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29 février 2008

Le Québec, champion du monde de l'industrie minière

par Martin Masse

Le Québec a l'habitude de se retrouver en queue de peloton dans les classements de l'Institut Fraser. Nous sommes l'un des endroits en Amérique du Nord où l'on trouve le moins de liberté économique, le marché du travail parmi les moins flexibles, un PIB par habitant parmi les plus faibles, etc. Mais ça vaut la peine de le souligner, pour une fois, le Québec est champion, et du monde entier en plus!

Mineur_3Nos amis de Vancouver publiaient hier leur sondage 2007-2008 pour déterminer le niveau d'attractivité des politiques minières de différentes régions et pays. On a demandé leur opinion à 372 cadres supérieurs du secteur minier répartis dans le monde entier, en ce qui concerne les politiques minières de 68 juridictions. Le Québec est arrivé en tête de cette enquête annuelle mondiale, passant ainsi de la septième place occupée l'année dernière à la première place cette année, devant le Nevada, la Finlande, l'Alberta, le Manitoba, le Chile, l'Utah, le Wyoming, l'Irlande, et la Suède, pour ne nommer que les dix premières positions.

Le classement est basé sur un indice composite qui mesure le potentiel d'attraction des politiques gouvernementales suivantes :

-Uncertainty concerning the administration, interpretation, and enforcement of existing regulations
-Environmental regulations
-Regulatory duplication and inconsistencies (including federal/provincial or federal/state and interdepartmental overlap)
-Taxation regime (including personal, corporate, payroll, capital taxes, and the complexity associated with tax compliance)
-Uncertainty concerning native land claims
-Uncertainty concerning which areas will be protected as wilderness or parks
-Infrastructure
-Socioeconomic agreements
-Political stability
-Labor regulation/employment agreements
-Geological database (including quality and scale of maps and ease of access to information)
-Security
-Availability of labor/skills
-Mineral potential assuming current regulation and land use restrictions
-Mineral potential assuming no regulation or land restrictions (but further assuming industry "best practice" standards)

L'exploration et l'extraction minières, un secteur où travaillent environ 10 000 personnes, n'ont qu'une importance marginale dans l'économie du Québec, sauf pour la région de l'Abitibi (qui connaît un boom économique depuis un certain temps à cause du dynamisme de cette industrie).

Si les décideurs miniers de la planète considèrent le Québec comme le meilleur endroit où faire des affaires à cause de sa stabilité, de son régime réglementaire souple et prévisible, de son niveau de taxation avantageux, etc., ça doit être que les bureaucrates du ministère des Ressources naturelles et de la Faune ont compris quelque chose qui échappe toujours au reste de la fonction publique québécoise. On ne peut que rêver à ce qui se produirait si ces compétences pouvaient se répandre dans les autres tours à bureaux de la capitale…

Production, consommation et illettrisme économique

Un lecteur du Blogue me demande, dans le fil de discussion de mon récent billet «Nous sommes gouvernés par des illettrés économiques»:

Au risque de passer pour un «illettré économique», j'ai un peu de difficulté à concilier vos deux affirmations suivantes:

1. «C'est la production qui permet de consommer, et non l'inverse, comme Jean-Baptiste Say l'a expliqué il y a deux siècles.» (dans votre billet) et

2. «Ce sont les producteurs qui doivent s'adapter aux besoins des consommateurs, pas ces derniers qui doivent dépenser même s'ils préféreraient ne pas le faire de façon à maintenir une production devenue inutile. La production n'est pas une fin en elle-même, elle n'est qu'un moyen de combler les besoins des consommateurs.» (dans votre article du du 29 septembre 2001)

Je crois personnellement comme vous l'affirmez dans votre article de 2001 que le client est roi et que l'économie doit s'adapter à ses besoins. J'ai, par contre, de la difficulté à bien saisir le sens de l'affirmation de Jean-Baptiste Say que vous citez en référence dans le billet.

François 1

    

Jeanbaptiste_say Ma réponse:

@François 1

Nous sommes tous ignorants à divers degrés et il n'y a aucun problème à ne pas tout comprendre en économie. Je continue à en apprendre constamment. Certaines observations découlent simplement du gros bon sens, d'autres nécessitent de manier des enchevêtrements complexes de notions et de causes et effets et demandent plus d'efforts. Mais à partir du moment où l'on maîtrise la logique fondamentale de l'économie, on n'est plus un illettré économique. Je ne traite habituellement d'illettrés économiques que les personnes en position d'influence (journalistes, universitaires, politiciens, blogueurs!) qui émettent des opinions, prétendent savoir quelque chose, et qui en fait ne maîtrisent même pas les notions de base de l'économie et ne font que répéter des sophismes absurdes.

Pour répondre à votre question, qui renvoie justement à ces notions fondamentales de l'économie, non, il ne s'agit pas de l'œuf et de la poule, je crois que vous confondez simplement deux aspects du lien entre consommation et production. Dans mon article de 2001, je parle de ce qui constitue la valeur des biens et services et de ce qui justifie qu'on les produise. Un bien n'a de valeur que s'il est demandé, c'est-à-dire si, subjectivement, des individus ont le désir de l'obtenir. Si personne n'en veut, alors il ne vaut rien, même si beaucoup de ressources ont été consacrés à sa production. Comme vous dites, le client est roi et la production ne vise qu'à satisfaire le consommateur.

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Dans la Russie de Poutine, tous les coups sont permis

Par Mathieu Bréard

La Russie n’est pas un pays engagé sur la voie de la démocratie et du respect des droits individuels. Plusieurs ont été abasourdis à la veille des élections de voir le président Vladimir Poutine utiliser la répression armée pour faire taire la dissidence dans son pays. Pourtant, quiconque a observé de près ces dernières années l’ascension au pouvoir et les manoeuvres de cet ancien agent du KGB comprend que le communisme soviétique n’a pas rendu l’âme. Les valeurs capables de limiter les prérogatives de l’État n’ont jamais pris racine là-bas puisque l’autoritarisme continue de dominer le Kremlin. Poutine démantèle les réformes mises en place sous Gorbatchev et Eltsine et fantasme à l’idée de reconstruire la grande Russie. Celle qui refuse de se mettre à genoux devant l’Occident.

Poutine70En fins stratèges, Poutine et son clan utilisent les instruments du pouvoir à leur avantage. La première étape était de limiter la création de nouveaux partis politiques afin de contrôler l’opposition. En 2006, on exigea que les formations présentes et futures aient un minimum de 50 000 membres pour être juridiquement reconnus par l’État. Du coup, beaucoup de partis ont été interdits, tandis que les partis minuscules qui étaient loyaux envers le Kremlin ont reçu de l'appui pour se restructurer et même fusionner. L’équilibre politique de la Russie a été fragilisé et le multipartisme a été remplacé par une consolidation du pouvoir autour du Parti de la Russie unie qui contrôle la Douma sans véritable cadre constitutionnel. Poutine a mis fin à l’élection par la population des gouverneurs régionaux prétextant qu’il était de son devoir, au nom de la sécurité nationale, de lutter contre la corruption et le crime organisé. En échange, il a créé son propre comité de gouverneurs bien dociles et composés d’anciens vétérans du KGB et militaires de l’ère soviétique.

La liberté de presse est aussi étouffée en Russie. Il n’existe pas de véritable réseau de télévisions indépendantes, puisqu’elles sont contrôlées par le gouvernement qui force les journalistes à pratiquer l’autocensure. Certaines personnalités – dont les noms figurent sur une liste noire officielle – ne peuvent apparaître au grand écran. Et quand le mot d’ordre n’est pas respecté, les méthodes utilisées vont de l’assassinat à l’enlèvement... Le tout préparé discrètement afin de ne pas éveiller les soupçons sur le Kremlin. Et il ne faut surtout rien attendre du système de justice qui est des plus chaotiques. En avril 2003, Serguei YushenKov, un membre de la Douma, défenseur du libre marché et de réformes économiques, a été tué par balles à son domicile de Moscou. Son bras droit, Vladimir Golovlev, co-fondateur du Parti libéral, avait été assassiné moins d’un an plus tôt. Très critique à l’égard de la corruption, le journaliste Yuri Shchekochikhin du journal Novaya Gazela sera retrouvé mort dans son appartement apparemment empoisonné. Les frappes de ce genre ont lieu même à l’extérieur du pays.

Le Kremlin impose des restrictions aux organisations et associations non gouvernementales qui informent la population sur différents enjeux. Le prétexte utilisé est qu’il faille freiner le fanatisme religieux, surtout islamiste. Le problème est que l’on ne donne aucune définition du terme «extrémiste», ni qui on vise exactement. Ce qui laisse une grande place à l’interprétation. Une faille largement utilisée par Poutine pour critiquer les ONG qu’il accuse de recevoir du financement en provenance de l’étranger. Le gouvernement se réserve le droit d’envoyer des agents pour assister aux sessions privées et aux réunions des conseils d’administration. On cherche de cette façon à filtrer les ONG qui militent pour la liberté de presse, le droit des femmes ou les minorités ethniques. Le message envoyé à la société civile est claire: il ne faut pas sortir du cadre dicté par le Kremlin.

L’effervescence économique que l’on retrouve dans les rues de Moscou n’est qu’un voile qui masque bien le véritable visage de la Russie de Poutine. À l’heure des élections, ce pays est assiégé de l’intérieur. Poutine n’a-t-il pas déjà déclaré que la chute de l’URSS fut la pire tragédie de cette nation?

