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14 mai 2008

Le litre d’essence à 1$ (sans les taxes)

par Gilles Guénette

GaspompeLCN: La hausse du prix de l'essence continue de soulever la colère chez les consommateurs. Plusieurs se demandent si les gouvernements ne devraient pas diminuer le montant des taxes qu'ils perçoivent. En décortiquant les prix à la pompe, lorsque l'on paye 1,39$ le litre, on constate qu'environ 40 cents vont aux gouvernements. Avec les hausses de prix depuis un an, on constate que les gouvernements collectent entre 2 et 3 cents de plus par litre d'essence. […] L'Association québécoise des indépendants du pétrole croit que c'est le prix du brut qui devrait faire l'objet de critiques. Pas les taxes qu’imposent les différents paliers de gouvernement. Elle suggère que les profits des pétrolières soient davantage taxés.

Les consommateurs ont beau se questionner, les gouvernements n’ont pas l’intention de broncher. «Chaque hausse de cinq cents du prix de l'essence coûte 6,1 M$ au gouvernement, car nous aussi on est consommateurs d'essence, souligne le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard. Notre grande crainte était aussi que les pétrolières profitent d'une baisse de taxes pour empocher plus. On ne voulait pas leur faire ce cadeau.» «Monique Jérôme- Forget n'a pas l'intention d'abaisser la taxe sur les carburants, tranche l'attachée de presse de la ministre des Finances, Catherine Poulin. Financièrement, on ne peut pas se le permettre.» Le Parti québécois croit, lui aussi, qu'une baisse des taxes serait futile. «L'espace libéré serait rapidement pris par les grandes pétrolières pour s'en mettre plein les poches», croit le porte-parole en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault.

Il semblerait que ce ne soient pas uniquement les grandes pétrolières qui «s'en mettre plein les poches», comme disait l’autre: les gouvernements aussi. Selon Le Journal de Montréal, «le gouvernement québécois applique une taxe sur les carburants de 15,2 cents le litre d'essence en plus de la TVQ. À un prix de 1,39 $ le litre, comme c'est le cas actuellement à Montréal, Québec tire donc 25 cents par litre pompé – et à ce total s'ajoute 1,5 cent de taxe perçue par Québec pour le compte de l'Agence métropolitaine de transport. […] En plus de frapper l'essence de 5 % de TPS, le gouvernement fédéral perçoit 10 cents par litre avec la taxe d'accise sur l'essence.» Et ce n’est rien, le plan du chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, d’imposer une taxe sur le carbone ferait monter le prix de l’essence à la pompe à plus de 2,25 $ le litre...

12 mai 2008

Les riches ne paient pas d'impôt. Vraiment?

par Martin Masse

Rich Dans La Presse de samedi dernier, le chroniqueur financier Michel Girard présente des données intéressantes sur qui payait combien d'impôt au Québec en 2005. Des données qui viennent contredire le mythe qu'on entend parfois (mais bien moins souvent me semble-t-il qu'il y a une ou deux décennies, depuis que le chiffre de 40% des contribuables qui ne paient pas d'impôt à cause de revenus trop modestes est devenu largement connu) selon lequel les riches ne paient pas d'impôt.

En fait, les «riches» — ceux qui ont un revenu de 100 000$ et plus — et la classe moyenne paient beaucoup d'impôt, une proportion démesurée en fait des recettes totales en impôt des deux ordres de gouvernement par rapport à leur poids au sein de la population.

Il y a au Québec 5,8 millions de contribuables, c'est-à-dire de gens qui font une déclaration de revenu, qu'ils soient salariés à temps plein ou étudiants travaillant à temps partiel, retraités ou ménagères déclarant quelques revenus de placement. Si l'on divise cette population en trois groupes, ceux qui font moins de 50 000$ par année, ceux qui font de 50 000 à 100 000$, et ceux qui font 100 000$ et plus, on observe les proportions suivantes (j'ai arrondi les chiffres):

Catégorie                 nombre de personnes           % des contribuables           % des impôts payés
0 à 50 000$                      4 800 000                                   82                                       33
50 000 à 100 000$             871 000                                     15                                       38
100 000$ et plus               169 000                                      3                                        29

