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15 avril 2008

Le PLQ est-il un parti vraiment libéral?

Mathieu Hubert, un militant du Parti libéral du Québec dans Trois-Rivières, nous a proposé ce texte pour tenter de convaincre les lecteurs du QL que son parti défend un véritable libéralisme. M. Hubert est étudiant en production de pâtes et papiers à l'Université du Québec à Trois-Rivières et a occupé certains postes au sein de la Commission-Jeunesse du PLQ, dont celui de représentant régional de la Mauricie. Voir ma réponse plus bas.
M.M.

      

Le Parti libéral du Québec défend un libéralisme moderne

par Mathieu Hubert

Lorsque vous lisez des lois, des projets de lois et des trucs du genre, vous pouvez reconnaître assez facilement les valeurs et les principes des législateurs qui expliquent leurs différents textes. De cette façon, il est possible de placer les législateurs sur un échiquier politique en fonction de leurs valeurs et principes. Par exemple, nous disons que les législateurs sont de droite lorsque leurs textes tendent vers un capitalisme pur, et de gauche lorsque leurs textes tendent vers la planification de l'économie. Au Québec, les uns accusent le gouvernement Charest d'être trop de droite, les autres accusent le gouvernement Charest d'être trop de gauche. Pourtant, le Parti libéral du Québec (PLQ), dont je suis membre, a la prétention d'être le gouvernement de tous les Québécois. Qu'en est-il vraiment?

Claude_ryanEn supposant, un peu comme le ferait un libéral largement influencé par l'École autrichienne d'économie, que les valeurs subjectives des individus et leurs interactions sont le point de départ de toute explication des phénomènes humains, il faudrait connaître les valeurs libérales et la vie politique québécoise pour expliquer le libéralisme au Québec. Du moins, ce serait plus facile de l'expliquer. Les valeurs libérales et le Québec moderne, ce livre de Claude Ryan, s'avère une référence en la matière.

Au Parti libéral du Québec, les idées doivent passer le test du marché. Lorsqu'un besoin en matière de politique est exprimé par un membre, il offre une proposition pour satisfaire ce besoin. Vous êtes libres d'appuyer la proposition ou non, vous êtes libres de reconnaître le besoin ou de vous abstenir. Vous êtes un libre penseur! C'est la meilleure garantie que vous puissiez offrir à un membre d'être conséquent, il n'a qu'à l'être avec lui-même. Et il n'existe pas de clubs politiques aussi indiscrets que le SPQ libre à l'intérieur du Parti libéral du Québec, rassurez-vous. Mais cela ne fait pas automatiquement du gouvernement libéral le gouvernement de tous les Québécois, non? C'est que le PLQ, au fil des ans, a réalisé que tous ses membres ont au moins un point en commun. Lequel? Ils ont tous la volonté de s'enrichir et de mettre sur pied un gouvernement qui offre aux Québécois une croissance économique optimale. C'est entre autres là-dessus que nous misons pour être représentatifs de tous les Québécois, ainsi que pour être convaincants.

Au Parti libéral du Québec nous reconnaissons que l'accumulation de déficits des administrations publiques depuis 1970 a engendré de nombreux problèmes dans l'économie. Les intérêts à payer sur la dette étaient devenus tellement élevés que les gouvernements n'avaient plus de marge de manoeuvre pour intervenir dans l'économie et s'attaquer aux principaux problèmes. La période de croissance économique sans précédent des années 1990 conjuguée aux hausses d'impôts et aux diminutions des dépenses publiques a permis aux gouvernements d'atteindre l'équilibre budgétaire. Bien qu'il puisse être précaire, nous pouvons maintenant, de façon prudente et responsable, diminuer les impôts et nous attaquer à la dette par exemple.

Par contre, les libéraux savent qu'il faut éviter à tout prix une augmentation incontrôlée des dépenses, à la fois pour des raisons politiques et économiques. En effet, la conception du rôle de l'État a beaucoup changé parmi les libéraux et le public, comme en témoigne la déclaration de Stéphanie Doyon, qui était jusqu'à récemment présidente de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, lorsqu'elle dit: «Nous avons eu un gouvernement qui a pris des décisions de façon responsable, dans le but d'assurer le développement du Québec et le meilleur soutien possible aux générations futures qui auront à porter le fardeau de l'État. Par exemple, le Fonds des générations, qui a été instauré pour rembourser la dette, est une initiative réfléchie.»

Il est important de remarquer que l'État-providence, celui que les libéraux contestent et que les péquistes semblent encore défendre, est en grande partie la résultante de la Grande Dépression des années 1930 et de la publication de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes. Ce dernier remettait en question le libéralisme d'Adam Smith, au profit de l'interventionnisme étatique et de l'État-providence.

L'économiste August von Hayek attaque cette vision interventionniste du rôle de l'État en publiant en 1944 The Road to Serfdom (La route de la servitude). D'autres économistes, dont Milton Friedman, poursuivent son oeuvre à l'Université de Chicago et créent un courant de pensée proprement «libertarien». Comme vous le savez fort probablement, cette thèse défend l'idée d'un capitalisme pur où l'État n'intervient que pour assurer la concurrence la plus parfaite possible.

D'ailleurs, les offreurs et les demandeurs d'un produit interagissent sur le marché d'un produit. Le modèle de marché suppose que ces interactions se situent dans un marché de concurrence parfaite. Mais est-ce que tous les participants possèdent toute l'information voulue? Est-ce qu'il y a des frais de transport qui pénalisent les participants qui demeurent en région éloignée par exemple? Est-ce que les demandeurs et les offreurs, pris séparément, sont tellement nombreux qu'aucun d'eux ne peut avoir de l'influence sur le prix par ses seuls agissements? Le produit est-il homogène, c'est-à-dire qu'il présente les mêmes caractéristiques? Les libéraux considèrent que lorsque la réponse à l'une des questions que je viens d'énumérer est non, l'État doit intervenir.

Mais encore faut-il une volonté et un profit politique pour les politiciens afin qu'ils interviennent. Est-ce que le Parti libéral du Québec a démontré une volonté politique d'intervenir précisément pour assurer la concurrence la plus parfaite possible dans l'économie du Québec? Oui! Prenez par exemple la proposition de la Commission-Jeunesse du PLQ de privatiser la Société des Alcools du Québec (SAQ), un monopole étatique où cette dernière peut aisément décider d'un prix pour ses produits. Est-ce qu'il y a un profit politique pour les politiciens dans une éventuelle privatisation de la SAQ? Permettez-moi d'en douter. Sans vouloir être méprisant, la population du Québec n'est pas suffisamment formée d'économistes libéraux! Il me semble que beaucoup trop de Québécois ne veulent que contrôler la consommation d'alcool et s'assurer un revenu collectif dans le cas de la SAQ.

