Registre des armes à feu: pour le permis de port d'arme dissimulée
L’un des grands événements médiatiques de 2006 a été la fusillade du Collège Dawson. Ce triste événement a démontré hors de tout doute que le registre des armes à feu a été complètement inutile pour empêcher les tueries puisque les armes de Kimveer Gill, achetées légalement, étaient dûment enregistrées tel que stipulé par la loi. Ce registre qui a coûté plus d’un milliard de dollars aux contribuables, et que nos politiciens nous ont vendu comme étant la «cure miracle», n'a tout simplement pas livré la marchandise. En bref, le registre n'a pas empêché Kimveer Gill de tuer tel qu'il était censé le faire. Ironiquement, la réponse face à ce type de situations nous a justement été livrée lors de la fusillade du Collège Dawson. L'intervention rapide, décisive et compétente des policiers a réussi à neutraliser la menace et par conséquent à minimiser les dommages que ce tireur fou aurait pu causer. Cette intervention de première ligne a fait en sorte qu'il y a eu beaucoup moins de victimes que lors de la tuerie de la Polytechnique, par exemple. Que pourrait-on faire de mieux encore la prochaine fois, puisque nos politiciens tiennent toujours mordicus à leur registre inutile? On pourrait faire en sorte que la réponse de première ligne soit encore plus rapide, compétente et décisive.
Les étudiants et le personnel du Collège Dawson ont été très chanceux dans leur malchance puisque des policiers étaient en poste tout près. Mais la réalité est que les policiers ne peuvent être partout en tout temps. La solution est donc de transférer la réponse de première ligne aux citoyens. Ceci est justement le cas dans certains États des États-Unis, qui permettent à leurs citoyens qui n'ont pas d'antécédents judiciaires de suivre une formation dans le maniement des armes à feu, comme tout policier, en vue de se qualifier pour l’obtention d’un permis de port d'arme dissimulée (Concealed Carry Weapons Permit). Ces États ont noté une diminution dramatique des crimes violents comme les meurtres, les viols, les vols à main armée ainsi que les invasions de domicile. Les criminels qui perçoivent que le niveau de risque y est rendu trop élevé y pensent deux fois avant de commettre des crimes. Ces citoyens détenteurs de permis seraient en mesure de riposter aux Kimveer Gills de ce monde, des gens qui sont tellement déconnectés de la réalité qu'ils sont prêts à s'enlever la vie suite à leur carnage. Donc, ce modèle permet de protéger le public.
Certains vont dire que nous ne sommes pas aux États-Unis, mais la réalité est que depuis 1989, deux universités et un CEGEP ont été le théâtre de fusillades. Nous en sommes rendus là. Divers groupes clament maintenant l'interdiction des armes à feu ou de certains types d'armes. Diverses interdictions ont existé dans le passé – que ce soit l'alcool, le tabac, la drogue ou les armes à feu – et le seul gagnant dans tout ça est le crime organisé. Imaginez si au moins une des victimes de la Polytechnique avait été armée lors de la tuerie, la tournure des événements aurait pu être différente. Malheureusement, l'État tient toujours à son monopole sur notre sécurité ainsi qu'à la protection de son registre bidon. Les politiciens ont droit à leurs illusions, mais le public qui a payé si cher pour cette bureaucratie inutile a droit à des réponses ainsi qu’à des mesures intelligentes. Il est grand temps de penser «en dehors de la boîte» car on ne gagne absolument rien à maintenir en place cet échec colossal qu'est le registre des armes à feu.
Stephen Buddo



Je suis entierement d'accord avec Stephane Buddo, je ne possede pas d'arme mais de savoir que des gens en ont sur eux dans des lieux publics et qu'ils peuvent intervenir me rassurerait par rapport aux agressions armées.
Rédigé par: Nicholas Santerre | 04 janvier 2007 at 12h57
Parfaitement d'accord avec M.Buddo !
Le Canada n'a fait que suivre ce que l'Angleterre et l'Australie (qui n'a elle-meme fait que suivre l'Angleterre) à fait en matiere de controle des armes à feux..
Ce qui serait impératif pour nos politiciens de faire,c'est d'arreter d'ecouter la propagande du gouvernement britannique et de regarder les faits,les statistiques et compte-rendus dans ces pays au fil du temps..Pour faire une histoire courte : plus de controle..toujours plus de controle au fil que la situation s'agrave..et toujours plus de crimes violent au point d'en battre des records !
Mais bon..avoir une population desarmée et sans défence,c'est plus facile à controler ,pas vrai !?
Rédigé par: Mattiew | 04 janvier 2007 at 13h02
J’espère que vous rigolez.
Des amateurs avec des armes à feu pour protéger les autres amateurs, ceux-ci non armés contre des malfaiteurs armés – une proposition très rassurante.
Une tasse de café le matin, une belle riposte contre un des ces types deconnectés, genre Kimveer Gills et la journée est une réussite pour notre shérif volontaire.
Je n’ose même pas de finir mes réflexions sur les résultats d’une telle idée.
Rédigé par: thomas | 04 janvier 2007 at 13h48
Thomas;
Pas d'amateur du tout qui ne peuvent protégé personne et on laisse les malfaiteurs armés faire ce qu'ils veulent comme c'est le cas aujourd'hui.
C'est encore plus rassurant. Si vous n'osez pas finir vos réflexion, moi je vais finir la mienne, vous n'etes qu'un féminisé et une lavette, du genre a entendre une femme se faire battre et avoir peur d'aller l'aider!!!
Rédigé par: sebastien fortin | 04 janvier 2007 at 15h10
Here we go: Les méchantes sont partout, faut se protéger....
