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31 octobre 2007

Sécurité dans les aéroports: le privé remporte la palme!

Securite_aeroportsPour ceux qui croient encore que les firmes privées offrent un service de moins bonne qualité que le secteur public, voyez ce que nous apprend le magazine Time de cette semaine. D'abord la mauvaise nouvelle: si vous vous sentez en sécurité après avoir franchi les barrières de sécurité et avoir été fouillé presqu'à nu aux aéroports, détrompez-vous! En effet, les sevices de sécurité fédéraux ont laissé passer 75% des fausses bombes que l'on a présentées à la sécurité de l'aéroport international de Los Angeles - 60%, à l'aéroport Chicago O'Hare. Maintenant, la bonne nouvelle: les services de sécurité privés de l'aéroport international de San Francisco ont réussi à intercepter 80% des fausses bombes. Trois fois mieux pour, je parie, pas mal moins dispendieux!

Philippe Texier

Le CRTC pourrait réglementer l'internet

CrtcSi la Chine communiste le fait, pourquoi le Canada ne le ferait-il pas?! C’est ce que semblent s’être dit les 18 associations d'artistes, entrepreneurs et professionnels de la culture qui, lundi, ont exhorté la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, «d'utiliser son pouvoir de directive à l'endroit du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) afin que celui-ci donne priorité au fait social et culturel, comme l'exige la Loi sur la radiodiffusion, dans toutes les décisions qu'il aura à rendre dans le secteur de la radiodiffusion.» Le regroupement néo-protectionniste souhaite l'introduction d'une règlementation sur l'internet et dans les nouveaux médias. Il pourrait bien être exaucé. Le CRTC a indiqué hier qu'il pourrait éventuellement réglementer l'internet. «Le Conseil a créé une division de recherches et développement stratégique qui a commandé plusieurs études sur l'internet, a déclaré à La Presse Michel Arpin, vice-président, radiodiffusion, du CRTC. Des investigations ont été faites un peu partout dans le monde, notre personnel nous indique que le Conseil publierait en mars 2008 les résultats de ces recherches. Le CRTC compte ensuite tenir des audiences sur la question de l'internet, c'est-à-dire vers la fin de 2008.» Quelle forme prendra la réglementation? Comment s’appliquera-t-elle dans le quotidien? Faudra voir. Pour l’instant, on peut sans se tromper faire une prédiction: les internautes trouveront des façons de la contourner.

Gilles Guénette

30 octobre 2007

Pour le choix en éducation

ProfLe Bulletin des écoles secondaires du Québec, publié conjointement par l’IEDM et l’Institut Fraser, est immanquablement dénoncé par les bureaucrates et les syndicats. Pourtant, c’est le seul outil qui permet aux contribuables, parents, gestionnaires, enseignants et élèves de comparer le rendement de chaque école. La compétition demeure la meilleure façon d’améliorer le rendement et la qualité d’un produit ou service. Le Bulletin des écoles est un substitut bien timide à un système d’éducation compétitif. Mais, c’est un pas dans la bonne direction. Il permet au moins à ceux qui le désirent de comparer leur école aux autres et de poser les bonnes questions - ce qui avouons-le menace le petit «train-train» confortable des bureaucrates et des syndicats.

L’école publique, un monopole d’État, n’a pas à satisfaire sa clientèle pour assurer sa pérennité. Dans ce sens, le Bulletin est perçu comme une menace. À preuve, de plus en plus de commissions scolaires le boycottent - voilà une bonne raison de boycotter les élections scolaires. Il est urgent d'éliminer ces commissions scolaires. Elles sont aussi inutiles qu’ineptes. Ainsi, on économisera des fonds publics tout en améliorant l’efficacité du système.

Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), attribue au Bulletin notamment le taux de décrochage de 30% des élèves du secondaire. Il ajoute: «Mal­gré tou­tes les éner­gies qu’on met, le ­taux de di­plo­ma­tion sta­gne et le nom­bre d’en­fants en dif­fi­cul­té d’ap­pren­tis­sa­ge ou de com­por­te­ment a aug­men­té de 20 000 en qua­tre ans. Il est ­temps de re­ve­nir à une édu­ca­tion éga­li­tai­re! On a le de­voir d’in­strui­re ­tous les en­fants.» Justement, le sacro-saint dogme égalitaire syndical est une cause importante de la faillite du système.

