« juillet 2007 | Accueil | septembre 2007 »

30 août 2007

CSST: peut-on imaginer un système plus injuste?

Les organismes gouvernementaux ont pour mandat de fournir un service de qualité à la population. Ces organismes, étant des monopoles d’État, ont un pouvoir absolu sur les gens et les entreprises avec qui ils transigent. Ils ne subissent jamais les conséquences de leur ineptie. Ils sont surtout concernés par leurs règlements de gestions internes et par les priorités politiques du moment. La journaliste Jacinthe Tremblay dans son texte intitulé « Batailles de factures en santé et sécurité », publié dans La Presse du 20 août, relate l’histoire d’horreur vécue par Transport SAS Drummond et son employé.

On y apprend que l’employé en question s’est blessé à un poignet en avril 2002. Sa condition nécessitait une intervention chirurgicale. L’intervention, prévue en août, est reportée à cause d’un manque d’équipement au Centre hospitalier de l’Université Laval. L’employé sera finalement opéré en juillet 2004. Malheureusement, cette histoire d’horreur ne se termine pas là. La conseillère en réadaptation de la CSST étant absente, l’employé a dû endurer son état d’handicapé sept mois additionnels. Une attente de deux ans et dix mois! Peut-on imaginer un système plus inepte? Il est inacceptable qu’un organisme, quel qu’il soit, ait le pouvoir de condamner un être humain à un tel sort. Y aura-t-il des accusés, un procès, éventuellement des coupables? Bien sûr que non, les monopoles gouvernementaux bénéficient d’une impunité totale.

La CSST a pour mandat de facturer à l’employeur les frais des prestations versées aux employés victimes d’un accident. Toutefois, dans certaines circonstances, lorsque les délais sont exceptionnellement longs, la CSST se rembourse à même une cagnotte financée par l’ensemble des employeurs. Dans ce cas-ci, la CSST a jugé que l’employeur devait rembourser le total de la facture. Décidément, la notion de délai exceptionnel n’a pas la même signification à la CSST que pour le commun des mortels...

L’employeur conteste la décision de la CSST devant la Commission des lésions professionnelles. La CLP, un autre organisme gouvernemental, juge que la portion du délai découlant du système de santé était exceptionnelle et ne devait pas être imputée à l’employeur. Toutefois, dans la même décision, elle juge que l’employeur doit rembourser les frais des prestations de sept mois dues à l’absence de la conseillère en réadaptation. Selon Me Marie-André Miquelon, de la Société québécoise d'information juridique, la CLP a l’habitude de rejeter les contestations des employeurs lorsque les lourdeurs de la CSST ou du système de santé sont responsables des retards.

Peut-on imaginer un système plus injuste? Injuste surtout envers l’employé qui a dû endurer son état d’handicapé pendant 2 ans et dix mois. Injuste aussi envers l’employeur qui, déjà pénalisé par l’absence de son employé, doit en plus payer les frais causés par l’ineptie de la CSST. L’un comme l’autre sont les victimes bien involontaires de l’étatisme. L’étatisme a pour résultat de briser le lien naturel qui doit exister entre «décision» et «conséquence». Ainsi, les fonctionnaires des monopoles gouvernementaux, bénéficiant d’une impunité totale, n’ont pas à se soucier des conséquences de leurs décisions sur les individus et les entreprises.

Serge Rouleau, éditeur
le magazine nagg

29 août 2007

Un mois dans l’effondrement d’une ville…

29 août 2007 : La première génération d'autobus à plancher surbaissé de la Société de transport de Montréal (STM) s'est détériorée au cours de la dernière année. Ces bus tombent aujourd'hui en panne trois fois plus vite que des modèles plus récents et obligent la STM à fonctionner avec une pénurie de véhicules chaque jour, a appris La Presse.

26 août 2007 : Les problèmes qui touchent les ouvrages de béton ne font que commencer, croit l'ingénieur Jacques Marchand. Celui qui dirige l'enquête technique à la commission Johnson sur l'effondrement du viaduc de la Concorde a publié, début juillet, un rapport inquiétant sur l'état des infrastructures construites dans les années 60 et 70.

