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04 avril 2008

Commentaires

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Pierre-Yves

Ce n'est pas une question facile que pose Patrick, parce que pour bien connaître l'ennemi, le passage par les institutions officielles du savoir reste très utile, à condition d'avoir suffisament de personnalité pour se former... sans se 'déformer'. Il y a bien des mémères d'université qui n'ont jamais eu personne en face d'eux pour leur dire qu'ils avaient tort, et dont le discours est d'autant plus facile à démonter quand on l'a soi-même pratiqué.

Jean-François Grenier

Voici un texte de Seth Godin (Ze Dieu du marketing non-conventionnel) qui aborde un peu le même genre de question

http://sethgodin.typepad.com/seths_blog/2008/03/why-bother-havi.html

Bastiat

Ma suggestion serait d'entrer dans une entreprise par l'autre porte, celle des fournisseurs, en tant que contractuel. Quitte à offrir vos services à très bon prix pour commencer. En bonus, vous éviterez l'abrutissement par le salariat qui a tant fait tiquer Marx!

Pour signer ingénieur, par contre, vous devrez passer par une école d'ingénierie. On ne s'obstine pas avec ceux qui ont un plus gros fusil que soi...

Francois Mottard

Pour Patrick,

Au Québec, pour travailler comme ingénieur informatique, tu dois être membre de l'ordre des ingénieurs et ça prend un bacc en génie. Si ton intérêt est au niveau du logiciel, tu n'as pas besoin de tout ça. Le titre software engineer est utilisé partout dans le monde mais il est illégal au Québec.

Je ne connais presque pas le marché du hardware mais il est très facile de faire reconnaitre ses connaissances par le marché. La plupart des gros vendeurs de logiciels ont des programmes de certification. Si tu regardes sur les sites comme Jobboom et Monster, ça peut te donner une bonne idée des compétences recherchées pour les emplois qui t'intéressent.

Le côté négatif est que beaucoup de grosses entreprises exigent des diplômes universitaires et que la plupart des pays exigent un baccalauréat pour donner un permis de travail à un étranger. Ces obstacles disparaissent avec les années d'expérience.

Il y a beaucoup de petites entreprises en informatique à Montréal qui vont aimer mieux engager un autodidacte qu'un étudiant, surtout si tu as appris les algorithmes et les mathématiques.

Voici quelques programmes de certifications
http://www.sun.com/training/certification/java/index.xml
http://www.microsoft.com/learning/mcp/default.mspx
http://education.oracle.com/pls/web_prod-plq-dad/db_pages.getpage?page_id=3

Pour complémenter les cours du MIT, tu devrais considérer joindre un projet open source. C'est beaucoup plus près de la réalité du marché du travail que n'importe quel travail universitaire.

Bernard De Blois

De par mon expérience d'employeur, je peux vous assurer qu'entre un candidat ayant un bac en informatique ou une discipine connexe et un candidat autodidacte ayant une certification du genre de celles mentionnées dans les commentaires ci-haut, le premier est le meilleur choix dans la très grande majorité des cas.

Le problème avec les certifications d'industrie est que celle-ci sont axées sur des produits et non sur des technologies, et visent l'application de recettes plutôt que de concepts. Ces certifications ne font que "certifier" que le candidat sait comment appliquer la recette du manufacturier concerné, et ceci ne vaut que pour les versions courantes des produits, qui n'ont une durée de vie que de quelques années.

Bien sûr il y a des candidats autodidactes qui sont excellents et d'autres avec un bac qui sont incompétents, mais tout est une question de moyenne. Le candidat avec un bac aura généralement une connaissance générale plus large et des aptitudes autres que techniques qui seront des atouts dans son travail. En tant que diplômé de Polytechnique, je dis souvent à mon entourage qu'à Poly, ce n'est pas tant la science qu'on apprend qu'une méthode et une discipline de travail, à gérer son stress et à prioriser les tâches quand vous manquez de temps pour compléter toutes celles que vous avez à faire, particulièrement en fin de session.


