J'ai retrouvé ce bout d'entrevue en faisant le ménage dans mes fichiers. C'était le 12 août 2006, à l'émission En attendant le Bigot sur la radio de Radio-Canada. L'animateur Daniel Pinard recevait Maxime Laplante, président de l'Union paysanne du Québec.
Daniel Pinard: On entend souvent dire que l'agriculture ici n'est pas subventionnée et qu'en fait, le panier d'épicerie que nous avons est un des moins chers au monde. Et on entend en même temps dire que les agriculteurs sont dans la merde - pour parler clairement - et que leur revenu diminue, etc. Qu'est-ce qui vous différencie Laurent Pellerin [président de l'Union des producteurs agricoles du Québec] et vous, quand tous les deux dites quand même une chose à l'unisson: le revenu des agriculteurs baisse, ils sont de plus en plus pris à la gorge?
Maxime Laplante: Je pense qu'on s'entend très bien sur le constat que le revenu effectivement est en situation de crise, on ne s'entend pas du tout par contre sur les solutions à apporter. Et sur les causes. […]
Daniel Pinard: Je lisais quelque part, ça dépend comment on les calcule, comment on les nomme, mais il y a des subventions déguisées qu'on n'appelle pas ici au Québec des subventions…
Maxime Laplante: Tout à fait, le Québec est aussi subventionné que n'importe quel pays industrialisé, la Suisse compris…
Daniel Pinard: …au rythme d'un milliard et demi par année.
Maxime Laplante: Oui.
Daniel Pinard: Pour 30 000 fermes, ça revient à 50 000 dollars par fermes.
Maxime Laplante: Exact.
Daniel Pinard: C'est quand même pas mal!
Maxime Laplante: C'est quand même pas mal, effectivement. Mais il ne faut pas conclure que chaque ferme reçoit 50 000 piastres dans le fond de ses poches, il y a une nuance. Mais il faut conclure qu'en moyenne, ça coûte à l'État 50 000 dollars par ferme.
Daniel Pinard: Mais ce qu'il faut expliquer, pour enlever la nuance, et l'expliquer davantage, c'est que comme on est subventionné à la production, plus on est gros, plus on a de subventions. Ce qui fait qu'on peut dire qu'il y a certaines fermes qui reçoivent des subventions de 200, 300 000 dollars, alors qu'un nombre considérable de fermes reçoivent zéro. Comme vous, par exemple.
Maxime Laplante: C'est ça, tout à fait. Il y a des minimums de production pour avoir droit au soutient gouvernemental. […]



Donc, ce n'est pas la mondialisation qui explique la disparition des petites fermes mais bien les subventions!
Rédigé par : David | 29 juin 2007 à 15h13
@David
D'accord sur ce point.
"plus on est gros, plus on a de subventions"
Incroyable.... Quand même un enfant de 10 ans avec aucune connaissance économique se gratterait la tête; "Comment ca?"
Rédigé par : GreenRockefellerGiant | 29 juin 2007 à 18h59
Plus facile par la suite pour les plus gros de devenir PLUS gros : ils n'ont qu'à acheter l'agriculteur qui survie de peine et de misère. La terre du maraîcher qui survivait à peine sera alors transformé en terre de maïs, d'épandage à purain, méga-porcheries... livré en pâture aux géants agroalimentaires, pharmaceutiques, industrie chimique...
Le trio infernal des cravatés UPA-industrie-gouvernement détruit littéralement nos campagnes...
"On ferme la porte aux petites fermes en maintenant volontairement des programmes de subvention axés sur le gros volume de production. On ferme la porte à la production biologique en subventionnant les monocultures et les productions transgéniques dont le pollen contamine le territoire et ferme les marchés." Union paysanne.
Rédigé par : Philippe LeBel | 30 juin 2007 à 12h10
Un parfait exemple d'ingérence gouvernementale totalement a coté de la track..on donne plus d'argent à ceux qui sont gros en masse pour se soutenir eux-memes !
Coudonc,c'est moi qui est cave on dirait...
Rédigé par : Mattiew | 01 juillet 2007 à 12h03