Par ailleurs, il existe au PLQ, et c'est perceptible sur le terrain, une volonté de réduire la taille de l'État québécois. Nous percevons davantage l'État comme un fardeau, comme un mal nécessaire si vous voulez, et ce principalement pour les particuliers et les entreprises. Nous soutenons aussi que le capital doit circuler le plus librement possible et que les entreprises créent et génèrent de la richesse mieux que le fait l'État. Sans prétendre que nous souhaitons mettre en pratique les politiques de Margaret Thatcher, nous visons nous aussi l'allocation plus efficace des ressources physiques, naturelles, humaines et financières. Encore selon Stéphanie Doyon, «la réingénierie de l'État a imposé à la structure gouvernementale de se serrer la ceinture pour réinvestir l'argent aux bons endroits: en santé et en éducation. Il ne faut pas réduire les services aux citoyens, mais plutôt la machine qui est derrière tout ça.»

Enfin, la liberté à la fois financière et politique que beaucoup d'entre nous souhaitons, celle qui naît lorsque nous sommes libres de dépenser nos dollars comme bon nous semble, dans la mesure où nous en avons et malgré l'existence de l'État, eh bien cette liberté est maintenant plus réelle qu'elle ne l'était sous le gouvernement péquiste. Le gouvernement Charest a réduit les impôts au Québec, même s'il en a payé le prix politique. Quant à moi, je souhaite que mon revenu disponible, ou mon revenu après impôts, augmente le plus possible, tout en étant le plus près possible de mon revenu brut, toutes choses étant égales par ailleurs.

J'ai essayé de vous faire part de ma confiance en l'avenir en ce qui concerne le PLQ. Même si quelques députés libéraux ont parfois des réflexes keynésiens en matière d'économie, l'avenir est très prometteur. Je vous invite à militer au sein du PLQ et à faire avancer vos idées dans un parti politique de qualité, qui est très redoutable en chambre et qui formera encore beaucoup de gouvernements dans le futur, à condition que les gens informés comme ceux du Québécois Libre s'impliquent en politique avec nous, le Parti libéral du Québec. 

    

Réponse de Martin Masse:

M. Hubert a sans doute des sympathies pour le libre marché et je ne doute pas de sa sincérité, mais ce n'est malheureusement pas avec ces arguments qu'il convaincra plusieurs libertariens de joindre le PLQ. Chaque paragraphe sème la confusion en mélangeant libéralisme et interventionnisme étatique, dans un pot-pourri typiquement… libéral québécois. Une confusion qui vient peut-être de ce qu'il s'est trop inspiré du livre de feu Claude Ryan, un penseur qui, comme bien d'autres, a cherché dans les années 1950 et 60 à redéfinir le libéralisme classique pour le faire correspondre à sa vision sociale-démocrate. (Anecdote personnelle: il m'avait apostrophé il y a dix ans au sortir de l'enregistrement d'un débat à l'émission Droit de parole, pour me dire «Vous n'irez nulle part avec des positions comme celles-là, Monsieur Masse!».)

Ainsi, après avoir noté qu'un gouvernement peut osciller entre gauche et droite, entre capitalisme et planification de l'économie, M. Hubert déclare que «le Parti libéral du Québec a la prétention d'être le gouvernement de tous les Québécois». Qu'est-ce à dire? On ne l'apprend pas vraiment. Logiquement, cela signifie que ce gouvernement cherche à plaire autant à ceux qui veulent plus de liberté qu'à ceux qui veulent plus de socialisme. Et c'est justement ce qui se passe!

Il est carrément étrange de référer au subjectivisme autrichien pour expliquer qu'«au Parti libéral du Québec, les idées doivent passer le test du marché. Lorsqu'un besoin en matière de politique est exprimé par un membre, il offre une proposition pour satisfaire ce besoin. Vous êtes libres d'appuyer la proposition ou non, vous êtes libres de reconnaître le besoin ou de vous abstenir. Vous êtes un libre penseur!» Ce qui est décrit ici est simplement un processus de prise de décision démocratique à l'intérieur du parti et n'a rien à voir avec la vision autrichienne qui part de la réalité individuelle pour expliquer tout phénomène social et économique. Pas plus qu'un parti communiste qui fonctionne de la même façon ne s'inspire de Mises.

M. Hubert explique que les libéraux perçoivent l'État comme un fardeau et un mal nécessaire. Pourtant, il ne cite aucun exemple de réforme libérale ayant permis de diminuer le rôle de l'État, à part la baisse d'impôt (réalisée, soit dit en passant, grâce aux transferts fédéraux) de l'an dernier. Il serait en effet difficile d'en trouver puisque depuis les années 1960, les gouvernements libéraux ont contribué à grossir l'État-providence québécois tout autant que les péquistes. L'appui des jeunes libéraux à la privatisation de la SAQ - que le gouvernement libéral a choisi d'ignorer, alors que l'abolition d'un monopole étatique sur la vente d'alcool devrait être la chose la plus facile à faire pour un gouvernement véritablement libéral - n'est certainement pas une preuve de la volonté du PLQ de réduire le rôle de l'État. Ni l'atteinte de l'«équilibre budgétaire», qui est de toute façon l'oeuvre d'un gouvernement péquiste. Je mets l'expression entre guillemets, puisque contrairement à d'autres provinces qui ont un véritable équilibre budgétaire, les dépenses d'immobilisation au Québec sont comptabilisées hors budget et la dette continue d'augmenter de quelques milliards de dollars par année sous la gouverne du PLQ.

Je voudrais enfin relever la confusion entretenue par M. Hubert sur la définition du libertarianisme, qui défendrait selon lui «l'idée d'un capitalisme pur où l'État n'intervient que pour assurer la concurrence la plus parfaite possible». C'est évidemment faux. Cette notion de concurrence parfaite qui continue d'être utilisée par les économistes conventionnels néoclassiques est totalement absurde et n'a rien à voir avec la réalité économique (voir par exemple cet article de Jean-Louis Caccomo: «Réflexion autour du concept de droit de la concurrence»).

Les Autrichiens l'ont toujours rejetée, et même les économistes libertariens qui s'insèrent dans la tradition néoclassique ne l'utilisent qu'avec circonspection. Elle permet en effet de justifier pratiquement n'importe quelle intervention de l'État, sous prétexte que le marché n'est pas parfait selon un modèle qui n'a jamais existé et n'existera jamais. M. Hubert en donne quelques exemples:

Le modèle de marché suppose que ces interactions se situent dans un marché de concurrence parfaite. Mais est-ce que tous les participants possèdent toute l'information voulue? Est-ce qu'il y a des frais de transport qui pénalisent les participants qui demeurent en région éloignée par exemple? Est-ce que les demandeurs et les offreurs, pris séparément, sont tellement nombreux qu'aucun d'eux ne peut avoir de l'influence sur le prix par ses seuls agissements? Le produit est-il homogène, c'est-à-dire qu'il présente les mêmes caractéristiques? Les libéraux considèrent que lorsque la réponse à l'une des questions que je viens d'énumérer est non, l'État doit intervenir.