Le système d’éducation s’effondre sous le poids de la bureaucratie et des syndicats. L’un et l’autre se foutent des élèves, des parents et des gestionnaires. Si on ne fait rien bientôt, l’éducation «égalitaire» réclamée par Réjean Parent sera une réalité. Le taux de décrochage atteindra 100%. Il est urgent d’éliminer les contraintes artificielles imposées par les bureaucrates et les conventions collectives au détriment des élèves. Donnons aux parents le choix de l’école qu’ils désirent pour leurs enfants, donnons le pouvoir d’agir aux intervenants locaux et la qualité de l’éducation s’améliorera rapidement.

Serge Rouleau, éditeur
le magazine nagg

28 octobre 2007

Le Canada face à la Chine

ChinacanadaUn lecteur, David Lacerte, nous écrit: «L'idée de voir la Chine comme un allié plutôt qu'un adversaire n'est pas une idée nouvelle - quoique sous-exploitée, nous en conviendrons. Cependant, les Chinois ont eux aussi leurs propres cerveaux sur place. Eux aussi ont la capacité de former des ingénieurs, dessinateurs et autres spécialistes. Alors, j'en viens à me demander vraiment: qu'adviendrait-il si ces Chinois décidaient un beau jour d'utiliser leurs propres spécialistes pour concevoir les mêmes produits, à coût bien entendu moindre? Comment le Québec - en fait, une grande partie du monde occidental - pourrait-il être compétitif dans un tel contexte?»

Réponse de Mathieu Bréard: Vos questions sont tout à fait pertinentes. Le phénomène que vous décrivez, c’est-à-dire la spécialisation de la main-d’oeuvre chinoise dans des secteurs de pointe, est déjà d’actualité. Il est difficile de prédire avec exactitude quels seront les tenants et aboutissants de cette croissance et surtout son impact sur notre propre économie. Je ne suis pas devin et je ne voudrais pas non plus sombrer dans la politique-fiction. Je vais me contenter de remettre les choses dans leurs contextes et donner certains éléments de réponse qui contribueront, je l’espère, à alimenter ce débat.

Si la Chine avec ses milliards d’habitants et son vaste marché font saliver bien des investisseurs, d’autres s’inquiètent de ce dragon qui semble souffler tout sur son passage. En fait, c’est un peu l’image très caricaturale que nous renvoient les médias, qui oublient complètement que nous vivons à côté des États-Unis dont les importations comptent pour plus de 50% des importations totales du Canada et du Québec. Et personne ne semble déchirer sa chemise devant ce fait. Rappelons-nous que peu de temps avant la signature de l’accord de libre-échange nord-américain, nous avions droit à des élans d’hystérie chez certains, nous annonçant une apocalypse économique qui se fait encore attendre.

Certes, la Chine est en pleine effervescence, mais le Canada sur l’échiquier asiatique ne représente qu’un partenaire bien timide. Nos exportations augmentent lentement et nos importations touchent surtout des biens de consommation à faible valeur ajoutée. Les Chinois nous vendent surtout des télévisions, des DVD et de la machinerie qui nécessitent peu de prouesses techniques lors de la fabrication. S’il est vrai que de plus en plus d’entrepreneurs sont intéressés à produire des biens à forte valeur ajoutée, ils doivent en revanche faire face à une main-d’oeuvre qui exige des salaires plus alléchants et compétitifs. Bref, les ingénieurs chinois ne veulent plus, et avec raison, travailler à rabais. Un autre phénomène intéressant qui défait un mythe tenace, la Chine ne dispose pas d’une main-d’oeuvre illimitée et même que dans certains secteurs, il y a de graves pénuries. Les entreprises doivent non seulement dénicher de bons candidats, mais mettre en place des mesures pour les garder. La hausse des salaires qui en découle a contribué à mettre au monde une classe moyenne qui représente un important bassin de consommateurs. Son mot d’ordre: profiter des plaisirs de la vie. Un message qui devrait nous rappeler qu’il y a ici une belle opportunité à saisir.