Et si la femme se fait tabasser dans une ruelle, faut tirer sur le malfaiteur. Et si on a pas de gun, on est une lavette. M. Fortin, vous m’impressionnez.
Rédigé par: thomas | 04 janvier 2007 at 16h04
Non le méchant ne sont pas partout.
Par contre, le risque de confrontation à des criminels est malheureusement réel dans nos sociétés. Certaines personnes sont d'avis que la possession d'armes à feu n'est pas nécessaire car la police est là pour assurer la défense des citoyens. La logique de ce raisonnement sous-tend que la police est en mesure d'intervenir lors de chacune de ces agressions. Or le nombre de policiers disponibles est de un pour plusieurs milliers d'habitants. Ceci implique qu'il y a peu de chances que des policiers soient présents dés le début d'un crime. En cas de confrontation physique, une personne ne pourra compter que sur elle-même pour se défendre en attendant l'arrivée hypothétique de la police. Les agressions se déroulant normalement très rapidement, il est très peu probable que des policiers réussissent à arriver avant qu'une victime ait été blessée ou volée. L'arrivée des policiers peut être une question de minutes voire même de dizaines de minutes alors que dans un combat des coups mortels peuvent être portés en une fraction de seconde.
Le seul moyen pour que la police soit en mesure de défendre efficacement chaque citoyen, ce serait de mettre un policier à chaque coin de rue. Ca n'est évidemment pas possible financièrement parlant. Et même si cela était financièrement possible, cela ne serait pas souhaitable en termes de libertés publiques. Un état avec un policier à chaque coin de rue, ça s'appelle un état policier et on peut difficilement appeler de ses vœux ce genre de régime politique.
Il est donc dans l'intérêt de chaque individu de prendre en charge sa propre sécurité puisque la police n'est pas en mesure de s'en charger. En fait, c'est une application du principe de subsidiarité. Quand bien même la police aurait pour mission la défense personnelle des citoyens, elle est dans l'incapacité physique d'accomplir cette tache de manière efficace. Si les citoyens choisissent de s'en remettre à la police pour leur défense personnelle, ils peuvent être surs que cela sera mal voir pas du tout fait. Par contre, le citoyen lui est en mesure d'agir tout de suite en fonction des circonstances pour prendre les mesures nécessaires à sa défense.
l est d'autant moins avisé de faire confiance à la police pour régler les problèmes de criminalité personnelle que ça n'est pas vraiment son rôle. Les policiers sont des "concierges du crime" dont le boulot est de nettoyer la scène après qu'un crime ait été commis et d'essayer de retrouver les coupables. Tout ce que la police fait, c'est investiguer le crime et si possible essayer d'amener le criminel devant les tribunaux.
Par leur seule présence physique, ils sont censés aider à maintenir l'ordre social. Ils ont un devoir général de protéger le public ce qui est très différent d'un devoir spécifique de protection des individus. La police peut être tenue responsable si elle ne fait rien contre une manifestation mais ne peut l'être si certains individus sont attaqués à l'intérieur de cette manifestation. Les policiers ne sont pas vos gardes du corps et n'ont aucune obligation de vous protéger. Si on appelle un peintre et qu'il rate son œuvre, on appelle un autre peintre pour essayer de réparer. Si on appele la police et qu'elle ne se montre pas ou qu'elle fait une erreur, cela peut résulter en des dommages physiques pour le propriétaire ou sa famille.
La défense face aux crimes violents, c'est l'affaire du "tout de suite" et du "rapidement". La police n'ayant pas les moyens d'être présente quand au bon moment, il est irréaliste, voir suicidaire, de s'en remettre à elle pour assurer sa sécurité physique.
Pourtant une fois de plus le bon sens est pris en défaut. Le meilleur moyen de ne pas être blessé sérieusement, c'est de résister avec une arme. Bien sur il y aura toujours un risque pour que ça ne suffise pas et qu'on soit quand même blessé mais ce risque est inférieur au fait de ne pas se défendre.
Ce mythe est donc faux sur le fonds mais il l'est aussi sur la forme si je puis m'exprimer ainsi. Au fond, il revient à inciter les gens à être des moutons qui se laissent tondre sans rien dire. Il revient à dire qu'une personne qui se fait agressée doit obéir aux désirs de son agresseur. Moralement je trouve ça choquant. On offre un environnement de "travail" sécurisé aux criminels au lieu de leur rendre la tache la plus difficile que possible. D'autre part, on enlève toute latitude aux victimes de choisir la facon dont elles veulent réagir. Je ne dis pas que la réaction face à un criminel doit systématiquement être de sortir une arme à feu mais que chaque personne doit etre libre de choisir l'option qui lui parait la plus appropriée.
Cette liberté de choix, le citoyen ne l'a pas aujourd'hui, la seule "liberté" qui est respectée actuellement c'est celle du criminel de s'en prendre à des victimes désarmées. Il n'est pas besoin d'etre sorcier pour estimer dans quel sens cela influence la criminalité.
Rédigé par: Amélie Létourneau | 04 janvier 2007 at 16h59
Merci Amélie pour avoir si bien expliquer a thomas. En passant thomas, c'est pas ceux qui ont pas de gun qui sont des lavettes mais bien ceux qui veulent empecher les autres d'en avoir sous prétexte qu'eux meme n'ont pas assez de couille pour s'en servir adéquatement qui le sont. Je m'excuse, mais ça doit pas etre trop compliquer, meme un policier est capable!!!
Rédigé par: sebastien fortin | 04 janvier 2007 at 18h46
Thomas, ici vous utilisez l'argument de la moralité, ce qui peut devenir un terrain très glissant quand on débat avec un libertarien. Pour qu'un argument de la moralité soit valide, il doit s'appliquer à tous, en laissant tomber toutes étiquettes artificielles (état, policier, soldat).
