Les travailleurs de la restauration sont une cible facile pour Revenu Québec. Ils sont peu organisés et peu protégés. Ils ne forment pas un groupe d’intérêt susceptible de contribuer à la caisse électorale ou d’influencer le vote populaire lors des prochaines élections. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que le fisc s’attaque aux pourboires des taxis, des coiffeurs, des préposés aux malades, des garçons d’épicerie, etc. Malheureusement, une majorité de Québécois croient naïvement que l’État-nounou leur est profitable et encouragent, sans le savoir, les abus de Revenu Québec.
À la question «Selon vous, les serveurs devraient-ils payer de l'impôt sur la totalité de leurs pourboires», sur Cyberpresse le 29 décembre 2007, j’ai été renversé de constater que 50% des lecteurs ont répondu par l’affirmative!
L’imposition des pourboires des travailleurs de l’industrie de la restauration est injuste, discriminatoire et génère peu de revenu:
- Le pourboire représente un cadeau que le client remet aux serveurs(ses) pour souligner son appréciation. Imposer les pourboires sans imposer toutes les autres formes de cadeaux, est injuste.
- Les travailleurs de plusieurs industries (taxis, coiffeuses, préposés aux commandes à l’auto, femme de chambre, préposés aux pompes à essence, livreurs, etc.) reçoivent des pourboires. Ces pourboires sont imposables mais, Revenu Québec ferme les yeux. Il est inacceptable que Revenu Québec n’applique pas les mêmes critères à tous.
- L’imposition des pourboires des travailleurs de l’industrie de la restauration représente des revenus bruts de tout au plus 42 millions $. Les frais administratifs et d’enquêtes grugent certainement une portion non négligeable de ces revenus.
(Sur ce dernier point, selon Statistique Canada, les salaires, traitements et avantages sociaux des serveurs dans les débits de boisson et restaurants avec service du Québec, se chiffraient à 1,678 milliard $ en 2005. Une majorité des travailleurs à pourboire travaillent à temps partiel et ne paient pas ou peu d’impôt. Si on suppose que moins de 25% d’entre eux paient des impôts et que le taux moyen d’imposition est moins de 10%, le gouvernement récolte tout au plus 42 millions $ par année.)
Il serait facile pour le gouvernement de récupérer ailleurs son «manque à gagner» dû à l’exemption des pourboires. Les monopoles gouvernementaux inefficaces, les programmes électoraux coûteux, les subventions inutiles aux entreprises et aux nombreux organismes bidon, coûtent littéralement des milliards de dollars au Trésor public. Mais, couper les subventions des groupes d’intérêt bien organisés risque de nuire au financement de la caisse électorale et à la réélection du parti au pouvoir. Alors, Revenu Québec a pour mission de saigner à blanc les contribuables peu susceptibles d’offrir une opposition efficace. C’est d’une mesquinerie machiavélique.
Il est temps de laisser savoir au gouvernement qu’il y a des limites à tout. J’ai mis en ligne une pétition pour demander au ministre des Finances d’éliminer l’imposition des pourboires lors du prochain budget. Je vous encourage à faire connaître l’existence de cette pétition à tous vos parents et amis.
Serge Rouleau, éditeur
le magazine nagg



Taxer les pourboires c'est du vol. Merci
Rédigé par : clusiau | 04 janvier 2008 à 17h02
Toutes taxes (incluant bien sûr les impôts sur le revenu et les pourboires) sont du vol.
Rédigé par : Patrice Fortin | 04 janvier 2008 à 18h28
Corrigez-moi si je me trompe mais les pourboires sont actuellement partiellement imposés. Un pourboire de 8% des ventes effectuées par un serveur est ajouté à sa paye et l'impôt est calculé sur ce montant. Ainsi, il est possible d'être imposé sur des revenus que vous n'avez pas fait si vous recevez moins de 8% en pourboires.
Le but est probablement de fixer un pourboire à payer par le client (15% par exemple) et ainsi connaitre exactement le montant à imposer au serveur. Cette façon de faire deviendrait une nouvelle taxe sur la restauration qui bénéficierait aux serveurs qui reçoivent moins de pourboires que d'autres (qui peuvent bénéficier de cash sans impôt au delà du 8% des ventes). Pourquoi être gentil avec les clients si vous avez de votre côté les hommes armés de l'État?
Le résultat du sondage n'est pas étonnant mais il contraste avec la réaction des gens face aux prix des biens et services non étatiques. Si quelqu'un achète un bien à toutes les deux semaines et qu'une autre personne lui dit: "moi je paie moins cher que toi"! Le premier sera intrigué et voudra savoir où il peut se procurer le bien en question pour moins cher. Mais quand c'est question d'impôt, là c'est plus pareil! Celui qui paie moins "qu'il ne le devrait" devient un écoeurant! Plutôt que d'exiger de payer moins d'impôt comme peuvent le faire les travailleurs à pourboires, il faudrait qu'ils paient autant que les autres! C'est comme si je désirais que tout le monde paye son nouvel ordinateur le même prix que j'ai payé le mien l'an passé!