En fait, ce ne sont pas les libéraux ou les libertariens qui considèrent que l'État dans intervenir dans ces cas, mais bien les interventionnistes!

On comprend mieux pourquoi M. Hubert considère que son parti est vraiment libéral si c'est ainsi qu'il définit le libéralisme. Je ne relèverai pas tous les autres points qui posent problème dans ce texte. Je ne peux que conclure que nous avons beaucoup d'éducation économique et philosophique à faire pour bien faire comprendre les fondements du libéralisme, y compris chez ceux qui croient le défendre au Parti libéral du Québec…

Commentaires

J'ai bien l'impression qu'au Canada le terme libéral signifient de plus en plus la même chose que ce que le terme libéral signifie au États-Unis, bref un nouveau synonyme pour dire gauche. De voir marché et démocratie confondu, de voir liberté individuelle et poids de la majorité confondu aussi facilement par une personne représentant un parti politique n'est pas seulement grossier tant qu'à moi, c'est terrifiant.

Heureusement, le PLQ applique son "pouvoir de marché" sur des sottises insignifiantes comme les pneus d'hiver et les cellulaires. Au moins il garde le navire québécois fermement dans la même direction, celle de l'absurdité. Si c'était pas que j'étais pogné sur un territoire soumis à leur lois je trouverais ça drôle.

Et dire que Super Résistant se plaint du manque d'articles!

Si un libéral étatiste a été publié ici (pour mieux le critiquer certes mais quand même), un grand libertarien chevronné comme Super Résistant va certainement être publié!

Pour ne plus se confondre dans les définitions de "libéral":

http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2008/04/02/quelques-precisions-sur-les-termes/

http://www.quebecoislibre.org/philo1.htm

Le PLQ a de libéral ce que Federal Express a de fédéral: Que le nom.

Le PLQ, ce sont des étatistes. Ce sont eux qui ont créé les CLSC, ce sont eux qui augmentent les impôts, qui ont voté la loi communiste Anastasia. Ils ont gonflé l'appareil étatique.

Tout les partis du québec sont des étatistes. Les libertariens ne devraient pas s'impliquer dans les partis politiques. Il devraient véhiculer leur message par des manières alternatives.

Bon billet, merci M. Masse de répondre directement à la lettre, ça nous aurait éviter de le faire un par un. Elle contient beaucoup de sophisme et relève un peu de l'utopie. Elle s'accorde parfaitement avec ma vision du PLQ : des interventionnistes qui se disent libéraux mais ne croient pas plus au marché que les péquistes.

Désolé M. Hubert mais votre idéologie ne colle absolument pas au libertarianisme, l'opportunisme politique n'y a pas sa place. Je souligne que l'ADQ ne fait pas mieux, il le fait simplement différemment. La sphère politique québécoise me déçoit... mais ce qui me décourage complètement c'est la population qui se complaît dans un "pas dans ma cour", quand que les politiques coercitives ne nous touchent pas on s'en CALICE. (par exemple quelqu'un me disait l'autre jour que la répression des fumeurs c'est correct puisque c'est pas bon pour eux anyway - on peut-tu avoir plus fasciste et liberticide?)

De telles critiques, il vaut mieux en rire qu'en pleurer...

Mathieu Hubert

Avec une telle réponse, vaut mieux comprendre que vous êtes sans mots!
Donc à mes yeux sans le moindre argument. :)

@ Mathieu Hubert

Plutôt que rire ou pleurer, vous devriez en profiter pour vous instruire un peu plus sur ce site et constater que le libéralisme a une longue tradition intellectuelle qui remonte à bien avant Ryan.

La prémisse de base des intellectuels étatistes est que nous - CONtribuables - sommes un troupeau de moutons et que l'État est notre berger. Les socialistes étatistes et les libéraux étatistes du PLQ ne diffèrent que parce que les uns croient que les moutons produisent plus de laine lorsqu'ils sont attachés, alors que les autres croient qu'ils produisent plus de laine détachés mais dans un champ bien électrifié.

Cela n'a rien à voir avec le vrai libéralisme, qui part d'une prémisse tout autre: les individus sont souverains et donc pas des moutons.

Ma vision des libéraux actuels (on s'entend pour dire ques les "anciens" auraient vomi sur ceux qui s'appellent libéraux aujourd'hui, autant fédéraux que provinciaux) est plutot simple :

Lie. Libel. Lieberal.

À chaque fois où j'ai vu agir ces interventionistes de malheur, je ne les ais vu que réduire toujours plus mes droits et libertés.

Pour ne donner qu'un exemple, je subis tout comme Mat les effets de cette maudite loi anastasia.

@Mathieu Hubert:

Sérieusement, tu crois vraiment à ce que tu as écrit? Voyons honnêtement, la théorie du choix public c'est pas pantoute comparable au libre marché, tout autant que la concurrence parfaite n'existe pas et est surtout indéfendable!

La concurrence est inégale justement parce que des producteurs parviennent à créer à moindre coût et/ou à différencier les produits, la liberté d'agir n'est pas l'équivalent d'avoir la liberté de concurrence uniquement des producteurs équivalents. La "concurrence parfaite" ressemblent plus à une théorie économique égalitariste qu'à une quelconque forme de libéralisme et encore moins de libertarianisme.

Mathieu Hubert écrit:

"Prenez par exemple la proposition de la Commission-Jeunesse du PLQ de privatiser la Société des Alcools du Québec..."

Dans la réalité, rien n'a changé avec la SAQ. Le Parti libéral lui-même ne fait rien pour sa privatisation. Mais l'aile jeunesse l'a proposé...

Une grande victoire pour la libre concurrence.

Et c'est le seul exemple concret qu'il mentionne pour prouver le libéralisme du PLQ. Une proposition des jeunes libéraux...

Les jeunes libéraux sont un groupe qui dit un paquet d'affaires sans conséquence et de temps en temps ça a du sens. Même une horloge brisée donne l'heure exacte 2 fois par jour. Tout le monde se fout d'eux, à commencer par le Parti libéral lui-même.

Ha Ha.

Libéral.

Ca me rappelle l'autre ministre de l'environnement, Beauchamp en vacances sur notre bras à Bali devant une caméra de Radio-Canada dans un décor champêtre exotique nous dire qu'on devrait avoir les mêmes règlementations que la Californie en termes d'émissions de CO2.

Libéral dans le sens gogauchiste ? Oui, le parti Libéral l'est. Libéral dans le sens de "définition d'il y a 100-150 ans" ? Absolument pas.

Les politiciens travaillent pour la compagnie qui les paie: l'État.