À voir: Outil de propagande pro-Poutine créé par son service de communication et distribué gratuitement à toutes les chaînes de télévision russes. La chanson Такого как Путин (You Must Be Like Putin) est chantée par le groupe Putin Girls. Et «La liberté de presse sous Poutine».

28 février 2008

Une recette keynésienne à toute épreuve pour s'enrichir: la guerre sans victime

par Martin Masse

Dans une superbe entrevue sur les ondes de AntiWar Radio à l'occasion du décès de William F. Buckley, Lew Rockwell, le président de l'Institut Ludwig von Mises, nous offre des perles de bon sens libertarien sur divers sujets de nature surtout historique. L'entrevue mérite d'être écoutée au complet, mais j'en retiens une anecdote savoureuse pour ridiculiser la croyance keynésienne selon laquelle «la guerre est bonne pour l'économie».

Battleship_4L'animateur Scott Horton commence par lire un commentaire absurde de l'«économiste» et chroniqueur du New York Times Paul Krugman, un propagandiste des fabulations keynésiennes et l'une des figures de proue du prêt-à-penser de la gauche démocrate:

Le fait est que la guerre, en général, a l'effet d'un stimulant pour l'économie, à tout le moins à court terme. Qu'on se souvienne que la Seconde Guerre mondiale a mis fin à la Grande Dépression. Les 10 milliards de dollars environ que nous dépensons chaque mois en Irak vont surtout à acheter des biens et services produits aux États-Unis, ce qui signifie que la guerre soutient en fait la demande. On peut concéder qu'il y aurait des façons infiniment plus appropriées de dépenser cet argent. Mais à un moment où c'est une demande insuffisante qui pose problème, la guerre en Irak joue tout de même le rôle d'une sorte de WPA [Work Progress Administration, un programme typique du New Deal créé par Roosevelt en 1935] et appuie directement et indirectement la création d'emplois. (Ma traduction)

On pourrait écrire un volume pour réfuter tous les sophismes et les faussetés que contient ce court paragraphe (voir ma petite contribution dans cet article écrit au lendemain des attentats du 11 septembre, où Krugman est en bonne compagnie avec Pauline Marois parmi les illettrés économiques). Lew rapporte la réplique à la Bastiat d'un politicien newyorkais dont je ne comprends pas le nom. Je paraphrase:

Si c'est effectivement le cas que la guerre est bonne pour l'économie, alors nous avons un moyen facile de générer de la richesse, mais sans les aspects les plus déplaisants de la guerre que sont les morts et les blessés. Nous (les Américains) nous entendons avec les Japonais pour construire chacun une flotte de guerre gigantesque, avec des armements et des appareils de détection ultrasophistiqués. Nous amenons les deux flottes au milieu du Pacifique à un site où pourrait se produire une bataille navale. Puis nous évacuons tous les matelots pour éviter qu'il y ait des victimes. Et nous faisons couler tous les navires. Et voilà! Nous pouvons bénéficier des effets économiques de la guerre, mais sans faire de victimes. Il suffit de recommencer et l'on peut maintenir une prospérité en permanence!

Comme le note Lew, il suffit de réfléchir deux minutes pour se rendre compte que le keynésianisme est totalement débile et irrationnel, sauf du point de vue des gouvernements. Malheureusement, la plupart des gens n'ont pas deux minutes pour réfléchir à cela et se contente d'ânonner les idioties qu'ils entendent, notamment de la bouche de ministres des Finances.

Nous sommes gouvernés par des illettrés économiques

par Martin Masse

La ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a une feuille de route qui inspire la confiance quant à ses compétences dans le domaine économique: elle a étudié l'économie à Londres, a travaillé au Financial Post et aux Affaires, ainsi qu'à l'Institut de recherche en politiques publiques. On s'attendrait à ce qu'elle sache de quoi elle parle lorsqu'elle discute d'économie. Non seulement à cause de sa fonction et de son expérience, mais aussi parce qu'elle appartient à un parti généralement perçu comme favorable à la croissance et proche du milieu des affaires.

Monique_2 Par une déclaration stupéfiante, elle a cependant révélé que sur une question cruciale, elle est aussi ignorante que les Léo-Paul Lauzon, Amir Khadir et autres illettrés économiques de ce monde.

Lors du dépôt de son budget mardi dernier, le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty annonçait la mise en place d'un nouveau compte d'épargne libre d'impôt (voir mon billet à ce sujet). Selon ce que rapporte La Presse, la ministre Jérôme-Forget a critiqué le CÉLI en disant que ce n'est pas le moment d'encourager les Canadiens à constituer des bas de laine. Les gouvernements doivent plutôt encourager la consommation pour doper une croissance anémique de l'économie.

On se croirait en 1971, quand le président Nixon avait affirmé que «we are all keynesians now» - la même année où il rompait le lien officiel entre l'or et le dollar, une mesure qui allait enlever le dernier obstacle à une création monétaire effrénée. C'était une époque où, à part une poignée de penseurs libertariens, pratiquement tout le monde croyait que l'État pouvait «booster» l'économie en créant de la monnaie et en dépensant au point de faire des déficits budgétaires.

Cette théorie keynésienne est fondamentalement de la pensée magique. Elle stipule qu'il suffit que la demande augmente pour que la richesse se crée. La demande «tire» l'offre. On pourrait donc en conclure que si certains pays sont pauvres, c'est parce que leurs habitants ne… dépensent pas assez, ce qui est manifestement absurde! On sait que c'est évidemment parce qu'ils ne produisent pas assez. C'est la production qui permet de consommer, et non l'inverse, comme Jean-Baptiste Say l'a expliqué il y a deux siècles.

On a vu dans les années 1970 où cette politique de stimulation artificielle de la demande a mené: à un phénomène de stagnation dans un contexte inflationniste, ou «stagflation», un terme qui revient à la mode des jours-ci. Pourtant, cette situation serait impossible du point de vue de la théorie keynésienne, puisqu'un dopage monétaire devrait avoir pour effet de susciter une croissance plus rapide même s'il entraîne de l'inflation.

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26 février 2008

Ottawa veut encourager l'épargne - après avoir tout fait pour la décourager

par Martin Masse

J'ai eu une surprise il y a quelques semaines en recevant par la poste un relevé d'ING Direct, la banque virtuelle où j'ai mis de côté un peu d'argent, indiquant l'état de mes «revenus de placements» pour 2007. Comme j'avais fait un peu plus que 50$ d'intérêts, je dois le déclarer et payer des impôts sur ce montant. Cinquante dollars d'intérêts! Voilà l'une des raisons pourquoi les taux d'épargne au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde ont fortement diminué au cours des dernières années: parce qu'on décourage l'épargne en l'imposant excessivement, même lorsqu'il s'agit de quelques dizaines de dollars obtenu en laissant des fonds dans un compte à bas taux d'intérêt.

Flaherty Ces bas taux sont d'ailleurs une autre raison qui explique que bien de gens considèrent que ça ne vaut pas la peine d'épargner. Depuis des années, les banques centrales des pays développés ont inondé les marchés financiers de liquidités et maintenu les taux d'intérêt à des niveaux artificiellement bas pour éviter l'effondrement d'une pyramide de dettes. Dettes qui elles-mêmes ont aussi été encouragées par les politiques keynésiennes de nos gouvernements. Dès qu'un ralentissement économique pointe le bout du nez, que nous répètent nos dirigeants? Dépensez, dépensez, faites rouler l'économie! Alors que l'attitude prudente à adopter est plutôt de réduire ses dépenses dans une période d'incertitude pour parer aux difficultés à venir et aux imprévus.

Selon une récente enquête de l'Institut Vanier, le taux d'épargne des Canadiens (soit le pourcentage des économies par rapport au revenu disponible), qui se chiffrait à 10% en 1990, a reculé jusqu'à atteindre aujourd'hui environ 1%. Avec leurs politiques à court terme, nos gouvernements ont carrément incité les gens à consommer au-delà de leurs moyens, à devenir moins responsables, à prendre plus de risques, à hypothéquer leur avenir. Et quand on sait que contrairement à ce que ne cessent de nous répéter tous les illettrés économiques encore sous l'influence des fabulations keynésiennes, ce n'est pas la consommation qui fait croître l'économie, mais bien l'épargne et l'investissement - qui sont nécessaires pour augmenter la capacité de produire - on a de quoi être réellement inquiet pour l'avenir.

C'est sans doute pourquoi le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty a annoncé dans son budget d'aujourd'hui un nouveau gadget fiscal pour encourager l'épargne: le CÉLI, pour compte d'épargne libre d'impôt. À compter de l'an prochain, les Canadiens pourront verser des cotisations allant jusqu'à 5 000 $ par année à un CÉLI. Au contraire des RÉER, ces cotisations ne seront pas déductibles d'impôt, mais les gains en capital et les autres revenus de placement gagnés dans un CÉLI, tout comme les retraits, ne seront pas imposables.

On peut déjà prévoir les réactions à ce programme. D'un côté, les analystes les plus sensés applaudiront à une mesure qui permet de payer moins d'impôt sur des revenus d'investissement, en plus d'encourager l'épargne. De l'autre, les illettrés économiques socialistes comme le professeur Léo-Paul Lauzon, grand pourfendeur des «privilèges fiscaux» comme les RÉER qui ne profitent selon lui qu'aux riches, dénonceront sans doute ce nouveau cadeau d'inspiration néolibérale aux supporters du régime.

À première vue, nous devrions effectivement nous réjouir. Mais voyons ça d'un oeil un peu plus critique. Pendant des années, l'État ne cesse de grossir, et les impôts ne cessent d'augmenter. Des politiques fiscales et monétaires interventionnistes créent tellement de distorsions dans l'économie que les citoyens sont encouragés à s'endetter et cessent d'épargner. D'un point de vue rationnel, que faudrait-il donc fait pour renverser cette tendance? Simple. Réduire les impôts et mettre fin aux mauvaises politiques fiscales et monétaires.

