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30 septembre 2007

Che Guevara: l'homme qui aimait tuer les gens

CheguevaraAxel Gyldén: Avec sa gueule d'ange et son béret à étoile, l'Argentin Ernesto «Che» Guevara incarne à lui seul la pureté originelle de la révolution cubaine. Son effigie de héros populaire a acquis, depuis une quarantaine d'années, l'aura d'une icône. Quelque 20 millions de personnes, à travers le monde, posséderaient un tee-shirt à l'image du «rebelle éternel», assassiné le 9 octobre 1967 dans un village de Bolivie (lire le témoignage de Felix Rodriguez). La mythologie aurait-elle faussé notre perception de la réalité? Ceux qui l'ont connu aux premières heures de sa fulgurante carrière portent, en tout cas, un autre regard sur le «guérillero romantique». Anciens compagnons d'armes ou victimes, ils brossent le portrait d'un être froid. Brutal. Autoritaire. Et aux mains tachées du sang de nombreux innocents. Leurs récits font froid dans le dos. À lire dans L'Express...

25 septembre 2007

Finis les cours d’économie au Québec

Isabelle Mathieu (Le Soleil): L’épargne, le crédit, la confection d’un budget: dans deux ans, ces notions seront évacuées du programme d’enseignement des jeunes Québécois, lorsque la réforme aura rejoint la cinquième année du secondaire. L’éducation économique sera dès lors optionnelle et remise entre les mains des parents. Une génération ignare en finances personnelles. En caricaturant un peu, c’est ce que craint Jacques Robitaille, conseiller pédagogique à la retraite, membre de l’Association québécoise pour l’enseignement en univers social (AQEUS). «Le Québec a déjà du mal à se tailler une place parmi les gros joueurs, on est très endettés et là, on fait disparaître le seul cours d’économie au secondaire», déplore M. Robitaille. [...] Le cours d’éducation à la vie économique, datant de 1982, sera remplacé en septembre 2009 par Monde contemporain, un nouveau cours présentement en rédaction, fusionnant l’histoire, la géographie, l’économie et la politique. En 100 heures, les étudiants exploreront divers thèmes comme les mouvements de population, la gestion de l’environnement, la répartition de la richesse, les tensions et conflits, la gouvernance mondiale. [...] «L’éducation économique peut se faire à la maison», soutient Catherine Dupont, directrice des programmes au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Pathétique.

20 septembre 2007

L’Association nationale femmes et droit ferme ses portes

CryingPresse canadienne: Une association de défense des droits des femmes doit fermer ses portes et reproche au gouvernement Harper d'en être responsable. L'Association nationale femmes et droit n'a plus accès au financement fédéral depuis qu'Ottawa a modifié ses critères de subvention. Au cours d'un point de presse à Ottawa, jeudi, pour marquer la fin des activités de l'association, Louise Riendeau, du Regroupement provincial des maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale a accusé le gouvernement conservateur de tenter, depuis un an, de faire taire les groupes qui luttent pour l'égalité des femmes. La députée bloquiste Nicole Demers a eu des mots très durs pour le gouvernement conservateur, l'accusant de misogynie. L'association existait depuis 30 ans. Elle n'a même pas tenté de demander sa subvention annuelle de 300 000$ à Ottawa cette année, ne pouvant plus répondre aux nouveaux critères mis en place par le gouvernement Harper. Ces critères excluent tout groupe qui mène des études sur la condition des femmes, ou encore du lobbying pour l'égalité des femmes, plutôt que d'offrir des services directs et concrets aux femmes.

L’Association nationale femmes et droit, un organisme féministe sans but lucratif, nous annonçait la même chose l’année dernière. Et comme je l’écrivais à l’époque, «trente ans d’existence et vous êtes forcé de fermer vos portes parce qu’une subvention tarde à entrer». Pour dire comment cette association était pertinente… Par voie de communiqué, l’ANFD annonce qu’elle «est forcée de fermer son bureau, de mettre à pied son personnel [on ne dit pas combien d’employées sont touchées] et de cesser les consultations importantes et la défense des droits juridiques des femmes à la suite de la décision du gouvernement Harper de modifier radicalement le mandat de Condition féminine Canada.» Seul un gouvernement radical peut modifier radicalement le mandat d’un bidule gouvernemental! Un gouvernement radical et misogyne par-dessus le marché! (comment un gouvernement, qui en fait est une abstraction, peut-il être misogyne? Hmm... N’importe quoi). Gageons que toutes les femmes qui oeuvraient au sein de l’ANFD se trouveront rapidement du autre boulot – si ce n’est déjà fait. Et qu’elles poursuivront leur interminable lutte pour l’égalité – whatever that means. En attendant, grâce à la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités, l’Association pourra garder un bureau et un ordinateur au 251, rue Bank, à Ottawa. Comme quoi la solidarité féminine… Ceci dit, cette annonce de fermeture montre que les temps changent et que les femmes n’ont peut-être plus besoin d’être représentées (ou défendues) par d’autres femmes. Une bonne nouvelle.

