« février 2008 | Accueil | avril 2008 »

31 mars 2008

La fin prochaine du monopole étatique sur l'éducation

par Martin Masse

J'ai gaspillé une partie de mon enfance à me tourner les pouces sur les bancs d'école. Dans ce système d'éducation égalitariste, même si on avait déjà compris la leçon du jour, on devait attendre que les trente autres élèves aient eux aussi compris avant que l'institutrice puisse passer à autre chose. Il fallait tous avancer en même temps. Le programme pédagogique était optimalisé pour les élèves les plus lents capables de passer la note minimale; les quelques-uns qui étaient moins bons redoublaient, alors que tous les autres devaient apprendre à un rythme plus lent que ce dont ils étaient capables.

ClassroomOn pouvait évidemment lire en dehors des classes pour apprendre autre chose plus rapidement. Mais à dix ans, on n'a pas nécessairement l'ambition d'avoir l'air plus nerd et différent du groupe qu'il le faut, surtout dans un tel contexte où ça cause du trouble à l'enseignant et au reste de la classe. De plus, on oublie facilement à quel point il était difficile à cette époque pas si lointaine d'avoir accès à de l'information, n'importe quelle information.

En secondaire 2 par exemple — vers 1978 —, je m'intéressais à l'astronomie. J'en avais appris les notions de base dans une encyclopédie antique que nous avions à la maison. J'avais aussi lu les quelques vieux volumes de la bibliothèque scolaire dans lesquels on parlait encore de voyages sur la lune à venir et du télescope du Mont Palomar (le plus gros au monde après sa mise en service en 1948 et jusqu'en 1975) comme de la référence incontournable dans le domaine de l'observation astronomique. Cette même année pourtant, on débutait la construction du télescope spatial Hubble (qui allait être lancé après plusieurs délais douze ans plus tard). Impossible évidemment d'en savoir plus là-dessus, à moins de s'abonner à de coûteux magazines scientifiques français.

Lire la suite "La fin prochaine du monopole étatique sur l'éducation" »

26 mars 2008

Bannir les ampoules incandescentes: pas une si bonne idée après tout

par Martin Masse

En manchette de La Presse ce matin, on apprenait que la décision du gouvernement fédéral d'interdire les ampoules traditionnelles à filament en 2012 aura des effets pervers qui contredisent l'objectif de réduire la consommation d'électricité et les émissions polluantes. Selon une étude menée par des chercheurs de l'Université de Toronto, 90% de l'énergie utilisée par ces ampoules se «perd» en chaleur. Or, cela signifie qu'en hiver, les ménages devront chauffer un peu plus pour obtenir la même température dans une pièce, car cet apport calorifique est loin d'être négligeable.

Ampoule L'effet sur l'environnement serait bénéfique dans certaines parties du pays où l'électricité est surtout produite par des centrales au charbon, puisque la quantité d'émission produite par le chauffage pour compenser la perte calorifique serait moindre que celle produite par l'électricité servant à alimenter les ampoules incandescentes. Mais ce n'est pas le cas dans une province comme le Québec, ni dans d'autres provinces comme le Manitoba, Terre-Neuve et la Colombie-Britannique.

Selon le chercheur Bryan Karney, «Le problème, c'est qu'au Québec, l'électricité provient essentiellement de source hydraulique, tandis que le chauffage est parfois assuré par le mazout et le gaz naturel, des combustibles fossiles.» Résultat: on chauffe moins avec l'ampoule qui utilise de l'énergie hydro-électrique «propre», et plus avec des combustibles fossiles, ce qui est le contraire de l'effet souhaité par l'interdiction.

Au-delà des questions plus fondamentales, comme la futilité d'une mesure aussi symbolique pour lutter contre le présumé réchauffement de la planète, ou encore le côté vaguement totalitaire de l'interdiction du jour au lendemain d'un objet utilisé couramment depuis plus d'un siècle, la nouvelle était tout à fait prévisible. Le journaliste attitré aux nouvelles écocatastrophistes de La Presse qui a rédigé cet article, François Cardinal, aurait pu avoir son scoop il y a un an en lisant le Blogue du QL. Notre collaborateur Carl-Stéphane Huot, qui a fait des études en génie mécanique, y expliquait que:

S'il est vrai que prise de façon isolée, la chaleur émise par une ampoule est une perte, il ne faut pas oublier que la chaleur émise par cette dernière fait partie du bilan thermique de l'immeuble dans laquelle elle se trouve. Concrètement, une ampoule de 100W allumée émet 75 ou 80W de chaleur, ce qui permet en hiver de réduire d'autant l'énergie consommée par les systèmes de chauffage, ce qui amène un gigantesque gain de 0W. En été, c'est un peu différent. S'il est vrai que nous n'avons pas besoin de chauffer, il n'en demeure pas moins que, dû au fait que les journées rallongent, le besoin d'éclairage est plus faible. Les seuls endroits qui peuvent vraiment bénéficier de la présence de fluorescents compacts sont des endroits qui n'ont pas besoin de chauffage, mais qui ont besoin d'être éclairés, comme l'extérieur des résidences. Le gain énergétique d'une telle mesure sera donc extrêmement mince. Et concentré hors des heures de pointes, dans des moments où l'on n'aura de toute façon probablement pas besoin des centrales au charbon. La politique, comme toujours, se nourrit d'illusions...

Une proposition pour relancer les régions dévitalisées avec le tourisme

par Eugen Gestillet

Route_bloqueeLa semaine dernière, une forte poudrerie a provoqué la fermeture de plusieurs routes importantes dans la région du Bas-Saint-Laurent, forçant du même coup plusieurs voyageurs à passer la nuit dans les hôtels et motels de Rivière-du-Loup. Comme il n’y avait pas suffisamment de places disponibles, de nombreuses personnes ont même dû être logées chez des familles d’accueil et dans deux centres d'urgence mis sur pied par les autorités.

On comprend que de telles fermetures de routes aient pu causer de légers désagréments à certains voyageurs, mais il faut aussi voir le côté positif de la chose: imaginez les retombées économiques qu’elles ont entraînées pour l’ensemble des citoyens de la région! Les personnes forcées de rester sur place ont dépensé plus que prévu dans les commerces locaux. De nombreux travailleurs ont fait du temps supplémentaire. Toutes ces sommes injectées dans l'économie locale auront des effets positifs à court et à plus long terme.

Il faut tirer les leçons économiques de tels événements et les appliquer de façon systématique à la grandeur du territoire, sans attendre que la nature nous en fasse profiter de façon aléatoire, de façon à en faire profiter toute la collectivité.

En instaurant un programme de fermetures aléatoires des routes, le gouvernement du Québec permettrait à des régions dévitalisées de renflouer leur coffre. Il suffirait de créer un organisme qui soit en charge de gérer efficacement les fermetures et le tour serait joué. Installé en région, cet organisme – appelons-le l’Office d’interruption des grands axes routiers du Québec, ou l’OIGARQ – fermerait, dans un premier temps, des tronçons de routes situés dans les régions les plus défavorisées. Une fois la revitalisation des régions dévitalisées bien enclenchée, et par souci d’équité, il se tournerait ensuite vers les régions les plus prospères.

Un programme de fermetures aléatoires des routes permettrait aux régions durement éprouvées par toutes les crises dont elles sont victimes (forestière, manufacturière, démographique, porcine, bovine, aviaire, etc.) de bénéficier d’importantes retombées économiques tout en permettant aux Québécoises et aux Québécois de découvrir des coins de pays qu'ils ou elles n'auraient pas nécessairement découverts n'eût été du programme. Après le tourisme vert, le tourisme responsable et le tourisme durable, il est urgent que le Québec légifère pour encourager le tourisme revitalisant!

25 mars 2008

La violence étatique et le sport

par Francis St-Pierre

Nous avons au cours des derniers jours été bombardés des scènes de bagarres survenues lors du match de hockey junior entre les Remparts et les Saguenéens. Il va sans dire que l'assaut perpétré par le gardien des Remparts, Jonathan Roy, est un geste disgracieux qui ne devrait être imité par aucune personne saine d'esprit.

Nohockey1Est-ce qu'il faut donc applaudir la sortie opportuniste de la ministre québécoise du Sport et du Loisir, Michelle Courchesne, qui entend intervenir pour réglementer les ligues de sport mineur? Au contraire, on doit continuer à s'opposer vivement à toute intervention de l'État, et particulièrement dans le cas présent. Même les libertariens minarchistes, qui croient qu'un État minimal devrait nous protéger contre les agressions, n'ont aucune raison de vouloir que l'État intervienne ici.

