L’an dernier, la saison de ski a été considérablement écourtée à cause de l’absence de neige jusqu’en janvier. Les 80 stations du Québec se sont partagé un bénéfice net de un million de dollars, sur un chiffre d’affaires de 214 millions. La clientèle a chuté de 6,1%, après une chute de 5,4% l’année précédente. Si le réchauffement du climat fait en sorte que les vignobles ont de l’avenir au Québec, l’industrie du ski n’est certainement pas un secteur où un investisseur prudent voudra mettre de gros montants. Et en plus, le dollar fort fait fuir les touristes américains et rend beaucoup plus attrayantes les stations du Vermont pour les Québécois.
En toute logique, on doit s’attendre à ce que les stations qui ont le moins d’attraits, celles qui sont les moins profitables, ferment leurs portes. Et à ce que les investissements devenu manifestement plus risqués et moins rentables dans ce secteur soient plus difficiles à financer et se fassent plus rares. C’est ainsi que l’activité économique s’adapte. Les ressources (toujours limitées) quittent les secteurs en déclin de façon à permettre l’expansion de ceux qui se développent.
Ah mais, vous n’y pensez pas! Des fermetures, des pertes d’emplois, des moteurs de l’économie régionale qui disparaissent, on ne peut pas laisser faire ça! Le gouvernement doit nous protéger contre le changement!
Il fallait s’y attendre, les stations de ski demandent l’aide du gouvernement. À cause de leur situation précaire, les pauvres n’ont pas les fonds nécessaires pour installer de nouvelles remontées et de nouveaux canons à neige. Et les investisseurs sont réticents à prêter. «Un canon à neige, c’est bon pour 20, 25 ans. Un télésiège, 30 ans. Pourquoi la banque demande-t-elle de le rembourser sur sept ans? Et pourquoi elle n’accepte de prêter que 50% (du montant)? Ça n’a pas de bon sens?», déclare Charles Désourdy, le pdg de Ski Bromont.
Faut-y vous faire un dessin Monsieur Désourdy? C’est parce que les dollars, contrairement à la neige, ça ne tombe pas du ciel. Et que les banques ne veulent pas engager des fonds importants sur 30 ans si elles pensent que vous risquez d’être en faillite dans cinq ans.
«Ce qu’on souhaite, ce ne sont pas des subventions directes», affirme Claude Péloquin, le président des stations de ski du Québec, «mais un programme d’accès au financement – des prêts, des garanties de prêt, des taux d’intérêt et des périodes d’amortissement qui ne soient pas absurdes.» Absurdes pour qui? Dans le marché financier comme dans n’importe quel autre, l’offreur et le demandeur doivent y trouver leur compte pour qu’une transaction ait lieu. Ce qui est absurde pour un peut être parfaitement logique pour un autre. Ce qui paraît absurde au contraire, c’est de miser sur la rentabilité future de l’industrie du ski au Québec.
Ce qu’exigent les stations de ski, c’est que le gouvernement nous force tous à investir dans leurs entreprises; qu’il supporte un risque financier que personne d’autre ne souhaite prendre avec son propre argent (si les projets apparaissaient comme rentables, il se trouverait sûrement des investisseurs pour vouloir en profiter); et qu’il remette à plus tard une restructuration nécessaire en transférant dans ce secteur des ressources qui auraient été utilisées ailleurs à meilleur escient.
Et qu’on ne s’y méprenne pas, cela implique l’octroi de subventions, même si elles ne sont pas directes. La subvention correspond aux revenus d’intérêts supérieurs qu’aurait rapportés le prêt s’il avait été investi dans un projet plus rentable et à la perte éventuelle de capital si l’entreprise ne peut rembourser.
«On a besoin d’une bouffée d’oxygène», ajoute M. Péloquin. On vous comprend, c’est pas trop d’être sur le respirateur artificiel. Mais si le gouvernement cède à vos pressions, c’est le contribuable qui sera un peu plus étouffé.
(Source: La Presse)
Les Prix Béquille sont décernés aux pleurnichards qui ont fait parler d'eux en quémandant et/ou en obtenant une aide de l'État, une protection ou une reconnaissance spéciale, des subventions, des entraves à la compétition, etc. En bref, à ces pauvres éclopés incapables de se tenir sur leurs deux jambes qui pullulent dans notre société distincte.




J'espère que le gouvernement ne mettra pas un dollars là-dedans. Qu'il laisse aller. Les plus faibles vont disparaitre et les autres vont se partager la clientèle ce qui leur permettra de survive.
Rédigé par : Gilles Laplante | 15 novembre 2007 à 23h21
Pour faire l'avocat du diable, les stations de ski sont forcés par le gouvernement de forcer à leur tour les skieurs et planchistes de porter le casque protecteur. Ils sont aussi forcés de modifier grandement leur « parc à neige » parce qu'il y aurait trop de blessures (chez les jeunes surtout). Les stations sont extrêmement réglementées et ça empire d'année en année.
Je ne dis pas qu'ils seraient nécessairement plus rentables et que les subventions demandées sont justifiées, mais il ne faut pas oublier que la coercition gouvernementale a toujours des effets pervers.
Rédigé par : Philippe | 16 novembre 2007 à 08h55
Bien dit Philippe.
Ne pas oublier aussi que les syndicats réussissent à syndiquer de plus en plus de stations, ce qui entraîne inévitablement une hausse considérable de la masse salariale et qui rend les stations de moins en moins rentables.