Si posséder des armes est mauvais, alors c'est mauvais pour tout le monde. Alors les armes devraient être bannies. Ainsi les policiers et les soldats doivent abandonner leurs armes. Si les policiers et les soldats ont besoin d'armes pour se protéger de dangereux criminels, pourquoi pas les citoyens ordinaires?
Cela veut-il dire que posséder des armes est quelques fois bien et quelques fois mal? Quelle est la différence? Un "policier" ou un "soldat" n'existe pas, ce n'est qu'un concept - il n'y a que des êtres humains. Si il n'y a que les humains qui existent, et si la possession d'une arme est une bonne idée pour un soldat, mais une mauvaise idée pour un citoyen privé, qu'arrive-t-il lorsque le soldat rentre chez lui? Est-ce que sa nature change de façon à ce qu'il n'a plus le droit de posséder une arme? Et quand le policier enlève son uniforme? Change-t-il de façon fondamentale, perdant ainsi le droit d'être armé? Est-ce uniquement son uniforme qui a le droit de porter une arme? Et si quelqu'un autre mettait cet uniforme?
Bien sur ces questions n'ont pas de réponse, alors l'argument moral pour le contrôle des armes à feu devient logiquement totalement ridicule. Vous pouvez aussi vous tourner vers l'argument de l'effet - ex: la possession générale d'arme mène à l'augmentation de la violence - qui peut être aussi facilement déprouvé. Si la possession d'armes mène à une augmentation de la violence, alors surement les policiers et soldats vont devenir de plus en plus violents s'ils sont les seuls à posséder des armes.
Puisque la dictature et la guerre sont pires que le crime (parce que tu peux te défendre contre un criminel, mais pas contre le gouvernement), alors le seul argument qui reste est de ne jamais laisser ceux qui travaillent pour l'État porter des armes.
Il ne vous reste qu'un argument contre la possession d'armes, celui de la préférence personelle ("J'aime pas ça"). Mais puisque ce n'est qu'une préférence personnelle, elle n'a aucune conséquence sur les autres.
Rédigé par: R. David | 05 janvier 2007 at 10h56
Je ne prétendrai pas être bien renseigné sur ce sujet, mais permettez-moi tout de même de partager mes impressions sur le sujet du contrôle des armes à feu.
L’enregistrement des armes à feu ne permet pas de contrôler efficacement l’usage criminel qui en découle. Pas plus qu’une loi sur l’alcool au volant n’élimine l’ensemble des risques. Toutefois, l’argument type du genre « la loi n’empêche pas 100% des crimes commis avec les armes, elle est donc inutilité » tient selon moi d’un flagrante facilité. Ça se rapproche d’une rhétorique identifiée comme tautologie.
Un constat d’échec évident par rapport à cette loi est, selon moi, l’incompétence dans sa gestion. Les coûts d’un tel programme sont tels, qu’il est évident que les étapes reconnues dans la gestion de projet (planification, organisation, direction & contrôle) furent galvaudées. On sent l’odeur un peu crasse de l’opportunisme et l’amateurisme. La mauvaise implantation et les coûts qui en découlent représentent LE scandale. C’est donc la forme qui est en cause et non le fond.
En ce qui a trait à l’idée sous-jacente à une telle loi, soit le fond, la majorité du corps policier y reconnait plusieurs bénéfices. Dans l’actuel état de droit, où 1-le fardeau de la preuve repose sur la couronne (le corps policier) et 2-la charte protège aussi bien les libertés des criminels que des honnêtes citoyens, l’enregistrement des armes à feu permet de rapidement faire le « tracking » des armes. Certes, les armes jamais enregistrées n’entre pas la dedans, mais pour les autres, les enquêteurs grâce au registre sont en mesure d’identifier rapidement le détenteur. Ainsi, lorsqu’une arme est retrouvée, le fait de savoir dans quelles dernières mains elle était permet à l’enquête de débloquer. Je ne me rappel pas de tous les arguments que la police avait, mais clairement elle en tire d’importants bénéfices. En somme, les enquêteurs regrettent les coûts démesurés de cette loi, mais admettent qu’elle leur facilite grandement la vie.
Mon avis est que s’il y a des chances réelles que la loi engendre des coûts aussi importants dans l’avenir, alors il faut se pencher sur son annulation. Toutefois, si les coûts sont maintenant jugulés, et que son maintient ne représente plus une somme significative, alors gardons-là.
Finalement, je souhaite rappeler qu’il existe un lien entre la libre circulation des armes et le taux de criminalité grave. Le Québec est une région très sécuritaire. Nos voisins, malgré la possibilité qu’on les citoyens de posséder des armes, ressentent un sentiment d’insécurité bien supérieur aux citoyens du Québec. De toute façon, en cas de vol par exemple, croyez-vous vraiment que vous auriez le temps d’aller chercher votre arme? Pour ce faire, il faudrait presque vous dormiez avec, du moins qu’elle soit accessible facilement (donc aux enfants?). Et si vous manquez votre coup, quels sont vos risques maintenant que le voleur sait que vous possédez une arme? Dans une école, permettre à tous de posséder un couteau sur soi est-il réellement plus sécuritaire que d’en interdire le port pour chacun? Dans quelle situation croyez-vous sincèrement qu’une arme permettra de vous protéger? Lorsqu’on si arrête, il m’apparait clair que la légalisation du port d’arme ne peut qu’amplifier le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’enregistrement des armes est rentable seulement à l’intérieur d’un cadre financier précis. Ce cadre a été défoncé, il est là le crime. Mais l’interdiction du port d’arme, lui, doit rester.