La ministre dit vouloir éradiquer la violence dans le sport mineur. Un objectif bien louable en soi. Il faudrait pourtant qu'elle commence par comprendre la définition de ce qu'est la violence. Est-ce qu'un combat de boxe est violent? Est-ce que le karaté, c'est violent? Est-ce que jouer au souc à la corde, c'est violent? Est-ce que les sadomasochistes sont violents?

Bien sûr que non! Pas plus qu'une bonne vieille bagarre entre deux joueurs de hockey qui se tapent sur les nerfs depuis le début du match et finissent par se taper sur la yeule n'est violente. C'est seulement violent quand une des deux parties n'est pas consentante. Selon la définition, «la violence est un terme général employé pour décrire un comportement agressif, non amical, non pacifiste, autrement dit une contrainte imposée à autrui, qui provoque la douleur, la peine».

Le cas de Jonathan Roy, qui a clairement agressé son homologue chicoutimien, était lui bel et bien violent. Toutefois, 95% ou plus des bagarres dans le sport sont non violentes, c'est-à-dire qu'elles impliquent deux parties consentantes qui décident mutuellement de laisser aller leurs pulsions agressives l'un sur l'autre.

Le paradoxe dans tout ça est que la ministre désire enrayer un comportement qui n'est que très rarement violent en utilisant elle-même la violence. En effet, elle menace ultimement d'utiliser la force de l'État contre les ligues sportives pour les forcer à adopter ses mesures disciplinaires contre les bagarreurs. À ce que je sache, aucun président de ligue n'a invité le gouvernement à venir lui taper dessus!

La solution étatique à tous les problèmes de la vie est d'user de violence, soit en empêchant certains d'agir comme bon leur semble, soit en volant aux uns pour redonner aux autres. Tout un modèle pour nos jeunes!

24 mars 2008

On n'a pas les gouvernements qu'on mérite

par Carl-Stéphane Huot

Jean-Luc Migué a publié à la fin de 2007 un ouvrage assez général et intéressant sur l'économie des choix publics, ou comment les politiciens sont amenés à faire tel ou tel choix économique plutôt que tel autre (On n'a pas les gouvernements qu'on mérite - Regard d'économiste sur les choix publics, Carte Blanche 2007).

Migue_jeanluc_01Abordant des sujets tels que la démocratie (et comment elle en vient à dilapider les ressources humaines et matérielles des sociétés qui ont fait ce choix politique), le rôle des votants (et le fait que la majorité des gens, étant sous le seuil du revenu moyen, ont une forte tendance à chercher à piger dans le portefeuille d'autrui), les lobbies (et leur intérêt à aller chercher leur financement auprès des gouvernements plutôt que des citoyens pour cause de facilité), la croissance excessive de la fonction publique, etc., Migué explique fort bien les principales objections qu’ont les libertariens face aux gouvernements.

À l'aide de quelques études récentes, il pourfend l'idée que les gouvernements puissent vraiment redistribuer la richesse efficacement et sans causer plus de tort que de bien. Il y explique notamment pourquoi l'ampleur des gouvernements actuels n'a finalement aucune influence sur le bien-être de leur population respective, tout en minant à terme la croissance. Il pond aussi quelques belles pages sur le droit de propriété, expliquant au passage pourquoi l'ensemble du monde a plus besoin de capitalisme et de libéralisme que de démocratie.

À lire certainement, ne serait-ce que pour avoir un bon aperçu de ces sujets d'un point de vue libertarien. (Pour commander un exemplaire, rendez-vous sur le site d'Archambault.)

Vivre peut tuer. Vite, une campagne de sensibilisation!

par Gilles Guénette

ScreamSuite au décès d’un adolescent emporté par une avalanche vendredi alors qu'il glissait sur un amont de neige situé dans une mine à ciel ouvert désaffectée de Thetford Mines, le maire de l’endroit a déclaré qu’il serait important de mener une campagne de sensibilisation sur les dangers des terrains miniers, sur lesquels cinq avalanches, dont quatre mortelles, sont survenues depuis les années 1970.

Suite à la mort par traumatisme crânien d’un homme de 52 ans heurté par un arbre mort sur sa terre à bois, le 26 septembre 2007 en Abitibi-Témiscamingue, un coroner recommande que le directeur national de la santé publique invite les directions générales de santé publique à sensibiliser la population aux dangers associés aux chicots lors de l'abattage de bois de chauffage et à diffuser des conseils sur les méthodes sécuritaires d'abattage des arbres notamment.

Suite à la mort le 1er mars 2007 d’un homme qui se soignait pour état grippal et qui n'avait manifestement pas compris les dangers pour sa vie s’il ne respectait pas la posologie, un coroner recommande que le ministère de la Santé et des Services sociaux continue sa campagne de publicité concernant la gestion des médicaments par la population et qu’il insiste particulièrement sur le fait que certains d'entre eux peuvent être mortels s'ils ne sont pas pris selon la posologie.

Suite à un incendie qui a fait trois victimes le 14 février 2006 dans un immeuble à logements de Montréal, un coroner recommande que le ministère de la Sécurité publique du Québec évalue la possibilité, lors de sa prochaine campagne de sensibilisation aux incendies, d’aborder le thème des plinthes chauffantes électriques – le feu aurait pris naissance dans une chambre où le lit était directement en contact avec l’«appareil de chauffage local et non transportable».

Tant qu'à y être, tous les ministères de tous les paliers de gouvernement devraient nous sensibiliser sur une base permanente au fait que vivre peut nous tuer. On ne devrait pas pouvoir ouvrir son téléviseur, son journal ou sa radio sans qu’un message d’«intérêt public» ne nous invite à faire attention à tel ou tel danger. L’humain, c’est connu, est un être imbécile incapable de réfléchir par lui-même – on se demande d’ailleurs comment il a fait pour survivre tous ces siècles de pièges et de dangers...

Attention à ci, attention à ça! Il faudrait peut-être rappeler à tous ces coroners et personnes bien intentionnées que le risque zéro est une fiction et qu’il y aura toujours des accidents. À force d’être sensibilisé à tout et à rien, on en vient à être complètement désensibilisé.

20 mars 2008

Les péquistes ont compris comment la richesse se crée

par Martin Masse

La fin de semaine dernière, alors que les adéquistes se votaient un programme axé sur les subventions massives aux géniteurs et des politiques économiques d'inspiration mussolinienne, les péquistes, comme c'est leur habitude depuis quatre décennies, tentaient de résoudre la quadrature du cercle référendaire.

Marois_voteIls ont toutefois aussi consacré une partie de leur congrès de St-Hyacinthe à «prendre le virage de la social-démocratie moderne» en mettant l'accent sur «la création de la richesse», selon les dires de leur chef Pauline Marois. Concrètement, les militants ont adopté des propositions sur l'élimination immédiate de la taxe sur le capital (le budget provincial de la semaine dernière l'a éliminée uniquement pour le secteur manufacturier et elle ne disparaîtra pour les autres secteurs qu'en 2011) et la baisse du taux d'imposition des entreprises dans le but d'accroître la productivité.

Pas mal pour un parti peuplé de gauchistes et d'obsédés de la manipulation des «leviers économiques», dirigé de surcroît par une femme qui n'a jamais fait preuve d'une compréhension particulièrement poussée de l'économie.

Hier, lors du débat à l'Assemblée nationale sur le budget, le critique péquiste des Finances François Legault se vantait de l'adoption de ces propositions, et faisait une distinction particulièrement intéressante entre deux approches sur le plan économique: celle défendue par la ministre Jérôme-Forget qui consiste à stimuler la demande (et qui se rattache évidemment au keynésianisme), et celle qui vise plutôt à lever les obstacles à la production (qu'on peut faire remonter à Jean-Baptiste Say). Il cite également le rapport Fortin, qui utilise la même logique que celle que j'ai exprimée récemment pour dire que les impôts sur les entreprises sont en fait une absurdité économique parce qu'elles retombent toujours en fin de compte sur des individus. Voici un extrait de son discours:

Lire la suite "Les péquistes ont compris comment la richesse se crée" »

19 mars 2008

L'ADQ n'a rien à offrir à ceux qui veulent désétatiser le Québec

par Martin Masse

Dans le reste du Canada, beaucoup de gens dans les milieux conservateurs s'imaginent que l'Action démocratique du Québec est un parti plus «à droite» (dans le sens de partisan de moins d'État) que le Parti libéral du Québec, un parti qui remettrait en question le modèle québécois d'interventionnisme étatique et de social-démocratie que nous connaissons depuis un demi-siècle.

