par Gilles Guénette
On le sait, le sens des mots a tendance à se perdre en ces temps politiquement corrects. Début 2001, Yvon Dionne écrivait ces quelques lignes dans le QL: «…il n'est pas nécessaire que l'État soit totalitaire pour qu'il obtienne un certain succès dans la désinformation, dans la manipulation de l'information à ses propres fins, dans la propagation de messages (à même les impôts payés par tous les payeurs de taxes) pour justifier ses interventions, ses politiques, et pour accorder des privilèges à ceux qui se prêtent à un tel jeu.» Un bel exemple du Newspeak des étatistes se trouve dans le Plan d'action gouvernemental 2008-2013 en matière d'agression sexuelle.
Dévoilé en avril par Québec, on y retrouve la définition officielle de ce qu’est une agression sexuelle. Il s’agit d’«un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne.» Bref, n’importe quoi et son contraire.
Lundi, dans une lettre ouverte publiée par La Presse, Olivia Pelka s’est amusée (façon de parler) à relater l’une des nombreuses fois où elle se serait fait «agresser» sexuellement: «Jeudi dernier, en plein trafic, en pleine chaleur et en plein centre-ville, un chauffeur d’autobus m’a fait un clin d’oeil. Ça m’a fait sourire. Ah le printemps… Dire que je venais de me faire agresser sexuellement! Le clin d’oeil était clairement "à caractère sexuel", il était clairement "sans contact physique", et je n’y avais absolument pas consenti. Dire que ça m’a plus… je dois être drôlement désaxée.»
Comme le soulignait Mme Pelka, à la lumière de la définition officielle de l’agression sexuelle, nous nous sommes tous fait agresser sexuellement à plusieurs reprises dans nos vies. Et pire, nous avons tous agressé sexuellement des dizaines de personnes de notre entourage. Beaucoup de boulot donc pour les hordes d’intervenants et la dizaine de ministères impliqués dans ce vaste plan d’action. C’est à se demander si les 60 millions de dollars qu’entend investir le gouvernement entre 2008 et 2013 pour le mener à bien seront suffisants…



Bien sur que les 60 millions ne seront pas "suffisants"..
Messieurs, Dames..Nous avons un PARFAIT exemple de ce que Ayn Rand nous disait..
"There's no way to rule innocent men. The only power any government has is the power to crack down on criminals. Well, when there aren't enough criminals, one makes them. One declares so many things to be a crime that it becomes impossible for men to live without breaking laws. Who wants a nation of law-abiding citizens? What's there in that for anyone? But just pass the kind of laws that can neither be observed nor enforced nor objectively interpreted and you create a nation of law-breakers."
Ayn Rand - (1905-1982)
Pas assez de criminels pour justifier l'existence des politiciens et du gouvernement !? Pas de troubles..on va en créer !
Dans cette "logique" tordu, on fini inevitablement par DETRUIRE une société en rendant tout le monde criminel.
Merci pour la nouvelle M.Guénette, j'ai maintenant la confirmation de ma plus grande peur; nous sommes en train de devenir aussi pire que l'Angleterre.
Encore quelques années de reigne "liberal" (une vrai insulte aux liberaux classiques) au federal et au provincial..dites adieu aux libertés individuelles.
Rédigé par: Mattiew | 04 juin 2008 at 19h22
Effectivement, le gouvernement a tout intérêt à créer/imaginer des problèmes car ainsi il justifie n'importe quoi.
Mattiew et l'extrait de Atlas Shrugged me fait penser à la fois que Rearden refuse de se défendre en procès en refusant d'embarquer dans le jeu le dépeignant comme un criminel. Le système marche de tel façon qu'en le suivant, ou en s'en défendant, on participe à sa structuration, se positionner contre quelquechose suppose l'existence du quelquechose.