Les 3% des contribuables qui ont un revenu de 100 000$ et plus paient donc presque autant d'impôt sur le revenu au total, soit près du tiers des recettes de Québec et d'Ottawa, que les 82% qui font moins que 50 000$ par année. Et comme le souligne Michel Girard, «pour être vraiment "équitable" envers notre noyau des 169 000 contribuables fortunés, il faut préciser que, en fin de compte, ils versent plus d'impôts que les 4,8 millions de contribuables à revenu plus faible. Pourquoi? Parce que ces contribuables se sont partagé plus de 2 milliards de dollars d'aide financière directement versée par l'entremise de programmes gouvernementaux destinés majoritairement aux gens à plus faible revenu, comme le soutien aux enfants, les crédits de TVQ et TPS, la prestation fiscale pour enfants, etc.»

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09 mai 2008

Les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent. Vraiment?

Mnply_3 Il y a une semaine, Statistique Canada publiait une étude qui a fait couler beaucoup d'encre dans les médias. Elle semblait confirmer, encore une fois, le cliché marxiste qui veut que «l'écart entre riches et pauvres s'est beaucoup accru au pays», comme le titrait Le Soleil parmi tant d'autres.

Hier, deux de mes ex-collègues de l'Institut économique de Montréal ont répliqué à cette interprétation mensongère qui fait l'affaire de ceux qui veulent toujours plus d'impôt progressif et de programmes étatiques pour redistribuer la richesse. Le texte publié dans La Presse du président du Conseil du patronat du Québec, Michel Kelly-Gagnon, est reproduit ci-dessous. Celui de la chercheuse associée de l'IEDM et chroniqueuse au Journal de Montréal, Nathalie Elgrably-Lévy, peut être consulté ici.

MM

      

Des chiffres trompeurs

Michel Kelly-Gagnon

Des données alarmistes publiées par Statistique Canada ont permis à de nombreux médias de clamer, encore une fois, le 1er mai, que «les pauvres s'appauvrissent et les riches s'enrichissent».

Selon cette étude, le salaire médian des Canadiens, en dollars ajustés pour tenir compte de l'inflation, n'aurait augmenté que de 53$ de 1980 à 2005. Les 20% les plus pauvres n'auraient même pas bénéficié de cette maigre augmentation, puisque leur salaire réel aurait diminué de 20% pendant cette même période. Les 20% les plus riches quant à eux auraient vu leur salaire s'accroître de 16%.

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07 mai 2008

Le cas Rosa Parks, ou Comment c'est l'État qui est le véritable responsable de la discrimination

par Martin Masse

Dans un fil de discussion précédent sur le droit de discriminer, un visiteur qui s'identifie comme virtualfred écrit ceci :

Faites un retour dans le temps avec Martin, revenez à l'époque de l'apartheid et de la ségrégation. Ce que vous suggérez Martin, ce n'est ni plus ni moins qu'une ligne d'autobus qui laisserait le plein droit à son proprio de faire asseoir les blancs devant et les noirs derrière. Vous connaissez Rosa Park? La société évolue, mais certains éléments sont à la traine.

Rosaparks Voilà le genre de propos démagogiques de la part de bien-pensants ignorants auxquels on s'expose quand on s'attaque aux politiques officielles d'ingénierie sociale de l'État. Cet individu, qui n'a manifestement pas la capacité intellectuelle d'analyser un texte où sont exprimées des idées complexes, prétend qu'en dénonçant la discrimination officielle que l'État pratique aujourd'hui, je propose de revenir à la discrimination officielle que pratiquait l'État il y a plusieurs décennies.

Le plus drôle est que sur son blogue qui s'intitule Erratum et dont le slogan est «Quand une correction s'impose», on comprend que virtualfred est l'un des deux «scientifiques dans des domaines de recherche fondamentale» qui se sont donné pour mission de «mettre en évidence des erreurs et de trouver des moyens de les corriger. En surfant sur les blogues, en regardant les nouvelles télévisées, en lisant le journal du matin, les auteurs du blogue décèlent des erreurs et les corrigent. Il s'agit d'erreurs d'argumentation, de jugement, de pensée, de protocole, etc.»

Ah ah ! Crampant.

