Euthanasie: lame de fond en France
par Mathieu Bréard
Radio-Canada: Une femme a relancé le débat sur l'euthanasie en France. Mercredi, Chantal Sébire a saisi la justice française, par le biais de son avocat, d'une demande exceptionnelle d'euthanasie. Cette ancienne institutrice, mère de trois enfants, souffre, depuis près de huit ans, d'une tumeur incurable des sinus et de la cavité nasale qui la défigure. La tumeur appelée esthesioneuroblastome est une maladie très rare. On en a recensé seulement 200 cas dans le monde en 20 ans. Elle provoque une déformation irréversible du visage et des souffrances que la femme de 52 ans qualifie d'«atroces». Sans compter la cécité dont souffre aussi Chantal Sébire depuis le mois de novembre dernier.
Cette demande suscite un véritable déchainement dans les rangs des ministres de Nicolas Sarkozy. «Nous avons fondé notre droit et aussi bien la convention européenne des droits de l'homme sur le droit à la vie», de dire le ministre de la Justice, Rachida Dati. Christine Boutin, la ministre du Logement, s'est montrée scandalisée «qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme».
Pourtant, Chantal Sébire souffre et souhaite en finir de sa propre initiative. Que faire lorsque la maladie l'emporte sur les procédures thérapeutiques, les traitements adaptés et l'aide psychologique? Garder cette femme en vie contre son gré équivaut-il à une forme d'acharnement? Des spécialistes pensent que la légalisation de l'euthanasie est un terrain glissant. Que les soins palliatifs subiront sans doute une régression comme en Hollande. Après tout, pourquoi se donner la peine de soigner lorsqu'on peut éliminer la souffrance sans effort et ce à moindres coûts…




"Christine Boutin, la ministre du Logement, s'est montrée scandalisée «qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme»"
Pardonnez-moi pour mon langage, mais Christine Boutin est une femme royalement conne. Comment peut-elle être aussi insensible à la situation d’une femme qui souffre terriblement psychologiquement et physiologiquement?
Cette femme démontre bien que notre vie est gérée par des fonctionnaires complètement déconnectés de la décence humaine et du respect à la dignité.
Je ne comprendrai jamais comment l’État peut nous forcer à lui donner une partie du fruit de notre travail, en plus de nous empêcher de prendre des décisions privées sans que nous nous rébellions.
Je suis désolé pour les étatistes, mais empêcher une personne d’agir d’elle-même, comme le cas de Chantal Sébire, revient à une forme d’esclavage que je nomme l’esclavage étatique…
Rédigé par: G.Marineau | le 15 mars 2008 à 01h06
Il me semble d'après la photo que cette femme est encore assez valide pour se donner la mort elle-même. Pourquoi demander à d'autres de le faire? Je suis pas sûr que réclamer l'institutionalisation de l'acte de donner la mort soit la meilleure chose qui soit. J'espère bien qu'elle obtiendra une fin de non-recevoir du gouvernement. La "liberté de se suicider" n'a vraiment pas besoin d'être protégée par l'Etat, il vaut mieux que celui-ci reste en dehors de ça, les conséquences pourraient devenir vraiment facheuse...
Rédigé par: Naufragé | le 15 mars 2008 à 04h38
Elle ne demande pas aux autres de lui donner la mort, et il ne s'agit pas d'institutionnaliser quoi que ce soit. Elle demande à être assistée (tout comme le furent Socrate ou Sénèque, pour prendre des exemples antiques) sans que les personnes qui l'assistent soient accusées de meurtre.
J'essaie, dans mes récents articles, le plus récent étant ici : http://quitter_la_secu.blogspot.com/2008/03/retour-sur-leuthanasie-volontaire.html de répondre à toutes les objections sur la base du principe de non agression libertarien.
Rédigé par: Laure | le 15 mars 2008 à 06h14
Imaginez une heure dans la vie de cette femme.
Elle le mentionne elle-même, sa souffrance et son calvaire sont insupportables. Oui on s'acharne et les politiciens sont inhumains.
Rédigé par: Laurenzo | le 15 mars 2008 à 07h31
Pour mémoire, Mme Boutin est une "pro-life" acharnée. Elle fait partie de ceux qui voudraient remettre en cause la loi autorisant l'avortement en France.
Quoi qu'il en soit, il est difficile de légiférer sur l'euthanasie. Est-ce seulement souhaitable ? Cela ferait encore une loi, encore une immixtion du législateur dans la vie privée, encore des fonctionnaires pour valider Dieu sait quoi.