Mais ce n'est pas ce que fait le gouvernement. Les impôts statutaires restent au même niveau. Les politiques fiscales et monétaires restent inchangées. On crée simplement une nouvelle exception dans un système fiscal déjà horriblement compliqué, pour palier un problème spécifique. Un autre petit pansement sur le cancer étatique. On ajoute en fin de compte une nouvelle couche d'intervention, qui donnera plus de travail aux comptables et aux fonctionnaires du ministère du Revenu, au lieu de diminuer celles qui existent déjà.

Voilà un autre bel exemple de ce que Ludwig von Mises et Friedrich Hayek voulaient dire en expliquant qu'une intervention étatique en amène une autre, qui en amène une autre, etc., dans une dynamique inexorable de croissance de la machine de l'État. Même quand on a l'impression qu'une nouvelle mesure est justifiée et vise un objectif louable.

25 février 2008

Mettre fin aux subventions pour l’Afrique

par Mathieu Bréard

«Quel est le pays qui a été le plus humilié, le plus détruit, le plus occupé, le plus traité comme un protectorat au cours du 20e siècle à tel point qu'il a reçu deux bombes atomiques – il les avait bien cherchées? C’est le Japon. Il ne restait plus rien du Japon. Quarante ans plus tard, c'était une des plus grandes puissances mondiales.» Ainsi s'exprimait le documentariste français Frédéric Mitterrand récemment sur une chaîne de télé française pour dénoncer l'immobilisme du continent africain vers lequel l'Occident déverse depuis près d'un demi-siècle des milliards de dollars de subventions en pure perte. Malgré tout cet argent, rien ne bouge. Les institutions y sont corrompues, les élites s'enrichissent et malgré tout l'enveloppe d’aide au continent noir n'est jamais assez grosse pour nos politiciens qui nous ont inculqué au fil des ans un profond sentiment de culpabilité. C’est l'émotion plutôt que la raison. Comme si l'Afrique n'avait aucune part de responsabilité pour le marasme dans lequel elle se trouve.

AfricaPrenons l'exemple récent du Kenya. Depuis la fraude électorale de décembre, nous assistons à l'anéantissement des libertés et à l'effondrement de l'économie. Faisons taire immédiatement les sales langues qui seraient tentées de jeter la faute sur l'ère coloniale. Il est question ici des bassesses des dirigeants locaux qui cultivent et répandent la misère. Il y a quelques années, ce pays était pourtant sur la voie du progrès, ayant mis en place des réformes institutionnelles saluées par le reste du monde. Si prometteur que l'on voyait le Kenya comme une lueur d'espoir dans une Afrique subsaharienne plongée dans la grande noirceur.

Malheureusement, le président Mwai Kibaki s'obstine à vouloir conserver le pouvoir. Il a minutieusement mis en place un régime qui sert avant tout ses intérêts en jouant sur de vieilles querelles tribales. La violence envahit les rues et la situation à l'échelle nationale se détériore. Si la fin du régime de parti unique en 2002 annonçait une décentralisation du pouvoir et une plus grande autonomie pour les régions, tout ceci vient d'être balayé du revers de la main. Le Kenya retourne tranquillement vers un régime kleptocratique et archaïque qui brime les droits de la population. Ce cas n'est pas isolé. Nous pourrions également citer celui du Ghana dont la situation économique au début des années 1960 était comparable à celle de la Corée du Sud.

Les solutions ne viendront pas de l'extérieur, mais bien de l'intérieur. Il faut un changement complet de mentalité en Afrique. Et cette réflexion se heurte à toutes sortes de tabous bien ancrés dans l'imaginaire collectif. Les Africains ne se sont toujours pas débarrassés de leur image d'éternelles victimes, de la croyance que leur avenir doit être dicté par des étrangers et que le progrès est en soi une forme de soumission, un aveu d'échec. Depuis l'indépendance des colonies, on a beaucoup de mal à harnacher tout le potentiel humain, les acquis de l'histoire, et les valeurs traditionnelles afin d'en faire de véritables outils de développement, gage d'un projet de civilisation cohérent. Il y a encore un malaise devant l'apport des sciences, de la technologie et de la possibilité d'aller chercher des idées à l'étranger afin de les adapter et les intégrer intelligemment. Le tribalisme dans lequel les individus sont cloisonnés rend problématique la possibilité de mettre au monde un système de droit adapté à la réalité africaine. Et ce n'est certainement pas à nous les Occidentaux de débarquer là-bas avec nos grands sabots et de dire: voilà, nous allons superviser une élection pendant quelques mois sous le regard des médias. Observez-nous et vous aurez ensuite la recette miracle.

La pire chose à faire est de laisser nos dirigeants nous gaver quotidiennement d'illusions à propos de l'aide à donner au continent noir. Non seulement, nous faire les poches pour financer ce genre de mesures est-il immoral, mais en plus il s'agit de gaspillage. On donne de l'argent qui bien souvent aboutit dans les coffres de régimes douteux ou encore dans un compte bancaire en Suisse, quand il ne disparaît pas tout simplement dans la stratosphère... L'aide à outrance est un échec et il faut y mettre un terme. Le problème de l'Afrique est avant tout celui de l'Afrique (voir aussi l'article de Martin Masse: «Éliminons l'aide aux pays pauvres»).

Les universitaires et les intellectuels publics à l'ère Internet

Jacoby_2 par Martin Masse

Je ne me souviens plus exactement comment les événements se sont enchaînés, mais il y a près de vingt ans, j'avais lu l'intéressant livre de Russell Jacoby, The Last Intellectuals. American Culture in the Age of Academe, et cela avait contribué à ma décision d'abandonner à mi-chemin une maîtrise en science politique.

Comme je partageais aussi une grande maison avec deux professeurs gauchistes de McGill partisans des théories postmodernes à la mode, je constatais quotidiennement les travers du monde universitaire: enfermement dans la tour d'ivoire et le jargon incompréhensible, course aux subventions et à la publication d'articles dans des journaux supposément prestigieux que pratiquement personne ne lit, réseautage intense avec quelques dizaines d'autres professeurs dans le monde qui partagent les mêmes intérêts pour un sujet ésotérique et qui s'en parlent dans des colloques tenus dans des endroits exotiques aux frais des contribuables, constantes guéguerres entre factions au sein de la faculté sur des questions d'une puérilité délirante qui contrastent avec les prétentions intellectuelles des acteurs, etc.

Jacoby décrivait ce monde décadent et déconnecté de la réalité dans son bouquin et déplorait la disparition des grands intellectuels publics qui avaient fait les beaux jours des débats d'opinion aux États-Unis en s'adressant à un public éduqué jusque. Cette tradition semblait encore assez vivante dans le monde francophone mais au Québec, on commençait aussi à déplorer le «silence des intellectuels», après les revers qu'avaient constitué pour la plupart d'entre eux la défaite au référendum de 1980 et le recul apparent des idéaux de gauche.

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Le QL fête ses dix ans

La première édition du Québécois Libre a été mise en ligne le 21 février 1998, il y a dix ans. Pendant ces dix années d'existence, le QL a cumulé quelques milliers d'articles dans 253 numéros et attiré des dizaines de milliers de visiteurs. Il est devenu une publication de référence pour des lecteurs de partout dans le monde qui s'intéressent à nos idées.

Statue3_2 Nous avons rencontré sur deux continents des personnes dont la vision du monde a été bouleversée et qui ont adopté la philosophie libertarienne en lisant ce magazine. Cela justifie le nombre incalculable d'heures que nous avons mis à l'animer.

Au cours des années, nous avons eu des rythmes de publication variés: hebdomadaire, bimensuel, mensuel. Nous retournons maintenant à une publication mensuelle. Le prochain numéro sortira le 15 mars.

Le Blogue du QL a quant à lui été lancé il y a exactement trois ans, le 1er mars 2005. Depuis, nous y avons publié 700 billets et des lecteurs y ont déposé 4700 commentaires. Entre 1000 et 1500 pages y sont consultées tous les jours ces derniers temps.

Nous aimerions faire un appel à tous ceux qui nous lisent et qui ont des talents d'analyse et de rédaction. Le QL se concentre sur les articles plus théoriques et intemporels alors que le Blogue contient des commentaires moins élaborés sur des sujets d'actualité. Nous sommes ouverts à toute contribution d'intérêt, de façon à ce que ces deux sites continuent de croître, de contester les mythes et les idées reçues, et d'offrir un havre de rationalité et de vérité sur le Web pendant encore de nombreuses années.

Martin Masse
Gilles Guénette

22 février 2008

Les politiciens toujours au bas de l'échelle

par Gilles Guénette

Head_scratchCanoë: Pendant que les pompiers et les notaires se réjouissent de la confiance de plus en plus grande que leur accorde le public, les politiciens et les vendeurs de voitures usagées doivent se demander si le jour arrivera où plus personne ne prêtera foi à leurs propos. Ce sont encore une fois les pompiers qui remportent le dixième sondage annuel sur les métiers et professions alors que la quasi-totalité des Canadiens (99%) leur accordent leur confiance. Suivent ensuite les infirmières et les fermiers (96%), les enseignants et les ingénieurs (91%) ainsi que les médecins et les notaires (90%). […] D'autres professions ne sont pas aussi crédibles aux yeux du public. […] Les politiciens ne réussissent même pas à convaincre un Canadien sur dix (8%) qu'ils sont sincères.