Pas d'idéologie impliquée dans tout ce charabia.

Ce qui m'insupporte chez les libéraux québécois, et dans une certaine mesure les libéraux fédéraux (les premiers ont-ils déteint sur les seconds?), c'est qu'ils racontent vraiment n'importe quoi, et ce texte en témoigne. N'importe quoi pour peu que cela puisse rapporter des votes.

D'un parti qui se targue de principes, on s'attendrait à ce qu'il commence par se forger une doctrine, puis qu'il fasse certains compromis pour assurer la base électorale nécessaire. Or, chez les libéraux, la première étape est joyeusement escamotée sous un charabia sans aucune consistance, comme Martin Masse le démontre brillamment ici. Les initiatives les plus aberrantes, au regard de ce que le libéralisme a pu signifier historiquement, sont défendue bec et ongles avec une totale mauvaise foi et un dédain absolu pour la réalité.

Une de ces initiatives récente était la reconduction des crédits d'impôts à l'investissement: prétendre qu'un pousseux de crayon sait mieux qu'un entrepreneur où l'argent doit être investi, c'est d'une absurdité à pleurer, pourtant c'est l'argument implicite auquel se cramponne un ministre comme Raymond Bachand. Il ne lui viendrait jamais à l'idée que la diminution du taux d'imposition des entreprises produirait un résultat autrement plus probant, sans nécessiter le financement d'une bureaucratie pléthorique et, disons le, assez incompétente (on juge aux résultats là).

Non Monsieur Hubert, le gouvernement libéral ne doit sa survie qu'à la profonde névrose des péquistes, et à la mentalité de twit des adéquistes. Si ce gouvernement là avait une opposition digne de ce nom, il y'a longtemps qu'il aurait pris le bord.

Anecdote: J'habite dans le quartier de Bourget, dans l'est de Montréal, où aura lieu une élection partielle le 12 mai prochain. Des organisateurs de la candidate du PLQ, Lyn Thériault, viennent de sonner à ma porte (nous sommes samedi après-midi) pour tenter de me convaincre de voter pour elle.

Je leur dis que je ne voterai pas, que je ne me reconnais dans aucun des partis, et après une série d'échanges où j'explique que je dirige justement un magazine sur Internet qui défend le libre marché, l'un d'eux me demande "Qu'est-ce que vous voulez dire au juste par le libre marché?"

Ben voilà, c'est justement ce que je disais, non seulement vous êtes des interventionnistes comme les autres, mais vous ne savez même pas ce qu'est le libre marché!!! Son collègue, un peu mieux informé, lui a dit que ça signifiait s'opposer à la réglementation de l'État, a bien vu qu'il ne servait à rien de tenter de me convaincre, et a mis fin à la discussion en posant des questions sur notre maison.

Voilà où nous en sommes: des militants du Parti libéral qui ne savent même pas ce que signifie le mot "libéral".

I want to make something perfectly clear: no party is without its faults.
Look simply at the disapointment with the ADQ, the party that was supposively pro free-market now opposing immigration and since it has to mince its words it all of a sudden does not think so badly of interventionism. I think what Mathieu was alluding to is that the PLQ is probably the most market friendly party, without being anti-interventionist.
All of you need not preach the virtues of Liberalism to me or any of my fellow party members:I know I joined in and exercise my influence as much as I can in favor of a society free of not only government interventionism but social interventionism as well.

It is quite easy to complain about the taste of a soup, but it's another thing to get into the kitchen and work at it.

And it's another thing to force everyone to eat the same soup

Of course, but that's not the point of the metaphor.
I could easily just have talked about clothing and a factory or even desks and Ikea.
If you want to look at my analysis with a subjective lens, so be it, but the idea is that I encourage people, even of other views to get involved and bring in their ideas.

In a classical liberal fashion: Only when all ideas are on the table can the best one emerge.

Classic liberal fashion: Only when all ideas are TRIED the best one emerge. That's the free market principle.

Only when all ideas are on the table can the best one emerge. This is the politic way to approach market problems.

Bonjour à tous,

J’aimerais d’abord féliciter mon ami M. Mathieu Hubert pour le courageux texte portant sur le Parti libéral du Québec publié sur cette page. Bravo aussi à la réplique réalisée par M. Martin Masse, qui a brillamment mis en lumière certaines failles du discours de M. Hubert, ainsi qu’à plusieurs commentateurs qui ont émis des répliques constructives et pertinentes. Plusieurs critiques au texte original m’ont toutefois laissé perplexe, et j’aimerais soumettre à votre analyse quelques réflexions.

Tout d’abord, j’ai cru dénoter, dans plusieurs répliques, un dédain certain par rapport à l’engagement politique, et plus particulièrement par rapport au militantisme dans les partis eux-mêmes. L’accueil populaire auquel se bute généralement l’idéologie libertarienne, laquelle guide vraisemblablement le curseur éditorial de cette page, peut certainement engendrer cynisme, dégoût et désengagement chez ceux qui se réclament de cette idéologie. M. Masse a d’ailleurs subi l’expérience du test populaire des idées libertariennes quand on lui a fait remarquer qu’il « n’irait jamais loin avec des idées comme celles-là ». J’aime à penser que celui dont a émané cette remarque était trop près de la politique de terrain pour être à même de bien observer les lentes mouvances du champs de bataille où se livrent les débats de fond qui révolutionnent, tout aussi lentement, la psyché sociale.

Suggérer toutefois que « les libertariens ne devraient pas s’impliquer dans les partis politiques » relève plus de la peur que de l’opinion politique. Prôner le libertarianisme dans un parti politique, voilà chose difficile; défendre une idéologie à contre-courant, voilà chose ardue; se lever et assumer les idées libertariennes plus loin que derrière son écran d’ordinateur ou sur papier, voilà un défi considérable. Il est extrêmement facile, devant ce dernier, de se renfermer sur ses idées et de jouer au journaliste, à l’intellectuel, plutôt qu’au combattant. Dans tel cas, il devient oh! combien confortable de cracher sur le militantisme pour se conforter dans son choix de ne pas affronter la nécessité du compromis et de l’effort supplémentaire. Mépriser les politiciens revient très exactement à tomber dans le piège de l’antisélection (ou sélection adverse), symbolisée par l’exemple du « marché des citrons » que plusieurs d’entre vous connaissent probablement déjà. Lorsque l’on est insatisfait de l’accueil ou du cheminement particulier de nos idées dans un parti, il devient extrêmement tentant d’abandonner l’action politique et de revendiquer le titre de leader d’opinion, que je respecte humblement. Toutefois, ce faisant, on rend ledit parti encore un peu moins apte à mener de l’avant les idées qui sont les nôtres, et on laisse les autres se charger de son positionnement idéologique. En d’autres termes, si « tout le monde se fout [des jeunes libéraux], à commencer par le Parti libéral lui-même », alors que dire de l’attention populaire et politique que pourra recevoir un commentaire posté sur un une page internet qui reflète une idéologie trop peu défendue dans les partis et qui peine à se frayer un chemin dans l’opinion populaire ?