Dumont_2Il est vrai que l'ADQ se démarque - pas seulement au Québec, mais dans tout le pays - comme l'un des seuls partis appuyant la fin du monopole public sur la système de santé et le développement d'un réseau privé parallèle. L'ADQ a aussi, au fil des ans, parfois proposé des changements aux lois du travail ou des coupures dans la bureaucratie qui vont beaucoup plus loin que ce que seraient prêts à envisager les deux autres partis.

Comme je l'ai à maintes reprises souligné, il ne faut cependant pas se faire trop d'illusions: les adéquistes sont fondamentalement des gens confus et opportunistes, sans idéologie spécifique. Ils sont portés sur les solutions populistes, dont la caractéristique principale est de soulever les passions et de scorer des points à court terme dans l'opinion publique, qu'il s'agisse d'intervenir plus ou plus, à gauche ou à droite. Le seul fil conducteur que l'on peut observer dans leur programme depuis une douzaine d'années est le socialisme pro-famille, c'est-à-dire des promesses de subventionner de diverses façons la natalité et les familles. À part cela, leur programme tire dans toutes les directions.

Lire la suite "L'ADQ n'a rien à offrir à ceux qui veulent désétatiser le Québec" »

18 mars 2008

Commerces et jours fériés: là où le client n'est pas roi

par Gilles Guénette

CaissiereÀ quelques jours de la fête de Pâques, les centrales syndicats dénoncent les pratiques des grandes chaînes qui, aux dires de Louis Bolduc des TUAC-FTQ, «ne respectent pas leurs employés et […] s’obstinent à ouvrir leurs portes lors des congés fériés». Elles réclament une intervention du gouvernement «afin qu’il impose des jours fériés» aux grandes chaînes d’alimentation. «Au Québec, les magasins demeurent ouverts les jours fériés, et les employés ne peuvent se retrouver avec leur famille, pour le dimanche de Pâques, par exemple. On veut privilégier le travail et la famille, mais en ouvrant les jours fériés, on empêche nos gens de fêter en famille», fait-il valoir. Jusqu’ici, rien de bizarre. Les syndicats, en plus de vivre dans le passé, souhaitent que leurs membres travaillent moins tout en étant payés autant!

Ce qui est étrange, c’est quand le président de l’Association des détaillants en alimentation (ADA) accusent ses membres de «tricher» et de ne pas respecter la règle de quatre employés et moins durant les congés fériés. «On a un problème, et il va falloir que le gouvernement trouve une façon de le régler», précise Florent Gravel – qui affirme qu’«un nombre important» de supermarchés font travailler «jusqu’à 20 employés par magasin», même si la loi limite leur nombre à quatre. Et qu’est-ce qu’il réclame M. Gravel? Qu’on augmente le nombre d’inspecteurs pour surveiller sur le terrain! Il n’y aurait, selon l’Association, que 4 inspecteurs du gouvernement pour faire respecter la loi à travers le Québec dans les 1 000 points de vente des grandes surfaces. «C’est nettement insuffisant, et il faudrait embaucher au moins dix fois plus d’inspecteurs. Ce serait un minimum», calcule M. Gravel.

Imaginez, l’Association des détaillants réclame plus d’inspecteurs pour surveiller ses propres membres. C’est le monde à l’envers. Si plusieurs supermarchés «trichent», comme l’affirme M. Gravel, c’est sans doute parce qu’ils savent qu’il est impossible de servir une clientèle avec seulement quatre employés – il suffit de se rendre dans un supermarché lors d’un congé férié pour s’en rendre compte. Mais plutôt que de réclamer des assouplissements - ou son abolition pure et simple -, l’ADA réclame plus de répression. Je serais curieux de savoir combien d’employés de supermarchés sont touchés par les «tricheries» de leurs patrons. Chose certaine, c'est excessivement moins que le nombre de clients touchés par la stupide loi qui limite le nombre d'employés à quatre les jours fériés. Personnellement, je ne me souviens pas de la dernières fois que j’ai célébré Pâques en famille…

16 mars 2008

Une réponse à Dominique Strauss-Kahn: la politique keynésienne n'est pas le remède à la crise mondiale

par Jean-Pierre Dumas, consultant international à Paris

Dsk_3 Dans un discours prononcé le 13 février dernier au Indian Council for Research on International Economic Research (ICRIER), le directeur du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, reconnaissait que les États-Unis ont amorcé une crise qui entraînera des ondes de choc au niveau mondial. Pour faire face à cette crise, il propose la seule solution qu’il connaisse: le modèle keynésien.

La politique monétaire keynésienne a déjà été appliquée (du moins par la Fed), «mais les États peuvent aussi utiliser la politique budgétaire. À moins que la situation s’améliore, les autorités financières dans les pays à faible risque budgétaire doivent être prêtes à utiliser le stimulus budgétaire en temps opportun et avec des objectifs précis afin de pousser la demande globale en vue de supporter la consommation privée. Naturellement il doit être temporaire… Après tout, la politique budgétaire à moyen terme consiste à épargner pour les jours de pluie et il pleut.»

C’est exact, il pleut, mais il faut se poser la question: la politique budgétaire keynésienne est-elle un parapluie adéquat et a-t-on réellement épargné quand il faisait beau?

Lire la suite sur le site du QL.

Les défaillances de marché et les externalités ne justifient pas l'intervention de l'État

par Jean-Louis Caccomo

L'évolution la plus récente de la théorie économique vise à réhabiliter l'interventionnisme de l'État en se cachant derrière une pseudoscience totalement mathématisée – afin d'éteindre toute contestation possible – qui met en scène les défaillances du marché. La théorie des défaillances du marché repose sur deux types d'arguments: les imperfections du marché d'un côté et l'existence des externalités de l'autre côté.

Rubimonde Ces deux arguments sont basés sur des confusions volontaires qui discréditent toute la portée de l'argumentation même si elle prend l'apparence de la démonstration mathématique. Ils sont pourtant devenus les arguments convenus de ces socialistes qui se résignent en apparence à l'économie de marché tout en considérant qu'elle ne peut fonctionner sans la béquille d'un État dont la nature régulatrice ne saurait être mise en doute.

Premièrement, ce qu'on désigne généralement par « imperfection du marché » n'est pas une imperfection du marché mais constitue tout simplement l'imperfection de l'action humaine elle-même. L'action humaine étant basée sur l'apprentissage et la découverte, elle est toujours perfectible, ce que résume l'adage populaire « l'erreur est humaine ». Ainsi, les imperfections qui frappent les décisions décentralisées des agents économiques vont aussi caractériser les décisions centralisées des organisations planifiées comme l'État et ses administrations. Dans les deux cas, que ce soient des fonctionnaires ou des actionnaires, ce sont toujours des hommes qui prennent des décisions. Mais les imperfections inhérentes aux choix publics prendront de l'ampleur au fur et à mesure que le décideur s'éloignera du champ d'application de ses décisions.

Lire la suite sur le site du QL.

15 mars 2008

Des arguments pratiques et éthiques en faveur d'un libre marché d'organes

par Bradley Doucet

Le principal responsable d'un réseau de trafiquants de reins en Inde, le Dr Amit Kumar, a été arrêté le mois dernier au Népal et attend son procès. Il vivait auparavant avec sa femme et ses deux enfants à Brampton en Ontario, où il avait acheté une maison l'année dernière. M. Kumar se serait présenté comme chirurgien cardiovasculaire et aurait dit à ses voisins de Brampton qu'il se rendait en Inde pour liquider ses affaires. Les autorités indiennes affirment toutefois qu'il n'est pas un chirurgien. Le réseau de trafiquants de reins qu'il est présumé avoir dirigé tentait, dit-on, de trouver des donneurs potentiels parmi les Indiens pauvres en les droguant, en les forçant à la pointe du fusil, ou en leur offrant de 1000 à 2500 $ pour l'un de leurs deux reins.

Kidney08 Au premier chef, ce genre d'histoire a pour effet de confirmer les pires appréhensions de certaines personnes par rapport à un marché débridé – de l'exploitation des plus pauvres aux profits exorbitants obtenus par des hommes d'affaires véreux en passant par les avantages injustes dont les riches bénéficient. En fait, cela démontre exactement le contraire. Le fait est qu'il est absolument illégal de vendre ou d'acheter des reins en Inde, tout comme au Canada et dans la plupart des pays du monde, et les effets lamentables qu'on observe sont précisément le résultat de cette absence d'un marché ouvert et légal.