Année après année, c'est la même chose. C'est à se demander pourquoi les gens continuent de se lancer en politique! Il doit bien y avoir des avantages…

21 février 2008

Castro tire sa révérence: il faut lever l’embargo

par Mathieu Bréard

Il y avait de la fébrilité dans les rues de Miami après l'annonce du départ de Fidel Castro. Un sentiment que je partage avec tous les exilés cubains qui s'opposent depuis des décennies à ce régime communiste. Ce gouvernement est une tyrannie qui ne tolère aucune dissidence politique. Le système économique de planification centralisée et les rationnements à répétition empêchent des millions de citoyens de jouir des bienfaits de la propriété privée et du commerce libre. Lors d'une entrevue sur les ondes de Radio-Canada, la fille illégitime du Lider Maximo, Alina Fernandez, a prétendu qu'il faudra encore bien du temps avant que l'on assiste à une réelle volonté de changement sur l’île. Étant donné l'état de profonde soumission dans laquelle se trouve la population, la période de sevrage sera certainement longue et difficile. Mais le départ de Castro est une belle occasion pour l'Occident de réviser ses politiques interventionnistes et de prendre acte de leur échec.

Castro_2

Les présidents ont beau se succéder à Washington, la politique américaine à l’endroit de Cuba est au point mort, toujours prisonnière de ce carcan idéologique tout droit sorti du temps de la Guerre froide. Il est difficile de croire que cette petite île des Antilles puisse encore susciter autant d'inquiétude. Son principal pourvoyeur a beau s'être effondré de lui-même en 1991, on a l'impression que la dynamique reste la même. En 1992, le président Bush père signe le Cuban Democracy Act qui durcit l'embargo contre Cuba. Quelques années plus tard, le président Clinton en rajoute avec la loi Helms-Burton qui impose des sanctions extraterritoriales sévères aux entreprises étrangères et aux citoyens qui souhaitent commercer avec Cuba. Si l’actuel président aborde du bout du bout des lèvres un possible allègement de certaines dispositions de la loi, les plus extrêmes sont là pour rester. Et la grande question demeure: est-ce que cette politique de sanctions qui perdure depuis plus de 40 ans a permis à la population cubaine d'atteindre la liberté, de vivre mieux et de prospérer? La réponse est non. Au contraire, on a accentué davantage les désordres déjà visibles du communisme qui affectent non pas les apparatchiks du régime, mais la population dans son ensemble.

Cet embargo ne touche pas uniquement les Cubains. Il impose nombre de restrictions à la limite du ridicule. Par exemple, si un citoyen américain peut encore se rendre plus ou moins librement en Iran – un pays qui figure pourtant sur la liste noire du gouvernement Bush –, pour visiter Cuba légalement il lui faut avoir une autorisation spéciale de l’État ou avoir des liens avec un Américain d’origine cubaine. Cette interdiction de voyager à Cuba, selon l'American Society of Travel Agents, empêche des millions de touristes américains de se rendre dans l'île pour profiter du soleil et surtout consommer (tous ces gens loueraient des chambres d'hôtel, prendraient des taxis, fréquenteraient des restaurants exotiques... Ce dynamisme économique contribuerait à mettre de l'argent dans la poche d'un nombre plus important de Cubains en plus de créer de nouvelles opportunités d'embauche). Viennent ensuite toutes les restrictions sur le transfert de fonds privés dans l'île. Les nombreuses barrières imposées par Washington à l'industrie agricole privent les entreprises d'un accès aux marchés cubains afin de vendre de la viande, de la volaille, du riz, du blé ainsi que de l'équipement de pointe. Finalement, la loi Helms-Burton ne représente ni plus ni moins qu’une mesure abusive qui punit le commerce et les investissements libres à Cuba.

À l'heure où l'on encourage le libre commerce avec la Chine communiste et où la pression pour des réformes démocratiques pèse de plus en plus lourd sur Pékin, l'île de Cuba est le parfait exemple de l'incohérence et du double standard qui semble exister en matière de sanctions.

Sauvons notre système d’alimentation public

par Martin Masse

Dans un Québec devenu réellement solidaire, le gouvernement a nationalisé le système d’alimentation. Les fermes sont gérées par la Régie québécoise de la production alimentaire (la RQPA). Une autre société d’État, la Commission de l’autosuffisance alimentaire du Québec (la CAAQ), est responsable de l’importation de ce qu’on ne réussit pas à produire au Québec depuis la mise en place du Programme national de souveraineté alimentaire.

Empty_shelvesEnfin, la distribution des aliments se fait par l’entremise du Réseau de distribution alimentaire du Québec (le RDAQ), qui possède un Centre de distribution alimentaire (dans le langage familier, un «distral») dans chaque quartier et village depuis que les anciens supermarchés privés, jugés inefficaces et inéquitables, ont dû fermer leurs portes. Chaque famille a droit à une quantité illimitée de la plupart des produits de base, et doit payer une contribution minimale pour s’offrir certains des produits plus rares, en particulier des aliments importés.

Malheureusement, le système connaît depuis quelques années des ratés sévères. La production locale stagne et il faut importer de plus en plus d’aliments. Les budgets de l’État sont toutefois insuffisants pour suivre cette augmentation, surtout depuis que le dollar québécois a connu une dépréciation marquée. Dans les distrals, on manque de nombreux produits de base, et il faut parfois faire la queue et attendre plusieurs heures avant de pouvoir acheter de la viande ou des fruits.

De plus en plus de gens se plaignent de l’absence de flexibilité et de choix dans un système entièrement contrôlé par l’État. Depuis des années, on sent un mouvement en faveur de la mise en place d’un réseau de distribution parallèle privé de la nourriture, où ceux qui le souhaitent pourraient payer de leur poche des produits qu’ils ont de la difficulté à obtenir dans le réseau public. Selon certains groupes ultraradicaux, l’État n’aurait jamais dû nationaliser le système d’alimentation.

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20 février 2008

L'Assemblée des Premières Nations et le dictateur

par Mathieu Bréard

ChavezL'Assemblée des Premières Nations songe à inviter Hugo Chavez au Canada dans le cadre de sa campagne visant à faire pression sur le gouvernement conservateur pour qu'il ratifie la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Selon les membres de l'APN, le président vénézuélien est un grand visionnaire dont les idées pourraient être une source d'inspiration. Cette demande survient après que l'Assemblée ait accusé le gouvernement fédéral de ne pas respecter les droits de l'homme dans les réserves. Plutôt paradoxal et ridicule considérant la façon dont Chavez malmène les droits de l'homme dans son propre pays. Les rapports d'enquête, tous plus inquiétants les uns que les autres, ne cessent de s'accumuler (voir ici, ici, ici et ici). Ce qui ne semble guère ébranler le chef de l'exécutif, Phil Fontaine, qui n'a sans doute pas cru bon y jeter un coup d'oeil…

Depuis sa victoire au dernier référendum national sur sa présidence en 2004, Hugo Chavez et sa coalition majoritaire au Congrès ont pris des mesures visant à saper l'indépendance du pouvoir juridique. Ils ont également adopté des lois qui menacent la liberté de presse et les libertés individuelles. Plusieurs membres de la société civile, dont les défenseurs des droits humains, ont été accusés par des fonctionnaires de vouloir conspirer contre le régime. Et pour matraquer cette opposition trop dérangeante, Chavez et ses amis utilisent des mesures répressives telles que la brutalité policière ainsi que la torture. Si les membres de l'APN se considèrent maltraités au Canada, nous les invitons fortement à demander le statut de réfugiés au Venezuela. Cette organisation tète déjà suffisamment d'argent de nos impôts pour financer ses activités.

19 février 2008

Lecture: Philippe Simonnot sur l'économie de la religion

March_de_dieu_5par Martin Masse

Philippe Simonnot est l'un des rares économistes de l'École autrichienne dans le monde francophone. Il a créé il y a un an L'Observatoire des religions, un site qui observe l'actualité religieuse en général et se spécialise dans l'analyse des phénomènes religieux sous un angle économique.

M. Simonnot est docteur ès sciences économiques et l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages d'économie et d'histoire. Le QL a notamment publié un extrait de L'erreur économique. Comment économistes et politiques se trompent et nous trompent, et l'a interviewé lors de la sortie de son essai L'invention de l'État. Économie du Droit.

Sur le thème de l'économie de la religion, M. Simonnot a publié en 2006 Les papes, l'Église et l'Argent. Histoire économique du christianisme des origines à nos jours. Son dernier ouvrage tout juste sorti des presses s'intitule Le marché de Dieu. Économie du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Ces deux volumes appliquent aux trois grandes religions monothéistes les outils de l'analyse économique.

Rapport Castonguay: Joanne Marcotte s'explique

JoanneLe rapport Castonguay sur la réforme du système de santé est dévoilé aujourd'hui à Québec. La vice-présidente du groupe de travail, Joanne Marcotte, a fait circuler ce matin ce texte éditorial pour expliquer sa position.

         

Financement du système de santé : l’offre de la dernière chance

Joanne Marcotte

Vice-présidente – Groupe de travail sur le financement du système de santé

Au moment où nous rendons public le rapport de notre groupe de travail, je jette un coup d’oeil dans le rétroviseur à ce que Claude Castonguay, Michel Venne et moi avons accompli au cours des neuf derniers mois. Dans ce colossal travail de réflexion, chacun a été en mesure de formuler de nouvelles avenues et d’en débattre d’une manière civilisée. Préserver le caractère universel du régime public de santé et s’assurer que tous aient accès aux soins – peu importe le statut social ou le revenu – a constitué une préoccupation de tous les instants. Pour ma part, mon souci premier n’était pas tant de m’assurer que les services soient rendus par un secteur plutôt qu’un autre; l’important était de mettre en place les conditions favorisant une offre maximale de soins. Voilà ce qu’est le véritable rôle de l’État.

