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05 mars 2008

Commentaires

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David Lacerte

Il s'agit certainement d'un sujet qui a déjà été traité sur ce blog ou encore sur le site même du QL, mais j'ai de la difficulté à imaginer la façon de faire libertarienne vis-à-vis des routes. J'imagine mal un entrepreneur qui déciderait, par exemple, de faire "compétition" à l'autoroute 20, 40 ou tout autre axe majeur qui coupe le Québec en deux. Les coûts de construction seraient astronomiques - sans compter qu'un entrepreneur privé ne pourrait pas se prévaloir de ce "privilège" monstrueux qu'est l'expropriation. Dans ce contexte, j'imagine mal comment on pourrait lui appliquer cette philosophie : si je ne suis pas satisfait du service pour lequel je paie en roulant sur une quelconque autoroute, je n'aurais pas vraiment d'alternative valable.

Tout commentaire, lien ou autre sera le bienvenu : cette question me trottait justement dans la tête depuis quelque temps.

Gerry Flaychy

@ Martin Masse

Qu'entendez-vous par «le plus économiquement efficace»: est-ce que vous voulez dire le moyen le plus économique pour un utilisateur donné ?

Martin Masse

@ Gerry,

Oui, mais cela ne se limite pas au simple coût financier de l'utilisation d'un moyen ou de l'autre. Vous allez tenir compte du temps que ça prend, du confort, du côté pratique, de l'accessibilité, etc., et votre choix va refléter ce qui est le plus avantageux pour vous. Dans un marché libre, il n'y a pas de distinction ou de contradiction entre le moyen le plus efficace pour un individu et pour "la société", puisque toutes les conséquences sont prises en compte.

Par exemple, des gens à Montréal se plaignent du trafic trop intense dans leur quartier à cause de la présence d'automobilistes des banlieues. Si ces rues étaient privées et qu'elles appartenaient à un consortium de riverains, il serait toutefois possible d'inclure dans le calcul des coûts d'utilisation de ces rues un surplus pour inciter les gens de l'extérieur à moins les utiliser, et qui pourrait servir à compenser les riverains pour le désagrément.

Avec des rues publiques et gratuites, ces facteurs ne peuvent être pris en compte, à moins d'une mobilisation des résidents qui devront aller protester à l'hôtel de ville pour exiger des politiciens des mesures comme des voies à sens unique, des dos d'âne, etc. Au lieu d'être une décision relativement facile à prendre qui découle d'une bonne gestion économique (les propriétaires de la rue cherchant à rentabilisé leur investissement, ils sont incités à faire les choix optimaux), ça devient une décision politique qui nécessite un "débat de société", la formation de groupes de pression, etc.

Il serait idéalement possible d'inclure même les coûts environnementaux, qui sont aujourd'hui considérés comme des externalités que seul le gouvernement peut gérer. Les mêmes gestionnaires pourraient imposer un frais additionnel pour les voitures polluantes qui utilisent leurs rues, etc.

En bref, il n'y a aucune raison pour que la logique économique qui s'applique à tout autre secteur ne puisse aussi s'appliquer à l'utilisation des routes. Évidemment, il faudrait pour cela tout privatiser. Le modèle présenté dans le billet ne fait que se rapprocher de cet idéal. La gestion entièrement publique des routes est la pire solution, autant sur le plan de l'entretien, de la détermination des coûts réels, de la prise en compte des besoins des utilisateurs et de l'impact sur les riverains, etc.

@ David,

Il existe une importante littérature sur la privatisation des routes, qu'on peut facilement trouver sur le Web. Walter Block par exemple a beaucoup écrit sur le sujet. Voir notamment: "Free Market Transportation: Denationalizing the Roads", http://www.mises.org/journals/jls/3_2/3_2_7.pdf , et "Overcoming Difficulties in Privatizing Roads", http://www.univ.trieste.it/~etica/2003_2/block.htm .

Jonathan B.

Monsieur Romain Humbert ignore peut-être aussi que les automobilistes financent aussi le transport en commun qu'ils n'utilisent pas. Je serais partant moi pour que l'argent qui sert au financement du transport en commun soit consacré à l'entretien des routes et que tout ceux qui utilisent le transport en commun paie en entier leur part d'utilisation!

@Martin

Réduire les taxes sur le carburant et les droits d'immatriculation en proportion des revenus rapportés par les péages? Très jolie proposition dans le principe, Martin, mais sérieusement déconnectée de la réalité (du moins, tant qu'on tient pour acquis que le principe de l'impôt, lui, est là pour rester).

Tout d'abord, le principe de l'utilisateur-payeur, c'est bien, mais ça n'élimine pas le besoin d'une 'broad-based taxation', autrement dit qu'une taxation est d'autant plus efficace qu'elle taxe à des taux réduits, mais sur un grand nombre de transactions.

Ensuite, il y a (au moins officiellement, officieusement doublez le chiffre) 30 milliards de déficit caché dans les infrastructure routières du Québec, résultat de 20 ans d'irresponsabilité gestionnaire ou les gouvernants du Québec on préféré se faire aller le flag su'l hood du Cadillac, plutôt que d'administrer les recettes fiscales et les actifs publics en bon père de famille.

Ça disparaitra pas en criant ciseau, fait que les principes, c'est charmant, mais la réalité c'est que le trou financier est là et qu'il faut le boucher, et que c'est la raison pour laquelle on reparle de péages, parce que les finances publiques sont le dos au mur, surtout avec une croissance prévue aux alentour de 1.5%, et le reste... c'est de la littérature.

Martin Masse

@ @Martin,

"la réalité c'est que le trou financier est là et qu'il faut le boucher"

Il y a une autre façon simple de réduire l'endettement tout en entretenant le réseau routiers, et cela sans augmenter le fardeau fiscal: réduire les autres dépenses. Vous allez me dire qu'est c'est aussi déconnecté de la réalité de penser qu'ils vont faire ça, mais bon...!

Pierre-Yves

'Il y a une autre façon simple de réduire l'endettement tout en entretenant le réseau routiers, et cela sans augmenter le fardeau fiscal: réduire les autres dépenses'

J'ai quelques doutes, mais aujourd'hui que le PQ n'a plus la 'souveraineté' en ligne de mire, peut-être ce parti va-t-il se repositionner sur le créneau de la rigueur fiscale. Enfin, on peut rêver...

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  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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