Refaisons donc un petit récapitulatif. Ma position est que l'État ne doit pas lui-même discriminer ni imposer aux organisations et aux individus de discriminer, puisque cela implique d'utiliser son pouvoir monopolistique pour favoriser certains groupes de citoyens aux dépens d'autres. Dans la mesure où chacun a un droit fondamental de faire ce qu'il veut avec son corps et sa propriété, et conséquemment de s'associer ou non avec qui il veut, la discrimination privée est toutefois une réalité incontournable. L'État ne doit pas l'empêcher puisqu'en interdisant certains types de discrimination privée, il accorde en fait des privilèges à certaines personnes et réduit la liberté et les droits fondamentaux de ceux qui sont empêchés de discriminer. Dans une société libre, cette discrimination privée n'a de toute façon pas de conséquences très graves, puisqu'il est facile de la contourner.

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04 mai 2008

Encore une réflexion sur la discrimination

par Martin Masse

«Finalement, ça rejoint étrangement l'histoire de la discrimination au bar, pas vrai?» - Tym Machine

Charte Encore une fois, un commentaire de Tym Machine dans le fil de discussion précédent sur les règles du blogue m'inspire un billet. En effet, on en revient toujours à la notion de droit de propriété. Le Blogue du QL n'est pas plus «public» qu'un site Web ordinaire, même si je permets à des visiteurs de venir y déposer des commentaires. C'est une publication privée, qui m'appartient, et j'impose mes propres règles aux visiteurs. Je discrimine aussi parmi ceux-ci selon les valeurs et les priorités qui sont les miennes. Ceux à qui ça ne convient pas peuvent aller sur d'autres sites ou lancer leur propre site.

Évidemment, si le gouvernement donnait le pouvoir à un «Conseil de l'Internet» de faire le travail de contrôle et de censure du Conseil de presse, cela aurait pour effet de m'enlever une partie de mon droit de propriété et de nationaliser partiellement le site. Ce conseil pourrait m'ordonner de ne rien publier en anglais dans le QL ou étudier les plaintes de ceux qui disent avoir été victimes de discrimination sur la base de leurs croyances lorsque j'ai effacé leurs commentaires. Les naïfs diront que c'est un scénario exagéré, mais c'est exactement ce que fait l'État avec d'autres types d'organisations, et je ne mettrais pas ma main au feu que les bureaucrates n'essaieront pas d'imposer leur logique «antidiscrimination» sur Internet.

Il faut dire, redire et encore répéter ces explications, parce que nos adversaires, eux, n'ont jamais de cesse de répéter leur propagande. Et celle-ci finit par avoir valeur d'Évangile. Dans l'autre fil de discussion, lutopium écrivait par exemple que «J'ai toujours cru que les bars étaient des endroits publics et, comme tels, devaient respecter les lois, les règlements municipaux et, dans le cas qui nous intéresse, la charte des droits et libertés. L'information contraire amenée par Martin me surprend un peu.» Mais que peut-il y avoir de surprenant dans le fait qu'un bar n'appartienne pas à la collectivité mais à son propriétaire?!! Le fait que des clients se rendent sur place, en même temps, pour jouir du service qu'il offre ne change pas sa nature, qui est la même que celle d'une autre entreprise qui offre ses services à distance.

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03 mai 2008

Un autre rappel concernant les règles du Blogue

par Martin Masse

Traffi Le Blogue a été très actif au cours des derniers jours et nous avons dû effacer de nombreux commentaires qui contrevenaient à nos règles. Un visiteur impertinent qui a laissé plusieurs commentaires sous différents pseudonymes se plaint en s'identifiant cette fois comme «Censure honteuse» que

Pour un blogue libertarien, ça laisse pas vraiment la liberté d'expression aux blogueurs qui souhaitent exprimer leur irritation face à des gens comme lutopium. Finalement, Martin Masse, tu es contrôlant comme ceux contre qui tu luttes.

Comme le lui a répondu avec justesse Jean-Bernard Théard,

Le problème chère Censure honteuse est que ceci est un blogue où l'on discute d'idées et non pas un forum de discussion où l'on peut discuter des membres. Martin ne peut pas permettre de laisser un sujet dégénérer en bataille personnelle entre toi et lutopium. En passant pour ta gouverne, la liberté d'expression appartient au propriétaire du site. Martin Masse serait contrôlant s'il t'empêchait de partir ton propre blogue sur lutopium que tu paierais de ta poche.