À l’instar de ce qu’il devrait faire au plan économique – où son rôle devrait se limiter à instaurer un climat propice à la création de la richesse – l’État devrait, dans le domaine de la santé, restreindre son action à l’élaboration d’un cadre légal et réglementaire permettant la dispensation de la meilleure offre de soins, peu importe qui dispense ces soins. Diviser, réglementer, centraliser, interdire et étouffer l’initiative n’est tout simplement plus acceptable.

Cela dit, en bout de piste, j’avoue éprouver des sentiments contradictoires : comblée d’avoir pris part à un tel exercice, heureuse du boulot que nous avons accompli, généralement satisfaite du résultat, mais, en même temps, sceptique et inquiète quant au sort qui sera réservé aux recommandations du rapport. Je m’explique.

Loin d’être la révélation du siècle – plusieurs commissions et comités d’études ont formulé les mêmes constats et proposé des recommandations allant dans la même direction – notre rapport va néanmoins plus loin, en remettant en question l’approche étatique, monopolistique et extrêmement centralisatrice des modes de gestion du système de santé québécois. Ainsi, comparativement à ce que l’on observe dans plusieurs pays de l’OCDE, nous devons en toute lucidité constater l’incapacité du système à s’autoréguler, et reconnaître les limites d’un secteur public asphyxiant qui brime l’initiative, l’innovation et, surtout, les précieuses ressources humaines qui y travaillent.

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18 février 2008

Un choix emballant à la présidence des États-Unis

President_2 par Martin Masse

En ce jour férié (Presidents' Day) instauré pour glorifier la concentration du pouvoir entre les mains des surhommes qui ont dirigé leur pays, on apprend que les Américains auront encore un choix des plus emballants en novembre: un candidat démocrate qui veut nationaliser et réglementer encore plus l'économie, ou bien un républicain qui veut continuer à envahir d'autres pays et à en faire payer le prix en faisant rouler la machine à imprimer des billets verts.

Le crackpot militariste et impérialiste qui veut poursuivre l'occupation de l'Irak pendant encore cent ans est en effet également - quelle surprise! - un inflationniste. À l'émission This Week with George Stephanopoulos hier au réseau ABC, le candidat républicain à la présidentielle John McCain a déclaré que le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke aurait dû abaisser les taux d'intérêt encore plus rapidement: «I personally would have liked to have seen those rate cuts earlier.»

Les guerres et l'inflation ont évidemment toujours été des phénomènes liés, que ce soit en Nouvelle-France ou pendant la guerre du Viêt-Nam. S'il apparaît que McCain se dirige vers la victoire au cours des prochains mois, j'ai un petit conseil pour tous ceux qui ont des actifs aux États-Unis : vendez-les avant que le billet vert ne s'effondre encore davantage.

En prison si vous transportez un morceau de papier

par Martin Masse

Pour poursuivre sur le thème de la rapace étatique qui criminalise les gestes de citoyens parfaitement honnêtes de façon à maintenir son contrôle sur une activité, on pourrait donner un autre bel exemple: le gouvernement fédéral va vous jeter au cachot si vous osez transporter des morceaux de papier d'une façon qui n'est pas conforme à la loi. Voici ce que dit en effet la loi concernant le «privilège exclusif» de Postes Canada de transporter des lettres:

Prison2_4 Conformément à la Loi sur la Société canadienne des postes et aux règlements qui y sont afférents, la Société canadienne des postes a le privilège exclusif au Canada de recueillir, de transporter et de distribuer les lettres à leurs destinataires respectifs. Ce privilège exclusif s'applique aux lettres dont le poids n'excède pas 500 g, postées au Canada pour livraison au Canada ou à l'extérieur du Canada, ou postées à l'extérieur du Canada pour livraison au Canada.

Quiconque recueille, expédie ou remet, ou entreprend de recueillir, d'expédier ou de remettre une lettre à son destinataire au Canada, ou reçoit ou a en sa possession au Canada une lettre à expédier ou à remettre autrement que conformément au privilège exclusif de la Société, est coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement de cinq ans ou coupable d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.

C'est-y assez clair? Et voilà une autre activité essentielle de l'État qu'il faut protéger, par la force des armes et au moyen d'un système de justice basé sur l'injustice, contre les méchants capitalistes sauvages qui se mettraient en tête de vouloir «remettre une lettre à son destinataire»!

Les étatistes aiment bien parler de «monopoles» lorsqu'ils s'attaquent aux grosses entreprises qui ont du succès. Pourtant, dans un marché libre constamment en mouvement et où il n'existe pas de barrière légale à l'entrée, un monopole ne peut pas subsister indéfiniment. Il y a toujours un danger de se faire détrôner. La seule façon de rester au-devant des autres est d'innover, d'être plus efficace et de mieux répondre aux besoins de sa clientèle. Très peu de compagnies survivent longtemps comme leader dans un secteur. Parmi celles qui dominaient leur marché il y a trente ans, la plupart sont disparues aujourd'hui.

Mais ce que refusent de reconnaître les étatistes, c'est que les seuls véritables monopoles sont les monopoles étatiques. Des monopoles qui restent en place, eux, indéfiniment, au moyen de la violence légale exercée par l'État. On ne les entend évidemment jamais dénoncer ces monopoles-là. Dans leur novlangue, ces monopoles ne sont pas de méchants monopoles mais de bons monopoles, des joyaux nationaux, des sources de fierté pour toute la collectivité. Et même s'ils n'ont pas de compétition et n'ont pas d'effort à faire pour garder leur clientèle, ils offrent par définition un service excellent puisqu'ils sont… euh, au service de la nation. C'est la loi qui le dit!

Nos amis gauchistes qui prétendent vouloir le «bien commun» vont-ils se réveiller? Vont-ils finir par s'ouvrir les yeux et par voir la véritable nature du système qu'ils défendent, un système fondé sur l'injustice, la violence et les privilèges de la clique au pouvoir et de ceux qu'elle entretient par son clientélisme?

Comment la rapace étatique détruit la vie d'honnêtes citoyens

par Martin Masse

Prison On l'a souvent écrit dans le QL: derrière chaque taxe, chaque réglementation, il y a un homme armé prêt à utiliser la violence pour vous forcer à vous soumettre aux ordres de l'État. On ne s'en rend pas nécessairement compte parce que très peu de gens osent défier ouvertement et directement le pouvoir du tyran, et parce que le discours étatique officiel est enrobé dans une novlangue qui cache habituellement cet aspect coercitif pour plutôt mettre l'accent sur les supposés bienfaits de notre soumission forcée. (Premier paragraphe qu'on peut lire sur l'avis de cotisation qu'on reçoit de Revenu Québec: «Nous vous remercions d'avoir produit votre déclaration de revenus. Ce faisant, vous contribuez au développement économique, social et culturel de l 'ensemble des Québécoises et Québécois.»)

Dans un article remarquable de La Presse publié ce matin, le chroniqueur Yves Boisvert nous donne un exemple de ce qui arrive à deux honnêtes producteurs de lait lorsqu'ils décident de produire leur lait autrement: leur entreprise a été détruite et l'un d'eux est en prison.

Avec son frère André, M. [Yves] Desrosiers faisait un produit acclamé partout, le lait d'Antan. Quiconque a goûté la crème naturelle épaisse des Desrosiers ne peut que retourner en braillant aux crèmes 35 épaissies artificiellement qui ne goûtent rien. Leur lait biologique non homogénéisé était issu de vaches nourries au soya.

Le lait d'Antan porte mieux son nom que jamais. Il n'existe plus. L'an dernier, les Desrosiers ont été acculés à la faillite. Avant d'être arrêté, Yves était concierge dans une usine. André, contre qui pèse également un mandat, travaille dans une cour à bois en attendant que la faillite se règle.

Qu'est-il donc arrivé? Ces producteurs ont refusé de se conformer aux normes de production du lait industriel. Ils voulaient faire un lait différent, pour lequel il y avait un marché. Mais cela allait à l'encontre du contrôle de la mafia syndicale, la Fédération des producteurs de lait du Québec, et des apparatchiks du ministère de l'Agriculture.

Si vous parlez aux gens de la Fédération des producteurs de lait, on vous dira que tout va pour le mieux et que le Québec regorge de transformateurs heureux et prospères. Interrogez les petits, ceux qui veulent démarrer dans le lait bio, par exemple, et vous aurez un autre portrait. Celui d'un système hostile au changement, incapable de travailler à plusieurs vitesses. Tout le monde dans le même moule.

Les étatistes naïfs qui s'imaginent que l'État doit intervenir et réglementer l'agriculture pour faire en sorte de protéger les petits contre l'" agribusiness" n'ont rien compris : l'État contrôle l'agriculture pour protéger l'establishment improductif et subventionné d'un système soviétisé contre des entrepreneurs qui veulent en sortir, innover et produire librement.

L'autre façon de voir cette affaire, c'est que des fermiers dissidents, inspectés et surinspectés, se sont fait prendre en défaut pour des infractions mineures. Et pendant ce temps, croulant sous une réglementation qui écrase les innovateurs, incapables d'avoir un statut particulier pour s'en tirer financièrement, ils ont fini par déposer leur bilan.

Sans le sou, il n'y avait évidemment pas moyen pour eux de payer ces amendes. Et voilà comment, au bout du compte, on en arrive à cette absurdité : la prison.