P.S. : l’usage d’arguments tels que « lavette » est habituellement le symptôme d’une faible capacité à organiser des idées. Telle une corvette (la voiture), cette façon de faire est utilisé pour palier l’étroitesse de nos idées. Sans rancune ….. ;-)
Rédigé par: Sébastien Bourgault | 07 janvier 2007 at 23h10
@Sébastien Bourgault:
Si les gens ont le droit de se défendre, alors pourquoi ils n'ont pas le droit d'avoir le moyen de se défendre? Dites vous alors qu'ils n'ont pas le droit se défendre, sous prétexte que de toute façon ils n'atteindraient pas l'arme assez vite ou le risque que les enfants l'attaignent sont trop hauts.
La question la plus fondamentale est celle-ci: si les gens deviennent violents quand ils possèdent des armes, pouvons-nous vraiment les laisser uniquement entre les mains des hommes de l'état et des criminels?
Rédigé par: R. David | 08 janvier 2007 at 00h35
Monsieur Bourgault,
Je suis un fervent opposant au registre des armes à feu. Contrairement à la croyance populaire, il ne s'agit pas simplement d'un immense gouffre financier. Il s'agit surtout d'une mesure de contrôle totalement inacceptable qui place sous surveillance préventive des millions de citoyens canadiens sans antécédents criminels. La comparaison avec une simple licence de voiture ou encore un permis pour promener son chien est une insulte à mon intelligence. Quand on oublie de renouveler notre permis de conduire, ou l'immatriculation de sa voiture, on ne se retrouve pas avec un casier judiciaire.
Si la Cour suprême du Canada applique la Charte aux propriétaires d'armes à feu qui respectent la loi de la même façon qu'aux conducteurs en état d'ébriété, aux trafiquants de drogue, aux prostituées, aux proxénètes, aux familles monoparentales assistées sociales, aux avorteurs, aux meurtriers, aux revendicateurs du statut de réfugié et aux détenteurs de pornographie juvénile, autrement dit, si elle applique la loi uniformément à tous, elle sera obligée de déclarer l'inconstitutionnalité de la Loi sur les armes à feu, compte tenu de sa propre jurisprudence.
Quelques exemples...
L'article 8 de la Charte interdit aux policiers d'effectuer des fouilles, perquisitions ou saisies abusives. Selon la jurisprudence, cela oblige les policiers à se procurer un mandat auprès d'un juge avant de procéder à une perquisition, sauf dans certaines circonstances strictement définies (p. ex. une poursuite immédiate ou la probabilité de destruction de preuve). Le mandat est d'autant plus essentiel que l'endroit à perquisitionner est un domicile. Les articles 102-105 de la Loi sur les armes à feu autorisent les perquisitions sans mandat sur une propriété. Les pouvoirs de perquisition et de saisie conférés par la Loi sur les armes à feu sont aussi inconstitutionnels étant donné leur étendue. Ils permettent à un policier d'entrer dans une maison d'habitation « à toute heure convenable » pour perquisitionner « tous lieux s'il a des motifs raisonnables de croire que s'y trouvent une collection d'armes à feu ou des registres y afférents » et d'« ouvrir tout contenant examiner tout objet qu'il y trouve et en prendre des échantillons.
En vertu de deux articles de la Loi sur les armes à feu (art. 112.4 et 107), il incombe à l'accusé de faire la preuve de son innocence. Cela porte atteinte au droit d'être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. Au Canada, ce droit, très ancien dans toutes les démocraties anglophones, est protégé par l'al. 11d) de la Charte. La Cour suprême a invoqué le droit à la présomption d'innocence pour invalider d'autres dispositions du Code criminel qui punissent les trafiquants de stupéfiants (Oakes, 1986), les conducteurs aux facultés affaiblies (Whyte, 1988), les proxénètes (Downey, 1992) et les meurtriers (Chaulk, 1990). Les tribunaux seront tenus de reconnaître le même droit constitutionnel aux propriétaires d'armes à feu respectueux de la loi.
L'article 9 de la Charte garantit le droit à la protection contre la détention arbitraire. Selon la jurisprudence, la notion de détention comprend le fait d'être retenu par des policiers qui veulent poser des questions (Therens, 1985). Les articles 102-105 de la Loi sur les armes à feu autorisent les policiers à demander de l'assistance à toute personne qui se trouve dans l'habitation qu'ils sont en train de perquisitionner. L'emploi des expressions « faire utiliser », « faire reproduire », « sont tenus » et « exiger » montre la nature coercitive de la « demande » d'assistance. Par conséquent, cela constitue une détention au sens où l'entend la jurisprudence. Ces détentions doivent être jugées arbitraires lorsqu'elles se produisent dans le contexte des deux types de perquisitions sans mandat autorisées par la Loi.
L'alinéa 10b) de la Charte protège le droit à l'assistance d'un avocat « en cas d'arrestation ou de détention ». Selon la jurisprudence, cela signifie que les policiers doivent attendre qu'un avocat soit présent avant d'obtenir la déposition d'un suspect, sauf si celui-ci a renoncé à son droit à un avocat en connaissance de cause. Ces articles de la Loi sur les armes à feu (art. 102-105) qui autorisent un inspecteur à demander à TOUTE PERSONNE qui se trouve dans l'habitation de lui accorder son assistance sont donc incompatibles avec l'alinéa 10b) de la Charte.