Freiner le pouvoir du marché

Comme on peut s’y attendre, en l’absence d’un marché qui fonctionne librement, la demande dépasse de beaucoup l’offre disponible pour des reins à transplanter à travers le monde. Dans un article publié par le Wall Street Journal en novembre dernier, la journaliste Laura Meckler rapportait qu’environ 4400 personnes sont mortes l’année dernière aux États-Unis seulement en attendant une greffe de rein. La liste de personnes en attente d’un rein comptait à la fin de l’année 75 000 noms, alors qu’on avait réalisé moins de 20 000 greffes. Les temps d’ attente peuvent s’allonger jusqu’à six ans – pour ceux qui réussissent à survivre aussi longtemps.

Lire la suite sur le site du QL.

L'« indépendance » des journalistes

par Pascal Salin

Le problème de l'indépendance des journalistes a été particulièrement d'actualité au cours des mois passés à l'occasion de deux événements importants dans la vie de la presse. En France, tout d'abord, le rachat du journal Les Echos au groupe Pearson par le groupe de luxe LVMH de l'homme d'affaires Bernard Arnault a soulevé des inquiétudes, en particulier au sein de la communauté des journalistes de ce journal qui craignaient que leur indépendance soit remise en cause par ce rachat. Aux États-Unis, des craintes similaires se sont exprimées à l'occasion de la vente du Wall Street Journal par les membres de la famille Bancroft au magnat de la presse Rupert Murdoch. On a souligné, à cette occasion, que la famille Bancroft n'avait jamais fait de pressions sur les journalistes de ce quotidien et avait totalement respecté leur indépendance.

Typewriter Ces appels au respect de l'indépendance des journalistes ont reçu un accueil très favorable, comme en témoignent, par exemple, les multiples articles de soutien publiés par Les Echos. On comprend l'intérêt porté à cette question, on comprend les inquiétudes exprimées par les uns et par les autres, car on a le sentiment que l'indépendance des journalistes est un moyen de garantir la liberté de la presse, élément essentiel d'une société libre. Mais cela ne doit pas empêcher de réfléchir sur le contenu exact qu'il convient de donner à la notion d'indépendance des journalistes.

De manière générale, il semble d'ailleurs que la recherche de l'indépendance constitue une préoccupation forte et caractéristique de notre époque. Ainsi, il est fréquent de créer des organismes «indépendants» pour résoudre des problèmes institutionnels. Tel est le cas par exemple, en France, du CSA (conseil supérieur de l'audiovisuel), de l'AMF (autorité des marchés financiers) ou de l'ART (autorité de régulation des télécommunications), sans parler de l'indépendance accordée à la Banque de France avant de l'être à la Banque centrale européenne. Bien entendu, dans tous ces cas, le souci majeur a consisté à rendre ces organismes indépendants du pouvoir politique. Cependant, cette notion n'est pas sans ambiguïtés.

Lire la suite sur le site du QL. 

14 mars 2008

Euthanasie: lame de fond en France

par Mathieu Bréard

SebirechantalRadio-Canada: Une femme a relancé le débat sur l'euthanasie en France. Mercredi, Chantal Sébire a saisi la justice française, par le biais de son avocat, d'une demande exceptionnelle d'euthanasie. Cette ancienne institutrice, mère de trois enfants, souffre, depuis près de huit ans, d'une tumeur incurable des sinus et de la cavité nasale qui la défigure. La tumeur appelée esthesioneuroblastome est une maladie très rare. On en a recensé seulement 200 cas dans le monde en 20 ans. Elle provoque une déformation irréversible du visage et des souffrances que la femme de 52 ans qualifie d'«atroces». Sans compter la cécité dont souffre aussi Chantal Sébire depuis le mois de novembre dernier.

Cette demande suscite un véritable déchainement dans les rangs des ministres de Nicolas Sarkozy. «Nous avons fondé notre droit et aussi bien la convention européenne des droits de l'homme sur le droit à la vie», de dire le ministre de la Justice, Rachida Dati. Christine Boutin, la ministre du Logement, s'est montrée scandalisée «qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme».

Pourtant, Chantal Sébire souffre et souhaite en finir de sa propre initiative. Que faire lorsque la maladie l'emporte sur les procédures thérapeutiques, les traitements adaptés et l'aide psychologique? Garder cette femme en vie contre son gré équivaut-il à une forme d'acharnement? Des spécialistes pensent que la légalisation de l'euthanasie est un terrain glissant. Que les soins palliatifs subiront sans doute une régression comme en Hollande. Après tout, pourquoi se donner la peine de soigner lorsqu'on peut éliminer la souffrance sans effort et ce à moindres coûts…

13 mars 2008

2 millions pour une bébelle qui change de couleur la nuit

par Gilles Guénette

CroixmontroyalLa croix du Mont-Royal a été achevée en septembre 1924. Une partie de la facture de sa construction qui s'élevait à 36 200$, soit 10 000$, avait été amassée à l'époque par des bénévoles (adultes et élèves) avec la vente de timbres commémoratifs - chacun se vendant 5 cents.

On apprend aujourd'hui que les coûts de restauration de la structure en acier, d'abord évalués à 850 000 dollars, se chiffrent maintenant à 1,4 million, mais risquent d'avoir doublé, d'ici la fin, avec la pose du nouveau système d'éclairage - un système qui passe au violet pour souligner la mort d'un pape ou d'un roi (!) et au jaune pour indiquer un couronnement (!!). Et pas question cette fois-ci de demander à des bénévoles d'amasser des fonds. Autres temps, autres moeurs. Non, ce sont tous les contribuables qui défrayeront les coûts de cette nouvelle cure de rajeunissement. Qu'ils le veuillent ou non.

Avouez qu'il est paradoxal qu'à une époque où tous les symboles religieux sont bannis de la place publique, on en vienne à dépenser près de 2 millions $ pour restaurer une croix en tôle de 26 tonnes qu'on peut voir jusqu'à 60 kilomètres à la ronde. Et pourquoi ne pas mettre l'objet en vente sur eBay?

Payer pour inciter les femmes à faire plus de bébés

Malorie Beauchemin (La Presse): Faire plus de bébés et accueillir moins d'immigrants: voici ce que propose l'Action démocratique du Québec, qui présentait hier les propositions qui seront débattues au 7e congrès du parti, cette fin de semaine. Au milieu de résolutions visant à renouveler la plateforme économique du parti, l'ADQ propose de hausser de 3 milliards les dépenses gouvernementales pour inciter les femmes à faire plus d'enfants: «au minimum deux par famille», a estimé la députée de Groulx, Linda Lapointe, ajoutant au passage qu'elle «en a fait quatre». Plusieurs propositions sont reprises du programme électoral de 2007, notamment l'allocation de 100$ par semaine par enfant qui ne fréquente pas une garderie subventionnée, ainsi que l'allocation de 5000$ versé à la naissance ou à l'adoption d'un troisième enfant.

On ne dit pas ce qu'il adviendra des parents qui ne feront pas deux bébés «au minimum»... À ce propos, voir cette courte vidéo de Rick Mercer de la CBC qui se moque de ce genre de politique sur la scène fédérale. Bidonnant!

Une autre fonction essentielle de l'État: réglementer le papier de toilette dans les restaurants

par Martin Masse

Dans le land of the free, on ne badine pas avec le droit fondamental de tout citoyen d'avoir accès à une quantité suffisante de papier cul lorsqu'il va au petit coin dans un restaurant. Imaginez ce qui pourrait arriver si on laissait cette responsabilité à chaque propriétaire de restaurant! Certains ne penseraient même pas à en acheter régulièrement et à s'assurer qu'il y en ait toujours un rouleau à la portée de la main dans leur établissement.

Toiletpaper Il y a quand même des limites à laisser un marché débridé s'occuper de tout! Certains restaurateurs véreux et avides de profits pourraient carrément couper dans ce type de dépenses pourtant essentielles dans le but d'économiser quelques sous. On ne peut de plus pas ignorer les conséquences d'une pénurie de papier cul sur la santé publique ou même la croissance économique (moins de monde dans les restaurants par peur de manquer de papier de toilette à un moment crucial = moins de dépenses des consommateurs = l'économie roule moins vite).

C'est pourquoi ne reculant devant rien pour assurer le bien-être de leurs concitoyens, les législateurs de la Floride étudient présentement un projet de loi qui forcera tout les restaurants à garder suffisamment de papier cul lorsque leurs clients vont à la toilette. Le projet de loi ne dit malheureusement pas ce que constitue une quantité «suffisante». Mais on peut être certain que les politiciens et bureaucrates américains, qui comprennent sans conteste bien mieux que nous les fondements d'une société juste et libre (eux qui ont de surcroît le courage de faire d'immenses sacrifices pour propager ces valeurs partout à travers le monde), vont trouver une solution adéquate avant l'adoption finale du projet de loi.