Il n'est donc pas totalement exagéré de prétendre qu'on a emprisonné Yves Desrosiers parce qu'il a commis le péché ne pas faire son lait comme tout le monde.

Dans un monde normal, un monde où on saurait juger objectivement de ce qui est moral et ce qui ne l'est pas, on conclurait que cette clique étatique est composée de criminels. Des criminels qui nous tiennent en esclavage pendant la moitié de l'année (pas le choix de passer six mois à travailler pour l'État), qui briment nos droits fondamentaux, qui volent, agressent, tuent (dans le cas du système de santé) des citoyens honnêtes qui souhaitent simplement contrôler leur vie et échanger de façon volontaire avec d'autres citoyens honnêtes. Mais nous vivons au contraire dans un monde bizarre, celui de 1984, un monde où la majorité a eu le cerveau suffisamment lavé pour ne pas se sentir concernée par ces questions ou même pour croire que cette classe de parasites agit vraiment pour notre bien.

17 février 2008

Le marketing étatique

par Martin Masse

TeddybearLa Presse rapporte ce matin que les bureaucrates du ministère fédéral de l'Environnement ont dépensé 50 000$ sur un sondage qui demandait au public si le nom du Service canadien de la faune devrait être remplacé par celui de Service de la conservation et de la protection de la biodiversité. On voit bien la pertinence de la manœuvre, du point de vue des bureaucrates: est-il approprié, pour bien faire notre marketing de l'interventionnisme étatique en environnement, de modifier un nom connu et terre-à-terre par un autre qui créera la confusion pendant un certain temps mais aura l'avantage de mieux refléter des notions écolos à la mode? L'étude de la firme de sondage Ipsos Reid en a conclu que non, mieux valait ne rien changer.

Voilà sans doute une autre de ces fonctions essentielles de l'État sans laquelle la société tomberait dans l'anarchie et nous serions tous en train de nous entretuer sous la pression du néolibéralisme sauvage. Comme lorsque le ministère de la Défense nationale a dépensé 74 000 $ pour savoir si les soldats dépêchés à la soirée de la Coupe Grey avaient été remarqués par le public.

Seuls les naïfs qui croient vraiment que l'État existe pour nous protéger et nous servir seront surpris d'apprendre cela. En fait, l'État existe pour se perpétuer, comme une immense tumeur cancéreuse qui phagocyte la société. L'une des façons de justifier sa croissance, dans le contexte de politique-spectacle qui est le nôtre, c'est de faire un bon marketing. On envoie des soldats à la Coupe Grey, et on se demande si c'était bon pour notre image. Ne serait-il pas plus profitable de les mettre en évidence dans d'autres types d'événements? Et si on organisait une série de reportage sur la formation de nos braves soldats? Oui, bonne idée! Formons un comité et commandons une étude là-dessus.

Un rapport de l'ex-ministre Daniel Paillé préparé pour le gouvernement fédéral révélait récemment qu'Ottawa avait commandé 546 sondages au cours de la dernière année, pour la somme de 31 millions $. Mercredi dernier, le ministre des Travaux publics et le président du Conseil du Trésor ont promis de réduire ce montant de 10 millions $. Question d'avoir l'air de ne pas trop gaspiller les fonds publics, le temps que tout le monde oublie cette controverse…

Disparition de la banquise: la fin du monde va devoir attendre un peu

par Martin Masse

Ce matin, alors que je buvais mon café et regardais la photo d'un ours polaire mignon (mais sans nul doute menacé par quelque horreur du monde moderne) dans la page de propagande verte de Jean Lemire que publie chaque dimanche La Presse, une pause publicitaire à la radio de Radio-Canada me fait tirer l'oreille. Sur fond de musique apocalyptique et avec son ton de fin du monde habituel, Charles Tisseyre annonce son émission Découvertes de ce soir à la télé: nouvelle série, blablabla, la puissance d'une planète, blablabla, fonte des glaces, blabla, disparition des glaces. Bon, rien de neuf là non plus.

Quand donc nos médias vont-ils en parler? Ça devrait pourtant avoir déjà fait une manchette. Lemire aurait dû au moins déjà y avoir fait allusion, lui qui nous parlait pratiquement chaque semaine du retrait catastrophique de la banquise à l'été et à l'automne. Comment se fait-il que La Presse n'y ait pas encore consacré un dossier spécial de quatre pages? Vous ne savez pas de quoi je parle? Du retour de la glace, voyons!!!

Eh oui, pendant que tous nos grands experts environnementalistes continuent de pérorer sur la disparition du pôle nord, les glaces sont de retour dans l'hémisphère nord. On est en hiver évidemment, il fallait donc s'y attendre. Mais toute cette controverse tient à l'évolution des glaces d'une année à l'autre. L'été dernier, la superficie de la banquise avait diminué subitement à 3 millions de km2, contre 4 l'année d'avant et plus de 5 normalement il y a une vingtaine d'années. C'est cette diminution du quart de la surface glaciaire en un an qui nous a valu le bombardement médiatique des derniers mois.

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16 février 2008

Une réplique au manifeste pour une autre vision de l'économie

225_4 Un groupe de quelques centaines d'illettrés économiques de gauche, dont plusieurs qui se prétendent économistes, ont récemment lancé un vaporeux manifeste «pour une autre vision de l'économie», dont un long extrait était publié il y a une semaine dans le quotidien Le Devoir.

À chaque deux ou trois ans depuis une douzaine d'années, je soumets naïvement un article d'opinion à ce journal ou à La Presse, me fiant à leur prétention d'être ouverts à tous les courants d'idée et de vouloir encourager les débats. Me sentant directement visé par certaines affirmations de ce manifeste, j'ai donc proposé la réplique suivante au Devoir au début de la semaine.

Sans surprise cette fois encore, la direction du journal n'a toutefois pas jugé pertinent de le publier dans sa page Opinion. Un refus qui vient toutefois confirmer mon propos et qui contredit les prétentions absurdes des signataires du manifeste.

MM

         

La gauche en désarroi depuis qu'elle a perdu son monopole

par Martin Masse, directeur du webzine Le Québécois Libre (www.quebecoislibre.org)

Voilà un sujet de thèse intéressant pour un doctorant en sociologie des idées: pourquoi est-ce dans deux des sociétés où des élites intellectuelles de gauche jouissent de l'ascendant le plus important sur leurs continents respectifs, nommément le Québec et la France, que l'on entend le plus souvent ces mêmes élites se plaindre de la prétendue domination de la pensée «ultralibérale»? Depuis qu'Ignacio Ramonet a popularisé la notion de «pensée unique» dans les années 1990, les gauchistes déplorent constamment ne plus avoir voix au chapitre dans un discours économique ambiant caractérisé par une absence de pluralisme.

C'est ce que répétaient encore une fois les signataires du manifeste Pour une autre vision de l'économie dans le Devoir du 9 février dernier, accusant au passage «l'appareil de propagande idéologique» que constitue l'Institut économique de Montréal de se faire la courroie de transmission de cette vision dominante au Québec.

En tant que directeur des publications de l'IEDM pendant sept ans jusqu'à l'année dernière, et directeur de la seule publication québécoise qui défend systématiquement la liberté individuelle et le libre marché depuis une décennie, je suis certes un peu flatté qu'on nous prête, à moi et à mes collègues, autant d'influence. Mais on ne sera pas surpris que mon constat soit complètement différent.

De mon point de vue, nos idées sont au contraire encore très minoritaires dans le paysage médiatique et politique québécois. Évidemment, on observe des étincelles de bon sens qui relèvent du libéralisme économique ici et là, y compris dans les propos de la chef péquiste lorsqu'elle déclarait ces derniers jours qu'il fallait «rendre attrayant l'investissement privé»en abolissant la taxe sur le capital et en diminuant le fardeau fiscal des entreprises.

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15 février 2008

Défendre la liberté au Canada

Liberteaucanada_banner_4 Notre collègue Pierre Lemieux lance un nouveau site bilingue consacré à la défense de la liberté au Canada, en collaboration avec la Fondation canadienne pour les libertés constitutionnelles.

    

Le Canada a été un pays libre, peut-être le plus libre au monde. Il y a une tradition canadienne de liberté individuelle qui semble aujourd’hui ignorée. L’érosion de nos libertés traditionnelles a progressé au point où pas un jour ne passe sans que quelque nouvelle nous rappelle que ce qui était permis il y a quelques décennies, parfois seulement quelques années, est maintenant réglementé, voire criminalisé. Le phénomène concerne autant les libertés dites « sociales » que les libertés économiques.

LIBERTEauCANADA. com veut mettre en lumière le déclin de la liberté au Canada en compilant des nouvelles liberticides et en publiant une chronique hebdomadaire, des vidéos ainsi que les commentaires de nos lecteurs.

Ce n’est pas par masochisme que nous relèverons les tendances liberticides. Nous souhaitons contribuer à une prise de conscience de ce que le Canada était, de ce qu’il est devenu et de la nécessité de reconquérir nos libertés traditionnelles. Ce site et son blog visent à créer un forum virtuel où les Canadiens peuvent exprimer leurs préoccupations sur l’état de nos libertés et en débattre.

13 février 2008

Les libertariens ont un problème de communication

Library1_3 Le Québécois Libre publie chaque semaine des articles très intéressants. Il y a un problème cependant, et il est profond pour tout le monde, autant pour les lecteurs que pour les auteurs: le style littéraire utilisé et la densité des concepts y sont remarquables, dignes des publications les plus sérieuses, ce qui en rend la lecture très difficile pour les non-intellectuels, qui ont d'autre part eux aussi le droit de vote.