Ce sont aujourd'hui trois millions de propriétaires d'armes à feu qui sont considérés comme des bourreaux et des criminels en puissance. Ces honnêtes citoyens sont dorénavant tenus d'aviser la police quand ils déménagent. Le gouvernement a entrepris de les ficher dans un registre central avec chacune de leurs armes. Pour conserver leurs armes légalement, les Canadiens ont dû répondre par écrit à des questions indécentes portant sur leur vie privée : divorce, rupture d'une relation amoureuse hors mariage, faillite, perte d’emploi…. La police a le pouvoir discrétionnaire d'exiger des détails ou même d'enquêter auprès des voisins par exemple. Pour obtenir un permis d'acquisition d'arme à feu, les citoyens doivent même produire le nom et l'adresse des personnes avec qui ils ont « fait vie commune durant au moins 3 mois au cours des deux dernières années.
Pendant ce temps...
Une criminelle comme Karla Homolka, ayant participé à des crimes odieux, a toute la liberté nécessaire pour circuler au pays sans rendre de comptes à personne. La police n’oblige même pas les 176 000 personnes les plus dangereuses du pays, à qui on interdit la possession d’une arme, de signaler un changement d’adresse. Pourquoi la Loi sur les armes à feu n’autorise-t-elle pas la police à «inspecter» périodiquement le foyer de ceux à qui on a interdit de posséder une arme à feu?
La Loi sur les armes à feu ne s'arrête pas à la création d'une procédure de sélection pour ceux qui veulent acquérir des armes à feu. Elle criminalise la simple possession d'une arme à feu même sans quelque méfait que ce soit ni risque de préjudice à autrui.
L'utilité du registre est source de division au sein de la police. Le Parti libéral prétend que la police consulte le registre 5000 fois par jour. Ce chiffre rond ne veut absolument rien dire et on le fait grossir, comme par magie, à chaque fois que Stephen Harper réitère son intention de sabrer dans le programme. Il faut spécifier que lorsque les policiers accèdent au Centre d’information de la police canadienne (CPIC) pour n’importe quelle raison, tel un changement d’adresse, une connexion se loge automatiquement au registre (CFRO). Dans les faits, il n’y a jamais eu à ce jour la moindre étude qui ait démontré les motifs réels de ces consultations et si elles avaient un impact dans la lutte contre la criminalité. En mai 2006, la journaliste Emmanuelle Latraverse, de Radio-Canada, révélait dans un reportage qu’il n’existe pas au Canada de corps de police qui soit en mesure de citer la moindre enquête qui fut réglée à l’aide du registre. En janvier 2003, l’ancien chef de police de Toronto Julian Fantino affirmait devant la presse que le registre n’a jamais été un outil de dissuasion efficace, et encore moins utile pour résoudre un homicide. Une opinion partagée par de nombreux officiers supérieurs de première ligne tel Al Koenig de Calgary, Bean Beatty et John Gayder de l’Ontario et Murray Grismer de la Saskatchewan. Tous condamnent le fait que l’enregistrement des armes à feu n’a jamais épargné une vie où encore aidé à lutter efficacement contre le trafic d’armes à nos frontières. De leur point de vue, les ressources sont très mal utilisées.
Le débat sur les armes à feu surtout au Québec est émotif avant d'être rationnel. Et je pèse mes mots.
Rédigé par: Mathieu Bréard | 08 janvier 2007 at 01h01
Maintenant aucune corrélation n'apparaît entre nombre d'armes à feu en circulation et le taux homicides. Si réduire le nombre d'armes permettait de réduire la criminalité alors il est logique d'en déduire qu'augmenter le nombre d'armes augmente le taux de criminalité. La période après la Seconde Guerre mondiale où des centaines de milliers d'ex-militaires sont revenus à la maison avec des centaines de milliers d'armes à feu en souvenir n'a connue presque aucune variation du taux de criminalité. Par contre, la période après le passage de la plus fameuse des lois anti-arme (le Gun Control Act de 1968) montre une augmentation dramatique et relativement soudaine des homicides par armes à feu. En fait, ce qu'on peut déduire de ces évolutions, c'est que la réduction soudaine des hommes âgés de 18-24 (le groupe d'age qui commet la plupart des crimes) entraîne une réduction dans les homicides ainsi que dans les autres crimes. ce phénomène est très bien en évidence par les deux guerre mondiales ainsi que celles de Corée et du Vietnam.
En fait, les taux d'homicide dans les nations, où la disponibilité des armes excède ceux des Etats-Unis (Israël, Nouvelle-Zélande et la Suisse), sont aussi peu élevés que ceux des nations d'Europe de l'Ouest dotées d'une forte réglementation sur les armes à feu. Ceux qui attribuent les faibles taux de violence en Europe à la réglementation des armes ignorent apparemment que ces faibles taux ont précédés de longtemps les lois de contrôle des armes à feu.
La disponibilité des armes n'explique pas des taux élevés d'homicide et de crime violent n'étonne pas la grande majorité des criminologues et sociologues. Plusieurs études de grand envergure montrent que les mesures de contrôle sont inefficaces en matière de prévention. Mentionnons Wright, Rossi et Daly (1983), Centerwall (1991) et Lott (1998). Il y a également le criminologue Gary Kleck, professeur à l'Université de Floride, affilié au Parti démocrate, membre d'Amnesty International USA et de l'American Civil Liberties Union (ACLU).
À propos de la légitime défense, le fait pour les civils d'être armés permet d'éviter chaque année des millions d'actes de violence, y compris des meurtres et des viols. C'est ce que Maurice Cusson, criminologue à l'Université de Montréal, appelle le « paradoxe Américain ». (« Paradoxes Américains: Autodéfense et Homicides », Revue internationale de criminologie et de police technique et scientifique (1999), LII, 2, 131-150).