12 mars 2008

Ghislaine Lancôt, une femme qui a fait sécession de l'État

par Martin Masse

Mme Ghislaine Lanctôt, une ex-médecin qui ne paie plus d'impôt depuis 13 ans et a décidé de rompre tous ses liens avec l'État, explique sa démarche radicale dans cette entrevue à LCN. Son courage et ses valeurs individualistes et anti-étatistes sont certainement admirables. Mme Lanctôt dit avoir réalisé qu'elle est un être souverain et qu'elle n'a pas à participer de force à une organisation qu'elle n'approuve pas. Un mandat d'arrestation a été émis contre elle et elle est prête à faire de la prison si nécessaire - le stade ultime de sanction pour toute personne qui refuse de se soumettre volontairement aux diktats étatiques.

Elle explique qu'il est faux de croire que c'est grâce à l'État que nous avons des routes ou des soins de santé. Les individus sont naturellement solidaires et pourraient coopérer entre eux pour organiser ces services sans avoir à payer des impôts. Ce qui est bien sûr la stricte vérité, comme on le constate tous les jours dans le secteur privé et on le constaterait dans tous les secteurs si l'État mettait fin à son contrôle monopolistique sur une bonne partie de l'économie.

Il faut tout de même en prendre et en laisser dans les explications que donne Mme Lanctôt, notamment son côté mystique New Age. Son propos sur la dette inexistante de l'État qui peut créer tout l'argent qu'il veut, et sur les banques qui nous volent en faisant des milliards, ressemble aussi dangereusement aux folies des illettrés économiques créditistes. Enfin, je doute que son concept de corporation individuelle créée par l'État pour chacun de nous ait un fondement quelconque dans notre régime juridique.

Mais on n'a pas besoin d'accepter tout cela pour être d'accord avec son argument de fond qui est que nous sommes tous des moutons, des espèces de demi-esclaves forcés de «donner notre laine» à une organisation immorale qui nous exploite et qui ne tient en place que grâce à son pouvoir de s'imposer par la force et la violence.

(Note : La vidéo n'est pas de nous mais a été mise en ligne par quelqu'un d'autre, qui a rajouté des commentaires au début et à la fin.)

      

Déréglementation des télécoms au Canada: ça bouge depuis un an

Le Financial Post publie ce matin mon article d'opinion sur la déréglementation des anciens monopoles téléphoniques au Canada, suite aux mesures prises par l'ex-ministre de l'Industrie Maxime Bernier (auprès duquel j'ai travaillé comme conseiller sur ces questions).

    

It is possible
Worst aspects of telcom meddling are disappearing

Martin Masse, Special to the Financial Post
Wednesday, March 12, 2008

Regulatory agencies always find good reasons to regulate. Even when the goal is to maintain "competitive" markets, they tend to define competition so as to give themselves a role in managing these markets.

Telephone One of the ways regulators do this is by restraining big players that are deemed to have too much "market power," even though allowing some players to get bigger and better than others is precisely the point of having competition. Microsoft is a sad example of an innovative company that has been persecuted in both the United States and Europe because of its success in serving its customers.

That's also why a decade after local telephone markets were opened to competition in Canada, the Canadian Radio-television and Telecommunications Commission is still involved in regulating various aspects of the services offered by former monopolies such as Bell and Telus.

Although official documents will not put it so candidly, the goal has been to prevent these so-called incumbents from trying too hard to keep their customers with cheap, well-marketed and appropriately bundled telecom products. Too bad for consumers, but according to the interventionist logic, this might have prevented the new guys from getting a foothold in the market. Regulations went so far as to forbid incumbents from calling back the customers that were leaving them to offer them a better deal.

The CRTC has also been actively helping the new players by forcing incumbents to provide them with mandated access to their network at advantageous prices, on the ground that networks are costly and difficult to duplicate.

Lire la suite "Déréglementation des télécoms au Canada: ça bouge depuis un an" »

11 mars 2008

Fait chaud, fait froid, neige, neige pas, la banquise fond, la banquise revient: c'est la faute au réchauffement de la planète!

par Martin Masse

Les propagandistes verts sont sur la sellette ces jours-ci. L'an dernier, on nous disait que l'absence exceptionnelle de neige au sol et le temps doux qui persistait au début de janvier étaient typiques de ce qui nous attendait avec le réchauffement de la planète. Durant l'été, la fonte inattendue de la banquise arctique annonçait la disparition accélérée des glaces dans le nord. Mais cette année, alors qu'on bat des records de chute de neige et que la banquise a retrouvé sa taille normale, la logique ne tient plus. Allez savoir!

Img00115Dans Le Soleil d'hier, le journaliste Éric Moreault nous explique, à nous pauvres profanes qui pourraient éprouver une certaine confusion devant tous ces phénomènes contradictoires, la façon correcte de les interpréter: «Le Québec est enfoui sous la neige, l'océan Arctique refait le plein de glace, la température mondiale descend… Il n'en faut pas plus aux sceptiques des changements climatiques pour nier (encore) l'existence du phénomène. Ces bouleversements sont plutôt une indication que c'est le contraire qui se produit.» Fait chaud, fait froid, neige, neige pas, inutile de se poser des questions, c'est la preuve que la planète se réchauffe!

Ce matin dans La Presse, c'est au tour du reporter assigné aux nouvelles écocatastrophistes, François Cardinal, de s'attaquer aux «négationnistes» (des gens aussi crackpots et dangereux que ceux qui nient l'holocauste - est-ce qu'on ne devrait pas les enfermer eux aussi, comme l'a suggéré David Suzuki?).

Toutes ces nouvelles ne changent rien à la situation, nous explique M. Cardinal, qui prend soin de faire les distinctions qu'il faut: «D'abord, il faut distinguer météo et climat: la première fait état des prévisions à court terme, le second des tendances à long terme. Une hirondelle ne fait pas le printemps, pas plus qu'une chute de neige ne fait une ère glaciaire ou son absence, un réchauffement global.» Des distinctions très pertinentes mais que ces messieurs évitaient pourtant de faire lorsque les nouvelles à court terme avaient l'avantage de venir appuyer leur thèse.

Lire la suite "Fait chaud, fait froid, neige, neige pas, la banquise fond, la banquise revient: c'est la faute au réchauffement de la planète!" »

08 mars 2008

Le modèle québécois dans la gestion des pensions étatiques

par Martin Masse

La Caisse de dépôt a besoin de presque cinq fois plus de gestionnaires que l'Ontario Teachers' Pension Plan pour investir notre argent. C'est ce qu'a découvert la journaliste Hélène Baril de La Presse. Avec ses 143 milliards $ d'actif à gérer, la Caisse emploie 880 gestionnaires; Teachers arrive de son côté à gérer 106 milliards $ avec seulement 180 employés.

Caisse_de_depot Cette abondance de spécialistes financiers n'a pas permis à la Caisse de battre des records d'efficacité. «L'an dernier, la Caisse a fait mieux que Teachers', avec un rendement global 14,6% comparativement à 13,2%, mais c'était exceptionnel. Au cours des 10 dernières années, la petite équipe de gestionnaires Teachers' a systématiquement battu la grosse équipe de la Caisse.»

En calculant les dépenses en fonction de la valeur ajoutée par les gestionnaires par rapport aux indices de référence, Mme Baril en arrive à un résultat «assez désastreux pour la Caisse de dépôt. En 2006, qui a pourtant été une excellent année quant au rendement, le coût d'exploitation de la Caisse divisé par la valeur ajoutée produite par ses placements a été deux fois plus élevé que le même calcul pour Teachers'. Autrement dit, la Caisse a dépensé 13 cents pour chaque dollar de profit net qu'elle a obtenu tandis que Teachers' dépensait seulement 6 cents.»

On se souviendra que la construction du bureau principal de notre «bas de laine national» à Montréal avait occasionné des dépassements de coûts énormes - au lieu des 102 millions prévus, l'édifice du Quartier international a coûté au-delà de 360 millions.

On observe encore une fois ici les caractéristiques habituelles du fameux modèle québécois: on étatise, on engage cinq fois plus d'employés qu'il en faut, on dépense trois plus que prévu pour se payer des locaux luxueux, et on justifie son inefficacité au nom de la nécessité de «contrôler nos leviers économiques nationaux».

