Question de ne pas créer de confusion, j’ai pris l’habitude depuis cinq ans de ne pas mentionner dans le QL les travaux de l’Institut économique de Montréal, ni mon travail comme directeur des publications. Le QL a été fondé avant l’IEDM, les deux organisations n’ont aucun lien formel et ont des missions différentes, même si elles se rejoignent sur certains points.
Mais je fais une exception aujourd’hui pour parler du Cahier de recherche sur la privatisation de la Société des alcools du Québec que l’IEDM a lancé il y a deux jours. Cette étude compare les performances de la SAQ avec le monopole similaire en Ontario, la LCBO, et le système privatisé depuis dix ans de vente au détail de l’alcool en Alberta. Elle montre hors de tout doute qu’il n’existe aucune logique à maintenir un monopole étatique qui date des années de prohibition dans ce secteur économique. Non seulement y a-t-il plus de magasins, plus de choix et de qualité depuis la privatisation en Alberta, mais le gouvernement albertain siphonne autant de dividendes que le fait celui du Québec avec la SAQ. (Pas nécessairement une bonne chose bien sûr, il serait préférable que ces taxes disparaissent comme les autres, mais l’un des principaux arguments des opposants est que l’État québécois perdrait les 600 millions $ en recettes annuelles que lui procure son monopole. C’est un argument qui ne tient pas la route.)
Le cahier de recherche a été publié dans les deux langues. Pratiquement tous les journaux en ont parlé hier. Depuis deux jours, mon collègue Valentin Petkantchin, qui en est l’auteur, a donné des dizaines d’entrevues partout au Canada, dont une hier à André Arthur que l’on peut écouter sur le site de CKNU.NET. Et ce matin, un phénomène journalistique très rare s’est produit: les deux quotidiens nationaux du Canada, le Globe and Mail et le National Post, consacrent simultanément leurs principaux éditoriaux à l’étude et concluent tous les deux, en citant l'étude, qu’il n’existe en effet plus aucune raison de maintenir ces monopoles au Québec, en Ontario et dans les autres provinces qui en ont toujours.
Même si le débat sur la privatisation de la SAQ a déjà eu lieu à plusieurs reprises, il s’agit de la première étude qui compare de façon si nette les performances des deux systèmes. Le débat est enfin relancé sur de bonnes bases. Reste maintenant à compter les années avant qu’un gouvernement qui ne soit pas constitués que de mauviettes illettrées économiques à la solde des syndicats décide d’agir sur ce plan.



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