Rédigé par: Mathieu Bréard | 08 janvier 2007 at 01h26
Ayant vécu au Québec, mais reparti en europe, l'interdiction des armes ; comme en angleterre ou dans d'autres pays de l'union avec des lois toujours plus dures, n'empèchent rien sauf une justification sociale et médiatique . On a, de par l'europe et les amériques, des faits le rappelant en permanence . De plus, lorsque les armes sont enregistrées, un gouvernement autoritaire n'a plus qu'à plonger dans les registres créés par les "démocrates" ; qui lui ont mâché le travail , comme en france en 1939 . Les nazis ont justes consultés les listes ...
Mais vous avez tous eu à constater, à quel point c'est inefficace sans intégrer le marché noir qui monte dans toute l'europe ...
Rédigé par: GBR | 08 janvier 2007 at 05h10
Pour Mathieu Bréard :
Mon commentaire précédent constitue ma première participation à un forum sur internet. C'est avec grand plaisir que j'ai lus votre commentaire et je dois admettre qu'il me faut m'incliner, vous avez non seulement un talent certain pour organiser vos idées mais, surtout, vous semblez très bien informé de part vos sources. Le dossier de l'enregistrement des armes à feu n'est pas ma zone de confort de surcroit, je m'incline devant vous ;-) Je ne suis pas du tout, comme je disais, convaincu que le programme atteint ses buts. Toutefois, là où le débat semblait glisser et que je suis en désaccord, est le fait d’associer le démantèlement de ladite loi avec le droit de posséder des armes, de s’en procurer de manière aussi accessible que dans un Walmart tel que chez nos voisins du sud. C’est particulièrement ce point que me dérange. Que le Registre soit inutile, c’est une chose possible et dans un tel cas, qu’on arrête ça. Mais certains commentaires sur le forum laissent entendre que la sécurité de la société serait plus grande si tous pouvait se procurer une arme pour se « défendre ». Sur ce point, je suis convaincu que non, que la possession d’une arme ne fait qu’entretenir une perception de sécurité, loin d’un état réel. Vous semblez ne pas reconnaitre de corrélation entre les deux, c’est faux. Toutefois, il me faudra davantage mieux me renseigner à ce sujet pour soutenir une joute avec vous, déjà que ce n’est pas un sujet que je possède à la base. J’espère y trouver le temps mais, entre-temps, je vous remercie du temps pour votre réplique.
Au plaisir, Sébastien
Rédigé par: Sébastien Bourgault | 08 janvier 2007 at 08h19
@Sebastien: je suis impressionné de la façon que vous vous êtes incliné devant M.Bréart (si vous l'aviez pas fait j'aurais dit que vous étiez borné! ;)
Et pour rajouter quelques mots: si certaines personnes croient qu'on doit interdire les armes pour avoir moins de crimes, alors j'en déduis que l'important pour vous c'est d'avoir moins de crimes, et il ne reste qu'à mesurer si l'interdiction de porter des armes atteint véritablement cet objectif.
Si on définit les crimes très largement (vols, meurtres, viols), je ferai l'argument qu'un groupe de personnes qui prend la moitié des revenus à tout le monde par la force est le plus gros groupe de criminels (j'ai nommé le gouvernement). Or, plus la disparité de pouvoir est grande entre les citoyens et le gouvernement, plus le gouvernement devient gros, oppressif, corrompu, se mêle de la vie privée des gens, s'impose dans les affaires, s'érige en monopole de tout (le Québec est l'exemple parfait), etc.
Donc il est acceptable qu'on arme un gros groupe de criminels pour qu'ils nous protègent contre les petits groupes de criminels?
Alors que penserais-tu que si les citoyens montaient une milice armée jusqu'aux dents pour réussir à contrôler la plus grosse gang de criminels (le gouvernement), et que nous les menacions d'exécution et d'emprisonnement, en combien de temps tu penses qu'on aurait un groupe de criminels encore pire sur les bras et qu'on devrait monter une milice encore plus grosse pour le contrôler?
Ce sont les problèmes qui arrivent toujours quand on déclare que "Un groupe de personne peut moralement posséder (et utiliser) les armes, alors qu'un autre groupe ne peux pas".
C'est un peu comme si je te dis: "Tu n'as pas le droit de posséder un tank, mais nous allons envoyer un tank (métaphoriquement) chez vous pour te forcer à payer tes taxes, que nous allons utiliser pour payer un tank à ton voisin (qui est dans l'armée)".
Aussitôt que tu dis "ce groupe a le droit de décider quelles armes tout le monde peut utiliser", alors tu compliques ta théorie de la moralité en créant des nouvelles catégories morales (et par conséquent échouera le test de l'universalité)..
La seule théorie morale qui passe le test de l'universalité est celle de la possession privée d'armes à feu, et je suis loin d'être convaincu que je devrais être obligé d'enregistrer mon arme avec l'entité même qui utilisera toute sa force pour venir me l'enlever si elle désire.
Rédigé par: R. David | 08 janvier 2007 at 10h58
Aussi si une fille peut faire changer d'idée un violeur parce qu'elle dissimule une arme dans son sac à main, alors cette sécurité n'est pas illusoire, elle est directe, réelle et mesurable. La police par contre a bien peu de chances de pouvoir prévenir ce crime, la sécurité que la police ammène m'apparait alors beaucoup plus illusoire, elle ressemble beaucoup plus à une "perception de sécurité".
Rédigé par: R. David | 08 janvier 2007 at 13h57
Je suis POUR le port d'arme
Le port d'une arme entraîne cependant la responsabilité, ce que plusieurs de nos citoyens semblent malheureusement vouloir laisser à l'État. Ce qui est important de comprendre dans ce débat c'est que le citoyen qui accepte de porter une arme accepte la resonsabilité qui en découle. Il ne s'agit pas de retourner au "FarWest" mais bel et bien de donner aux gens le pouvoir de prendre leurs responsabilités. Si des citoyens veulent faire leur part dans la société en ayant une formation appropriée (légale et pratique) celà doit être encouragé et valorisé. Je ne parle pas de policiers, mais de citoyens libres qui décident de prendre la responsabilité de porter une arme pour assurer leur défense et celle de leurs pairs.