Gilles Guénette

17 septembre 2007

L’essentiel cède le pas aux groupes d’intérêt

BicycleEn août 2007, la ministre des Transports, Mme Julie Boulet, a émis cinq communiqués de presse pour annoncer l’inauguration de la route verte dans cinq régions du Québec. On y apprend que le MTQ a investi à ce jour 77 millions dans ce projet sur un total estimé à 170 millions de dollars. Il semble bien qu’il y ait amplement d’argent pour les projets «politiquement sexy» alors qu’il en manque pour voir à l’essentiel!

L’ensemble des infrastructures du Québec sont dans un état de décrépitude avancée: le réseau d’aqueduc de Montréal perd 30 à 40% de l’eau traitée; les rues, routes et autoroutes du Québec sont truffées de nids de poule et causent l’usure prématurée des véhicules; à cause du manque d’entretien, les ponts, viaducs et tunnels coûtent une fortune à réhabiliter et nuisent à l’efficacité des individus et des entreprises; les écoles, hôpitaux et CHSLD sont dans un tel état que l’on se croirait dans un pays du tiers monde. Cette situation lamentable est le résultat de vingt ans de négligence de la part de nos politiciens. L’entretien régulier des systèmes d’infrastructures - essentielle au bon fonctionnement de l’économie et à la sécurité des Québécois - n’est pas électoralement rentable. Il est préférable pour un politicien de satisfaire les groupes d’intérêt.

Comprenez-moi bien, je n’ai rien contre les cyclistes. Ils utilisent un mode de transport écologique et contribuent au maintien de leur santé tout en s’amusant. Toutefois, pourquoi ne financent-ils pas eux-mêmes le privilège de pratiquer leur sport? Pourquoi le principe «utilisateurs-payeurs» ne s’appliquerait-il pas?

Vélo-Québec estime qu’en 2005 plus de 2,5 millions de Québécois âgés de 6 à 74 ans faisaient du vélo au moins une fois par semaine. La même année le Québec comptait 91 clubs actifs regroupant plus de 11 000 membres. Voilà des statistiques sujettes à faire bouger les politiciens.

Le cyclisme représente l’exemple par excellence du gouvernement qui subventionne des groupes d’intérêt dans le but de promouvoir des projets politiquement rentables. Québec subventionne des organismes comme S.O.S. vélo Mercier/Hochelalga-Maisonneuve (437 772$), Le vélo vert inc. (337 399$), Vélo-Québec (100 590$), etc. En retour, ceux-ci réclament plus de subventions et plus de projets gouvernementaux dans le but de développer le cyclisme. Les politiciens s’empressent de les accommoder dans le but de mousser leur popularité. Ce cycle, lorsqu’appliqué à l’ensemble des groupes d’intérêt, comme c’est le cas au Québec depuis trop longtemps, a pour conséquence de dérober l’argent nécessaire aux missions fondamentales de l’État aux profits des groupes d’intérêt.

Serge Rouleau, éditeur
le magazine nagg

14 septembre 2007

À quand une Journée sans État?

ExclamationNous avons déjà la Journée sans viande, la Journée mondiale sans tabac, la Journée sans achat, la Journée mondiale sans voiture, la Semaine sans télé, la (possible) Journée sans Sarkozy dans les médias, la Journée sans fourrure, la Journée sans diète, la Journée sans crédit, la Journée sans fessée, la Journée sans culotte, à quand la Journée (ou la Semaine) mondiale sans État?

Gilles Guénette

09 septembre 2007

L'argent ne fait pas le bonheur

HappinessJ.-F. Dortier et R. Persiaux: «Certes, les pays très pauvres sont globalement les plus malheureux. De même, on retrouve cette relation à l'échelle d'un pays. Les gens très démunis souffrent plus que la moyenne. Mais une fois atteint un certain niveau de richesse, le bien-être ne progresse plus au même rythme que les revenus. […] Aux États-Unis, on ne retrouve aucune différence de bonheur entre la tranche des personnes gagnant 40 000 dollars par an et celle de ceux gagnant 16 000 dollars, soit 2,5 fois moins!»

C’est en gros ce que pense le professeur Richard Layard, professeur à la London School of Economics et auteur du livre Le Prix du bonheur (Armand Colin, 2007). Il conclu deux choses. Premièrement, c'est la richesse relative qui compte (c'est le fait de se comparer à plus riche que nous qui nous rendrait malheureux), et deuxièmement «... il vaut mieux égaliser les revenus plutôt que d'accroître indéfiniment la richesse nationale» (Regards, no. 184, juillet 2007, p. 35).