S'il s'agissait simplement d'un autre fonds privé qui gère mal l'argent de ses clients, cela n'aurait évidemment aucune importance. La concurrence ferait son œuvre et la Caisse baisserait ses coûts d'exploitation ou finirait par faire faillite. Sauf que nous sommes la clientèle captive d'une organisation qui a reçu de l'État le privilège de nous voler presque 10% de notre salaire (jusqu'à un revenu de 44 900 $). Et quel recours avons-nous pour contrôler ce qu'elle fait avec notre argent? Aucun, à part celui de voter pour un parti ou un autre une fois tous les quatre ans.

07 mars 2008

Les entreprises ne devraient payer aucun impôt

par Martin Masse

Le comique attitré de la gogauche québécoise, le professeur de comptabilité Léo-Paul Lauzon, publiait cette semaine une nouvelle version de son étude périodique qui se penche sur la fiscalité des entreprises. M. Lauzon répète depuis des années le même refrain absurde: les entreprises font de l'évasion fiscale, elles ne paient pas leur part d'impôt, la baisse du fardeau fiscal des entreprises n'apporte aucun bienfait économique, le gouvernement impose de moins en moins les entreprises et de plus en plus les individus, ce qui appauvrit le monde et fait disparaître la classe moyenne, etc.

Corporation Je vais me concentrer sur un seul des innombrables sophismes économiques véhiculés par notre ami blagueur: la notion qui veut que les entreprises paient de l'impôt, et que si elles ne le font pas, ce sont des individus qui vont devoir en payer plus, comme s'il y avait un vase communiquant entre les deux.

Cette croyance s'accorde avec le fait que dans la mythologie gauchiste, l'entreprise est une sorte de monstre abstrait qui réside en dehors de la société réelle. Au mieux, ce monstre crée de la richesse mais tente de la garder toute pour lui, et il faut donc le forcer à la partager par des impôts élevés; et au pire, il dévore la richesse créée par le vrai monde, ce qui justifie qu'on l'extermine.

En réalité, les entreprises ne sont rien d'autres qu'un faisceau de relations contractuelles entre des individus, qui s'assemblent dans le but de produire quelque chose. Pourquoi s'assembler de cette façon et créer une entité corporative distincte? Ne pourrions-nous pas simplement tous collaborer ensemble comme travailleurs autonomes et arriver au même résultat? Pas sûr, puisque comme l'a expliqué l'économiste Ronald Coase dans un article de 1937 devenu célèbre, «The Nature of the Firm», cela aurait pour effet d'accroître considérablement l'incertitude et les coûts de transactions.

Imaginez si chacun des employés d'une firme où l'on construit des voitures travaillait indépendamment et devait régulièrement renégocier des contrats définissant les tâches et obligations de chacun avec les milliers d'autres personnes impliquées dans ce processus. Et si un autre type de contrat devait définir toutes les façons de partager les matières premières, machines, bâtiments, services, etc., qui vont à la fabrication des voitures (puisqu'aucune entité unique ne les possède). On serait confronté à des obstacles de coordination insurmontables.

Lire la suite "Les entreprises ne devraient payer aucun impôt" »

La fin de la cigarette

Cigarette_buttVendredi 07 mars 2008 : Les automobilistes ontariens n'auront bientôt plus le droit de fumer dans leur véhicule quand des enfants se trouvent à bord. Mercredi, le gouvernement ontarien a adopté une loi allant en ce sens. Depuis qu'une petite municipalité de Nouvelle-Écosse s'est dotée d'un règlement semblable en novembre, plusieurs administrations canadiennes lui ont emboîté le pas. Mais Québec n'a pas l'intention de suivre cette tendance.

Dans un futur plus ou moins rapproché : Les Canadiens n'auront bientôt plus le droit de fumer sur l'ensemble du territoire canadien. Mercredi, les gouvernements des dix provinces canadiennes et des trois territoires ont adopté une loi allant en ce sens. Depuis que l'Angleterre s'est dotée d'un règlement semblable en novembre, plusieurs administrations canadiennes lui ont emboîté le pas. Même le Québec, habituellement réfractaire, a fait valoir qu'il avait l'intention de suivre cette tendance.

06 mars 2008

Les réalisatrices victimes de «discrimination systémique»

par Gilles Guénette

CryingBien que les femmes constituent 50,5% de la population et qu’elles représentent de 43 à 45% du contingent étudiant en audiovisuel, les réalisatrices n’obtiennent que respectivement 10%, 11% et 14% des fonds de production du Fonds canadien de télévision, de Téléfilm Canada et de la SODEC. C’est ce qu’on apprend dans la recherche La Place des réalisatrices dans le financement public du cinéma et de la télévision au Québec (2002-2007) dévoilée hier par Réalisatrices Équitables, un groupe de pression composé de réalisatrices de cinéma et de télévision au Québec.

Sur place, lors du dévoilement, la réalisatrice et scénariste Sophie Bissonnette a tenu ces propos: «Il y a définitivement des obstacles à la pleine participation des réalisatrices; on peut clairement parler de discrimination systémique. Pourtant l’intérêt des femmes est bien là, comme en témoigne leur présence élevée en études cinématographiques et télévisuelles. Quelles sont donc ces obstacles sur le marché du travail qui empêchent les femmes d’obtenir leur juste part des fonds publics et qui par ailleurs privent le public de leur vision du monde?»

Les femmes veulent obtenir des mesures concrètes afin que les fonds publics destinés au cinéma et à la télévision soient accordés de façon «équitable» aux réalisatrices et qu’une place «plus juste» soit accordée à leurs préoccupations, à leur vision du monde et à leur imaginaire. Pour ce faire, elles réclament des rencontres avec la ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, ainsi qu’avec les principales autorités des institutions culturelles. «Ce qui est important, dit Isabelle Hayeur, c'est qu'on inverse la vapeur. On parle d'imaginaire visuel ici, de l'imaginaire de notre pays. Les femmes doivent y avoir accès.»

Et cet accès à l’imaginaire du pays, on s’en doute, passe par plus de fonds publics et quelques programmes spéciaux… Les Réalisatrices Équitables réclament, entre autres, des mesures «pour renverser la tendance actuelle défavorable aux femmes en réalisation», la tenue de statistiques précises et détaillées selon le sexe afin de permettre une meilleure saisie de la situation des réalisatrices, des recherches pour identifier les obstacles à l’équité (les «facteurs systémiques de discrimination») pour les femmes réalisatrices, un observatoire sur la situation des femmes en général dans l’industrie cinématographique et télévisuelle, des programmes et des mesures incitatives créés spécifiquement pour les réalisatrices, etc.

Les réalisatrices ne veulent pas prendre la place qui leur revient à force de travail; elles veulent que l’État leur donne l’égalité (avec tous les gains qui viennent avec) et qu’il leur réserve des jobs. Comme l’écrivait M. Masse en 2000, «On ne peut pas se prétendre égales des hommes et maintenir des comportements de femmes dépendantes qui méritent un traitement spécial. On ne peut pas réclamer son autonomie tout en exigeant le fruit du travail des autres. Si on veut avoir les mêmes droits que les hommes, il faut aussi faire comme les hommes lorsqu'on veut quelque chose: travailler pour l'obtenir.»

Les réalisatrices comme les réalisateurs ne devraient pas recevoir de fonds publics d'organismes gouvernementaux. Qui sait, dans un système privé, peut-être qu'une plus grande part d'entreprises, de fondations et de particuliers voudraient avoir accès à la vision du monde des femmes...

Pour le droit de vendre son orge comme il l'entend

par Mathieu Bréard

La Commission canadienne du blé (CCB), cette organisation protectionniste qui, en vertu de la loi, achète tout le blé et l'orge produit dans l'Ouest pour ensuite le vendre sur le marché en promettant des redevances, est un vieux vestige du passé. Elle devait être, à l'époque de sa création, une mesure temporaire adoptée dans le cadre de l'effort de guerre (tout comme l'impôt sur le revenu) et cela, pour maintenir les prix plus bas. Aujourd'hui, l'économie agricole est bien différente. Elle oblige à être compétitif et innovateur, ce que la Commission ne facilite pas. Quand un fermier est incapable de vendre sa propre récolte sans passer obligatoirement par une agence fédérale, il y a quelque chose qui cloche. Voici Rolf Penner, un fermier du Manitoba qui revendique le droit de vendre comme il l'entend l'orge qu'il produit.

