Les publicités «qui témoignent d'une insouciance à l'égard de la sécurité routière en présentant des situations qui encouragent des gestes imprudents, dangereux ou prohibés» sont en voie d'être interdites dans la Belle Province. En début de semaine, la ministre des Transports, Julie Boulet, a déposé un amendement surprise à son projet de loi sur la sécurité routière afin d'encadrer les messages publicitaires des constructeurs automobiles. Comme la population est incapable de faire la part des choses, ce sont les fonctionnaires de la Société de l'assurance automobile du Québec qui auront le mandat, avec les constructeurs automobiles et les agences de publicité, d'établir des «lignes directrices». La ministre n’a toutefois pas précisé si des pénalités seront imposées à ceux qui violent les règles.
Avec son amendement, la ministre (réputée pour ses propres excès de vitesse) répond à une recommandation de la Table québécoise de la sécurité routière qui proposait, dans un rapport rendu public l'été dernier, d'«encadrer les publicités automobiles [...] de façon à s'assurer que leurs messages ne valorisent pas les comportements à risque». Selon le rapport, «la publicité automobile vantant les mérites de la vitesse, de la liberté ou de la puissance des moteurs est susceptible d'influencer le comportement des conducteurs, surtout chez les plus jeunes qui sont plus perméables à la publicité et moins critiques vis-à-vis d'elle». Selon ce même rapport, les constructeurs automobiles plaident qu'ils ne sont pas responsables de la façon dont leurs bolides sont utilisés par les conducteurs, «le même argument autrefois invoqué par les fabricants de cigarettes».
Comme on pouvait s’y attendre, les principaux intéressés ont dénoncé – et avec raison – cette nouvelle ingérence. Les concessionnaires d'automobiles et les agences publicitaires estiment que des normes canadiennes régissent déjà la publicité automobile et qu’ils n’ont pas besoin de nouvelles «lignes directrices» dictées par Québec. Le directeur de création à l'agence publicitaire Bos, Hugo Léger, résume bien la situation: «Ça s'ajoute au fardeau de l'industrie qui est déjà très encadrée. Les publicitaires sont entourés de chiens de garde avec les normes canadiennes et les groupes de pression. On n'a pas besoin de plus de censure, on la pratique déjà très bien nous-mêmes. […] On est en train d'infantiliser complètement notre société. On va éliminer les annonces de restauration rapide parce que ça cause l'obésité, les publicités de détergent parce que ça provoque les algues bleues... Le consommateur est assez intelligent pour faire la part des choses.»
Cette nouvelle ingérence de Québec n’est que la plus récente d’une liste infinie. Comme les étatistes ne sont heureux que lorsqu’ils interviennent dans nos vies, on peut prédire sans se tromper qu’il y en aura d’autres. Des municipalités songent à réduire le nombre d’heures d’ouverture permises pour les comptoirs de service à l’auto pour combattre l’obésité. Des villes veulent interdire – ou interdisent déjà – la cigarette dans les voitures lorsqu’il y a des enfants à bord. L'étalage des produits du tabac sera bientôt interdit dans tous les dépanneurs et épiceries de la province. Toutes ces interventions visent deux choses: 1) acheter des votes auprès des gens qui ne sont pas touchés – ou qui le sont, mais trouvent l’intention louable – et 2) nous protéger contre nous-mêmes. Nous ne sommes pas suffisamment «éclairés» pour vivre sainement, le gouvernemaman nous montre la voie – à coup de restrictions et de lois. Les grandes victimes de toute cette dynamique d’intervention sont nos libertés individuelles.
Si, comme le prétendent la ministre et ses intervenants de la sécurité routière, les images de voitures qui roulent vite ont un impact sur le nombre d’accidents mortels qui se produisent sur nos routes chaque année, il faudrait interdire carrément les scènes de poursuites automobiles dans les films et les séries télé! Comme la plupart des gens, et «surtout les plus jeunes», ne regardent plus les pubs – trop occupés qu’ils sont à zapper – ça aurait beaucoup plus d’impact! Ou mieux encore: interdire l’entrée des films d’action sur tout le territoire québécois. S’il y a soulèvement populaire, la ministre pourra montrer son côté «modéré» et opter pour un retrait préventif des scènes dans lesquelles on voit des voitures rouler vite, tout en laissant les films d’action passer à la frontière. Elle donnerait l’impression qu’elle fait quelque chose tout en faisant preuve de retenue... Et pourquoi s’arrêter là?! Interdisons la tenue d’épreuves de Formule 1, de série Cart ou de Nascar au Québec tant qu’à y être. Ou toute rediffusion de ces courses automobile. Elles ne font qu’inciter les jeunes à imiter. Si on peut sauver une seule vie par de telles mesures, ça aura valu le coup! ;-)



Bientôt, si vous ne portez pas de gilet de sauvetage en prenant votre bain, on vous mettra en prison.
Il en va de votre sécurité, sans compter tous les problèmes causés à la société s'il vous arrivait malheur en prenant votre bain ou votre douche.
Et vive l'hystérie collective!
Rédigé par: Gerry Flaychy | 21 décembre 2007 at 20h17
Quelle grave atteinte a la libre expression.
L'art de prendre les gens pour des caves Gilles, pur et simple et je le dis avec tout le calme requis.
Le gouvernemaman nous prend pour des enfants littéralement. Voir si on ne peut pas comprendre le gros bon sens. Voir si on ne peut pas savoir que les autos que l'on voit dans les pubs d'auto sont conduites par des professionnels, que les conditions sont idéales et les paysages paradisiaques pour faire rêver le commun des mortels et non pour inciter des dérangés du volant a chauffer en fou dans un embouteillage a Montréal!!!
Dorénavant, il sera interdit de présenter des beaux chars qui performent a l'écran...tout comme il est interdit d'etre plus riche que la classe moyenne dans la province du Distinctland (Québec).
Je vais dire comme l'ADQ ici, libéral, péquiste, c'est du pareil au même. Sauf que ce qui n'est pas dit ici, c'est que l'ADQ ne ferait sûrement guère mieux et trouverait moyen de gérer notre vie comme tout bon gouvernemaman sait le faire.
Tym Machine
www.tymmachine.blogspot.com
Rédigé par: Tym Machine | 21 décembre 2007 at 20h49
Julie 'Jean Chrétien' Boulet les bottes de cow boys et Jean Charest le clown me font beaucoup rire lorsqu'elles parlent des 7 victimes a sauver par année a cause du 0,08 ramené a 0,05.
32 000 personnes par année qui meurent des suites du tabagisme, pffff...pas grave mais 7 personnes, taboire, ôtez-vous de la que je déchire mon linge sur la place publique...
De vrais comédiens je vous dis, des imposteurs de premières qui viennent constamment empiéter sur nos libertés.
Rédigé par: Tym Machine | 21 décembre 2007 at 21h00
C'est sans compter sur les victimes de la malpropreté des hopitaux. Et quand je vois, aux nouvelles, le frisé faire du chantage émotif en disant que les parties d'opposition auront ces morts sur la concience, c'est à lever le coeur. Les morts du au c-dificile il les a pas sur la concience, s'il en a une...
Rédigé par: Gilles Laplante | 22 décembre 2007 at 01h22
Bon on a le gouvernement pour nous proteger de nous memes, mais comment va on se proteger du gouvernement qui prend tant de place dans nos vies.
Rédigé par: Louis L | 22 décembre 2007 at 17h31