Rédigé par: Jean-François Grenier | 04 juin 2008 at 20h42
La déformation des faits, voire le mensonge éhonté, sont en effet des outils indispensables au totalitarisme: ils servent à créer des groupes clients (les 'victimes'), des groupes coupables (les 'oppresseurs'), à dresser les premiers contre les seconds, et à justifier l'intervention de l'État pour gérer le conflit ainsi 'découvert'. Lorsque la ligne de front entre victimes et oppresseur passe au beau milieu de la structure familiale, comme c'est le cas avec l'idéologie féministe victimaire, c'est encore mieux, on vient du même coup de torpiller la cellule de base de la société, celle d'ou émergent tous les contre-pouvoirs. C'est génial.
Rédigé par: Pierre-Yves | 04 juin 2008 at 21h24
Très amusant!
Si je comprends bien, pour vous, le harcèlement psycologique à caractère sexuel est une "invention du méchant État interventionniste"? Ou encore, il n'existe aucune limite entre flirter et agresser? Juste comme ça, c'est pas pour rien que la loi spécifie qu'il doit y avoir menace ou contrainte quelconque. C'est parce que c'est ÇA la limite. Et selon vous, il y a nécessairement violence physique pour justifier l'appelation "crime"? Désolée, je ne suis pas d'accord et je trouve déplorable que certaines personnes pensent toujours de façon aussi arriérée...
Mía
Rédigé par: Mía | 05 juin 2008 at 08h16
Mia,
Nous aimons beaucoup les chats et en avons toujours eu à la maison. Hors un couple de nos voisins n'ont jamais voulu mettre les pieds chez nous parce que la madame se sentait menacé par nos chats. Ils n'étaient pas menaçants mais c'était sa perception. Et devant la Justice c'est sa perception qui primerait. Comme vous le voyez, cette définition ouvre une boite de Pandore et on a eu un bel exemple récemment ou peut aller une femme pour se venger dans Julie Couillard.
Rédigé par: Gilles Laplante | 05 juin 2008 at 11h34
Mia, l'expression "menace implicite" permet d'interpréter pratiquement n'importe quoi comme une menace.
La loi est spécifiquement conçue pour être ambigue, les choses claires n'ont pas leur place en politique.
Rédigé par: Jean-François Grenier | 05 juin 2008 at 12h16
@Mía
Vous avez raison de souligner que la limite d'une agression est la présence de menace ou de contrainte, ce qui n'est pas le cas dans l'exemple de la dame qui a rédigé la lettre ouverte.
Cependant, contrairement à la définition du Code criminel, force est de constater que la définition du Plan d'action gouvernemental est très vague, ce qui donne lieu à des absurdités statistiques comme cette donnée voulant qu'une femme sur trois ait subi une agression sexuelle ( http://www.cyberpresse.ca/article/20080604/CPOPINIONS02/80604074/6732/CPOPINIONS ).
De telles exagérations n'aident pas les véritables victimes, au contraire, ça banalise leur souffrance en la rendant égale aux sentiments causés par des événements beaucoup plus anodins.
Nous dénonçons seulement le fait que l'État et ses sbires n'ont souvent aucun intérêt à régler les problèmes sociaux (la pauvreté notamment) - le budget de leur département sera coupé d'autant que le problème est réduit. Ils consacrent donc leurs efforts à produire des chiffres afin de démontrer que leur problème est le plus important et le plus méritant de l'argent des contribuables. Il ne faut pas se laisser berner par ces politiciens/fonctionnaires/groupes de pression qui crient au loup pour garder leur emploi davantage que pour aider.
Rédigé par: Farador Damyo | 05 juin 2008 at 20h20
@Pierre-Yves,
Et les médias d'embarquer sans poser de question dans tout ce cirque gouvernemental. Ils sont les premiers à dénoncer tel gouvernement qui n'a pas agi dans tel dossier, le gouvernement s'en fou, il est égoïste, etc. etc.
À quand un journaliste soit-disant sérieux et crédible qui applaudira l'inaction d'un gouvernement dans tel ou tel dossier parce que s'ils avaient agi, la situation aurait été bien pire?