Les abolitionistes (les anti-guns) semblent avoir une fixation maladive sur un simple objet composé de d'acier, de bois et de matières plastiques. Ce même objet est innofensif en soi, comme une automobile; tout dépend de l'opérateur. Ce qui me choque c'est que ces gens semblent oublier de manière constante qu'aucune prohibition dans l'histoire n'a jamais donné de résultats positifs. Les abolitionistes se voient comme des victimes permanentes. C'est leur droit. Par contre ils n'ont pas à entraîner le reste de la population dans leur modèle, pour ne pas dire leur folie.
Rédigé par: Francois Leblanc | 08 janvier 2007 at 20h31
Tout à fait d'accord avec toi et pour citer l'excellent columniste Mark Steyn: "If you outlaw guns, only outlaws will have guns". C'est une excellente idée mais avec nos politiciens frileux et nos groupes de pressions maternants, je doute que ce projet voit le jour...
Rédigé par: Martin Hamel | 09 janvier 2007 at 12h24
Le New Hampshire est l'état américain où le nombre d'armes par habitant est l'un des plus élevé aux USA. Curieusement, c'est aussi l'un des états avec le plus faible taux de criminalité. Un peu logique, un bandit y pense par 2 fois avant de s'attaquer à une maison où il y a de fortes chances de se faire recevoir avec un canon braqué sur lui. Mais avec toutes les mauviettes maternantes qui sévissent au Québec, nous n'aurons bientôt plus qu'un couteau de cuisine pour se défendre des criminels ou les gens finiront par faire comme pour les cigarettes et se procurer des armes sur le bon vieux marché noir qui deviendra encore plus florissant.
Rédigé par: Martin Hamel | 09 janvier 2007 at 12h39
«Mais avec toutes les mauviettes maternantes qui sévissent au Québec, nous n'aurons bientôt plus qu'un couteau de cuisine pour se défendre des criminels...»
Ça c'est s'ils n'interdisent pas les couteaux de cuisine...
http://www.leblogueduql.org/2005/06/il_faut_bannir_.html
Rédigé par: Gilles Guénette | 09 janvier 2007 at 14h10
Le taux d’homicide (action de tuer volontairement ou non un être humain) pour la période 1991-2001 est dans l’Ouest CDN 2,3/100000 habitants (les chiffres seront toujours par 100000 habitants), pour le centre 1,6 et de 0,8 pour les Maritimes. Selon Marc Ouimet (« Oh, Canada ! La baisse de la criminalité au Canada et aux Etats-Unis entre 1991 et 2002), de 1991 à 1996, les agressions sexuelles graves et armées ont chuté respectivement de 52% et 34%. Trois types de voies de faits ont nettement diminué, soit les voies de faits autres (-75%), l’infliction de blessures corporelles (-47%) et les voies de faits graves (-39%).
Il démontre aussi que la probabilité de condamnation à la prison a un impact significatif sur le nombre de cambriolages et de vols qualifiés: plus les risques d’incarcération sont élevés, moins il y a de crimes commis dans l’année suivante. Toutefois, le criminologue rappel que le durcissement des lois a jusqu'à présent eu pour effet de diminuer le nombre d'homicides conjugaux, mais ne semble pas affecter les organisations interlopes.
Je suis d’accord lorsqu’il affirme que "Ce ne sont pas les gens qui enregistrent leurs armes, qui les collectionnent ou qui font du target shooting qui commettent les homicides." L’enregistrement n’est pas LA solution.
Mon inquiétude porte davantage sur le libre accès aux armes. Le Québec est l’un des endroits où on trouve le taux de crime avec armes les plus bas au monde. Nous sommes le champion du continent nord américain. La population ressent en général un plus grand sentiment de sécurité dans les rues ici qu’ailleurs. Certes, le contrôle des armes n’explique pas cet immense succès. Mais avant de permettre à tout le monde de porter une arme chargée dans sa sacoche ou son veston, peut-être réfléchir sur les objectifs? IF IT’S NOT BROKEN, WHY FIX IT? Si nous avons le plus faible taux, c’est grâce à un ensemble d’élément et de permettre le libre accès aux armes pourrait briser cet ensemble. NON au registre, mais OUI au maintient des limites d’accès aux armes.
Rédigé par: Sébastien Bourgault | 09 janvier 2007 at 18h20
Monsieur Bourgault.
Certes, les taux d’homicide et de criminalité violente diminuent globalement au Canada depuis plusieurs années. Aucune étude n’a toutefois établi de lien entre cette baisse et les dernières lois canadiennes sur les armes. Les partisans du contrôle à tout prix n'ont d'autre choix que de l'admettre la baisse générale de la criminalité violente est en réalité une tendance nord-américaine imputable à d'autres facteurs, dont le vieillissement de la population et la croissance de l'emploi. La baisse s'observe aussi aux États-Unis où, en revanche, une vingtaine d'états libéralisaient le port d'arme dissimulé ces dernières années. Le Concealed Carry Weapon (CCW) est une formation similaire à celle la police. De plus, dans les compétitions de Black Badge même au Québec (IPC, IPSC) il y a de simples citoyens qui sont beaucoup mieux formés que les agents de la paix. Un Policier est un être humain comme vous et moi.