24 août 2007 : L'affaiblissement apparent d'une structure située à proximité de la ligne verte du métro de Montréal a forcé les autorités à évacuer des centaines de personnes par mesure de sécurité, vendredi, en début d'après-midi. Personne n'a toutefois été blessé, selon le Service des incendies.

21 août 2007 : L'autoroute 40, épine dorsale du réseau autoroutier montréalais, risque l'inondation chaque fois qu'une pluie diluvienne se déchaîne sur elle en raison de l'incapacité du réseau d'égout, révèle un rapport d'expertise déposé en cour en mai dernier par un spécialiste mandaté par la Ville de Montréal.

17 août 2007 : La serre tropicale du Jardin botanique est en train de faner. Le toit de verre coule, le sol s'affaisse, et il y a des trous d'infiltration d'eau dans les murs de fondation. Un état de décrépitude avancée au point où le bâtiment est devenu dangereux pour les visiteurs.

15 août 2007 : Le maire de Montréal Gérald Tremblay n'oppose pas de non catégorique à une nouvelle taxe de stationnement. Mais il préfère d'abord mettre l'accent sur ce qu'il dit être «la priorité des priorités pour Montréal», soit d'obtenir du gouvernement fédéral une portion de la taxe sur les produits et services.

10 août 2007 : Dès aujourd'hui, se rendre au centre-ville de Montréal sera plus pénible qu'à l'habitude pour les automobilistes. D'importants travaux de réparation entraînent la fermeture de deux voies de l'autoroute Ville-Marie pour une durée indéterminée.

10 août 2007 : La rue Sherbrooke sera partiellement fermée aux automobilistes à hauteur de la rue Montcalm jusqu'à la fin octobre, pour permettre la réfection d'un égout de deux mètres de diamètre construit il y a près d'un siècle.

09 août 2007 : Un comité de citoyens de Saint-Philippe, en Montérégie, demande à ce qu'on interdise aux camions lourds de circuler sur le pont Riendeau, d'après Le Journal de Montréal. Le béton de la structure est apparemment devenu friable.

09 août 2007 : Le pont Viau a été fermé pendant tout l'après-midi, hier, après la découverte d'un trou dans la chaussée. Une brochette d'ingénieurs a assuré que la structure était sans danger. Le pont a été rouvert, mais la liste des incidents qui affectent le réseau est loin de constituer un brillant bilan de santé.

09 août 2007 : La fermeture préventive du pont Viau par la police de Laval s'est ajoutée, hier, à une liste d'incidents mettant en jeu la sécurité des structures routières, qui risque fort de s'allonger à mesure que la population et les autorités publiques prennent la mesure de la décrépitude du réseau routier québécois.

09 août 2007 : Depuis l'effondrement tragique du viaduc du boulevard de la Concorde, survenu à Laval, le 30 septembre 2006, dans lequel cinq personnes ont perdu la vie et six autres ont été blessées, des incidents de nature semblable se multiplient dans tout le Québec, où 135 ponts de béton font déjà l'objet d'inspections d'urgence.

03 août 2007 : Déjà inscrite sur la liste noire des viaducs montréalais, la structure franchissant le boulevard Pie-IX à la hauteur du boulevard Henri-Bourassa est dorénavant fermée aux camions à cause de signes d’« affaiblissement du béton ».

01 août 2007 : La Ville de Montréal a divulgué hier la liste de neuf ponts et viaducs sous sa compétence qui pourraient présenter des défaillances. La circulation de camions en surcharge de plus de 55 tonnes a été interdite jusqu'à nouvel ordre sur ces ouvrages. Parmi ceux-ci, le viaduc du boulevard Henri-Bourassa, à l'angle de Pie-IX, fera l'objet d'une attention particulière.

