Raffarin avait annoncé 230 mesures pour réformer l'État, ce qui devait générer 500 millions d'euros d'économies. La chasse aux taille-crayons était ouverte, avec Francis Mer comme « Grand Veneur » qui avait réuni une commission de plusieurs dizaines de personnes pour organiser cette chasse!
François Fillon avait le projet de noter les ministres. Ce rôle de professeur était comique. Il les jugeait sur leurs aptitudes à faire passer des textes: cela revenait à leur capacité de nuire puisque le pays croule sous l'inondation de lois.
Une autre méthode fut la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui consiste en une analyse des missions et des actions de l'État, suivie de la mise en oeuvre de scénarios de réformes structurelles. Cette RGPP inaugurée en 2007 puis poursuivie en 2012 n'a guère donné de résultats probants. Elle ne le pouvait pas, car selon une vieille tradition républicaine, elle dégageait une forte puanteur d'usine à gaz.
La fausse droite laissant la place à la vraie gauche, celle-ci a voulu continuer mais autrement. Nous voilà partis vers un audit des politiques publiques qui doit se prolonger pendant tout le quinquennat. Adieu à la RGPP et bonjour à la MAP ou « modernisation de l'action publique ». Personne ne voit pourquoi cela marcherait mieux maintenant.
Les objectifs avoués
Les personnes au pouvoir depuis des lustres sont noyées dans la même idéologie super-étatique, et ce quelle que soit leur place appartenance sur l'échiquier politique. Bien que lavés et relavés par la Pensée Unique Totalitaire qu'ils alimentent comme d'autres, il leur reste assez de bon sens pour constater qu'ils agissent dans le vide.
En 2007, un audit avait dénoncé les dysfonctionnements: « Le travail de coordination interministériel connaît un emballement pathologique propre à la France ». Il y a trop de réunions interministérielles, trop de conseillers, trop de décisions prises sans l'avis des ministres, et le gouvernement ne parvient plus à travailler.
Le phénomène s'est accru d'année en année. Les rapporteurs n'ont certes pas eu l'idée que le mal venait justement du nombre de ministres! L'une des conséquences est la pléthore croissante des cabinets ministériels.
Il en résulte, de temps à autre, la résurgence de l'idée de réformer l'État.
Les objectifs avoués n'ont rien d'absurde: dépenser mieux, être plus efficace, faire des économies. Pour justifier l'immense remue-méninge de la maladie de la réformite, les chiffres d'économies prévues sont calculés à grand renfort d'experts. Ils sont faux par nature; s'ils étaient justes, par miracle, ces économies ne seraient jamais réalisées, les administrations faisant le gros dos en attendant la fin de l'épidémie.

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