L’ONU (le Machin, comme disait De Gaulle), impuissante à assumer sa mission de paix (le nombre de génocides et de guerres civiles permanentes en témoigne) s’est recyclée depuis quelques années dans l’apostolat écologique. Le Protocole de Kyoto en est le rejeton de même que les Grands-messes sur les changements climatiques comme celle de Montréal. J’ai recours à la métaphore de la messe parce qu’il se dégage de ces meetings internationaux une religiosité inquiétante et un dogmatisme simpliste.
Et il n’y a pas que les délégations des divers pays et les clergés des grandes congrégations écolos qui se complaisent dans la pensée unique en matière de climat, il y a aussi toute la classe médiatico-artistique qui pratique avec une ferveur naïve cette nouvelle religion. Il y a en effet quelque chose de dérisoire à voir les Bernard Derome, Claude Charron, Pierre Bruneau et tous les reporters, journalistes, chroniqueurs, chanteurs et comédiens avaler béatement tous les articles de foi du catéchisme climatique: la planète se meurt; elle va devenir un enfer; et le responsable c’est l’humanité insouciante et mécréante. Pas le moindre recul, pas le moindre sens critique chez cette élite bien-pensante. Vraiment pathétique!
Tout ce beau monde confond allègrement pollution et émission de gaz à effet de serre. Ce qui constitue une aberration sur le strict plan scientifique. Le CO2 (dioxyde de carbone) n’est pas un gaz nocif. Ça n’a rien à voir avec la pollution. C’est un gaz à effet de serre, il est vrai, mais l’effet de serre n’est pas une calamité, c’est un phénomène bénéfique sans lequel la vie sur terre serait impossible.
Lors de la manifestation dans les rues de Montréal, on a pu voir une petite fille qui portait un masque et qui a déclaré qu’elle ne voulait pas avoir à le porter tout le temps dans l’avenir, l’air qu’elle respire étant de plus en plus pollué. Bel exemple de manipulation idéologique. Personne évidemment pour lui dire que la pollution atmosphérique (la vraie, celle provoquée par le dioxyde de soufre, l’ozone, le plomb, les oxydes d’azote et le monoxyde de carbone) est en constante régression depuis trente ans et que la brave petite fille n’a donc pas besoin de masque pour se protéger du CO2, ce gaz, je le répète, n’ayant rien de toxique.
Au fond, ce qui me rend mal à l’aise face à ces happenings onusiens, c’est l’absence totale de débat scientifique. Tout le monde pense pareil. Ce n’est plus de la science, c’est de la religion. Il y a donc là des croyances inviolables, des rituels obligatoires (la manif par exemple) et un bréviaire incontournable. Pour obtenir des subventions, tout scientifique se doit de fonder son projet de recherche sur le dogme du réchauffement provoqué par les activités humaines. Si, par exemple, les chercheurs embarqués sur le navire Amundsen n’avaient pas lié leur programme de recherche à ce dogme central de la nouvelle religion onusienne, le bateau serait resté amarré au quai, faute de financement.
Le débat scientifique est donc évacué de ces Grands-messes. Ce qui ne signifie pas qu’il y a consensus scientifique. Bien au contraire. Il y a, de par le monde, des scientifiques qui n’adhèrent pas au credo écolo-onusien. Plusieurs de ces experts estiment que l’essentiel du réchauffement de la Terre durant le dernier siècle est dû à des changements dans l’activité de notre étoile, le soleil. D’autres affirment que l’état de la science climatique ne permet pas d’établir un lien de causalité entre le réchauffement et les activités humaines. Il y a même un éminent professeur de l’Université d’Ottawa, Jan Veizer, qui a démontré, à partir de l’étude de fossiles marins, que les concentrations de CO2 étaient, lors de deux périodes glaciaires en particulier, beaucoup plus élevées que maintenant, alors que l’humanité n’existait pas encore.
Tous ces hérétiques (Richard Lindzen, Fred Singer, Marcel Leroux, Peter Dietze, Richard Courtney, Hans Ramm, Yves Godderis, etc.) ne sont évidemment pas les bienvenus dans une Grand-messe comme celle de Montréal. Ce sont des brebis galeuses et Greenpeace va s’empresser de nous dire que ce sont de méprisables valets des pétrolières – et je ne suis pas certain alors que nos «maîtres à penser» de l’heure (Claude Charron ou Louis-Gilles Francoeur par exemple), fidèles de la nouvelle religion, daigneraient s’entretenir avec ces impies. Quant à moi, je continue d’être un vil mécréant parce que je pense, comme le professeur Ian Clark de l’Université d’Ottawa, que les réductions d’émissions de CO2, gaz non polluant je le répète, auront un effet indétectable sur la température futur. On se trompe de cible. C’est la vapeur d’eau qui est de loin le plus important gaz à effet de serre, pas le CO2. Kyoto, c’est un désolant gaspillage de ressources. Et les Grands-messes sur le climat sont de coûteuses liturgies visant, avec le concours actif des médias, à nous convertir à la religion de la catastrophe climatique. Comme autrefois les non-pratiquants, je reste «sur le perron de l’église».
Jacques Brassard
(cette chronique a d'abord été publiée dans le journal Le Quotidien, au Saguenay-Lac-St-Jean, et est reproduite ici avec l'autorisation de l'auteur)















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