Si les entrepreneurs canadiens investissent en Chine, il faut en contrepartie mentionner que beaucoup d’entreprises chinoises s’internationalisent et souhaitent étendre leurs activités outre-mer. Et qui dit investissement, dit croissance. Quelques exemples récents tirés de l’actualité: Harbin Livan Biodegradable Product CO LTD investi en Hongrie dans la mise sur pied d’usines d’emballages biodégradables; la société TCL achète la compagnie électronique allemande Schneider; le groupe Lenovo achète la division PC d’IBM; et plus près de nous, il y a eu la tentative d’achat du groupe CNOOK de la compagnie pétrolière Unlocal, avortée pour une question de sécurité énergétique. Donc, pour le Canada et le Québec, il y a là une occasion de réunir les conditions gagnantes pour attirer ces investisseurs chinois. Si nous ne pouvons leur offrir une main-d’oeuvre peu chère, nous pouvons offrir une main-d'oeuvre hautement qualifiée et des infrastructures propices au commerce. Malheureusement, il semble qu’il y ait quelques lacunes à ce niveau.

Finalement, la Chine va-t-elle maintenir une croissance aussi exponentielle? Il faut être prudent, car elle est confrontée à des défis de taille qui ne pourront être négligés à court et moyen terme. Les politiques de contrôle des naissances, combinées au vieillissement de la population, représentent un frein au dynamisme économique. Le système bancaire contrôlé par le Parti communiste accumule les ratés en raison de milliers de prêts octroyés à des projets non rentables. Le respect de la propriété privée est déficient, si l’on considère tous les paysans qui ont été expropriés sauvagement par le gouvernement. Les tribunaux n’offrent aucune possibilité de recours puisque la corruption et le favoritisme y règnent. Nous assistons aussi à des manifestations populaires parfois violentes en faveur d’institutions plus crédibles et du droit de chaque citoyen à la liberté d’expression et d’association. La pollution qui sévit dans les villes est également problématique puisqu'elle affecte la santé et la qualité de vie des citoyens.

Bref, il n’y a rien de blanc, ni rien de noir, mais une Chine stable sur le plan économique et politique est tout à notre avantage.

M. B.

22 octobre 2007

Pour de vrais accommodements raisonnables!

VoileEn réaction à l’article publié cette semaine dans le QL, «Accommodements volontaires plutôt que "raisonnables"», j’aimerais souligner un aspect qui me semble a été négligé dans ce débat jusqu’à maintenant. Personnellement, je suis tout à fait favorable aux accommodements raisonnables même plus que raisonnables. Cependant ces accommodements devraient être réservés aux personnes qui ne peuvent pas faire ceci ou cela et non pas à celles qui ne le veulent pas.

Dans un court extrait entendu à la radio la semaine dernière, M. Gérard Bouchard posait la question suivante à quelqu’un qui témoignait devant la commission qu'il co-préside: «Quelle serait votre réaction si un étudiant vous disait qu’il ne pouvait pas manger de porc à cause de sa religion?» (citation approximative). Et la personne de répondre quelque chose sur les menus de la cafétéria où elle travaille...

Mon point est le suivant: l’étudiant en question pourrait manger du porc s’il le voulait. Mais il choisit de ne pas en manger. Ce n’est pas qu’il ne peut pas, mais bien qu’il ne veut pas en manger. Il estime qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients à respecter les commandements de sa religion. Il évite ainsi de déplaire à son Dieu, évite les tourments de l’Enfer, etc. Les accommodements raisonnables consisteraient à diminuer les inconvénients.

Que l’on accommode les gens qui ne peuvent faire autrement, soit! Ainsi, toute personne présentant une déficience ou un handicap aurait la vie plus facile et ce serait tant mieux. Par contre, je ne suis pas d’accord pour qu'on accorde des conditions spéciales sur une base de croyances ou d’opinions auxquelles on choisit d'adhérer ou pas.