Ça me fait penser aux journalistes sportifs qui désirent tout le temps L'échange qui fera que le Canadien gagnera la coupe Stanley. Et lorsque Bob Gainey n'agit pas, ne fait pas LE move, oh my god, si au moins Gainey avait mis la main sur Marian Hossa, c'était nous en final contre les Wings...pathétiques. Pourquoi en politique on gobe ce cirque et que ça passe comme une lettre à la poste??? N'aurions-nous pas plus de sens critique ou souhaitons nous sincèrement l'intrusion des gouvernements dans tous les aspects de nos vies personnelles?
Rédigé par: Tym Machine | 05 juin 2008 at 21h02
Les médias ont tout intérêt à embarquer dans le jeu politique, ça fait des histoires et ça fait vendre du temps d'antenne / page de journal.
À date le seul journaliste que j'ai vu réellement couper au travers de la bullshit de façon constante c'est John Stossel, j'en ai aucun autre qui me vient à l'esprit.
Rédigé par: Jean-François Grenier | 06 juin 2008 at 03h23
Que penser du rapport publié par le Conseil du Statut de la Femme, un organisme suceux de subventions gouvernementales qui nous prévenait de "l'hypersexualisation" chez les jeunes.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080609/CPACTUALITES/806090569/6488/CPACTUALITES
Une chance qu'on les a eux autres, qu'est-ce qu'on ferait pour protéger les femmes et les enfants sans cette suprémacie para-gouvernementale pour nous dire quoi faire et quoi penser?
Je crois que les conséquences graves dont ils parlent, c'est le détournement de fonds publics pour subventionner la prochaine campagne de publicité auto-congratulatrice de ces organismes bidons pour qu'ils se donnent de l'importance et qu'ils se trouvent tellement essentiels d'exister.
Rédigé par: Tym Machine | 09 juin 2008 at 22h46
Ah, j'adore ce rapport. J'aimerais bien continuer mon message un peu plus longtemps, mais je dois aller me flageoler pour être un homme. D'ailleurs, vous devriez tous faire de même messieurs, vous qui exploitez les femmes et les obligez si violemment à suivre la mode.
Nicolas, qui se dégoute d'avoir un chromosone Y.
P.S. Bon, il est vrai que l'extrait dévoilé sur Cyberpresse ne parle pas de ça, mais ceux qui ont entendu le reportage sur ce sujet dévoilé à RDI et Radio-Canada sauront de quo je parle.
Rédigé par: Nicolas | 11 juin 2008 at 17h05
@Nicolas,
J'aimerais bien que le Québecois libre (Martin Masse ou Gilles Guénette ou tout autre collaborateur) nous parle de ce récent débat et de cette madame Pelchat qui s'est fait ramasser par Anne-Marie Dussault à Radio-Canada pour avoir dit que les animatrices et lectrices de nouvelles se faisaient congédier pour être remplacées par des hommes (quelle horreur!!!) alors que Céline Galipeau vient remplacer Bernard Derome...
Le Conseil du Statut de la femme se cherche un auditoire, s'il ne génère pas de scandales, il n'a plus sa raison d'exister je crois.
Rédigé par: Tym Machine | 12 juin 2008 at 12h43
Vous allez peut-etre me prendre pour un fou mais je pense qu l'état ne doit pas s'occuper de ça. C'est seulement la responsabilité des individus de ne pas se faire agresser car c'est bien connu les femmes se font violer parce qu'elle portent des jupes trop courtes. Faites-vous laid et vous ne serez pas agrressé.
Rédigé par: Freelance | 20 juin 2008 at 19h40
Freelance, dîtes-nous .... Troll or not troll, en fin de compte ?
Rédigé par: marianne | 20 juin 2008 at 20h19
hahaha... Freelance essaie de répondre par un argument au lieu du sarcasme svp
Rédigé par: Kevin | 20 juin 2008 at 20h25
Non je ne suis pas un troll, c'est une question, pas un point de vue. En fait j'ai rien compris à votre idéologie, c'est bien la liberté, la responsabilité et l'individualsime que vous supportez donc ce que j'ai dit est vrai.