05 mars 2008

La tarification des routes et des ponts: oui, si on va jusqu'au bout de la logique

par Martin Masse

Page_2 Un lecteur, Romain Humbert, nous fait part de son opinion en faveur du projet de la Ville de Montréal de mettre en place des péages sur les ponts pour venir en voiture sur l'ile de Montréal:

J'ai fait un choix économique et écologique en choisissant le métro à la place de la voiture. Je n'impose pas aux autres de me payer mon ticket de métro (qui sert à l'entretien du réseau de transport en commun), alors pourquoi on devrait me forcer à payer l'entretien des ponts via mes impôts?

Cette méthode serait un très bon moyen d'allier libéralisme et écologie. Ceux qui veulent utiliser les routes les paient et ceux qui ne s'en servent pas ne les paient pas.

Pour la régulation du trafic, il s'agirait d'un moyen plus efficace et moins polluant que le feu rouge: la loi de l'offre et de la demande. Aux heures de trafic intense, on augmente les tarifs pour venir en ville, et aux heures creuses, on les baisse.

Résultat: une circulation fluide, moins de moteurs qui tournent pour rien, des trajets plus rapidement faits, moins d'émanations de Co2, des économies d'essence et d'impôt pour tout le monde. Et aussi des rues moins encombrées et plus agréables pour les piétons et les vélos sans avoir à légiférer.

Cette question a ressurgi dans l'actualité cette semaine avec la publication d'une Note économique de l'Institut économique de Montréal rédigée par Mathieu Laberge, qui proposait différents scénarios de tarification, le moins ambitieux étant celui impliquant uniquement les ponts montréalais, et le plus ambitieux toutes les autoroutes principales du Québec.

Les avantages énumérés par M. Humbert sur le plan de la régulation du trafic constitueraient en effet une retombée positive. Si on appliquait une tarification aux principales routes du Québec pour en financer l'entretien au moyen de partenariats public-privé, comme c'est le cas dans certains pays européens (sans doute une réforme plus plausible dans le contexte actuel que la privatisation totale des routes), on pourrait bénéficier de ces avantages et avoir des routes mieux entretenues. On éviterait ainsi les effets pervers qui ont marqué la gestion du réseau routier au Québec ces dernières années.

Mais il faut aller au bout de cette logique. Comme l'a souligné Jean-Jacques Samson dans Le Journal de Québec, les automobilistes sont déjà fortement imposés. Mathieu Laberge évalue les recettes à 1,6 milliard $ par année si on appliquait son scénario le plus ambitieux. Cela signifie une augmentation du même niveau du fardeau fiscal, qui retomberait entièrement sur les automobilistes et qui irait à payer autre chose que l'entretien des routes. Une telle réforme ne devrait donc avoir lieu que si le gouvernement réduit d'autant toutes les autres taxes que les automobilistes doivent payer (sur le carburant, les droits d'immatriculation, etc.), une précision qui n'est malheureusement pas faite dans l'étude.

Il faudrait également que les automobilistes cessent d'être imposés pour financer le transport en commun. Contrairement à ce qu'affirme M. Humbert, le billet de métro ne sert pas vraiment à financer l'entretien du réseau. Ses utilisateurs sont fortement subventionnés par les contribuables. En mettant fin au financement croisé entre les différents moyens de transport, il deviendrait possible de connaître les coûts réels de l'utilisation de chacun. Et en instaurant une vérité des prix, tout le monde paierait ce qu'il en coûte réellement, serait incité à utiliser le moyen de transport le plus économiquement efficace selon les circonstances, et nous aurions moins l'impression de nous faire avoir par une grosse machine bureaucratique qui brasse notre argent de façon irresponsable.

04 mars 2008

Les parasites de l'industrie porcine font de la propagande dans les écoles

par Martin Masse

Éloïse Simoncelli-Bourque, une mère de Cowansville, qui est également présidente du conseil d'établissement de l'École Curé A. Petit, dénonce la propagande faite dans les écoles par la Fédération des producteurs de porc du Québec, et la promotion qu'en fait la Fédération des comités de parents du Québec. Le Devoir rapportait aujourd'hui que:

Pig Depuis 2006, la FPPQ produit en effet une série de fiches pédagogiques qui invitent les enseignants du 3e cycle du primaire à organiser, avec leurs élèves, des activités de français, de mathématiques, de géographie, d'histoire, mais aussi d'instruction civique, autour d'un thème commun: la production porcine du Québec.

(…) Une entente a été signée il y a un an entre le regroupement d'éleveurs de porcs et la Fédération des comités de parents du Québec qui, pour 8000 $, s'est engagée à donner de la visibilité à la FPPQ sur son site Internet, mais aussi à faire la promotion de ce "matériel pédagogique" auprès de ses membres et des 6000 lecteurs de sa revue bimestrielle Action-Parents, à laquelle plusieurs enseignants sont abonnés aux quatre coins de la province.

(…) La jeune mère souligne, à titre d'exemple, que ces fiches pédagogiques font abstraction du fait qu'en Montérégie, selon plusieurs groupes locaux de citoyens, plus de la moitié des puits de surface seraient contaminés en raison de l'épandage de lisier de porc et de l'utilisation d'engrais et de pesticides pour faire pousser le maïs qui nourrit les cochons. Par ailleurs, elle souligne que cette industrie fortement intégrée vit grâce à d'importantes subventions, et ce, pour une production qui, à 75 %, va sur les marchés d'exportation. Un sujet qui n'est pas abordé dans les fiches de la FPPQ, souligne-t-elle.

Parmi toutes les industries parasitaires au Québec, celle du porc occupe une place privilégiée. Ses lobbyistes ont réussi il y a plusieurs années à convaincre politiciens et bureaucrates qu'elle pourrait être un pilier du modèle québécois en agriculture et agroalimentaire. Selon une Note économique de l'IEDM, les producteurs porcins ont reçu, de 1976 à 2004, près d'un milliard et demi de dollars en aide gouvernementale de la part de Québec, par le biais de l'assurance-stabilisation.

Il s'agit d'une industrie particulièrement polluante et qui pour des raisons évidentes cause des désagréments importants, mais qui a reçu des privilèges pour pouvoir polluer (c'est-à-dire agresser ses voisins). Une industrie qui dépend donc fortement d'un soutien de l'État pour se maintenir en place et qui n'hésite pas à investir à long terme pour que ce soutien ne soit pas trop remis en question par l'opinion publique.

Encore une fois, la gogauche crétine dira que c'est là une autre preuve de la domination néolibérale. Un gouvernement qui protège des pollueurs, qui les subventionne, et ceux-ci qui peuvent distribuer leur propagande facilement dans des écoles étatiques: aucun doute, c'est bien là un exemple flagrant des effets pervers d'un libre marché débridé. Il faut absolument que l'État intervienne!

Un (autre) appel à l’État-protecteur

par Gilles Guénette

La semaine dernière, alors que la ministre des Finances du Québec reprochait à son homologue fédéral de faire de mauvais choix budgétaires au moment où l’économie tourne au ralenti – Monique Jérôme-Forget croit qu’il n’est pas le temps d’encourager les Canadiens à épargner, il faut plutôt les encourager à consommer davantage pour doper une croissance anémique de l’économie -, Ariane Krol de La Presse réclamait du gouvernement Charest qu’il sensibilise la population «au fléau de l’endettement excessif».

Office_protectionC’est que l’éditorialiste venait de voir un reportage de l’émission La facture à la télé d’État et qu’elle était maintenant convaincue d’une chose: l'Office de la protection du consommateur (OPC) a besoin de plus de ressources financières. Selon elle, «les consommateurs sont confrontés à des stratégies commerciales de plus en plus complexes et malgré sa bonne volonté, l'organisme manque de moyens pour les protéger.» Québec doit donc débloquer des fonds pour mieux nous protéger de nous-mêmes.

«L’organisme phare, peut-on lire sur le site de La facture, longtemps considéré comme un modèle au Canada et même ailleurs dans le monde, défendait les citoyens contre la voracité et la malhonnêteté de certains commerçants et fabricants. Faute de moyens, cependant, le rempart ressemble de plus en plus à une passoire. Privé du budget et des ressources nécessaires, l’Office de protection du consommateur peut-il encore remplir son mandat, qui est de garantir l’application de la Loi sur la protection du consommateur?» Le reportage, on s’en doute, démontre que non.

L’animateur de l’émission débute ainsi le topo: «L’histoire que je vous raconte ce soir a de quoi inquiéter. C’est celle du déclin de notre protecteur à tous: l’Office de la protection du consommateur.» Pierre Craig, pour les besoins de la cause, a suivi un enquêteur de l’OPC dans l’exercice de ses fonctions. Sur un fond de musique des plus menaçantes, il nous dit qu’il n’y a que cinq enquêteurs au Québec pour plus de 54 000 commerces de détails… Oooh. Vous vous rendez compte de l’ampleur de la tâche?!