Découragé par des textes si peu tangibles, sans exemples clairs ou conceptuellement accessibles, l'homme de la rue se désintéresse du vif du sujet, le laissant ainsi pour cible à la rhétorique des grands prêtres étatiques qui eux ont très bien compris ce qu'il faut faire pour obtenir l'apparence de consentement tacite de leur victimes.

Je n'écris pas ici pour critiquer ou réclamer autre chose, mais plutôt en guise de réflexion sur le sujet. J'aimerais simplement pouvoir faire lire ces textes à des parents et amis.

Si la doctrine libertarienne est juste, c'est-à-dire si les gens sont en moyenne capables de prendre des décisions par eux-mêmes, d'organiser eux-mêmes leur vie, cela implique qu'ils ne sont pas, dans le contexte de la vie humaine en société, si idiots que ça. Comment alors réconcilier cette conclusion avec l'observation que ces mêmes gens votent régulièrement contre leur propre bien?

Il existe trois possibilités:

1- La conclusion est fausse, les gens sont idiots et doivent être traités en bêtes de troupeau. Cette conclusion est celle des étatistes.

2- Les gens ne sont pas si idiots, mais les politiciens étatistes sont particulièrement habiles à tromper la population des non-intellectuels.

3- Les gens ne sont pas si idiots, mais les politiciens libertariens sont particulièrement mauvais à faire valoir leur thèse de liberté.

Si le message nécessite d'avoir lu trois mètres de tablettes de bibliothèque pour être compris, il faudrait penser à revoir le format du message...

Les libertariens ont beaucoup à faire pour améliorer leur approche à la communication de leur idées, non pas en sophistication intellectuelle, mais en efficacité pour l'homme de la rue.

Jean-François Avon
Montréal

12 février 2008

Des nouvelles de la bulle financière

Money Sur le front de l'inflation monétaire: La Réserve fédérale américaine a accordé hier une autre tranche de fonds de 30 milliards $US par le biais d'enchères aux institutions bancaires, à un taux de 3,01%. Au cours des derniers mois, la Fed a ainsi prêté 130 milliards $US aux institutions ayant des problèmes de liquidités, de façon à éviter qu'un sévère resserrement du crédit ne vienne rendre plus grave le ralentissement économique actuel.

Est-ce que ça fonctionne? Non. Le crédit devient de plus en plus difficile à obtenir dans plusieurs secteurs de l'économie. La pyramide de crédit est en train de s'effondrer, tous ceux qui le peuvent retirent leurs fonds des secteurs à risque, et l'instabilité financière se propage par contagion même dans des secteurs qui semblaient solides jusqu'à récemment. On ne peut pas forcer les institutions à prêter alors que leurs réserves de capitaux sont à des niveaux dangereusement bas et que leurs mauvaises créances s'accumulent.

La situation est très similaire à celle de l'après-crash de 1929 ou celle du Japon dans les années 1990. La logique des keynésiens et des monétaristes comme Milton Friedman (un libertarien sur la plupart des sujets, mais un inflationniste confus sur les questions monétaires) est de dire que les banques centrales doivent injecter massivement des fonds dans l'économie et réduire les taux d'intérêt pour empêcher l'apparition d'une «trappe à liquidités».

En fait, cela ne fait que créer encore de l'inflation monétaire et retarder l'inévitable liquidation des prêts trop risqués et des investissements non rentables qui ont été faits, comme l'ont expliqué les économistes autrichiens. Sans compter qu'on fait payer tout le monde en renflouant encore une fois ceux qui ont pris des mauvaises décisions. La seule façon de passer rapidement à travers cette crise est au contraire de laisser un nouvel équilibre financier se rétablir avec des prix des actifs plus réalistes.

À lire (ou écouter): ce court reportage à l'émission Market Place du réseau NPR sur l'inefficacité des injections et baisses de taux de la Fed et sur la propagation de la crise du crédit.

Sur le front de l'inflation des prix: Les bulles financières (une hausse des prix des actifs financiers et des maisons) sont en soi une manifestation de cette inflation, mais qui n'est pas incluse dans le calcul officiel de l'indice des prix à la consommation. Mais comme il fallait s'y attendre, toute cette inflation monétaire a aussi fini par entraîner une hausse des prix à la consommation.

Le International Herald Tribune rapporte aujourd'hui que l'inflation est en hausse partout dans le monde. «(...) hardly any region in the world has not encountered higher prices on everything from cooking oil and gasoline to education and health care. Inflation is at 16-year highs in Saudi Arabia, a 14-year high in Switzerland, a 25-year high in Singapore. And the list goes on and on.»

Martin Masse

Infrastructures routières: facile de jeter la faute sur la collectivité

Potholes_2 On sait à quel point les routes du Québec sont dans un état pitoyable. Quand on traverse la frontière de New York ou du Vermont, on s'en rend compte immédiatement : boum boum boum boum boum boum… - yes sir, I'm going to visit a friend - back on the road, puis, miraculeusement, plus rien!

Les politiciens à Québec se sont récemment réveillés et ont annoncé un vaste plan de travaux routiers au cours des prochaines années. En annonçant hier que le gouvernement du Québec allait dépenser un autre 2,8 milliards $ de plus l'an prochain, la ministre des Transports Julie Boulet a fait cet aveu: «le réseau a été négligé au fil des ans. Collectivement, nous avions décidé de porter notre regard ailleurs.»

Collectivement??! Non Madame, je ne regardais pas ailleurs. J'avais les yeux rivés sur l'asphalte devant moi quand je me déplaçais encore régulièrement à bicyclette à Montréal il y a quelques années, pour éviter de planter dans un nid d'autruche. C'est vous les politiciens, vous qui êtes responsables de ces infrastructures, qui regardiez ailleurs.

Pourquoi? Pas très dur à comprendre. Les infrastructures se détériorent un petit peu à la fois. D'une année à l'autre, on ne voit pas vraiment la différence. Boucher quelques trous ici et là, refaire quelques bouts de routes, ça n'attire pas beaucoup l'attention. Ça ne mérite pas de tapisser des régions entières avec des panneaux étampés d'un fleur-de-lysée où l'on peut lire «XXX millions $ pour rénover cette route. Vos impôts font du chemin!» En bref, parce que ce n'est pas rentable politiquement.

Alors, qu'avez-vous fait, vous et vos prédécesseurs? Vous - VOUS, pas nous tous collectivement - avez négligé d'entretenir adéquatement cette «propriété publique». Vous avez préféré acheter des votes en consacrant les ressources disponibles à d'autres programmes plus payants politiquement. Jusqu'à ce qu'il y ait trop de plaintes et surtout, trop de morts à la suite de l'effondrement d'un viaduc à Laval. Là, vite, il fallait faire quelque chose, sinon on va perdre la confiance du public!

Et puis, les coûts des infrastructures qu'on laisse se dégrader sont non seulement reportés dans le futur, ils sont internalisés par les utilisateurs, ce qui réduit d'autant l'incitation du gouvernement à s'en préoccuper. CCA-Québec nous informe sur son site de ce qui «risque souvent de survenir lors d'une rencontre brutale avec un nid-de-poule: la perte d'un enjoliveur, un pneu endommagé, une roue pliée ou brisée, le parallélisme des roues qui ne tient plus, des pièces de la suspension abîmées, des pièces de la direction tordues, des amortisseurs endommagés.» Des milliers d'automobilistes doivent assumer ces coûts, année après année.

Sur une autre page, j'apprends d'ailleurs avec surprise (ou plutôt non, sans aucune surprise!) que «Depuis 1993, le gouvernement provincial, les municipalités et les villes sont dégagés de toute responsabilité en cas de dommages matériels causés par l’état de la chaussée aux pneus ou au système de suspension d’un véhicule automobile. Malgré cela, il est toujours possible de poursuivre le ministère des Transports du Québec, une municipalité ou une ville dans les cas d’imprudence, de négligence ou de faute de la part de l’autorité en question, mais il faut savoir que le fardeau de la preuve en revient à l’automobiliste.»

Eh ben dis donc!!! Le responsable qui s'en lave les mains! À l'époque où nous avions justement décidé «collectivement» de porter notre regard ailleurs! Quinze ans d'exonération et de report des coûts sur les autres avant d'avoir à réinvestir, ça a dû être payant cette méthode de gestion! Est-ce que Vincent Lacroix travaillait comme consultant auprès de Transports Québec avant de fonder Norbourg?

Martin Masse

09 février 2008

L’État à la rescousse des cerfs de Virginie!

CerfCatherine Handfield (La Presse): Pas facile de marcher dans un mètre de neige. S'ils pouvaient parler, les cerfs de Virginie de la Gaspésie vous le confirmeraient. Les bêtes dépensent tellement d'énergie pour se déplacer cette saison que le gouvernement a pris la décision de les nourrir dès la semaine prochaine. Le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs vient de commander 10 tonnes d'une moulée spéciale pour distribuer à la population de cerfs de Virginie de la péninsule gaspésienne. La couverture de neige de 94 cm observée dans la région commence à peser lourd sur l'estomac des bêtes. «Ils doivent constamment pousser pour se déplacer, explique Gilles Landry, biologiste responsable de la grande faune au Ministère. Ils dépensent donc plus d'énergie qu'ils en consomment.» Le cerf de Virginie, qui se nourrit de bouts de ramilles d'érable et de bouleau, est le seul cervidé à éprouver de telles difficultés dans la région. Les caribous et les orignaux s'en tirent bien, assure Gilles Landry.

