. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’on nous annonce en grande pompe la mise sur pied d’un fonds d’aide spécial (et permanent!) aux médias. On va nous dire que plusieurs milliers d’emplois sont en jeu, que la survie des régions en dépend et qu’il en va de la démocratie telle que nous la connaissons, rien de moins. Attendons-nous aussi à voir plus de cahiers sponsorisés et de publicités radio/télé ou pleine page de nos gouvernements – une forme de subvention à peine déguisée.

Si le secteur privé réduit ses dépenses publicitaires en temps de crise, le secteur public, lui, maintient la cadence. Après tout, ses messages sont d’«intérêt public». Il serait intéressant de voir combien rapportent les publicités gouvernementales aux grands groupes médias – tous supports confondus. Il serait également intéressant de voir à quel point ces grands groupes demeurent «objectifs» face à cet apport important de fonds. Ont-ils plus tendance à être étatistes lorsqu’un de leur meilleur client est l’État? Hmm…

25 mai 2009

Pathétiques journaux

par Martin Masse

Les publications sur support de bois mort sont en déclin accéléré partout dans le monde et jouissent de moins en moins du monopole de la pensée correcte et officielle qu'ils partageaient il n'y a pas longtemps avec quelques grands réseaux de télévision. Soyez certains que ça écoeure royalement bien des éditorialistes et chroniqueurs de journaux d'avoir à partager le terrain de l'analyse et du commentaire avec des blogueurs «non professionnels» et autres nouveaux médias de plus en plus nombreux et critiques, dont certains n'ont pas peur de remettre radicalement en question les «consensus» du petit monde de l'establishment médiatico-politico-universitaire.

Newpapers Comment réagissent-ils à cette déroute qui les force à revoir leur modèle d'affaire? D'abord, nonobstant leurs prétentions à l'«indépendance éditoriale», ils se tournent vers leurs amis au sein du gouvernement pour les aider à freiner ce déclin et à les renflouer financièrement. En France, aux États-Unis (voir également ce projet de loi) et ailleurs, les gouvernements mettent en place ou songent à mettre en place des programmes pour soutenir les journaux, ces «phares de la démocratie» et ces «chiens de garde de la liberté d'expression». On sait que le gouvernement canadien subventionne depuis longtemps les périodiques et vient de renouveler le programme à cet effet.

Les politiciens se rendent évidemment compte qu'ils auront plus de difficulté à relayer leurs messages au sein de la population s'ils perdent ces alliés traditionnels, qui sont depuis longtemps passés maîtres dans l'art de créer de faux débats entre différentes versions d'étatisme et de fausses crises dont la seule solution se trouve dans davantage d'interventions de l'État.

Que penser par exemple de cette incestueuse love fest la semaine dernière à l'Assemblée nationale avec la voix officielle de l'establishment étatiste à Radio-Canada depuis quatre décennies, qui en a profité pour exiger plus d'argent des contribuables pour les médias d'État? André Arthur a eu durant une carrière aussi longue une influence au moins aussi considérable sur l'information et la politique au Québec que Bernard Derome. Quoi qu'on pense de ses excès de langage, il a véritablement repoussé les limites de la liberté d'expression et alimenté tout un mouvement de contestation qui se fait encore sentir dans la région de la capitale. Mais imagine-t-on nos politiciens faire l'éloge de ce franc-tireur et lui conférer des honneurs?

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Cigarette au volant : l’État dans le siège du passager

par Gilles Guénette

Volant-cigarette La Nouvelle-Écosse l’a fait. L’Ontario l’a imitée. La Colombie-Britannique a emboîté le pas. C’est maintenant au tour du gouvernement du Québec de vouloir interdire aux fumeurs de griller une cigarette dans leur véhicule s'ils transportent des mineurs. Selon Le Devoir, «Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a l'intention de faire cheminer ce dossier au Conseil des ministres, après que les militants du Parti libéral du Québec eurent adopté une résolution en ce sens lors de leur conseil général, tenu à Laval. «Je suis très favorable à cela. C'est une mesure de protection pour la santé des personnes d'âge mineur alors qu'on sait que le fait de fumer dans les autos représente une forte concentration de fumée», a affirmé le ministre hier.»

M. Bolduc ne craint pas qu'une éventuelle législation à ce sujet soit contestée sur la base du respect des droits individuels. «C'est un choix de fumer, mais ce n'est pas nécessairement un choix de rendre les autres malades à cause de la cigarette», a-t-il soutenu, ajoutant que «la société privilégie la protection de la santé des jeunes». De plus, selon un sondage réalisé pour le compte de la Société canadienne du cancer, 82% des Canadiens croient que les fumeurs ne devraient pas avoir le droit de fumer dans les automobiles à bord desquelles se trouvent des enfants et des adolescents. Alors ce genre de mesure ne risque pas d’être impopulaire auprès des électeurs contribuables. Elle ne risque pas d’être contestée. Après tout, qui contesterait le gros bon sens?!