15 août 2007

Effondrement du viaduc de la Concorde: la tragédie, c’est l’étatisme

LaconcordeL’effondrement du viaduc de la Concorde est maintenant un événement connu de toute la population québécoise. La mort de quelqu’un est toujours une tragédie. La mort de plusieurs personnes due à l’incompétence de politiciens et de bureaucrates est une tragédie d’autant plus dramatique qu’elle pouvait être évitée. Nous nous devons, à la mémoire des victimes et par respect pour leurs proches, d’en tirer les leçons qui s’imposent. Malgré une couverture médiatique impressionnante de l’événement et des travaux de la commission d’enquête, les principaux médias ne semblent pas vouloir tirer les bonnes leçons de cette tragédie. Ils semblent plus enclins à entretenir le «spectacle» qu’à faire ressortir les vraies leçons nous permettant d’éviter des tragédies similaires dans le futur. Selon moi, les principales leçons à tirer de cette tragédie sont:

1) L’effondrement d’un pont ou d’un viaduc est un événement éminemment rare. Ça, c’est une bonne nouvelle et il faut la diffuser. Malheureusement, les médias cherchent plutôt à laisser croire à la population que l’ensemble des ponts et viaducs du Québec sont sur le point de s’effondrer. Le gouvernement profite de l’occasion pour dépenser des millions en relation publique. La peur est un phénomène qui bénéficie aux politiciens et aux grands médias. Les médias moussent les ventes avec de grands titres apocalyptiques. Les politiciens convoquent des conférences de presse à répétition pour expliquer qu’ils font tout pour protéger la population. C’est plutôt ironique, car le problème est la conséquence de l’incurie des politiciens que les médias dénoncent seulement après la catastrophe...

2) L’autre message qu’il faut véhiculer, c’est que le gouvernement est incapable de fournir des services de qualité. Invariablement, les politiciens et les bureaucrates laissent croire à la population que le problème découle d’un manque d’argent. Chaque catastrophe est pour eux une occasion d’acquérir plus de pouvoir. Ils réclament à grands cris plus d’argent, plus d’inspecteurs, plus d’équipement, etc. Les groupes d’intérêt, susceptibles de bénéficier de cet apport inattendu d’argent, appuient avec enthousiasme les demandes du gouvernement. Pourtant, l’origine de la plupart des catastrophes peut être reliée à de mauvais choix politiques et/ou à l’incompétence des bureaucrates. Dans ce cas, donner plus de pouvoir aux politiciens et embaucher plus de bureaucrates ne peut qu’empirer la situation.

Il faut attendre que le rapport de la Commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc de la Concorde, soit déposé auprès du gouvernement du Québec, le 15 octobre prochain, pour savoir si cette fois il y aura des coupables. Malheureusement, il est probable qu’il servira seulement à démontrer que tous les intervenants ont agi de bonne foi et en respectant les règles en vigueur. Dans ce cas, l’enquête n’aura servi qu’à disculper le gouvernement et ses bureaucrates. Cette conclusion serait une tragédie encore plus grande que l’effondrement du viaduc. Elle confirmerait l’impunité totale face à l’incompétence et la négligence des politiciens et des bureaucrates.

Serge Rouleau, éditeur
le magazine nagg

Sacs en plastique: pas besoin d’une nouvelle taxe!

FeuillesRichard Bédard (La Presse): Comme citoyen, j'ai réagi fortement en apprenant que la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, examinerait l'idée d'imposer une écotaxe de 20 cents sur chaque sac en plastique fourni à la caisse des commerces et supermarchés. Il faut bien vivre au Québec pour envisager une solution qui passe par l'imposition d'une taxe supplémentaire qui nécessitera de mettre des fonctionnaires à contribution pour gérer, encore, un nouveau système. Je partage l'idée qu'il faut trouver une solution rapide à l'utilisation de ces sacs, un véritable fléau environnemental et un non-sens dans nos sociétés actuelles. Cet été, je suis allé en vacances sur la côte d'Azur. Nous avons fait des courses aux supermarchés Monoprix et Casino. Ce fut une véritable révélation de constater que nos amis français avaient déjà implanté une solution facile et efficace: il n'y a tout simplement plus de sacs en plastique dans ces magasins! Le client doit apporter ses sacs réutilisables ou, s'il les a oubliés, en acheter sur place pour une somme minime (environ 15 cents l'unité). Ainsi, le client prendra l'habitude de se présenter avec ses sacs réutilisables pour ne pas avoir à les payer chaque fois.