Véhiculer des messages par des manières alternatives ? Certes. Au regard de certains, toutefois, se contenter d’observer des politiciens discriminer entre tous les messages en espérant que le sien sera sélectionné est trop frustrant, trop absurde.

Aussi, penser qu’un parti politique adoptera les positions qui maximisent le succès de son idéologie présente plutôt que celles maximisant le succès de son idéologie dans le présent et dans le futur révèle une incompréhension profonde du fonctionnement de la politique. En d’autres termes, les positions qu’un parti aura à défendre durant toute sa « vie » sont infiniment plus nombreuses que celles qu’il a à amener au devant de la scène durant un mandat considéré. Il est clair que, devant cette évidence, un parti sera en proie à une épouvantable aversion au risque qui le poussera davantage à tenter de survivre à terme qu’à veiller à l’application d’une quelconque idéologie. En ce sens, l’objectif que doivent se donner les tenants d’une idéologie est double : d’une part, faire concorder cette réalité de survie à long terme avec idéologie présente, i.e. : faire circuler les idées, les défendre et les mener à bout. D’autre part, c’est aussi de faire en sorte que les gouvernements, une fois ces idées bien acceptées, empruntent la voie dictée par celles-ci et non pas celle que suggèrent d’autres idéologues. Sans cette deuxième partie, le libertarianisme est condamné à demeurer le jouet intellectuel de quelques blogueurs/journalistes. Enfin, si ce double objectif ne convient pas à ceux qui rejettent la voie de l’étapisme, alors je dis à ces derniers qu’ils peuvent toujours faire des FLQuistes ou des bolcheviks d’eux-mêmes et prendre les armes, ou bien encore sombrer dans un cynisme qui pourra difficilement leur apporter plus de satisfaction que la bataille politique, je le crois bien.

Ainsi, M. Jean Charest pourrait abolir l’impôt sur le revenu, les taxes, les réglementations et les sociétés d’État : cela aurait pour conséquence de tuer le PLQ et de laisser libre cours à des partis dès lors plus populaires qui n’ont pas des idées aussi… libérales. Le fait est que, au contraire de ce que certains ont souligné, le PLQ n’a pas de « pouvoir de marché ».

« Les jeunes libéraux sont un groupe qui dit un paquet d'affaires sans conséquence et de temps en temps ça a du sens. Même une horloge brisée donne l'heure exacte 2 fois par jour. » Merci pour la bonne dose d’intellectualisme, de rigueur rhétorique et de bonne foi. Au cours de la dernière année, nous avons adopté plusieurs positions qui, je l’espérais, nous donneraient au moins le mérite de la considération de cette page: privatisation de la STM (adoptée par le conseil général du Parti, septembre 2007), privatisation de la SAQ, privatisation des infrastructures routières (adoptée par le congrès des membres du Parti, mars 2008), exportation de l’eau et allégement réglementaire quant à l’eau embouteillée (adoptée au congrès des membres du Parti, mars 2008), allégement du fardeau fiscal et réglementaire des entreprises (adoptée par le conseil général du Parti, septembre 2007). Nous avons reçu nombre d’attaques pour ces positions ambitieuses, mais il est étrange de se faire traiter d’horloge brisée sur ce blog.

En somme, le défi que nous avons est davantage de trouver lequel des partis, en potentiel, est le plus apte, le plus capable de faire avancer l’idéologie libertarienne plus que de trouver celui composé d’un pourcentage suffisamment élevé de fous pour espérer qu’il aille se suicider politiquement. L’idée est de trouver le gant qui nous sied le mieux, de tout faire pour le raccommoder, plutôt que de mépriser tout ce que nous pouvons bien trouver sur le marché.

Aussi, nous pouvons débattre de la question « le PLQ est-il un parti véritablement libéral ? », mais il doit exister autant de définitions du libéralisme qu’il existe de libéraux. De quel libéralisme parlez-vous ? Du libéralisme lockien ? Du libéralisme rawlsien ? Du libéralisme classique ? Néoclassique ? On peut s’obstiner (car obstination ce serait vraiment) à savoir quel libéralisme est le vrai, mais je crains que nous ne ferions que patauger dans un débat du type « mon pénis est plus long que le vôtre, Monsieur ». De la même façon, un joueur d’échecs et un psychiatre auraient beaucoup de difficulté à s’entendre sur la définition du terme « fou ». La question manque donc carrément de pertinence si elle reste posée dans ce cadre aussi flou et en ces termes, et ce manque de pertinence a été reflétée dans nombre de commentaires qui ont tenté de catégoriser le PLQ. J’aimerais, à cet effet, souligner la clarté de la première intervention de M. Masse, qui contourne les ambigüités de définitions et gagne en efficacité grâce à la précision.

Toutefois, M. Masse, je vous félicite moins pour votre rapidité à déclarer ignorant quelqu’un vous demandant ce qu’est le « libre-marché ». Si vous définissez « libre-marché » comme étant un marché où l’État n’intervient pas, alors soit : je devrai alors vous demander ce que vous entendez par « liberté », car en associant « libre » et « absence de l’État », vous posez une hypothèse importante. En effet, deux questions devront alors être répondues : A) est-il concevable qu’un marché ne soit pas libre mais que l’État soit tout de même absent et B) est-il concevable qu’un marché soit libre et que l’État intervienne tout de même. Supposons une société fictive, composée de 20 habitants ; ceux-ci décident de s’unir par voie contractuelle (disons en coopérative) pour diminuer les coûts de transaction liée à la production d’un seul bien, le blé, et organiser l’irrigation. Supposons que cet État-coopérative décide d’acheter à l’un de ces habitants 10 des 20 seules pioches qu’il possède, de sorte que l’intervention se fait ressentir immédiatement sur le marché des pioches (disons via les prix). Le marché des pioches est-il libre ? Je serais tenté de répondre oui : il est donc concevable de répondre par l’affirmative à la question B). D’autre part, supposons une société fictive composée d’une firme et de 4 habitants. La firme produit du méthane qui réduit considérablement l’espérance de vie des 4 autres habitants. Le marché de l’air pur est-il libre ? Je serais tenté de répondre non, et donc de répondre par l’affirmative à la question A) également (un partisan de Coase pourrait ici rétorquer qu’il y a absence du marché de l’air pur : je répondrais que puisqu’il est absent, alors en aucun cas nous ne pourrions dire de lui qu’il est « libre »). Il est très facile de trouver d’autres exemples du type : je vous invite à soumettre les propres vôtres sur cette page. Je crois qu’une multitude de facteurs entrent en ligne de compte au moment d’analyser la situation d’un marché donné : le « libre-marché », comme la « concurrence parfaite », sont des vues de l’esprit et servent de cas d’école plus que d’outils pour comprendre la vie courante.