Philippe Texier

19 octobre 2007

Les retombées environnementales de Kyoto

EarthUn article à lire absolument dans le National Post d'aujourd'hui: «Carbon Catastrophe» de Lawrence Solomon. Déjà mal-aimé des groupes de pression environnementaux pour avoir donné voix à travers une série d'articles parus plus tôt cette année dans le National Post à de nombreux scientifiques d'expérience qui n'adhèrent pas au dogme du réchauffement apocalyptique dû à l'activité humaine, l'auteur explique que le Protocole de Kyoto et les bourses du carbone sont en voie de causer des catastrophes autant, sinon plus graves, que celle qu'ils cherchent à éviter.

Solomon rapporte que, motivés par le désir de vendre aux pays industrialisés des crédits de pollution, les pays non-industrialisés (lire dictateurs et régimes corrompus dans plusieurs cas) rasent les plus vieilles forêts se trouvant sur leur territoire, sans égard aux peuples indigènes y vivant, afin de les remplacer par des arbres plus efficaces au plan de la transformation du gaz carbonique. Toute une réussite écologique!

D'autres catastrophes imprévues seraient engendrées par le genre d'«incitatifs verts» imposés par le Protocole de Kyoto. En effet, de plus en plus de terres agricoles seraient transformées afin d'être orientées vers la production de biocarburants et d'éthanol plutôt que de nourriture. Sans parler de famine mondiale, l'auteur constate que bon nombre de pays du tiers-monde seront confrontés à des situations où la faim sera plus généralisée qu'elle ne l'était avant Kyoto et où les prix pour la nourriture de base sont déjà en hausse, affectant ainsi particulièrement les pauvres. On note également que des quantités gigantesques d'eau sont nécessaires à la production d'éthanol (1700 litres d'eau par litre d'éthanol produit, selon un chercheur), causant l'assèchement des aquifères, notamment.

Qui plus est, si toutes les voitures devaient être transformées pour fonctionner surtout à l'éthanol, les dangers pour la santé humaine reliés au smog, à l'asthme et autres seraient accrus, sans compter que certaines études laissent entendre que l'éthanol produit largement plus de gaz à effet de serre que les combustibles fossiles…

Enfin, l'auteur explique que toute cette dangereuse euphorie politique «kyotoesque» a ramené à l'avant-plan les projets de centrales nucléaires et de méga-barrages hydro-électriques qui, il n'y a pas si longtemps, étaient à l'environnementalisme ce que le chasseur de phoque est à Brigitte Bardot. Ces projets grandioses, réalisés ici ou dans d'autres pays industrialisés, peuvent n'avoir pour effets néfastes que leurs conséquences environnementales et une dette interminable. Mais en d'autres lieux où les standards de réalisation de projet ne sont pas aussi élevés, l'auteur semble viser juste en pointant le danger que ne surviennent, dans la joute politique pour vendre des crédits de carbone ou pour éviter d'avoir à en acheter, d'autres Tchernobyl (URSS) ou Barrage des Trois-Gorges (Chine).

Il est connu en économie que chaque action ou décision entraîne des résultats souhaités, et d'autres non souhaités. On ne rappellera jamais assez que l'écologie et l'environnementalisme ne sont pas au-dessus de cette loi.

Jean-Hugho Lapointe

18 octobre 2007

L’apprentissage des langues n’est plus un luxe

AnglaisPauline Marois ne risque pas d’entrer dans l’histoire pour sa grande maîtrise de la langue anglaise. Son célèbre «don’t be inquiète» pourrait bien avoir une place de choix dans les annales d’un prochain gala Juste pour rire. Mais au-delà de l’humour, que ce soit à titre de chef de parti, de premier ministre de la province ou même de futur président d’un État souverain, la culture des langues est un incontournable. Après tout, ne dit-on pas qu’il est préférable de prêcher par l’exemple? Parler une langue étrangère n’est plus un luxe, mais un outil stratégique à mettre absolument sur sa liste de compétences.

