En août 2007, la ministre des Transports, Mme Julie Boulet, a émis cinq communiqués de presse pour annoncer l’inauguration de la route verte dans cinq régions du Québec. On y apprend que le MTQ a investi à ce jour 77 millions dans ce projet sur un total estimé à 170 millions de dollars. Il semble bien qu’il y ait amplement d’argent pour les projets «politiquement sexy» alors qu’il en manque pour voir à l’essentiel!
L’ensemble des infrastructures du Québec sont dans un état de décrépitude avancée: le réseau d’aqueduc de Montréal perd 30 à 40% de l’eau traitée; les rues, routes et autoroutes du Québec sont truffées de nids de poule et causent l’usure prématurée des véhicules; à cause du manque d’entretien, les ponts, viaducs et tunnels coûtent une fortune à réhabiliter et nuisent à l’efficacité des individus et des entreprises; les écoles, hôpitaux et CHSLD sont dans un tel état que l’on se croirait dans un pays du tiers monde. Cette situation lamentable est le résultat de vingt ans de négligence de la part de nos politiciens. L’entretien régulier des systèmes d’infrastructures - essentielle au bon fonctionnement de l’économie et à la sécurité des Québécois - n’est pas électoralement rentable. Il est préférable pour un politicien de satisfaire les groupes d’intérêt.
Comprenez-moi bien, je n’ai rien contre les cyclistes. Ils utilisent un mode de transport écologique et contribuent au maintien de leur santé tout en s’amusant. Toutefois, pourquoi ne financent-ils pas eux-mêmes le privilège de pratiquer leur sport? Pourquoi le principe «utilisateurs-payeurs» ne s’appliquerait-il pas?
Vélo-Québec estime qu’en 2005 plus de 2,5 millions de Québécois âgés de 6 à 74 ans faisaient du vélo au moins une fois par semaine. La même année le Québec comptait 91 clubs actifs regroupant plus de 11 000 membres. Voilà des statistiques sujettes à faire bouger les politiciens.
Le cyclisme représente l’exemple par excellence du gouvernement qui subventionne des groupes d’intérêt dans le but de promouvoir des projets politiquement rentables. Québec subventionne des organismes comme S.O.S. vélo Mercier/Hochelalga-Maisonneuve (437 772$), Le vélo vert inc. (337 399$), Vélo-Québec (100 590$), etc. En retour, ceux-ci réclament plus de subventions et plus de projets gouvernementaux dans le but de développer le cyclisme. Les politiciens s’empressent de les accommoder dans le but de mousser leur popularité. Ce cycle, lorsqu’appliqué à l’ensemble des groupes d’intérêt, comme c’est le cas au Québec depuis trop longtemps, a pour conséquence de dérober l’argent nécessaire aux missions fondamentales de l’État aux profits des groupes d’intérêt.
Serge Rouleau, éditeur
le magazine nagg
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