Rédigé par : Sylvain Falardeau | 04 janvier 2008 à 19h45
Aussi, si vous jugez que le service a été d'une qualité déplorable, vous pouvez punir de 8% de votre facture votre serveur en ne lui donnant aucun pourboire!
Rédigé par : R.David | 05 janvier 2008 à 08h47
Vous jappez après la mauvaise branche monsieur Rouleau: que les pourboires soient conçus comme des cadeaux ou non ne change absolument rien à leur 'imposabilité', les cadeaux (donations entre vivants) étant imposables comme tout revenu. Ce qu'il faut comprendre par exemple, c'est que
1) le gouvernement de Québec *sait* pertinemment que la province se dirige tout droit vers une impasse budgétaire et fiscale; les prévisions macro-économiques relativement optimistes sur lesquelles est appuyé le prochain budget ne se réaliseront tout simplement pas, la dégringolade du Dow-Jones cette semaine devrait tout-de-même avoir convaincu les plus récalcitrants. Le Québec va être dans le trou encore plus vite qu'il ne le pensait.
2) Que faire? Le problème, c'est qu'en terme de solution on ne peut rien faire: il n'y a aucune marge de maneouvre, il est trop tard. La minorité de Québécois qui paient encore de impots sont déjas imposés au point ou il foutent le camp à la vitesse grand V (moi c'était l'année dernière). Donc, ce sera soit d'autres coupures de services, soit d'autres déficits cachés, et probablement les deux.
3) Est-ce-qu'il y'a la moindre chance que la situation fiscale du Québec s'améliore dans un avenir plus ou moins proche? La réponse est simple: NON. Avec une population vieillissante, un taux de participation au marché du travail à la traine, et une raréfaction des emplois a forte valeur ajoutée (qui déménagent ailleurs au Canada en raison de la fiscalité abrutissante pour les salariés), il n'y a absolument à ce que cela s'améliore dans un avenir proche. Les 25 prochaines années au Québec seront... pénibles pour les contribuables (enfin, ceux qui restent), et frustrantes pour les citoyens-bénéficiaires.
Quand on ne peut rien faire d'efficace, il ne reste qu'une solution: trouver des boucs-émissaires sur qui détourner l'ire de la population. Si possible des gens sans trop de pouvoir, comme les serveurs et serveuses de bars et restaurants. Au pire, ces derniers se rebiffent, on part une bonne chicane, et ça fait momentanément oublier l'incurie financière des élites québécoises, problablement les plus incompétentes d'Amérique du Nord. Et vous monsieur Rouleau, vous roulez a fond dans ce jeu là.
Rédigé par : Pierre-Yves Pau | 05 janvier 2008 à 17h25
@Pierre-Yves Pau,
Excellent commentaire cependant, comme vous le dites, il ne reste qu'à s'entretuer entre chats et chiens tout ce qu'il y avait à faire ayant été fait.
Prenez comme par exemple la baisse de la TPS, il s'agit comme les pourboires de miettes dont nous aimons nous gaver comme des coquerelles et crier au génie après cette découverte, l'argent sauvé par cela équivaut peut-être à échanger 2-3 coupons de 25 cents ou 50 cents par semaine ou aller changer ses caisses de vide à tous les mois. Comme les taxes sur les pourboires ou les tips en bon québecois, on parle d'une couple de millions style 100 millions peut-être par année (sur une dette PROVINCIALE de 130 milliards environ).
Eh bien le PQ en bons socialistes proposent d'augmenter la nôtre la TVQ (ce qui selon les bons péquistes règlerait une infime partie du fameux déséquilibre fiscal) d'un pourcent pour créer un fond afin de renflouer les misères que la crise forestière nous fait subir en cette ère de papier recyclé et d'aires protégées, les libéraux y pensent sérieusement et vont sûrement créer une commission en 2008 qui payera ses commissaires grassement tout en aboutissant à rien comme d'habitude et l'ADQ en bon parti de droite réactionnaire chiâlera, aboyera à tue-tête tout en s'assurant de dégoter deux trois clichés de la face grimaçante de leur chef mais ne fera rien comme d'habitude.
Vive le Québec, peuple francophone d'Amérique du Nord qui adore ses vaches sacrés socialistes et qui gratte les fonds de tiroirs pour les payer...cherchez l'erreur...
Mais comme vous avez si bien réglé le problème Monsieur Plau en allant ailleurs, laissons nous sur cette pensé fort sympatique d'André Arthur:
"Que le dernier à partir ferme la lumière."
Rédigé par : Tym Machine | 05 janvier 2008 à 20h51