On vit vraiment à une époque difficile. Même le cerf de Virginie, communément appelé chevreuil, a besoin de l'aide de l'État. On se demande comment il a pu survivre toutes ces décennies sans les attentions spéciales des bureaucrates du Ministère. Qu’est-ce que ce sera lorsque le réchauffement de la planète se mettra réellement de la partie?! Le manque de neige fera en sorte que les pauvres petites bêtes pourront manger à leur faim durant toute l’année. Sans doute développeront-elles des problèmes criants d’obésité! Il faudra alors mettre sur pied un programme permanent d’aide au cerf de Virginie. Pour l’instant, on nous dit que l’animal qui vit le long du littoral de la péninsule gaspésienne n'est pas bien adapté à notre climat, c’est pour ça qu’il faut l’aider. Originaire de la côte est américaine, le cerf de Virginie a migré vers le nord avec le développement de l'agriculture, à l'époque coloniale. Il m’semble que depuis le temps ils auraient pu s’adapter. Semblerait que non… Le Ministère et plusieurs organismes régionaux débourseront jusqu'à 20 000$ pour l'opération de nourrissage d'urgence.

Gilles Guénette

08 février 2008

Or et crises financières

CrystalbouleLa Presse propose ce matin un dossier sur le retour en vogue de l’or. L’un des articles rapporte les propos de notre ami Sylvain Falardeau, fondateur de xgold, qui intervient régulièrement sur ce blogue. xgold est un agent de change qui fait passer l'argent des clients de leur compte bancaire à leur compte d'or électronique ou l'inverse. M. Falardeau note que ses activités ont augmenté récemment.

Le quotidien a également interviewé Donald Coxe, stratège global chez BMO Groupe financier, qui croit que le métal jaune dépassera bientôt la barre des 1000 $US l'once et recommande d’y investir. M. Coxe ne fait heureusement pas partie de ces analystes irresponsables qui réclament toujours à cors et à cri une nouvelle baisse de taux d’intérêt et une nouvelle injection de liquidités par les banques centrales pour maintenir artificiellement à flot les marchés financiers.

Il a accueilli avec beaucoup d'inquiétude la décision de la Réserve fédérale d'abaisser de manière impromptue de 75 centièmes ses taux directeurs, le 22 janvier. «Forcer Ben Bernanke et cie de ranimer le Greenspan Put, et propulser l'or à des sommets, pourrait bien propager la peste économique», déplore-t-il.

M. Coxe n'est d'ailleurs pas tendre à l'égard du prédécesseur de M. Bernanke. «Alan Greenspan est l'économiste le plus surévalué de tous les temps», résume-t-il dans une des formules chocs qui rendent ses causeries si savoureuses.

Le «Greenspan Put» est un terme inventé en 1998 et on peut dire qu’il résume bien l’essentiel de la carrière d’Alan Greenspan à la tête de la Federal Reserve. Le monde traversait alors les crises financières asiatique et russe. M. Greenspan avait réduit les taux d’intérêt et injecté des quantités massives de liquidités dans l’économie lorsqu’une panique s’est emparée de Wall Street suite à l’effondrement de la firme d’investissement newyorkaise Long-Term Capital Management. Le crédit moins coûteux a permis aux investisseurs d’emprunter à rabais pour investir dans des titres, évitant ainsi une baisse des marchés.

En termes plus terre à terre, Greenspan a sorti de l’argent de son chapeau d’apparatchik contrôlant le monopole de l’État sur la monnaie pour encore une fois venir à la rescousse de tous ceux qui ont pris trop de risques sur les marchés financiers suite à une phase précédente de crédit facile. Exactement comme il a fait lors du crash boursier d’octobre 1987, la débâcle des Savings & Loans quelques années plus tard, et l’éclatement de la bulle technologique au début de la présente décennie.

Parlant de la situation d’il y a dix ans, j’ai cité à quelques reprises dans mes récentes interventions mon article sur la crise financière de 2001 pour illustrer la similarité avec la présente crise. J’avais complètement oublié celui de 1998, «Un New Deal à l’échelle planétaire», dont le titre réfère à la suggestion de Bill Clinton d’une intervention étatique massive pour contrer les cycles économiques – pourtant causés et amplifiés par l’intervention étatique! L’article fait le tour de la situation en 1998, reprend l’analyse autrichienne et critique les injections de fonds publics et de crédit à bon marché pour tenter de contrecarrer la crise financière.

Nous voici donc en train de revivre le même scénario pour la troisième fois en une petite décennie, et tout ce qui arrive est parfaitement évident depuis longtemps pour qui veut bien essayer de comprendre. Et pourtant, Bernanke, Bush et cie refont exactement les mêmes erreurs. Les interventionnistes sont vraiment durs de comprenure…

Martin Masse

06 février 2008

Christo et Jeanne-Claude: des artistes réellement libres

Christos_3Vous les connaissez sans doute, ce sont eux qui utilisent de grandes toiles de couleur pour créer des oeuvres éphémères (inutiles, mais tellement belles) en «empaquetant» des monuments, des lieux, ou des paysages. Christo Javacheff et Jeanne-Claude Denat étaient de passage à Montréal hier à l'invitation de l'Association étudiante de Concordia. Dans La Presse de ce matin, Nathalie Petrowski parle de sa rencontre avec le tandem devenu célèbre dans le monde entier pour avoir emballé le Pont-Neuf à Paris et le Reichstag à Berlin. Cet extrait en dit long sur ce que sont réellement des artistes libres:

Qualifiés de génies et de visionnaires par les uns, d'ingénieurs et d'arpenteurs par les autres, Christo et Jeanne-Claude ont une façon absolument unique de procéder. D'abord, ils n'acceptent aucune commande et aucune subvention. «Toutes nos idées sortent de notre tête et de notre coeur. À ceux qui voudraient nous attirer dans leur ville, nous répondons que la meilleure façon de tuer une bonne idée c'est de nous la proposer. Nous voulons faire ce que nous voulons, comment nous le voulons. Le seul élément sur lequel nous n'avons aucun contrôle c'est quand. Pour le reste nous demeurons entièrement et totalement libres», affirme Jeanne-Claude. Le couple autofinance tous ses projets grâce aux dessins, croquis et maquettes que Christo dessine en quantités industrielles et qui sont achetés à prix forts par les collectionneurs et les musées. Le Musée des beaux-arts de Montréal possède d'ailleurs un de ces dessins. Parfois les projets avortent et tombent à l'eau. Parfois au bout de plusieurs années sinon d'un siècle de négociations, de tractations et de transformations, les projets finissent par voir le jour. Mais paradoxalement, ces projets qui coûtent plusieurs millions et nécessitent une armée d'ouvriers, ne durent que le temps... d'une chanson ou pour être plus exact: 14 jours. Après quoi, tout est défait, démonté, recyclé et récupéré.

Imaginez. Ces deux artistes font ce qu’ils veulent sans pour autant faire payer leurs factures par l’ensemble des contribuables. Ils réussissent à créer des oeuvres qui coûtent souvent plusieurs millions de dollars et ils s’autofinancent. C’est extraordinaire! Et on ne parle pas ici de produit culturel facile à vendre – comme des disques de musique pop ou des spectacles d’humoristes –, on parle d’art visuel. Tous ceux qui nous répètent ad nauseam que sans l’État et ses subventions il n’y aurait pas d’art peuvent aller se rhabiller. Si deux artistes en art visuel peuvent trouver un marché pour des oeuvres aussi pointues et vivre de leur art, tous nos chanteurs, nos romanciers, nos danseurs, nos peintres, nos sculpteurs, nos poètes, nos comédiens, nos réalisateurs, etc., le peuvent aussi.

Gilles Guénette

05 février 2008

L'utilisation de Q-tips dangereuse dans les oreilles

QtipsLa Presse Canadienne: Le coroner Jacques Ramsay prévient la population des dangers inhérents lors de l'utilisation dans les oreilles de tiges de coton ouaté, que l'on désigne régulièrement sous le nom de Q-tips. Le Dr Ramsay a enquêté sur les causes et les circonstances du décès de Daniel St-Pierre, 43 ans, survenu le 25 mars dernier à Montréal. M. St-Pierre est décédé à la suite d'une complication intracrânienne d'une otite moyenne bactérienne. Il avait admis utiliser des tiges de coton ouaté. L'écoulement sanguinolent, rapporté par M. St-Pierre, tend à supporter une perforation traumatique de la membrane tympanique. Chez l'adulte, une cause fréquente de perforation est le traumatisme direct provoqué par un objet en tentant d'enlever du cérumen. […] Selon le coroner, l'utilisation de tiges de coton ouaté est encore trop fréquente malgré la désapprobation d'à peu près toutes les autorités en médecine et en otorhinolaryngologie. Déjà, les fabricants de tiges de coton ouaté apposent sur la boîte une mention décourageant fortement son introduction dans le canal externe de l'oreille. Le Dr Ramsay recommande à Santé Canada d'obliger les fabricants à accompagner cette mention d'un pictogramme montrant une oreille avec un X en rouge pour que le message soit encore plus clair.

Comme l’écrivait Martin Masse dans un autre billet, «Pas de doute, avec tous ces gens bien intentionnés qui s'occupent d'éliminer toutes les sources de risque dans nos vies, nous allons à grande vitesse vers un monde meilleur, sinon vers le meilleur des mondes.»

Gilles Guénette

Citations

  • « Bientôt, on va demander à l'État de nous tenir la bizoune quand on va aller pisser. Vous trouvez ça normal, vous? Est-ce si dur de se prendre en charge? »

    – Richard Martineau, « La faute aux autres», Le Journal de Montréal, 17/04/2008

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