Il faut bien vivre au Québec, en effet, pour qu’un «problème» comme celui des sacs de plastique soit résolu à l’aide d’une nouvelle taxe. Comme si on n’en avait pas assez. La ministre Beauchamp qui débarque à peine dans le monde de l’environnement s’est fait dire par Jacques Lalonde, fondateur de l'organisme citoyen Écocontribution, qu’une «écotaxe» serait une bonne idée. L’écologiste montréalais a même calculé que le gouvernement empocherait jusqu'à 30 millions de dollars par année à l’aide d’une telle taxe. La nouvelle ministre (ou ses fonctionnaires) ont manifestement flairé la bonne affaire. Possibilité de se faire du capital politique facilement ici. Ting! Ting! Ting! «C'est une proposition qui est fort intéressante», de dire Véronik Aubry, attachée de presse de la ministre Beauchamp. «Le dossier des sacs en plastique nous tient à coeur, on le suit de près et on veut le voir avancer rapidement.» Surtout que les journalistes sont déjà tous sensibles «au fléau». Ce n’est pas eux qui vont crier contre la ministre. Alors pourquoi cette urgence? Pourquoi les mentalités doivent-elles absolument changer tout de suite? De plus en plus de consommateurs utilisent les sacs réutilisables, n’est-ce pas déjà un pas dans la bonne direction? Des entreprises aident à changer les mentalités sans nous imposer quoi que ce soit, n’est-ce pas là une avenue préférable?

Depuis près d'un an, les Provigo, Loblaws, Métro, pour ne nommer que ceux-là, proposent des sacs recyclables ou biodégradables à la caisse. Des marchands récompensent les clients qui utilisent des sacs réutilisables en leur remettant de l’argent. La chaîne de supermarchés Loblaws s’attaquent justement au problème des sacs de plastique (et à l’obésité) dans sa présente campagne publicitaire. Cascades Groupe Tissu vient de lancer l’initiative «Petit geste vert» qui vise à faire la promotion de ses papiers jetables 100% recyclés et à donner des trucs sur comment être davatage écolo. La chaîne de rôtisseries St-Hubert songe, notamment, à offrir de la vaisselle et des ustensiles compostables pour les commandes à emporter dès 2008 – une pratique que plusieurs entreprises mettent déjà en oeuvre. Les magasins Rona L'entrepôt/Réno-Dépôt recyclent vos vieux gallons de peinture – j’ai fait le ménage de ma cave aujourd’hui... Des tas d’entreprises utilisent leur fric pour changer les comportements et faire leur part pour l’environnement. La ministre devrait laisser plus de place aux entrepreneurs et à l’initiative privée dans l'élaboration de ses politiques. L’environnement est à la mode. Les Québécois changent. Et ils sont suffisamment taxés.

Gilles Guénette

Électricité: les tarifs bas mèneront inéluctablement à des pénuries

ElectriciteJe discutais récemment avec des gens reliés au domaine des énergies nouvelles à propos de la rentabilité de la géothermie. En faisant un petit calcul mental de coût d'opportunité de la géothermie, en comptant le manque à gagner en intérêts du capital immobilisé, il semble, sous toutes réserves, que la solution la plus rentable soit de ne pas utiliser la géothermie, de consommer plus d'électricité et d'investir le capital à 5% d'intérêt au lieu de l'investir dans une pompe à chaleur. C'est alors que quelqu'un a rapporté les inquiétudes de certains ex-chercheurs d'Hydro-Québec...