La nouvelle économie mondiale engendre des millions de transactions transfrontalières dans tous les domaines d’activités. Le profil de la main-d’oeuvre de demain se dessine déjà à l’horizon: elle est mobile, cultivée et possède des compétences internationales. Alors que certains s’interrogent encore sur la nécessité d’enseigner l’anglais à la maternelle, beaucoup d’entreprises s’attendent à ce que leurs employés parlent une deuxième, voir une troisième langue. Un bagage recherché qui permet de traiter aisément avec des partenaires étrangers dont les perspectives et philosophies sont différentes.

Si le bilinguisme est courant en Europe et en Asie, il traîne sérieusement de la patte en Amérique du Nord souligne Jean-Marc Hachey, auteur du livre The Big Guide to Living and Working Overseas. Il faut rattraper le temps perdu. Les pays modernes et compétitifs sont ceux dont la population n’a pas peur de sacrifier son bien-être et ses certitudes pour acquérir une expérience interculturelle dans une multitude de disciplines.

Mathieu Bréard

15 octobre 2007

Apprivoiser l'empire du Milieu

ChinesedragonDans les derniers mois, l'émergence de la Chine a souvent été invoquée comme principale raison pour expliquer la fermeture d'usines manufacturières, causant la perte de milliers d'emplois principalement dans le domaine du vêtement. Si d'un côté on nous donne l'impression d'une panique généralisée, de l'autre, des entrepreneurs ont décidé de s'adapter aux nouvelles exigences du marché en misant sur des stratégies gagnantes. Non seulement ont-ils augmenté leurs chiffres d'affaires, mais en plus ils créent des emplois ici même au Québec. Comme quoi la Chine peut passer de «menace» à une formidable opportunité d’affaire. À condition, bien sûr, de savoir jouer ses cartes avec intelligence.

Soucy International, située à Drummonville, est spécialisée dans la fabrication de composantes pour divers véhicules comme des motoneiges, souffleuses à neige et autres véhicules tout-terrain. Après avoir perdu un premier contrat aux mains d'un compétiteur chinois en 2003, la direction de l'entreprise a décidé d'être proactive afin de ne pas essuyer davantage de pertes. L’usinage des pièces a été confié à des partenaires asiatiques afin de diminuer les coûts de production et reconquérir la clientèle perdue. Tout ce qui concerne la recherche et le développement se fait au Québec grâce à une main-d’oeuvre spécialisée – que ce soit des ingénieurs industriels, des ingénieurs de projets, des experts en logistique et des dessinateurs. Chez Soucy International, investir dans la matière grise est déjà considéré comme une valeur sure. Comme cette main-d’oeuvre est rare et que la demande augmente, il faut l’attirer grâce à des propositions de stages bien rémunérés dès la sortie de l’université. Une façon également de se mettre à l’affût des dernières innovations techniques afin de demeurer compétitif.

Cette approche est similaire à celle adoptée par Metallifer, une entreprise spécialisée à l’origine dans les pièces de métal en tout genre. Au siège social de l’entreprise situé à St-Romuald, on a bien vite saisi les limites de la production manufacturière dans un marché aussi petit que celui de la province. Le président, Michel Fillion, ne joue pas à la victime face au géant chinois. Au contraire, il a une façon bien à lui de se représenter le problème. En face d’un aussi gros éléphant, notre première réaction est bien souvent de tenter de le pousser ou de l’effrayer alors qu’il est préférable de s’asseoir dessus et de travailler dans la même direction que lui. Aujourd’hui, investissant dans la créativité, Metafiller est passé de simple manufacturier à un service d’achat international pour les manufacturiers. Son chiffre d’affaire a triplé ainsi que le nombre de ses employés.

Oui, mais pour le vêtement, ne sommes-nous pas définitivement condamnés? Une fatalité que ne partage pas l’équipe des Vêtements Attraction de Lac Drolet. Grâce à l’ingéniosité de ses techniciens, l’entreprise mise maintenant sur le design et la création de produits innovateurs. On paye les gens au Québec pour ce qu’ils ont dans la tête et non dans les bras. Si l’assemblage s’effectue sur le continent asiatique, la valeur ajoutée du produit vendu est le fruit du travail d’une équipe d’experts québécois. Il ne faut surtout pas se laisser tromper par le Made in China qui figure au bas du produit.