Comme le mentionnait ce matin M. Masse sur les ondes du 93,3 de Québec (8h11), nous n’en serions pas là si nos corps n’avaient pas été nationalisés en même temps que le système de santé. Dans un système de santé privé, le fumeur paierait des primes plus élevées pour défrayer ses éventuels soins de santé ainsi que ceux de ses enfants. S’il veut fumer ou se maganer la santé de toute autre façon, ça serait de ses affaires. Pas celles du gouvernement. Mais ce n’est pas le cas. Tout le monde paie pour tout le monde. Nous sommes malheureusement bien engagés sur une pente dangereuse. Comme le mentionnait Sylvain Bouchard, l’animateur de l’émission, si on les laisse nous empêcher de fumer dans nos voitures aujourd’hui, ils vont être dans nos maisons demain. L’État a effectivement tendance à vouloir occuper les moindres recoins de nos espaces privés…

22 mai 2009

Annonce: Un séminaire sur le thème de la liberté au Maroc

Vous avez envie d'en connaître un peu plus sur les idées qui se rattachent à la notion de liberté? L'Institute for Economic Studies-Europe organise à cet effet des séminaires d'été en collaboration avec le projet UnMondeLibre.org. Ces séminaires s'adressent aux jeunes qui veulent apprendre, échanger, partager sur le thème de la liberté. Philosophie, droit, politique, économie, histoire: l'étude de la liberté se décline dans de nombreuses disciplines qui seront approfondies par des spécialistes universitaires venus de pays différents.

Séminaire maroc Pour la deuxième année consécutive et grâce à la généreuse participation de l'Atlas Economic Research Foundation, nous vous invitons à participer au séminaire d'été en français qui se tiendra à Mehedia au Maroc du 18 au 24 juillet 2009.

Pour candidater, c'est simple, cliquez ici et suivez les consignes pour vous inscrire avant le 15 juin. La participation est gratuite. IES-Europe et UnMondeLibre.org couvrent les frais des cours, de logement et de restauration durant le séminaire. (Les frais de voyages ne sont pas couverts.)

Si vous voulez en savoir un peu plus sur IES-Europe et ses activités, n'hésitez pas à visiter notre site internet ou téléchargez le flyer des séminaires. Nous vous invitons aussi à visiter le site d'UnMondeLibre.org, le projet francophone pour les droits individuels, la liberté économique et la paix.

N'hésitez pas à nous contacter pour toutes informations complémentaires. En espérant vous voir cet été pour partager une semaine riche en débats et en partage autour du thème de la liberté.

Youcef Maouchi
Institute for Economic Studies-Europe
+33 673 354 938
youcef.maouchi@ies-europe.org

La SODEC sous la loupe: …oh surprise.

par Gilles Guénette

Loupe2 On apprenait en février que le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, scrutait à la loupe les dépenses effectuées sur la scène internationale par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et que la démarche semait la zizanie dans les coulisses de la société d'État. Durant plusieurs semaines, les vérificateurs ont passé au peigne fin la paperasse de l'organisme à ses bureaux de Montréal. «Ils veulent voir les comptes de dépense, a expliqué une source bien au fait du dossier. Ils veulent vérifier combien ça coûte pour les hôtels à Cannes, par exemple.»

À entendre les personnes interviewées dans cette affaire, on sentait qu’on se serait bien passé de toute cette attention. «On verra ce que l'avenir nous réserve, mais il y a un risque de salir la réputation de la SODEC pour pas grand-chose, a indiqué une source. Les gens ne comprennent pas, a-t-elle ajouté.» Les gens ne comprennent pas que les bureaucrates veulent leur bien ;-) Certains soupçonnent la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, d’avoir demandé au nouveau président du CA de la SODEC de réclamer cette enquête. Selon eux, les relations entre la ministre et le PDG de la société d’État, Jean-Guy Chaput, ne sont pas des plus harmonieuses. Ils voient toute cette entreprise comme un coup bas. Une sorte de vendetta. Les gens de la SODEC ont-ils des choses à se reprocher? Le rapport vient d’être déposé. À temps pour le retour de M. Chaput – qui rentre du Festival de Cannes où il a séjourné pendant une semaine dans une chambre d'hôtel (à 1330$ la nuitée) avec vue sur la Méditerranée...

Dans le rapport de M. Lachance, on apprend que l'État a déboursé 48 000$ l'an dernier pour les billets d'avion, chambres d'hôtel et autres frais de représentation de M. Chaput. Toujours en 2008, la SODEC a fait passer 212 000$ de frais de déplacement et de représentation de son PDG et d'autres employés pour de l'aide financière au milieu culturel. Imaginez… Les frais de déplacement et de représentation des dirigeants et employés de la SODEC ont augmenté de plus de 80% en cinq ans – depuis le début du règne de M. Chaput. Ils sont passés de 212 000$ en 2003-04 à plus de 390 000$ l'an dernier. Les seules dépenses du PDG ont atteint autour de 45 000$ par année. Bien souvent, ces frais «dépassent les règles établies et les fonds publics ne sont pas utilisés avec un souci d'économie», indique le rapport du Vérificateur général.

Le rapport fait état de plein de dépenses faramineuses de la part de M. Chaput. Dépenses qui, selon lui, devaient sans doute être pleinement justifiées. Rien de nouveau ici. Toujours la même rengaine. Les fonctionnaires ne regardent pas la dépense. Pourquoi le feraient-ils? Ce n’est pas leur argent. Naïf, Renaud Lachance estime que le PDG a exagéré. «Il n'était pas nécessaire d'avoir ce genre de train de vie. Parce qu'il faut comprendre que la SODEC, c'est là pour donner des subventions aux gens du milieu culturel. Donc, plus vous dépensez des sous pour vos déplacements et vos activités de représentation, moins vous en avez pour en donner aux autres.» Qui a dit qu’il n’y avait pas d’argent à faire dans le milieu de la culture?! Qui a dit qu’on ne pouvait pas très bien vivre de l’art au Québec?!

Le premier ministre a déjà réagi au rapport. Jean Charest trouve ça «inacceptable» et croit même qu'il serait difficile pour M. Chaput de compléter son mandat, qui prend fin en octobre, puisque la confiance n'y est plus. Le PM va lui montrer la porte et tout va rentrer dans l’ordre. Jusqu’au prochain rapport lapidaire sur des dépenses d’un autre fonctionnaire…

Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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