Selon eux, si les tarifs d'électricité ne sont pas approximativement doublés pour s'adapter au libre marché de l'énergie, les gros consommateurs d'énergie modifieront leurs installations afin de faire usage d'électricité au lieu des produits du pétrole – mouvement qui semble déjà solidement amorcé. D'après ces gens d'expérience, cela mènera inéluctablement à des hausses significatives de charge sur le réseau qui entraîneront à leur tour des pannes en série fréquentes et des pénuries d'électricité sur certains noeuds du réseau, telles que la Californie en a connues depuis quelques années. Les ex d'Hydro-Québec disaient, «off the record» bien sûr, être extrêmement inquiets pour la sécurité de l'approvisionnement et que des mesures doivent être impérativement prises pour éviter d’éventuelles pénuries.

Il semble donc que la théorie économique soit encore démontrée empiriquement. Verra-t-on les tarifs résidentiels épargnés pour soi-disant «ménager» la population (et certainement pour épargner des votes)? Il faut noter qu'«épargner» les tarifs résidentiels créer des incitatifs au chauffage électrique, ce qui adoucira la mesure précisément au pire moment, soit durant les grands froids d'hiver, quand l'approvisionnement en énergie est le plus critique. Il ne suffit que de s'imaginer une panne par -17C le jour au lieu du confortable -2C du verglas de janvier 1998...

Pour revenir à la géothermie, il semble qu'elle devienne rentable lorsqu'on passe des actuels 6 cent du kWh à 10-12 cent du kWh. De plus, la géothermie libère le réseau d'une charge importante, permettant ainsi de vendre à profit élevé encore plus d'excédent d'énergie (États-Unis, Ontario). Certaines personnes à Hydro-Québec, chercheurs socialistes bien intentionnés, ont proposé de rendre obligatoire l'installation de pompes à chaleur géothermiques sur les maisons neuves. Une gestion saine des prix respectant les prix du libre marché éviterait le drame d'avoir à recourir aux flingues de l'État tout en libérant de la richesse pour les propriétaires d'Hydro-Québec, soit le peuple québécois. Une installation forcée, légiférée de la géothermie induirait une montée des prix des équipements et services annulant ainsi les avantages financier pour l'utilisateur, ce qui constituerait encore une taxe déguisée.

J'ai déjà émis mon opposition à la privatisation ainsi qu'à l'augmentation des tarifs d'Hydro-Québec sur ce blogue parce que j'étais convaincu que l'État ne ferait que financer ses petits projets fétiches et/ou ses petits copains tout en nous enfonçant encore plus dans un merdier économique. C'est probablement ce qui va se passer. Je ne suis pas optimiste. Mais il y a tout de même une toute petite lueur d'espoir: la pression politique créée par le danger de pannes et l'augmentation des coûts va peut-être motiver le gouvernement à baisser réellement les impôts, histoire de ne pas trop s'aliéner la population. Reste maintenant à savoir si les politiciens auront l'intégrité requise pour faire ce que doit, à savoir, augmenter les tarifs à des niveaux compatibles avec le marché et baisser les impôts totaux, hors-tout, d'un montant intégralement égal à l'augmentation, toutes sources confondues, des recettes d'Hydro-Québec.

Jean-François Avon
Montréal

À qui appartient Hydro-Québec?

HydroquebecÀ qui appartient Hydro-Québec? Aux citoyens ou au gouvernement? Le 29 août prochain, l’Institut économique de Montréal tiendra un déjeuner-conférence sur le thème de la privatisation d’Hydro-Québec. Sans cautionner l’idée, j’estime que cet événement a au moins le mérite de relancer le débat sur la gestion de cette entreprise publique, et surtout sur le rôle de fiduciaire joué par le gouvernement. Si nous sommes les actionnaires d’Hydro-Québec, comme aiment le claironner les divers gouvernements qui se succèdent à Québec pour nous calmer devant les hausses répétées de tarifs, eh bien qu’on nous le donne, ce dividende. En donnant un chèque aux Québécois, ceux-ci verraient le lien entre augmentation de tarifs et hausse des dividendes. Mais non, les fonctionnaires paternalistes à la Bernard Landry disent que ce ne serait pas sage, qu’il faut payer la dette avant de distribuer des chèques aux citoyens québécois (qui iraient sûrement s’acheter des chips et de la bière, selon la vision de l’ancien chef péquiste). Or le bénéfice net prévu d’Hydro-Québec est de plus d’un milliard $ pour 2007 alors que la cotisation prévue d’Hydro-Québec au Fonds des générations, elle, est de 265 millions $. Où ira le reste? En factures de limousines? En subventions aux entreprises pour fins de gain politique? En engraissage de l’appareil de l’État? Les Québécois n’ont pas besoin d’un intermédiaire parasite pour gruger 75% des dividendes qui leur sont dus. Les Québécois ont bâti Hydro-Québec à force de sueur et de taxes. Il est grand temps qu’ils en profitent à 100%.