Travailler avec l’empire du Milieu demande beaucoup de patience, d’ingéniosité et une grande capacité d’adaptation. Tous les entrepreneurs québécois ayant trouvé leur niche vous le diront: négocier avec un client à Pékin ne s’effectue pas de la même façon que négocier avec un client qui se trouve à Paris ou à New York. Beaucoup seront tentés d’aller trop vite, auront des préjugés et prendront des décisions improvisées qui tôt ou tard les mèneront à leur perte. La bonne nouvelle est que ceux qui réussissent ramènent déjà des connaissances pratiques qui pourront être utilisées par les prochaines générations.

Mathieu Bréard

12 octobre 2007

Les femmes paient-elles trop d’impôts ?

Head_scratchFaire payer les hommes pour faire travailler les femmes. C'est l'idée avancée par deux économistes italiens, Alberto Alesina et Andrea Ichino, dans une tribune publiée au mois d'avril par le Financial Times: il est temps d'adopter un taux d'imposition différent selon que l'impôt sur le revenu est payé par un homme ou par une femme. L'objectif: une plus grande incitation à travailler pour les femmes. Dans la traduction de leur article publiée par Courrier International, les deux chercheurs réfléchissent tout haut aux vertus redistributives de leur thèse:

«Serait-il injuste que le fisc traite différemment les hommes et les femmes? Nous ne le pensons pas. Il n’y a rien de plus hypocrite que d’invoquer l’égalité de traitement dans certains domaines (l’impôt, en l’occurrence) pour ceux qui n’en bénéficient pas dans bien d’autres domaines (le marché du travail, la répartition des tâches familiales, etc.).

«Il existe déjà toute une batterie de mesures qui ne s’appliquent pas aux deux sexes. Nous pourrions en éliminer beaucoup en optant pour une simple différenciation des barèmes d’imposition.

«Et n’oublions pas que la redistribution de la pression fiscale qu’implique notre proposition se produirait au sein même de la famille: le conjoint d’une femme qui choisit de travailler profiterait aussi de ce que son épouse ait un revenu net plus élevé.»

Après la discrimination positive, les économistes seraient de plus en plus nombreux à s'intéresser à l'idée d'une «taxation par genre». À quand une taxation spéciale pour les LGBTA (lesbiennes, gaies, bis, trans et amis)? Pour les personnes obèses? Et pourquoi ne pas carrément augmenter les impôts des hommes hétérosexuels blancs? La meilleure façon d'inciter les femmes à travailler davantage, c’est de baisser les impôts de tout le monde.

Gilles Guénette

08 octobre 2007

Éducation: plus de compétition svp!

Pour faire suite à la note d'Annie Langevin (ci-dessous), voir l'émission 20/20 «Stupid in America - How we cheat our kids» dans laquelle John Stossel traite de l'école publique aux États-Unis (notez qu'il pourrait tout aussi bien s'agir de l'école publique au Québec tellement les systèmes sont les mêmes). Voici quelques questions posées par l'animateur libertarien durant ces 40 minutes of pure enjoyment: "Why are you watching us? You don't have to! You have choices. But suppose you had only one channel and the government told you what you had to watch?! That is generally how it works for schools." "Think about choices competition gives you when you buy a cell phone. There are dozens of plans to choose from based on how many minutes you want, how big your family is, and a million other things... Why can't kids benefit from similar competition in education?" "Would you keep going back to a restaurant that served you a bad meal? Or a barber that gave you a bad haircut? Competition makes everything better!" Une démonstration éloquente en faveur du bon d'étude (voucher), du choix pour les parents et de la compétition entre les établissements d'enseignement. Une démonstration éloquente aussi contre les monopoles gouvernementaux, le principe de l'ancienneté et les centrales syndicales.

04 octobre 2007

Éducation: la prétention fatale 101

EducationJe m’apprêtais à rédiger un commentaire sous l’article «Finis les cours d’Économie au Québec». C’est un sujet fort intéressant, mais hélas bien peu important compte tenu du contexte actuel de l’éducation québécoise. C’est pourquoi j’ai plutôt opté pour ce court billet afin de dénoncer la superficialité chronique qui affecte tout ce qui touche de près ou de loin la réforme scolaire.