Deuxiemement, que nous apprennent les recherches en sciences sociales? Que l'accessibilité des armes n'a pas d'effets nets sur les taux globaux de morts violentes, qu'il s'agisse d'homicides ou de suicides. (Voir la recension de la recherche sur la relation entre armes à feu et morts violentes qui sert de référence dans les milieux universitaires: Gary Kleck, Point Blank: Guns and Violence in America, Hawthorne NY, Aldine de Gruyter, 1991. Cet ouvrage était récompensé en 1993 par l'American Society of Criminology). Des recherches récentes suggèrent même que la restriction de l'accès aux armes — ou, en tout cas, les mesures les plus sévères — seraient non seulement inefficaces, mais aussi préjudiciables aux honnêtes citoyens respectueux des lois.
Depuis des années, les prohibitionnistes colportent l'idée que "l'accessibilité" aux armes est la source de fléaux indicibles. Pourtant, nombre d'études, comme les travaux comparatifs de David Kopel de même que des données de l'Organisation mondiale de la santé, montrent que les mesures de contrôle et le nombre d'armes en circulation ne sont pas des facteurs déterminants dans les taux nationaux d'homicides et de suicides (voir Daniel D. Polsby, Firearms and Crime, Independent Institute, 1997).
La Suisse, la Norvège ou encore l'État américain du Vermont sont des exemples de sociétés paisibles où coexistent un faible taux d'homicide par balle et des politiques très libérales concernant les armes à feu. Pensons seulement au Canada d'il y a 30 ans. Il y a également tout l'aspect culturel à ne jamais négliger. (L'arme à feu est un objet inanimé au meme titre que la voiture).
Au Canada, c'est depuis les contrôles des armes de 1977 et de 1991 que nous avons perdu ce droit. Pourtant, contrairement aux mythes en vogue, des études criminologiques démontrent que l'autodéfense avec une arme à feu est efficace (voir par exemple Carol Ruth Silver and Don B. Kates, « Self-defense, Handgun Ownership, and the Independence of Women in a Violent, Sexist Society » in Don B. Kates, Restricting Handguns. The Liberal Skeptics Speak Out, North River Press, 1979).
Les policiers sont armés précisément parce qu'il s'agit d'un moyen efficace de protéger la vie et de prévenir la violence. Ils ne peuvent toutefois pas jouer les gardes du corps auprès de tous ceux qui se sentent menacés. Et il n'est pas souhaitable d'en faire les détenteurs du monopole de la légitime défense armée. Les hommes et les femmes sont parfaitement compétents pour assurer leur défense en cas d'urgence, pourvu qu'on leur en laisse les moyens. (Suivre une formation). Heureusement, du reste, dans 98 % des cas où une arme à feu est utilisée pour se défendre contre un agresseur, la simple vue de l'arme a l'effet dissuasif voulu et suffit à mettre fin à la confrontation (John R. Lott Jr., "Gun Control Advocates Purvey Deadly Myths", Wall Street Journal, 11 novembre 1998, p. A 22)
Il ne s'agit pas du tout de prétenre que la possession d'armes soit une panacée. Il ne s'agit pas de faire l'apologie de la violence ni d'une société où tout le monde porterait un revolver à la ceinture. Le droit de porter ou de posséder des armes n'est pas l'obligation d'en acquérir, d'en garder une chez soi, et encore moins de s'en servir contre un agresseur. L'utilisation d'une arme en légitime défense est une mesure de dernier recours moralement justifiée quand les policiers ne peuvent intervenir assez rapidement.
Rédigé par: Mathieu Bréard | 09 janvier 2007 at 22h00
J'ai vraiment le gout de faire une synthèse du dernier bloc:
Moins d'armes = Plus de gouvernement = Plus de crimes
Plus d'armes = Moins de gouvernement = Moins de crimes
Rédigé par: R. David | 10 janvier 2007 at 07h47
Juste pour en revenir à la réponse de première ligne;
Le 1er octobre 1997, un dingue du nom de Luke Woodham à voulu s'offrir un massacre à Pearl High School. Notez bien qu'il y a eu très peu de battage médiatique sur cette affaire.
Pour résumer, la réponse de première ligne à été donné par M. Joel Myrick, assistant du principal.
Eh oui, ce monsieur avait son arme pas trop loin de lui, dans la boite à gants de sa voiture, sur le stationnement de l'école.
Il a pu neutralisé le dingue jusqu'à l'arrivée de la police.
Luke Woodham a tué deux personnes et en a blessé sept autres. Il aurait pu faire pire qu'a Polytechnique si M. Myrick n'avait pas eu son arme (comme au Québec !!!) et s'il n'avait pas eu le courage d'intervenir. (comme au Québec ???)
-- SafeGuard, canadien dans à peu près un an, criminel avec permis de détention d'armes d'ici deux ou trois mois...
Rédigé par: SafeGuard | 10 janvier 2007 at 21h04
Le fait de contrôler les armes pour un état s'exerce sur les citoyens de bases dits 'Law abiding citizens' aux USA ; mais en aucun cas ne saurait géner les voyous et c'est pure démagogie de la part d'un état de dire que les patrouilles de police peuvent tout, ce qui est faux, la police agit à postériori . Le fait d'empécher les gens de posséder des armes les empèchent de se protéger dans la bulle 'familiale' notamment en cas d'assaut de résidence, notion dont les politiciens se moquent ouvertement en europe . Je défini cette bulle comme la zone ou se trouve tous les membres d'une mème famille au mème moment et qui est particulièrement vulnérable (la maison ou le condo la nuit) . Cette bulle de protection ne devrait être que sous la responsabilité du chef de famille ou des adultes responsables . Concernant le port d'arme, c'est à dire à l'extérieur du domicile, seulement après une formation recours à la force et si le porteur est supposé 'normal' et ne se prend pas pour le "justicier du quartier" . Le controle des armes avec une formation sanctionnée par un controle est de bon aloi .
Rédigé par: GBR | 29 janvier 2007 at 10h12