David D.
Montréal

14 août 2007

Passer de la propriété du père à celle du mari: pas ici!

MariageSamuel Auger (Le Soleil): Caroline Parent veut se refaire un nom. Ou plutôt abandonner le sien. La jeune femme de 27 ans veut supprimer le nom Parent de son identité et laisser toute la place à celui de son mari, Karl Lamirande. Une pratique illégale au Québec depuis un quart de siècle. Pour sa nouvelle quête d'identité, elle s'est même adressée par lettre au premier ministre Jean Charest. La jeune femme de Gatineau n'en démord pas. Née à Ottawa, elle ne comprend pas cette exception québécoise, notre province étant la seule à obliger les femmes à conserver leur nom de famille après le mariage. «Je ne suis pas pour que ce soit une obligation pour la femme de prendre le nom de son époux, je veux simplement avoir le choix», a-t-elle déclaré à la Presse canadienne. Malgré ses démarches auprès des médias et sa sollicitation de Jean Charest, la jeune mariée risque d'échouer. «Je ne vois vraiment pas comment elle pourrait contester la loi québécoise», commente Louise Langevin, spécialiste du droit des femmes à l'Université Laval. «Garder le nom de famille du mari, c'est moyen-âgeux, c'est féodal. C'est un peu comme les chevaux qui changent d'écurie, c'est passer de la propriété du père à celle du mari.» La réforme du Code civil du Québec en 1981 a introduit cette interdiction afin de refléter dans le mariage l'égalité entre les hommes et les femmes. «Accepter sa requête, cela serait dangereux pour les droits acquis des femmes, ajoute Louise Langevin. Les droits généraux des femmes doivent être supérieurs à son objectif personnel.»

Bel exemple d'igénierie sociale qui nous vient d'un lecteur, Hugues M. Imaginez, «Garder le nom de famille du mari, c'est moyen-âgeux, c'est féodal. C'est un peu comme les chevaux qui changent d'écurie, c'est passer de la propriété du père à celle du mari.» Ayoye! La chose se fait partout, sauf ici. Mais selon Mme Langevin, le Québec serait vu comme un modèle par les autres provinces...

09 août 2007

Au Québec, l’essence coûte plus cher

L’intervention des gouvernements dans le processus de libre marché est toujours plus nuisible qu’utile. À la fin, ce sont les consommateurs qui paient pour les services rendus aux groupes d’intérêts par les politiciens. Le Québec est probablement le seul endroit au monde où l'État impose à ses citoyens un prix minimum à la pompe. Le prix minimum imposé par le gouvernement assure que les automobilistes québécois ne bénéficieront jamais des meilleurs prix obtenus dans un marché compétitif. L’expérience démontre que la réglementation des prix (plancher ou plafond) a pour effet d’augmenter les prix à la consommation. Mais cela importe peu, car les groupes d’intérêts, en l’occurrence les distributeurs indépendants, ont plus de poids aux yeux des politiciens que les consommateurs (voir le texte «La comptabilité politique»).

Si le ministre Béchard voulait vraiment défendre les intérêts des automobilistes comme il le prétend, il éliminerait la loi sur les prix minimum estimés (PME). Les beaux discours et le déchirage de chemises sur la place publique ne servent qu’à attirer l’attention des médias et à impressionner les spectateurs. Cela n’a aucun effet à la baisse sur le prix de l’essence à la pompe. Le graphique qui suit démontre bien que le prix de l’essence à la pompe suit une courbe parallèle au prix minimum à la rampe de chargement sans jamais baisser sous la courbe des prix minimum estimés.