Pour ceux qui l'auraient oublié ou qui seraient de nouveaux visiteurs sur ce Blogue, je rappelle donc que les commentaires seront effacés

-s'il s'agit uniquement d'attaques personnelles envers un autre visiteur. Si vous voulez critiquer la position de quelqu'un, faites-le avec des arguments, pas avec des insultes et du bitchage d'adolescents attardés.

-s'il s'agit simplement de babillage superficiel, qui n'apporte aucune information ni argument nouveaux dans la discussion et vise uniquement à mettre votre grain de sel. Ce Blogue n'est pas un chat room pour échanger avec des amis et connaissances. Si vous n'avez rien à ajouter de pertinent, contentez-vous de lire ce qu'écrivent les autres.

-s'ils divergent complètement du sujet du billet. La valeur d'un fil de discussion, pour les milliers de personnes qui le lisent et le liront au cours des années à venir, dépend de sa cohérence par rapport au sujet initial. Si vous croyez avoir quelque chose de pertinent à dire sur un sujet connexe, gardez vos arguments pour le moment où le sujet sera à l'ordre du jour, ou rédigez un billet distinct et soumettez-le nous pour publication.

-s'ils sont remplis de fautes, ou proposent une argumentation confuse et incohérente. Relisez-vous avant de peser sur «poster». Les commentaires écrits tout croche diminuent la valeur d'un fil de discussion et les visiteurs qui passent quelques minutes à tenter péniblement de les déchiffrer sont découragés de lire plus loin. Je passe beaucoup de temps à corriger les fautes les plus évidentes dans les commentaires qui valent la peine d'être conservés, pour faire en sorte que ce site donne une image de qualité et de crédibilité. Mais si vous évitez systématiquement de mettre des majuscules, des points, des accents, et d'accorder vos verbes correctement, ne vous surprenez pas si votre commentaire pas particulièrement lumineux est disparu.

Merci de votre collaboration.

02 mai 2008

Oui au droit de discriminer

Dans le fil de discussion précédent, un lecteur me demande:

Je me demandais quelle serait l'opinion de Martin Masse dans le cas du bar de Longueuil qui avait refusé de servir deux noirs sous prétexte que cela faisait fuir la clientèle. On aura appris que le bar a finalement été condamné à verser une indemnité aux plaignants.

Si on suit la logique de l'établissement privé, le proprio était en droit d'agir ainsi. Cependant, grâce aux lois anti-discrimination, le juge a tranché que le proprio était dans l'erreur de faire ce qu'il a fait. Qu'en pensez-vous? Est-ce un bon parallèle?

Liberte_expression Tout à fait, le principe est le même. Il ne devrait y avoir aucune loi antidiscrimination, puisque cela brime la liberté et la propriété des individus, qui sont les principes fondamentaux qui doivent prévaloir sur tout.

Un propriétaire de bar devrait pouvoir exclure les noirs. Un autre qui s'adresse uniquement aux noirs devrait pouvoir refuser l'entrée aux non-noirs. Je trouve également absurde qu'un imprimeur ontarien ait été condamné il y a quelques années pour avoir refusé de faire des affaires avec un groupe gai. Qu'il déteste ou non les gais est son affaire, son imprimerie est à lui, et les groupes gais n'ont qu'à aller voir ailleurs ou à mettre sur pied leur propre imprimerie. La loi doit protéger la liberté et la propriété de chacun, pas forcer les uns à partager leur propriété avec d'autres contre leur gré, pour quelque raison que ce soit.

Il ne s'agit pas d'approuver ou non moralement ce genre de discrimination, mais d'accepter que dans une société libre, certains feront des choses avec leur corps et leur propriété que nous n'approuveront pas, mais comme c'est à eux, ça ne nous regarde pas.

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Citations

  • « Bientôt, on va demander à l'État de nous tenir la bizoune quand on va aller pisser. Vous trouvez ça normal, vous? Est-ce si dur de se prendre en charge? »

    – Richard Martineau, « La faute aux autres», Le Journal de Montréal, 17/04/2008

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