Est-ce le manque d’informations ou encore le déni collectif qui nous rend si peu enclins à – au minimum – débattre des conséquences inévitables du « renouveau pédagogique »? Outre la baisse significative de la performance générale des étudiants québécois aux épreuves ministérielles et internationales (qui est catastrophique à elle seule), l’approche socioconstructiviste nuit davantage à ceux qu’elle devait hypothétiquement aider. Garantir l’égalité des chances pour tous est une chose; garantir le succès de tous en est une autre. Pendant qu’une majorité de Québécois croit que la réforme se limite au contenu et à la forme des bulletins scolaires, nous assistons présentement au pire nivellement par le bas de l’histoire du Québec. Les dommages directs et indirects seront colossaux.

Les données empiriques s’accumulent, mais le MELS s’obstine à les relativiser. Le constat d’échec est tel qu’autant les adeptes de Keynes que de Hayek prônent – à défaut de trouver mieux – le retour d’une vision conservatrice de l’instruction. Je suis profondément choquée qu’en «démocratie», de telles volte-face idéologiques puissent être imposées par une poignée d’individus (non élus par-dessus le marché!), le tout sans mandat véritable et sans appui scientifique valable. Peut-on espérer meilleur exemple pour illustrer de façon succincte The Fatal Conceit de Friedrich Hayek? Pour l’amour de nos enfants, de même que pour l’avenir du Québec, il est impératif de renverser la vapeur.

Devant cette situation où ma frustration n’a d’égale que mon impuissance, j’imagine un État minimal à l’intérieur duquel le ministère de l’Éducation n’aurait jamais existé. Mais à quoi ressemblerait une société sans éducation normalisée?

Annie Langevin

02 octobre 2007

DHC/ART : une fondation pour l'art contemporain

PgreenbergMario Cloutier (La Presse): Le nouvel espace d’exposition DHC/ART ouvre ses portes vendredi dans le Vieux-Montréal avec une quarantaine d’oeuvres récentes de l’artiste britannique Marc Quinn, sa première exposition individuelle au Canada et sa plus importante organisée à ce jour en Amérique du Nord. Jusqu’au 6 janvier 2008. Ce nouveau lieu de diffusion permanent accueillera ensuite des expositions internationales, trop grandes pour la plupart des galeries et comparables à ce que font plusieurs musées. Derrière tout ça, une nouvelle fondation, qui versera notamment 1,3 million par année aux artistes contemporains.

Sur le site de DHC/ART Fondation pour l'art contemporain – qui a lui seul vaut le détour –, il est écrit que le nouvel espace d'exposition est conçu selon les plus hauts standards techniques et muséologiques et que la fondation, financée par des intérêts privés, s’est donnée comme mandat de soutenir activement la production d'art contemporain, grâce à son programme de commande annuelle auprès d'un artiste canadien établi ou émergeant, invité à réaliser une ou des oeuvres dans une variété de techniques. «J’aurais pu créer une fondation dans un autre domaine, mais les arts comptent vraiment pour moi. C’est là où je peux exceller», explique Phoebe Greenberg, la mécène à la tête de tout ça. Comme l'écrit le journaliste, cette artiste et femme d’affaires, «nageait sous la surface depuis longtemps à Montréal. Doucement, craintivement presque, elle émerge avec un immense cadeau à sa ville d’adoption, elle qui est née à Ottawa, au sein d’une famille reconnue pour sa philanthropie.»

On ne peut que souligner une telle initiative. Et le fait que Mme Greenberg ne se soit pas tournée automatiquement vers l’État pour aller de l’avant avec son projet. Je vais sûrement aller faire un tour à DHC/ART.

Gilles Guénette

Citations

  • « Bientôt, on va demander à l'État de nous tenir la bizoune quand on va aller pisser. Vous trouvez ça normal, vous? Est-ce si dur de se prendre en charge? »

    – Richard Martineau, « La faute aux autres», Le Journal de Montréal, 17/04/2008

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