Serge Rouleau, éditeur
le magazine nagg

02 août 2007

Visite d'un Wal-Mart de l'État de New York

DrpalaceIl y a quelques semaines, je suis allé visiter des copains au centre de l'État de New York. Un État magnifique. Merveilleuses campagnes, et malgré son manque relatif de liberté économique à comparer aux autres États américains, on y voyait beaucoup plus de prospérité générale qu'au Québec dans des régions similaires. Moins d'uniformité des habitations et bâtiments, plus d'apparences de liberté d'action. Même leur pauvreté semblait plus prospère et positive qu'au Québec. Lors de mon séjour, mes amis et moi nous sommes rendus au Wal-Mart local, à Norwich (pop. 7400).

De nombreux commerces et petites boutiques semblent y faire d'excellentes affaires, du moins en ce qui concerne nos standards québécois. Note intéressante, mes amis me disaient que Central N.Y. n'est pas un exemple de dynamisme économique, que la pauvreté y est très présente. Je n'ai pu m'empêcher de la trouver bien prospère leur pauvreté. Le Wal-Mart semble desservir toute la région. On y retrouve Hamilton (pop. 3500) et Sherburne (pop. 4000) ainsi que d'autres petites villes. Au pif, la région doit comprendre 25,000-100,000 habitants, i.e. environ la population de Sherbrooke, P.Q.

Ma première surprise a été la dimension impressionnante de la bâtisse dans une si petite ville, zone somme toute très peu urbanisée. Elle mesure environ 575 pieds de large par 375 pieds de profond (voir vue aérienne Google). Pendant que mes copains terminaient leur emplettes, il m'est venu l'idée de mesurer le magasin: La section non-alimentation m'a pris 110 pas (environ 330 pieds) de large par environ 75 pas (environ 225 pieds) de profond, excluant les zones d'entrepôt, l'atelier automobile et l'épicerie. La section épicerie, à elle seule, mesure 75 pas de profond par environ 45 pas de large. La section épicerie, entièrement dévouée à l'alimentation semble, à l'oeil, plus grande que nos Loblaws locaux qui eux, n'affectent qu'un peu plus de la moitié de leur surface totale aux denrées alimentaires.

La variété des fruits et légumes n'avait vraiment rien à envier à nos meilleures épiceries à Montréal et les prix étaient, on peut s'y attendre, très compétitifs. Dans une région aussi peu ethnique de Central N.Y. et de population somme toute modeste, on y retrouvait des fruits et légumes exotiques que même les meilleures épiceries ethniques de Montréal ne tiennent pas de façon régulière. Dans la section non-alimentaire, les biens vendus semblaient (sous toutes réserves) être d'un meilleur niveau de qualité que les produits vendus par Wal-Mart Canada. Je suis allé vérifier au Wal-Mart local, histoire de comparer, et effectivement les électroménagers que j'y ai retrouvés sont de moindre qualité.

Alors voilà pour le Wal-Mart d'une petite ville typique du «Central N.Y. rural»! J'en suis ressorti impressionné par tant d'abondance, de qualité, de variété, et de service! Dire qu'il y a des gens qui haïssent les Wal-Mart :-)

Jean-François Avon
Montréal

Citations

  • « Bientôt, on va demander à l'État de nous tenir la bizoune quand on va aller pisser. Vous trouvez ça normal, vous? Est-ce si dur de se prendre en charge? »

    – Richard Martineau, « La faute aux autres», Le Journal de Montréal, 17/04/2008

Les commentaires récents

À propos des commentaires

  • Veuillez prendre note que les attaques personnelles, les commentaires non pertinents et ceux remplis de fautes et illisibles seront effacés. Au plaisir de vous lire.

À propos du Blogue du QL

Visitez le QL

Ma Photo

Abonnez-vous

  • Subscribe
  • Social Bookmark

Positionnement sur le web

Le QL sur Facebook