Le point culminant du reportage est atteint lorsque Pierre Valois, l’ancien chef du contentieux de l’OPC, déclare sans broncher: «Enlevez la police de Montréal à Montréal ou la Sûreté du Québec au Québec pendant deux jours et pensez à ce que ça va devenir. C’est le massacre dans la ville. Partout. Parce que tout le monde se dit «Il y a personne!» Vous allez avoir des vitrines défoncées, vous allez avoir n’importe quoi! On le sait, ça. Eh bien vous avez la grève des policiers permanente [rire] à l’Office de protection du consommateur. Il n’y a plus de personnel pour surveiller.»

Avouez que la comparaison est douteuse. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le monsieur n’a pas une bien belle opinion des commerçants. Parce qu’il n’y a plus personne (lire, plus d’enquêteurs de l’OPC) pour les surveiller, les véreux de commerçants s’en donnent à coeur joie et nous volent. Dans le reste du reportage, on donne la parole à plein de petits organismes communautaires qui ont pris la place de ce que Pierre Craig qualifie d’«élément fondateur de la société québécoise» (rien de moins), l’OPC, et qui sensibilisent maintenant la population.

Lire la suite "Un (autre) appel à l’État-protecteur" »

03 mars 2008

Bush: la guerre est bonne pour l'économie!

par Martin Masse

Du point de vue des néoconservateurs, envahir et bombarder des pays du tiers-monde qui n'ont jamais attaqué le territoire des États-Unis et qui ne sont d'aucune façon une menace pour leur sécurité est évidemment justifié pour maintenir l'hégémonie américaine partout sur la planète. Pour beaucoup d'entre eux, la guerre a aussi l'avantage de maintenir la «fibre morale» et la cohésion sociale de la nation, ou ce qu'on pourrait aussi définir comme un nationalisme hystérique qui justifie un ralliement aveugle au «commander-in-chief» et un acquiescement à toute nouvelle loi «patriotique» visant à accroître son pouvoir de surveillance et de contrôle sur la population.

Mais il ne faut pas oublier une autre justification: la guerre est bonne pour l'économie! Eh oui, on peut bien rire des gauchistes keynésiens, mais la droite militariste croit exactement la même chose. C'est ce que l'abruti qui occupe la Maison blanche a clairement dit il y a deux semaines lors d'une entrevue au réseau NBC en plus de justifier son plan de relance typiquement keynésien (voir la transcription plus bas).

JOURNALIST: You don't agree with that? It has nothing to do with the economy, the war - spending on the war?

BUSH: I don't think so. I think actually the spending in the war might help with jobs… because we're buying equipment, and people are working. I think this economy is down because we built too many houses and the economy's adjusting. We're just about to kick out 157 billion dollars to our taxpayers and businesses and, you know, their families, so that we can get this economy going.

Une autre raison de ne pas prendre au sérieux les économistes officiels

par Martin Masse

Ma position sur les économistes «professionnels» est assez simple. Outre nos quelques amis qui connaissent l'économie autrichienne, je considère qu'au mieux la plupart des autres ne font pas grand-chose de pertinent et n'auraient pas d'emploi si l'État n'était pas là pour créer une demande artificielle pour leurs «services». Au pire, ils alimentent les lubies étatistes et justifient l'interventionnisme étatique.

Eco_mathsIls ont certes des compétences techniques (qui s'expriment par un jargon et une méthodologie mathématiques inutilement complexes) leur permettant d'analyser certains phénomènes restreints, mais très peu maîtrisent les notions de base les plus importantes leur permettant de comprendre les fondements de l'économie. Un grand nombre continuent de croire à des folies keynésiennes. D'autres, par exemple ceux qui ont signé le récent manifeste «pour une autre vision de l'économie», sont simplement des charlatans. Leur autre vision consiste à vouloir justifier le socialisme en niant qu'il existe des lois économiques fondamentales et en prétendant qu'on peut décider «collectivement» d'imposer n'importe qu'elle système économique puisqu'il ne s'agit que d'une «construction sociale».

Un sondage qui vient de paraître vient confirmer que les économistes officiels sont également nuls en ce qui a trait à l'une des fonctions utiles qu'on leur attribue souvent, la prospective, c'est-à-dire la prévision des conditions économiques à venir de façon à s'y adapter. On lit en effet régulièrement dans les journaux les prévisions sur l'évolution de l'économie au cours de la prochaine année, le niveau d'inflation, l'augmentation du PIB, etc., offertes par des universitaires, des instituts de recherche ou des institutions financières. Dans quelques mesures nos savants experts savent-ils de quoi ils parlent? Il appert que c'est dans une mesure proche du zéro.

La National Association of Business Economists (NABE), une organisation américaine qui se décrit comme «an association of professionals who have an interest in business economics and who want to use the latest economic data and trends to enhance their ability to make sound business decisions», vient de faire paraître son dernier sondage sur les politiques tenu auprès de 259 de ses 2500 membres.

Lire la suite "Une autre raison de ne pas prendre au sérieux les économistes officiels " »

02 mars 2008

Quelques réflexions sur la redistribution des revenus

par Germain Belzile

Laffer_5 Le temps des impôts approchant à grands pas au Canada, je vous propose un thought experiment que je mène régulièrement avec mes étudiants, dans un cours d'économie du bien-être et de la taxation.

L'État nous oblige à lui verser à chaque année des sommes importantes sous toutes sortes de formes (impôts sur le revenu, taxes diverses, impôts sur la richesse foncière), dont une part importante ne sert pas à produire des biens «publics», mais est plutôt redistribué. Bien peu de gens remettent en question cette notion même de redistribution des revenus.

Mes discussions avec mes étudiants m'amènent à croire que le soutien à ces politiques (ou l'apathie généralisée) relève plus d'une forme de conditionnement ou d'habitude que d'un soutien théorique ou moral profond.

Voici comment j'approche le problème: en début de séance de cours, je propose à ma classe que l'on procède à une redistribution des points accumulés par chacun au cours du trimestre. Ainsi, ceux qui auront performé bien mieux que la médiane céderont des points à leurs collègues «moins fortunés». La moyenne ne changera pas, mais les notes n'iront plus de E à A+. Les meilleurs ne pourront plus espérer qu'un B+ et les plus faibles obtiendront un C-.

Assez rapidement, la pagaille s'installe! La plus grande part des étudiants sont en pétard face à ce qu'ils voient comme une injustice. Parmi leurs objections, notons:

-«Je travaille fort. Ce sont mes notes. Pourquoi devrais-je en céder à ceux qui travaillent moins?»

-«On encourage ainsi le resquillage, c'est-à-dire que certains travailleront moins fort et se contenteront d'un C-, aux dépens des autres.»

-«La moyenne diminuera, car tous feront face à des incitations moins fortes pour réussir.»

Et ils réalisent très vite que c'est ce qui se produit avec le système de redistribution des revenus. Les taxes ne sont pas neutres. Nous sommes collectivement plus pauvres lorsque l'État s'ingère dans nos vies en taxant ceux qui travaillent fort.

En fait, le cas des taxes est bien plus grave que celui des notes. En plus de diminuer l'incitation à travailler et à entreprendre, les taux marginaux d'imposition élevés réduisent l'investissement sous toutes ses formes (en capital physique, en innovation et en éducation). Y aurait-il beaucoup d'étudiants à HEC si tous occupaient un emploi semblable et gagnaient la même chose, quels que soient les efforts qu'ils mettent en vue de l'obtention d'un diplôme? Mes étudiants, qui font face à un coût d'opportunité élevé en passant des années de plus aux études au lieu d'aller directement sur le marché du travail, ne s'y trompent pas.

Citations

  • « Bientôt, on va demander à l'État de nous tenir la bizoune quand on va aller pisser. Vous trouvez ça normal, vous? Est-ce si dur de se prendre en charge? »

    – Richard Martineau, « La faute aux autres», Le Journal de Montréal, 17/04/2008

Les commentaires récents

À propos des commentaires

  • Veuillez prendre note que les attaques personnelles, les commentaires non pertinents et ceux remplis de fautes et illisibles seront effacés. Au plaisir de vous lire.

À propos du Blogue du QL

Visitez le QL

Ma Photo

Abonnez-vous

  • Subscribe
  • Social Bookmark

Positionnement sur le web

Le QL sur Facebook