D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi vous discréditez les baccalauréats et autres diplômes. Ceux-ci ne sont aucunement une création de l'État mais ont des racines historique beaucoup plus profondes. C'est à chaque établissement de s'assurer de la reconnaissance ou du prestige de son diplôme, en formant des individus qui auront le succès qui donnera cette reconnaissance et ce prestige. Et ca n'a rien à voir avec l'État. Si un diplôme de McGill vaut plus aux yeux d'un employeur qu'un diplôme de l'UQAM, c'est parce que les diplômés de McGill ont sûrement eu plus de succès et d'influence dans le monde que ceux de l'UQAM (je parle en général, et je ne vise pas ici à discréditer l'UQAM, ses étudiants ou ses diplômés, mais seulement illustrer un fait). Pourtant les deux institutions sont au Québec, et subventionnées par le gouvernement du Québec. Ce n'est donc pas l'État qui dicte la valeur d'un dipôme, mais le libre marché, ce qui me semble tout à fait en accord avec les valeurs défendues sur ce blogue.

Vous n'en voulez pas de ces diplômes car vous n'y croyez pas ? Libre à vous, mais le chemin vers le succès sera nécéssairement plus ardu. Et ce ne sera pas à cause de l'État, mais de votre choix.


Martin Masse

@ Bernard De Blois,

Vous écrivez: "je ne comprends pas pourquoi vous discréditez les baccalauréats et autres diplômes."

En fait, je vise seulement le monopole de l'État sur l'éducation et la certification des compétences. Je n'ai aucun de problème avec le concept du baccalauréat traditionnel, c'est-à-dire de passer trois ans à suivre un programme structuré, qui vous force à apprendre une méthode de travail en plus du contenu, avec des professeurs qui vous suivent. J'ai un problème quand je n'ai que le choix de le faire dans une seule université contrôlée par l'État et avec des profs ignorants qui cherchent surtout à m'endoctriner avec leurs idioties étatistes.

Nous avons maintenant le choix de suivre des programmes virtuels, et pour ceux qui ont la discipline et les capacités intellectuelles d'apprendre de cette façon (très loin d'être tout le monde...), c'est une alternative qui permet d'éviter la propagande et de réduire les coûts. De plus, cette concurrence augmente la pression sur les institutions traditionnelles. Comme je l'écrivais dans mon billet précédent sur la fin du monopole, "Il devient possible de comparer et de choisir les programmes les meilleurs, les plus pertinents et les moins corrompus par les multiples idéologies collectivistes à la mode. Cette concurrence détruit le pouvoir des élites."

Le problème est surtout crucial pour les sciences humaines, où se retrouvent tout de même une proportion importante d'étudiants, ceux qui formeront l'élite intellectuelle et politique de demain. L'économie autrichienne ne s'enseigne par exemple presque nulle part, ce qui n'est pas surprenant puisque les professeurs sont en fait des bureaucrates payés par l'État et qu'on ne peut pas s'attendre à ce que cette philosophie soit populaire dans des institutions étatiques. Ce qui fait qu'on se retrouve avec toute une discipline (l'économie) contrôlée par des étatistes, qui deviennent des partisans de solutions étatistes lorsqu'ils travaillent dans les médias et au gouvernement. Impossible de renverser ce cercle vicieux si tout le monde continue à suivre le parcours conventionnel avec le reste du troupeau.

Le problème est clairement moins grave dans le cas des disciplines plus techniques. Il ne doit pas y avoir beaucoup de propagande étatiste dans un cours de programmation informatique. Mais la logique s'applique tout de même pour ceux qui ne veulent pas entrer dans un moule unique et payer plus qu'il le faut pour une éducation contrôlée par une bureaucratie étatique.

Les universités actuelles sont des mastodontes institutionnels, qui fonctionneraient de façon très différente si elles étaient entièrement privées et si on éliminait toute barrière à l'entrée dans ce secteur. On saura de mieux en mieux quels programmes et diplômes sont les plus utiles, pertinents et économiquement rentables à mesure que le domaine de l'éducation s'affranchira du monopole étatique.

Mat

De toute façon, y'a déjà un paquet de diplômes qui valent rien que l'État donne. Les étudiants qui font la grève sont souvent ceux qui ont les diplômes les plus inadaptés au marché du travail.

Un anthropologue, croyez-vous vraiment qu'il y a des milliers de positions pour ça?

FrancisD


Les licenses Microsoft (MCSE, MSCP, etc.) et Cisco (CCNA, ...) tous des titres qui vous rapporteront beaucoup plus à la fin du mois qu'un DEC en informatique.

Bien sur, ils doivent être couplés avec expérience pertinente.

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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