Étant militant de la Commission-Jeunesse du Parti libéral et économiste, je vous relance la question, en toute humilité : qu’est-ce qu’un libre-marché, selon vous ? J’espère que vous pourrez compléter mon « éducation économique et philosophique », M. Masse . Dans le cas contraire, j’espère que nous pourrons en discuter et arriver à un résultat concluant. D’ailleurs, puisque je milite également à temps partiel dans Bourget, si vous y consentez, je me ferai un plaisir de revenir sonner à votre porte pour vous convaincre des raisons qui me poussent à croire que le Parti libéral du Québec est le parti qui constitue, pour moi, le gant le plus adapté… quoique peut-être encore un peu large ;).

Bonne analyse à tous, et j’espère un débat franc.

À plus tard.

Sur le site des jeunes libéraux on voit que la seule prise de position des 5 derniers mois c'est un appui à un contrôle gouvernementale des frais d'éducation post-secondaire de Courchesne. Désolé de pas partager ton admiration pour l'aspect libéraliste de ce groupe.

Et quand on regarde concrètement ce que fais le parti, tu as très bien résumé, il suit la vague en fonction d'être réélu. Par conséquent la meilleure façon de changer la politique est de changer la société et ensuite les politiciens suivront pour être réélu. Passer voir les politiciens en espérant qu'ils changeront si c'est pas payant en vote c'est rêver en couleur.

La politique c'est la dernière vague, sont à la traine du reste de la société. Que ce soit le PLQ ou un autre y change rien. S'impliquer en politique, à part au moment que les politiciens sont prêts à changer parce que c'est rendu impossible de continuer le statu quo, perte de temps.

@ Julien,

Je ne m'attends pas à ce que le gouvernement abolisse "l’impôt sur le revenu, les taxes, les réglementations et les sociétés d’État". Vous avez raison de dire que dans le marché politique actuel, ce serait une politique suicidaire. Mais vous discutez de stratégie étapiste pour y arriver. Il est clair que si nous allons dans cette direction, ce sera par étape (à moins d'un cataclysme quelconque). Toutefois, comme je l'ai expliqué ailleurs, c'est en gagnant des esprits, et non des votes par le militantisme politique, qu'on aura selon moi le plus de chance de progresser dans ces étapes.

Un parti politique, comme vous en témoigner, doit se positionner au sein de l'opinion publique telle qu'elle est. Sauf circonstances exceptionnelles, faire avancer des idées libertariennes au sein d'un parti ou d'un gouvernement ne donne pas grand-chose - j'en ai fait l'expérience à deux reprises déjà. Même si les libertariens étaient extrêmement influents au sein du parti, ça ne changerait rien s'il n'y a pas de place pour ces idées dans le marché politique en général. Par contre, en multipliant le nombre de blogueurs, journalistes, penseurs, économistes, entrepreneurs, etc., bref, de faiseurs d'opinion qui comprennent et partagent au moins en parti ces idées, nous aurons éventuellement un impact sur l'opinion publique. Et les politiciens, sentant le vent tourner, vont répondre à cette demande politique en les adoptant aussi.

Je respecte tout de même ceux qui cherchent à faire avancer ces idées dans les partis - en autant qu'ils ne tentent pas de nous faire croire que l'interventionnisme, c'est du libéralisme. Rawls n'est pas un libéral, c'est un social-démocrate. On pourrait discuter des détails longtemps, mais quand je parle de libéralisme véritable, je pense de ce qu'était par exemple le Parti libéral au 19e siècle, et jusqu'à Taschereau: parti en gros de la libre entreprise, du libre-échange, d'un État minimal qui ne cherche pas à planifier l'économie, à régler tous les problèmes du monde avec des réglementations et des programmes bureaucratiques, et à dire aux citoyens comment vivre. C'est tout le contraire du Parti libéral d'aujourd'hui, bien que la Commission jeunesse ait adopté quelques décisions judicieuses pour lesquelles je fécilite ses membres.

Qu'est-ce qu'un libre marché? Je ne vois pas très bien ce qu'il y a de controversé dans cette notion. Un marché où les droits de propriété sont respectés et où transactions se font uniquement sur une base volontaire. Point à la ligne. Le rôle de l'État, si État minimal il y a (dans une société anarcho-capitaliste, des firmes privées s'en occuperaient) est simplement de faire respecter les contrats et de punir ceux qui agressent la propriété des autres.

Les deux exemples que vous suggérez ne réfutent rien du tout. Le premier n'a rien à voir avec un État qui intervient. Le marché des pioches reste en effet libre, parce qu'un "État-coopérative" composé d'individus qui "décident de s’unir par voie contractuelle" n'est tout simplement pas un État, c'est une association privée. Comme je l'ai souvent répété, il y aurait de la place dans une société libertarienne même pour des communistes qui veulent se rassembler sur un territoire, mettre tout en commun et se taxer à 100% (comme dans les communes des années 1970 ou les kibboutzim). Tant que ce sont des rassemblements volontaires, nous sommes dans une société libre.

Dans votre deuxième exemple, on ne peut pas non plus parler de marché libre puisque comme vous le soulignez, il n'y a pas de marché. Pour une raison bien précise: l'État a nationalisé l'air et la plupart des ressources naturelles et empêche l'émergence d'un marché et le développement d'une jurisprudence pour éviter les conflits liés à l'environnement. Il est donc faux de prétendre comme vous le faites que l'État est absent. Si vous lisez sur l'histoire de la réglementation environnementale (voir ce petit article de Pierre Desrochers dans le premier numéro du QL: http://www.quebecoislibre.org/980307-4.htm ), vous sauriez que les citoyens pouvaient auparavant avoir recours à la loi pour se protéger contre la pollution. Voilà une solution qui se fonde sur les droits de propriété, le principe de non-agression, et qui est donc représentative de l'idéal du libre marché.

Un concept qui, contrairement à ce que vous dites encore une fois, n'est pas simplement une "vue de l'esprit". La concurrence parfaite, oui: c'est une impossibilité théorique. Pas le libre marché, qui a déjà existé et qui existe encore dans une large mesure dans certains secteurs (évidemment, l'État intervenant dans TOUT, c'est difficile à déterminer!). Je m'attendrais vraiment à ce qu'un militant dans un parti qui véhicule cet héritage libéral sache de quoi il s'agit.