Rédigé par: marianne | le 15 mars 2008 à 15h45
Dans le Mythe de Sisyphe, un essai écrit en 1942, CAMUS avait écrit, il me semble, qu'on ne connaît jamais vraiment les véritables motifs d'une personne de mettre fin à ses jours. Dans le cas de cette dame, ça crève les yeux...
Les supplications de cette femme sont légitimes, car si elle ne peut pas se tuer elle-même, peu importe ses raisons, elle se soucie assez de ceux qu'elle aime pour ne pas les abandonner avec des fardeaux, des calvaires dignes du Procès de Kafka... Si toutefois l'un d'entre eux décidait de mettre fin aux tourments qui affligent la malade.
Si le gouvernement, secondé par les législateurs, avait du courage, il ferait fi des Dames de Sainte-Anne ainsi que de tous les groupes de pression religieux, car nous vivons bien dans un pays laïc... N'est-ce pas ? Il enlèverait ainsi des os dans le dos des survivants plutôt que de leur rompre les os pour mieux leur sucer les sustantifiques moelles...
Rédigé par: WaltA | le 15 mars 2008 à 19h17
Bravo à cette femme.
Elle pourrait en effet mettre fin à ses jours sans que personne ne s'y oppose et c'est sans doute ce qu'elle va faire.
Mais elle a sans doute choisi d'exposer son cas publiquement pour que tous ceux qui n'en ont pas la possibilité (cas de Vincent HUMBERT récemment) puisse eux être enfin assistés pour le faire (et ce sans que ceux qui les assistent soient inquiétés par la justice).
Rédigé par: Le Champ Libre | le 17 mars 2008 à 15h13
Vive le suicide libre des adultes consentants!
Et ce n'est pas un sarcasme!
Rédigé par: David | le 17 mars 2008 à 15h15
PARIS (Reuters) - Chantal Sébire, une femme de 52 ans souffrant d'une tumeur incurable et qui venait de se voir refuser lundi par la justice une aide à mourir, a été retrouvée morte mercredi à son domicile près de Dijon, a-t-on appris de source proche du gouvernement. Aucun détail n'était disponible dans l'immédiat sur les causes de son décès.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-34768249@7-37,0.html
Rédigé par: Gilles Guénette | le 19 mars 2008 à 17h52
RIP, enfin.
Rédigé par: Marianne | le 19 mars 2008 à 21h12
merci la france et son gouvernement de merde. Je suis pour les soins paliatifs jusqu'a mesure du possible quand une maladie est incurable, que la personne souffre et que son entourage ne peut rien faire. Il faut le vivre. Elle voulait la sérénité, on le lui a refusée. C'est une honte. Ses enfants souffrent. Je suis contente qu'elle ne souffre plus et je remercie celui ou celle qui l'a aidée à partir. Une question: savez-vous ce qui ce passe dans les hopitaux? Non? Eh bien moi, oui. Alors que l'on arrête et que les gens ouvrent les yeux. Bravo chantal pour votre courage! Reposez en paix.
Rédigé par: faima | le 26 mars 2008 à 11h16
Encore moi. je suis tellement en colère et pardon pour ma vulgarité, mais je voulais dire merde à Christine Boutin pour sa façon de parlé et de réagir. Je ne souhaite aucun mal à personne et j'espère qu'elle ne se trouvera pas dans la meme situation, c'est-à-dire avec un être cher en fin de vie, et de se dire: c'est vrai, c'est dur. J'ai vécu cette experience. J'ai vu mon frère souffrir et puis mourir. Et je vie avec cette image tous les jours. Je sais de quoi je parle.
Rédigé par: faima | le 26 mars 2008 à 11h32
Chantal Sébire, une Française de 52 ans atteinte d'une tumeur incurable au visage et dont le corps sans vie avait été découvert le 19 mars après le refus de sa demande d'euthanasie, a absorbé un barbiturique «à dose mortelle», selon les résultats des analyses révélés jeudi.
«Les analyses réalisées font état de la présence dans le sang d'une concentration toxique d'un barbiturique, le Pentobarbital», a indiqué le procureur Jean-Pierre Alacchi.
«Les concentrations observées sont de près de trois fois la dose mortelle de ce produit», a-t-il poursuivi. «Les conditions dans lesquelles Mme Sébire a pu entrer en possession de ce barbiturique font donc actuellement l'objet d'une enquête», a encore dit le magistrat, précisant que ce produit n'était pas délivré dans les pharmacies.
Rédigé par: Celine | le 27 mars 2008 à 10h48