Rédigé par: Freelance | 21 juin 2008 at 11h19
Pauvre Freelance, incapable de faire la différence entre une agression et un crime sans victime. J'imagine que tu est contre la prostitution, contre la drogue, pour l'imposition forcée du français comme langue dominante au Québec (en fait tu es Belge donc tu t'en fous.
En réalité tout ça n'est que des crimes sans victime. La prostitution dans un cadre de société libre ferait environs le travail que font les agences d'escorte en ce moment (prostitution légale). Les drogues seraient prises en charge par des entreprises ayant la qualité de leurs produits à coeur, tout comme nous avons des centaines de sorte d'alcool pour tous les goûts (et les européens ont une culture très développée dans les vins & spiritueux, tu dois en savoir quelquechose).
Comme la plupart de ceux qui découvrent le libertarianisme, tu confonds liberté avec agression. Pour toi une personne libre est libre d'esclavagir, abattre, harceler, tuer toute personne. La réalité est beaucoup plus complexe, je te met au défis de trouver un article qui encourage l'agression. En réalité ce type de crime a toujours été réprimé par toutes les SOCIÉTÉS (et non les états - ce sont les individus qui composent une société, pas les états). La liberté d'une personne s'arrête où commence celle des autres, tout simplement. Tu peux faire (et te faire) ce que tu veux si tu ne nuit à personne
Dans le cas qui t'intéresse, l'agression sexuelle, le jugement n'est pas différent et l'agression se doit d'être réprimé. Par contre, la nouvelle définition d'agression sexuelle criminalise des comportements qui ne sont pas une agression. Un gros problème aussi de notre système légal est qu'il défend beaucoup mieux les femmes. J'ai entendu plusieurs histoires de fausses accusations d'agressions sexuelle, pédophilie etc. de la part d'une ex qui veut se venger. En réalité la violence masculine et féminine est autant présente d'un bord que de l'autre, dépeindre les femmes comme des anges ne les aide pas.
Autre problème, le nouveau féminisme ne vise pas à atteindre l'égalité mais bien la domination morale des femmes. On présente une image de la femme très faible, persécutée et constamment victime. Les groupes de femmes réclament maintenant des avantages (résilier un bail sans la procédure légale)(subventions aux femmes au foyer). C'est que ces avantages sont attribués de façon arbitraire pour des groupes de pressions au dépends des contribuables... mais encore pire... suivant leurs arguments, on se doit de considérer la femme comme le VÉRITABLE sexe faible, incapable de se prendre en main, de s'assumer ou de se défendre. Vous ne connaissez pas le point de vue du conseil du statut de la femme sur les jeunes filles qui sont des victimes des hommes... c'est complètement infantilisant et considérant leurs arguments, toute femme devrait être sous la garde d'un homme comme pour un mineur.
Au fait, les femmes auraient beaucoup plus de facilité à se défendre si le poivre de cayenne n'était pas illégal
Citation d'un film - "Human tends to see himself as the victim of various forces, ignoring his own decisions as a way to achieve his goal. With that vision, the victim avoid any responsability to his condition and beg for justice, asking for others to be responsible of his own act" -
Rédigé par: Kevin | 21 juin 2008 at 16h32
"C'est que ces avantages sont attribués de façon arbitraire pour des groupes de pressions au dépends des contribuables... mais encore pire... suivant leurs arguments, on se doit de considérer la femme comme le VÉRITABLE sexe faible, incapable de se prendre en main, de s'assumer ou de se défendre. Vous ne connaissez pas le point de vue du conseil du statut de la femme sur les jeunes filles qui sont des victimes des hommes... c'est complètement infantilisant et considérant leurs arguments, toute femme devrait être sous la garde d'un homme comme pour un mineur."
Wow Kevin! Que dire de plus!!
Rédigé par: Gabrielle LD | 23 juin 2008 at 12h19