Contrairement à l'impression que mes propos cinglants et radicaux laisse parfois, je suis quelqu'un de très "modéré" et pragmatique sur le plan stratégique. Sinon, je n'aurais pas travaillé sept ans à l'IEDM et je ne serais pas allé à Ottawa pour contribuer aux réformes de télécommunications du ministre Bernier. Je suis prêt à donner la chance aux coureurs et même à féliciter et encourager ceux qui cherchent vraiment à aller dans le bon sens (=celui d'une réduction de l'État évidemment). Mais je ne supporte pas l'hypocrisie, les tentatives de manipulation, ni la suffisance de tous ces illettrés économiques et ces petits personnages minables sur un power trip qui nous imposent leurs solutions coercitives débiles et pensent ainsi contribuer au "bien collectif" (je pense à vos ministres Courchesne, Bachand, Couillard, etc.).

Je serai prêt à admettre que le Parti libéral se rapproche d'un parti véritablement libéral quand je sentirai une véritable volonté, même ultra prudente et modérée, de réduire le rôle et la taille de l'État au lieu de l'accroître. Pour le moment, je suis désolé mais je ne sens rien du tout de tel. Ni M. Hubert ni vous-mêmes n'avez d'exemples concrets à nous donner pour démontrer que c'est le cas, après cinq ans de pouvoir. Notre travail de diffusion des idées libertariennes vous permettra peut-être d'avoir plus d'influence dans un futur gouvernement libéral en 2025, et alors nous serons peut-être plus indulgents, c'est en tout cas ce que je souhaite...

@ Julien

En effet, vos exemples n'ont pas de sens. Vous avez sûrement étudié l'économie à l'université pour être si confus. La réponse à vos questions est NON et NON.

Une coopérative n'est pas un état tant qu'on est libre de la quitter. Si la coopérative laisse le vendeur de pioches demander le prix qu'il veut, il n'y a pas d'intervention agressive. Si les 19 décident d'exproprier les pioches par les armes, c'est une intervention. C'est simple! Intervention = agression.

L'exemple du méthane est rigolo, le méthane n'est même pas un gaz toxique, alors comment peut-il affecter l'espérance de vie? De plus, s'il n'y a une firme et 4 habitants, à qui peut bien appartenir la firme sinon qu'au 4 habitants??? En tout cas, admettons que la firme est à un 5e. Sans état, les 4 autres auraient pu s'opposer aux émissions de méthane au moment où l'usine a débuté, ou se négocier ce que j'appelle une servitude pour émissions. Pour qu'il y ait pollution, il faut d'abord un état pour le permettre.

@ Martin Masse,

Les deux exemples avaient plutôt pour fin de montrer l’étroitesse*** de la notion de « liberté » dans le terme « libre-marché » que vous utilisez. Il est clair que si nous définissons, au départ, la « liberté » comme étant une « absence d’État », comme vous l’avez fait me semble-t-il en définissant vous-même le libre-marché comme « un marché où les droits de propriété sont respectés et où transactions se font uniquement sur une base volontaire [et où le rôle de l’État] est simplement de faire respecter les contrats et de punir ceux qui agressent la propriété des autres », alors il n’existe aucune ambiguïté sur ce à quoi vous faites allusion. Il est clair que la définition que vous accordez à l’expression « libre-marché » nous apparaît comme évidente, puisque nous utilisons un langage semblable (dans le cas présent, celui du libéralisme, pourrions-nous dire). J’ai très bien compris ce à quoi vous vous référiez ; je crois plutôt que le débat porte sur votre impression que le terme « libre-marché » se prête mal à un exercice de définition, ce à quoi je m’oppose.

***Note : je ne vous accuse en rien d’un manque de rigueur ou de précision : seulement, je souhaite attirer votre attention sur le fait que l’utilisation d’une expression comme « libre-marché » appelle très certainement à la réduction d’une idée aussi large que celle de la « liberté ».

La liberté, à mon sens et au sens de plusieurs penseurs libéraux, ne se limite certainement pas aux sphères économique et politique. Si vous définissez la liberté, dans un marché ou ailleurs, comme « l’absence d’un État », alors il vous faut le préciser et expliquer pourquoi vous qualifiez ainsi la « liberté » si vous avez de bonnes raisons de penser que la personne à qui vous vous adressez (ici : le militant du PLQ) pourrait donner au mot « liberté » un sens plus large (ou voire complètement différent). De même, rien ne vous permet de revendiquer la possession de la définition de la liberté ; et même si vous en aviez une idée très exactement parfaite, alors rien ne vous permettrais de soutenir que cette même idée que vous avez correspond exactement au terme « liberté » qui est utilisé par tous les autres, lesquels entretiennent certes une vision différente de la définition du terme.

Ainsi, si je puis me permettre d’utiliser cette image grossière, vous vous opposez à ce qu’un groupe de citoyens forment un État (volontairement ou non) pour réguler, par exemple, l’offre d’un marché (via taxes, perquisitions ou pire encore), ou, du moins, vous considérez qu’un tel acte vient à l’encontre de la notion du « libre-marché ». Or, un libéral classique à la Smith, comme vous l’aviez souligné dans votre réplique à M. Hubert, pourrait également penser qu’un groupe de producteurs s’alliant pour former un cartel prédateur à l’égard des firmes potentiellement entrantes constitue également une entrave à la « liberté » du marché (puisque des producteurs potentiels sont privés de la participation au marché disons), et ce même libéral classique aurait une définition différente de la vôtre du « libre-marché ». J’ose à peine utiliser un exemple où je remplacerais « libéral classique à la Smith » par « socialiste », par exemple : les définitions divergeraient d’autant plus. Aussi, quand vous utilisez l’expression « libre-marché », il est tout naturel de vous demander très exactement ce à quoi vous faites référence.

Ce à quoi je m’opposais, ce n’était pas votre vision de la notion de libre-marché ; un tel débat serait plutôt futile. De la même manière, si nous possédions deux définitions distinctes du mot « chaussure », nous pourrions nous obstiner sur la véritable nature du terme : il suffirait alors de poser comme axiome que l’un des deux a raison pour pouvoir discuter normalement en utilisant des termes communs et mutuellement compréhensibles. Ce que je défendais, c’est que vous demander une précision par rapport au terme « libre-marché », comme l’a fait le militant libéral, n’était pas inutile, bien au contraire.