M. Masse, je suis d'accord avec vos arguments mais je pense que vous frappez sur le mauvais clou. Le Québec est dans la situation dans laquelle il se trouve parce que nous avons un gouvernement totalement incompétent et irresponsable mais aussi parce que nous sommes (peut-être à part la France) les plus syndiqués au monde "per capita". La folie syndicale n'a plus de fin et ils n'auront de cesse que lorsqu'ils auront syndiqué le dernier québécois libre.
PS. Je ski plus de 50 fois par saison et j'ai 27 différentes montagnes à mon palmares à la grandeur du Canada et des États unis. Je suis toutefois profondément contre les subventions gouvernementales...
Rédigé par : Claude Berthiaume | 16 novembre 2007 à 10h37
Personnellement, je ne comprends pas pourquoi des citoyens devraient subventionner de leur poche le plaisir des autres.
Rédigé par : Amélie Gamache | 16 novembre 2007 à 10h57
Il y a 8% de syndiqués en France, et ça m'étonnerait que ce soit le plus fort taux du monde.
Rédigé par : Pierre | 16 novembre 2007 à 12h58
Mon commentaire :
http://capitalreward.blogspot.com/2007/11/sos-montagnes.html
Rédigé par : Francis St-Pierre | 16 novembre 2007 à 14h31
Pourquoi ne sommes-nous pas surpris d'entendre ce genre de jérémiades typiques, ces appels au secours...dirigés toujours invariablement vers le même «lifeguard»: l 'État?
Mais je suis surpris de certains commentaires ci-haut, à l'effet que les stations de ski seraient dans de mauvais drap...à cause de la règlementation...et de la syndicalisation. Il me semble qu'il s'agirait beaucoup plus d'une combinaisons de facteurs tels: notre petite population, le nombre de stations, l'absence de neige, les salaires moyens ordinaires des familles, le coûts inhérents à ce sport, les québécois ne sont pas nécessairement portés sur les activités physiques...etc..
Dans mon enfance, j'ai vu des mères, la veille du mariage de leurs filles, accrocher, le vendredi soir, un chapelet sur la corde à linge pour qu'il fasse beau le lendemain pour la noce.
Et j'ai déjà lu que la meilleurs façon d'avoir beaucoup de monde sur les pentes de ski...c'est d'avoir de bonnes tempêtes de neige ....à Montréal.....ça réveillait, en quelque sorte, les urbains....!!
Peut-être que les propriétaires de station de ski devraient se tourner vers la »vraie» Providence et prier pour que la neige soit au rendez-vous....et si leurs prières ne sont pas entendues....coudont qu'ils ferment boutique!
Je n'ai pas écrit que la technique du chapelet marchait...à tout coup!
Rédigé par : Normand Brisebois | 16 novembre 2007 à 22h06
Je ne suis pas sûr que le problème soit juste dû au manque de neige, aux règlements et aux syndicats. Une autre réalité, soit la démographie, entre aussi en ligne de compte. En effet, le vieillissement de la population vient aussi enlever une part de clientèle aux centres de ski. On a beau vouloir moderniser les centres de ski, peu probable que des gens de 70-90 ans vont rester sur les planches. Voir entre autres l'ouvrage Foot, David K. Entre le Boom et l'Écho: Comment mettre à profit la réalité démographique, Les Éditions du Boréal, 1996, qui explique assez bien les tendances lourdes de la démographie au niveau du monde des affaires entre autres. Vous pouvez aussi chercher cet auteur et l'auteur américain Harry Dent Jr sur le net pour plus de détails.
Rédigé par : Carl-Stéphane Huot | 17 novembre 2007 à 19h17
Au chapitre de la syndicalisation, le Canada (et le Québec) se distingue cependant de tous les pays Européens sur 2 aspects importants et qui briment la liberté individuelle de chacun des travailleurs.
Ici, une fois le syndicat entré dans une entreprise....tous les travailleurs concernés paient la cotisation syndicale (à la source comme l'impôt)...la Formule Rand....que l'on soit membre ou non du syndicat. La cotisation syndicale est obligatoire et imposée à tous. Tant qu'à payer la cotisation... autant être membre pour avoir droit de vote....etc.. La formule Rand, ou son équivalent, n'existe pas en Europe.
De plus ici, pour un même groupe de travailleurs dans une entreprise, il ne peut y avoir qu'une affiliation syndicale, contrairement à l'Europe où cohabitent différents syndicats pour un même groupe de travailleurs dans une même entreprise.
En Europe, l'employé est donc libre de se syndiquer (et éventuellement payer sa cotisation syndicale) ou non et il est libre de choisir l'affiliation syndicale de son choix....
Le Canada et le le Québec confirment, dans ce domaine comme dans d'autres (par ex. le système de garderie,la Santé, la SAAQ.....etc.) qu'il privilégie les solutions uniques étatiques....au détriment de la liberté individuelle... comme si notre État ne faisait pas confiance à l'intelligence et à la sagesse des citoyens!
Rédigé par : Normand Brisebois | 18 novembre 2007 à 13h57
Si un propriétaire d'une entreprise n'a pas les reins assez solides ou l'expertise administrative suffisante pour traverser les périodes de vaches maigres, il peut toujours vendre à quelqu'un d'autre.
Pourquoi le gouvernement irait-il privilégier un investisseur-entrepreneur plutôt qu'un autre, à plus forte raison s'il n'a pas la compétence voulu? Après tout, engage-t-on un entrepreneur pour construire sa maison s'il n'a pas la compétence ou les reins assez solide pour compléter le travail?
Rédigé par : Gerry Flaychy | 22 novembre 2007 à 22h40