Étonnant, n'est-ce pas? Selon lui, si je comprends bien le résumé qu'en fait le magazine, la poursuite du développement économique serait vain à long terme en ce qui a trait, à tout le moins, à la recherche du bonheur. Disons que c'est une opinion dont les libertariens devraient débattre…

Philippe Texier

06 septembre 2007

La publicité et les enfants (obèses)

ObesiteStéphanie Bérubé (La Presse): Les liens entre la publicité faite aux enfants et leur comportement alimentaire ayant déjà été démontrés, la Coalition québécoise sur la problématique du poids passe à l'action. Les multinationales de l'alimentation doivent immédiatement cesser de faire de la publicité directement aux enfants, demande le groupe. Sur fond d'épidémie d'obésité, le temps presse. […] Au Québec, la Loi sur la protection du consommateur interdit déjà la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans. Or, plaide la Coalition, cette loi date de 1971. Les temps ont changé et les méthodes des publicitaires aussi. Aujourd'hui, la publicité arrive sous forme de messagerie-texte, de courriels, de jeux. […] La Coalition s'appuie sur de nombreuses études, dont cette récente recherche britannique qui conclut que des enfants à qui l'on présente des publicités télévisées mangent plus, et choisissent des aliments plus gras, lorsque leur émission est terminée. Particulièrement si les enfants ont déjà un problème de poids. Or, des problèmes, il n'en manque pas.

«Sur fond d'épidémie d'obésité, le temps presse.» Il faudra que quelqu’un m’explique un jour comment ça s’attrape l’obésité. Le Petit Robert définit l’épidémie comme l’«apparition accidentelle d’un grand nombre de cas (d’une maladie infectieuse transmissible), ou accroissement considérable du nombre de cas dans une région donnée, ou au sein d’une collectivité.» Les termes à retenir ici étant «accidentelle» et «transmissible». Or, l’obésité, jusqu’à nouvel ordre, ne s’attrape pas. Elle se cultive, si l’on peut dire. Autre chose qu’il faudra m’expliquer un jour: si des enfants à qui l'on présente des publicités télévisées mangent plus, et choisissent des aliments plus gras, lorsque leur émission est terminée, où prennent-ils ces aliments plus gras? Dans le frigo. Or, qui achète les aliments qui se trouvent dans les frigos? Sûrement pas eux. Ce sont leurs parents qui achètent les Pizza Pockets, les pâtisseries, les hamburgers, les chips, frites et boissons gazeuses. La Coalition devrait en appeler à la responsabilisation des parents plutôt que de tenter de faire interdire des publicités.

Gilles Guénette

La publicité et les femmes (et les hommes)

PassatCe matin, dans La Presse, Ariane Krol s'indigne du fait que la nouvelle campagne de publicité de la Volkswagen Passat, parues récemment dans L'actualité, utilise des femmes et un enfant dans le rôle humiliant de faire-valoir trouillards. «C'est faire preuve d'un grand mépris à leur égard», d'écrire l'éditorialiste. «Dans une des pubs, une femme regarde son conjoint d'un air furieux. Il a si bien écrasé le champignon, présume-t-on, qu'elle et son fils en ont littéralement mouillé leur pantalon. Dans une autre, une femme étreint un tronc d'arbre, visiblement terrifiée par la balade que vient de lui infliger le conducteur. [...] Impossible pour l'instant de savoir si ces pubs ont fait l'objet de plaintes, car les Normes canadiennes de la publicité, le système d'autoréglementation de l'industrie, ne donne pas d'information sur les dossiers en cours. Souhaitons qu'il y en ait au moins une, pour obliger l'organisme à se prononcer. Deux articles de son code pourraient être en cause. D'abord celui sur la sécurité, puisqu'un message ne doit pas présenter des situations encourageant des pratiques imprudentes. Et celui sur les représentations inacceptables, car la pub ne doit pas déprécier une personne ou miner la dignité humaine. Reste à voir si les messages seront jugés suffisamment humoristiques pour s'éviter un blâme.»

Les médias sont toujours prompts à dénoncer une pub lorsqu'il s'agit de défendre la veuve et l'orphelin. Mais s'il est vrai que «la pub ne doit pas déprécier une personne ou miner la dignité humaine», pourquoi ne s'indignent-ils pas à toutes les fois que des hommes sont «dépréciés» dans la pub? Sans doute parce qu'ils ne fourniraient pas...

Gilles Guénette

Citations

  • « Bientôt, on va demander à l'État de nous tenir la bizoune quand on va aller pisser. Vous trouvez ça normal, vous? Est-ce si dur de se prendre en charge? »

    – Richard Martineau, « La faute aux autres», Le Journal de Montréal, 17/04/2008

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