Deng Xiaoping contre Louise Harel
Dans La Presse de ce matin, Frédéric Wagnière consacre un papier à la renaissance économique de l’Asie. Il note que «l’essor économique de la chine et de l’Inde est le résultat du rejet de toute idée autarcique découlant du dirigisme stalinien en Chine et de l’étatisme socialiste en Inde.» Voilà l’essentiel clairement exprimé. Si l’on devait identifier un seul phénomène qui prouve hors de tout doute que le marxisme et l’interventionnisme étatique sont des freins à la croissance et à la prospérité, le développement rapide de ces deux géants depuis leur conversion graduelle au capitalisme serait sans doute le plus approprié.
Mais la conformité au réel n’est tout simplement pas un critère de vérité pour les idéologues étatistes. Ils ne peuvent plus nier les taux de croissance économique annuels de 8 à 10%, la fin des famines et le développement rapide d’une classe moyenne, et n’osent conséquemment plus dénoncer ouvertement ce virage. Mais ils n’ont aucune explication à donner du phénomène et préfèrent donc se concentrer sur des questions périphériques, comme la menace des importations chinoises pour nos emplois ou le travail des enfants en Inde.
Ce n’était pas le cas il y a seulement dix ans, quand l’effet de ces réformes commençait à peine à se faire sentir dans quelques villes du sud de la Chine. Je me souviendrai toujours d’une entrevue que m’avait accordée la députée péquiste Louise Harel en 1994, alors que j’étais chroniqueur invité pour l’été au quotidien Le Devoir. J’habitais alors dans la république démocratique populaire d’Hochelaga-Maisonneuve, le fief électoral de Mme Harel, et son bureau de comté était à trois coins de rue de chez moi (heureusement, ce quartier montréalais alors dévasté économiquement est en train de s’embourgeoiser et de renaître).
Entre autres sottises étatistes qu’elle m’avait alors racontées, elle avait déploré cette ouverture pourtant encore timide au capitalisme et aux investissements étrangers qui allait entraîner, selon elle, une exploitation des travailleurs par les multinationales, des désastres sociaux et écologiques, et évidemment des inégalités accrues. Pourquoi donc gâcher un modèle de centralisation et de planification bureaucratique qui fonctionnait si bien et qui assurait le développement de la Chine depuis la révolution?
C’est ce modèle qui a inspiré la camarade Harel lorsque, devenue ministre des Affaires municipales quelques années plus tard, elle a imposé une fusion forcée de dizaines de municipalités au Québec. Elle s'est également spécialisée dans l’annonce de subventions pour des projets dits «structurants», un concept qui, je serais prêt à parier, est devenu à la mode ici grâce à elle. L’obsession des «structures» oppressantes par opposition à la liberté d’entreprendre des individus, voilà qui résume bien la carrière de cette femme.



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