Dans son éditorial de ce matin, Mario Roy revient sur une enquête effectuée par la radio de Radio-Canada sur les problèmes médicaux entraînés par l’illettrisme – aux États-Unis, ils coûteraient entre 29 et 69 milliards (US) par année. Selon l’enquête, les médecins québécois seraient de plus en plus sensibles au problème. Tellement qu’ils envisageraient diverses solutions, dont l’utilisation d’illustrations et de vidéos à l’usage des patients. «Oui: on va leur montrer des images!, ironise l’éditorialiste de La Presse avant de poursuivre. N’est-ce pas extraordinaire de devoir en arriver là au Québec, où des énergies monstres et des sommes colossales ont été investies dans l’éducation depuis la Révolution tranquille? […] le fait est que, selon une enquête menée en 2003, quelque 55% des Québécois francophones éprouvent des problèmes pratiques de lecture. Et il ne s’agit pas de gens âgés ayant fréquenté (ou pas) l’école sous Duplessis, mais bien de l’ensemble de la population de plus de 15 ans, majoritairement instruite (ou pas) à l’ère des cégeps, des pédagogues et des autobus jaunes. Pire: il n’y a eu aucune amélioration depuis 1994…»
Comme le souligne plus loin M. Roy, «il est impossible d’imaginer une preuve aussi accablante de l’échec d’un système scolaire» que cette moitié de population qui éprouve des problèmes pratiques de lecture. Ça c’est sans compter les problèmes chroniques d’écriture qu’éprouvent la majorité des Québécois. Souvenez-vous à la fin de 2006, on apprenait que les futurs enseignants québécois avaient échoué massivement l'examen d'entrée universitaire en français l’automne dernier. Si les enseignants échouent, imaginez les élèves! (c’est vrai que comme aurait pu le dire Bill Gates, «Dans certaines écoles, ils ont éliminé la note de passage et ils vous donneront autant de chances que vous voulez avant de trouver la bonne réponse.») Si on vivait encore à l’époque de Séraphin Poudrier, on pourrait se dire qu’il y a des choses bien plus graves que ça dans la vie – comme le bris d'une roue de tracteur ou l’incendie d’une grange. Mais dans une économie du savoir, une telle situation est inacceptable. Surtout, quand des sommes colossales sont investies année après année dans l’éducation. Si les profs et pédagogues du ministère de l’Éducation se concentraient plus sur l’enseignement de la lecture et de l’écriture, au lieu de «sensibiliser» les élèves à l’environnement, aux «failles du marché» et aux «inégalités» dans le monde, la situation serait toute autre. Les Québécois seraient mieux outillés pour se faire eux-mêmes une idée sur les grands enjeux de société et ils pourraient être plus en mesure de tirer leur épingle du jeu, dans le monde d’aujourd’hui.



Le constat de l'échec de 47 ans de socialisme. Les jeunes n'apprenent même plus à lire, ils apprenent à jouer(pédagogie par projets).
Autre constat, l'inteligensia québécoise a fait de Jacques Demers un héros à cause qu'il ne savait pas lire.
Rédigé par: Mathieu Gaudreault | 11 janvier 2007 at 11h04
Jacques Demers est un gars qui a énormément su se débrouiller dans la vie, et il est un héros parce qu'il est allé chercher la dernière coupe Stanley avec le Canadiens même sans savoir lire. Peut-être que ça a pas rapport ensemble, mais c'est pas ça qui l'a découragé.
Rédigé par: R. David | 11 janvier 2007 at 17h39
Quand un gars qui ne sait ni lire ni écrire a une chronique à son nom dans un journal, ça en dit long sur la valeur du journalisme.
Il faudrait peut-être que les sociétés modernes reviennent à l'écriture égyptienne pour régler le problème.
J'ai été à même de constater dans mon travail que la pluspart des gens sont capables de lire un texte mais que beaucoup sont incapables d'en comprendre le sens. Allez savoir pourquoi.
Rédigé par: Gilles Laplante | 12 janvier 2007 at 14h57
Les sommes faramineuses investies dans l'éducation depuis des décennies servent à quoi, au juste? À payer les salaires des fonctionnaires et des enseignants revendiqués par des organisations syndicales qui ont tout simplement perdu de vue la capacité de payer des contribuables. Une fois ces salaires payés, combien reste-t-il pour l'élaboration de programmes universellement reconnus, et non pas seulement par les fonctionnaires du ministère de l'éducation eux-mêmes? Il en reste sûrement bien peu.
Rédigé par: Numero 3 | 16 janvier 2007 at 21h20
...j'ai une solution possible...envoyer les futurs professeurs de Francais Quebecois re-apprendre le bon Francais en France!
on ne peut pas enseigner le bon francais si on parle le joual!
Jocelyn Turcotte
Thailande
Rédigé par: Jocelyn Turcotte | 31 janvier 2007 at 03h02
Les lettres que mon père a fait parvenir à ma mère durant la deuxième guerre mondiale ont moins de faute que les examens de français écrit de secondaire 5. Et dire que mon père n'avait qu'une 4iè année!!!!
Rédigé par: andré michaud | 02 février 2007 at 14h04
@Jocelyn Turcotte:
Sauf qu'avez vous vu l'écriture des jeunes français sur le "ouaibe"? C'est pas beaucoup mieux...
Rédigé par: R. David | 02 février 2007 at 20h47