« Je respecte tout de même ceux qui cherchent à faire avancer ces idées dans les partis - en autant qu'ils ne tentent pas de nous faire croire que l'interventionnisme, c'est du libéralisme. » - M. Masse

Malheureusement, non seulement pourraient-ils être tentés de vous le faire croire, mais encore vous retrouveriez-vous dans une bien fâcheuse situation s’il vous était donné le devoir de prouver le contraire (non pas que je doute de vos capacités à argumenter ; elles sont très fines : seulement, encore ici, le terme « libéral » est un mot inventé par l’esprit, aussi pouvez-nous l’associer aléatoirement à telle ou telle doctrine. L’idée, pour se comprendre, est de se référer à la même !). Le « libéralisme » est une doctrine historiquement très vaste, comme vous l’avez souligné plusieurs fois. Prétendre que le libéralisme est la doctrine « de la libre entreprise, du libre-échange, d'un État minimal qui ne cherche pas à planifier l'économie, à régler tous les problèmes du monde avec des réglementations et des programmes bureaucratiques, et à dire aux citoyens comment vivre » est peu précis, à mon sens, puisqu’il est généralement admis que les Rawls et les S. Mill font également partie de la catégorie des « libéraux ». Si vous voulez parler d’un libéralisme « véritable », comme vous dites, et ainsi écarter ces penseurs, alors il vous faut expliquer votre conception de ce « libéralisme véritable » pour éviter les – légitimes – confusions entourant l’utilisation du terme. Ici, le mot « libertarianisme », je le crois bien, vous évite ce pénible exercice de définition, et permet à tous de savoir très précisément à quoi vous pensez (si tant est qu’il n’existe pas de définition alternative du mot qui fasse qu’on peut encore se mélanger). En somme, l’important, ce n’est pas tant ce qu’est le libéralisme ou le « libre-marché » : l’important, c’est de comprendre très exactement ce que vous voulez qu’on comprenne quand vous utilisez ces termes.

(Pardonnez-moi pour les 2 exemples sur le « libre-marché » qui n’ont peut-être pas su mieux expliciter cette pensée. Je demande pardon aussi pour la lourdeur du texte.)

« […] Mais je ne supporte pas l'hypocrisie, les tentatives de manipulation, ni la suffisance de tous ces illettrés économiques et ces petits personnages minables sur un power trip qui nous imposent leurs solutions coercitives débiles et pensent ainsi contribuer au "bien collectif" ».

À mon sens, M. Masse, voilà ce qui motive mon implication en politique. Changer les esprits est une tâche ardue, tout autant que celle du politicien, je le pense : je vous félicite pour votre véritable travail de prosélyte du libéralisme. Mais je crois – vous me corrigerez si j’ai tord – que si les politiciens ne faisaient que « suivre la demande sur le marché politique », vous ne vous soucieriez pas tant de leur hypocrisie ou de leur suffisance ;).

« Je serai prêt à admettre que le Parti libéral se rapproche d'un parti véritablement libéral quand je sentirai une véritable volonté, même ultra prudente et modérée, de réduire le rôle et la taille de l'État au lieu de l'accroître. Pour le moment, je suis désolé mais je ne sens rien du tout de tel. » Je crois aussi que vous citez quelques points de la plate-forme ne vous convaincrais guère davantage. Je respecte votre choix de ne pas voter, comme vous respectez le courage dont ont fait montre les militants de la Commission-Jeunesse avec leurs propositions. En attendant 2025, il est de notre devoir de vous montrer que vous avez toutes les raisons de devenir plus indulgent envers le PLQ.

@ Bastiat

Vous n’avez sûrement pas dû étudier – l’économie – à l’université pour vous attarder autant aux détails inutiles et négliger autant l’essentiel. Les réponses à mes questions ne sont pas nécessairement NON et NON.

A) On considère généralement que la seule présence de l’État sur un marché (via l’achat de biens, par exemple, ce que j’avais tenté de monter en supposant que l’État achetait la moitié des pioches) constitue une intervention. L’équation « intervention = agression » est fausse : si tel n’était pas le cas, nous n’aurions pas inventé deux mots différents. « Une coopérative n'est pas un état tant qu'on est libre de la quitter. » Soit. Alors imaginez-vous le marché des pioches au jour 1, tel que je l’ai décrit dans ma première intervention (on parle donc de « libre-marché » au sens où vous l’entendez probablement et au sens où l’entend M. Masse). Maintenant, imaginez-vous, au jour 2, que les citoyens n’ont plus la possibilité de quitter la « coopérative » (qui se change en dictature) mais que rien ne change sur le marché des pioches ni sur les autres marchés (en d’autres termes, sur le plan économique, la situation reste stable). Refaites maintenant l’exercice.

B) D’abord, des réponses à vos questions.
« L'exemple du méthane est rigolo, le méthane n'est même pas un gaz toxique, alors comment peut-il affecter l'espérance de vie? » … Si c’est ce qui vous empêche de comprendre l’exemple, alors remplacez « méthane » par « gaz toxique ». Ça devrait aider.
« De plus, s'il n'y a une firme et 4 habitants, à qui peut bien appartenir la firme sinon qu'au 4 habitants??? » … Encore une fois, si c’est ce qui vous empêche de comprendre l’exemple, alors imaginez qu’elle appartient à l’un d’entre eux, ou qu’elle est une « personne morale » autosuffisante.
« En tout cas, admettons que la firme est à un 5e. » Faites donc.

« Sans état, les 4 autres auraient pu s'opposer aux émissions de méthane au moment où l'usine a débuté, ou se négocier ce que j'appelle une servitude pour émissions. » Merci pour le bref rappel du théorème de Coase. Supposez ici que les coûts de transaction sont tels que les citoyens perdent à négocier par rapport à ce qu’ils perdent initialement en laissant la firme polluer l’air. Supposez que sur cette île, il n’existe aucun État, et qu’avant l’avènement de la pollution, aucun droit de propriété n’avait été octroyé sur l’air. Le marché de l’air est-il libre ? Ici, les 4 citoyens, je le crois, ne sont pas en mesure de conclure des contrats, même sur une base volontaire. On pourrait argumenter que l’impossibilité des citoyens d’accéder au marché de l’air pur constitue une entrave au principe de « libre-marché » (celui-ci étant de fait monopolisé par la firme, au détriment des citoyens), dépendamment de la précision de la définition qu’on accorderait au terme dans un cas aussi peu commun…

« Pour qu'il y ait pollution, il faut d'abord un état pour le permettre. » Douteuse affirmation. Monde sans État = monde sans pollution ? Soyons sérieux…

@Julien G:

"Lorsque l’on est insatisfait de l’accueil ou du cheminement particulier de nos idées dans un parti, il devient extrêmement tentant d’abandonner l’action politique et de revendiquer le titre de leader d’opinion, que je respecte humblement."

Selon moi, la corruption et l'anti-libertarisme est inhérent aux partis et aux lignes de partis et de parler de libertarisme et de partis en même temps relève de la contradiction pure et simple. On ne peut combattre un cheval de Troie si l'on est prisonnier à l'intérieur de se dernier pas plus qu'on ne peut éteindre un feu avec plus de feu.

Il est possible en étant libertarien par contre de ne pas adhérer à un parti politique et de devenir député indépendant, peut-être monsieur Massé pourrait être le prochain à réussir ce tour de force après André Arthur dans Portneuf?

Et ça sert à quoi un député indépendant? Il n'a aucun pouvoir sur quoi que ce soit.

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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