par Martin Masse
On parle beaucoup ces derniers temps de façon un peu abstraite de la manipulation des «leviers monétaires» par les banques centrales, qui sont au coeur des interventions massives des États pour contrer la crise économique. Bien peu de gens savent toutefois de quoi il s'agit de manière plus spécifique et concrète. Voici un résumé rapide de ces principaux leviers.
Ce qui détermine en bout de ligne la valeur relative de la monnaie, c'est la quantité qui est en circulation. Le principal moyen qu'ont les banques centrales d'accroître ou de diminuer la quantité de monnaie en circulation à long terme est l'achat ou la vente de bons du trésor, c'est-à-dire des titres de dette des gouvernements. Elles ne les achètent plus directement des gouvernements mais plutôt des banques commerciales qui elles-mêmes les avaient achetés des gouvernements lorsque celui-ci les émet pour financer son déficit budgétaire courant (s'il y en a un, ce qui n'est pas le cas au Canada depuis une dizaine d'années, mais l'est aux États-Unis) ou refinancer sa dette qui vient à échéance.
En achetant des bons du trésor aux banques commerciales, la banque centrale obtient un titre de dette et dépose dans le compte de la banque commerciale le montant correspondant. Cet argent est «créé» à partir de rien, ce que la banque centrale peut faire autant qu'elle veut (même si l'on fait souvent référence à la «planche à billets», il s'agit d'un montant apparaissant dans un compte électronique, et pas nécessairement de papier-monnaie qu'on imprime, ce dernier ne constituant qu'une petite partie de la masse monétaire existante, celle qui est utilisée dans les transactions quotidiennes). Elle «monétise» ainsi la dette du gouvernement et gonfle la «base monétaire», qui est la définition la plus restreinte de la masse monétaire.
Cet argent sert par la suite de réserves aux banques commerciales, qui peuvent multiplier le nombre de prêts qu'elles font selon le système des réserves fractionnaires, de même qu'en «titrisant» les prêts - en les vendant à d'autres comme s'il s'agissant d'un investissement - et en les plaçant ainsi «hors bilan», ce qui permet de gonfler encore davantage la masse monétaire selon une définition plus large (il faudra revenir sur ces mécanismes; le point à retenir ici est qu'ils s'ajoutent aux manipulations de la banque centrale pour faire gonfler la quantité de crédit).
Inversement, si la banque centrale souhaite diminuer la masse monétaire, elle vend des bons du trésor. Elle retire ainsi de la circulation l'argent que les banques lui donnent en guise de paiement, un argent qu'elle peut faire disparaître de la même façon qu'elle l'a créé.
Le phénomène nouveau est que la Fed n'achètera plus uniquement des bons du trésor, mais aussi comme on l'a annoncé cette semaine toutes sortes d'autres titres adossés à des dettes hypothécaires et autres. Cela lui permet d'«injecter des liquidités» (l'euphémisme favori des parasites du milieu financier pour exprimer l'action de «créer de l'argent à partir de rien», une expression qui soulève moins de doutes sur la légitimité et la responsabilité d'une telle intervention) plus directement dans des secteurs spécifiques, comme les prêts hypothécaires et autres, de façon à soutenir le crédit et la consommation. Les banques commerciales ne sont en effet pas obligées de prêter autant qu'elles le peuvent. C'est pourquoi les gouvernements et les banques centrales ont recours à des moyens plus directs pour gonfler le crédit.
L'achat de titres n'est toutefois pas la seule façon de gonfler la masse monétaire. Lorsque la crise a commencé l'année dernière, on parlait régulièrement des «facilités» spéciales mises en place pour prêter aux banques. Une banque centrale est en effet selon la théorie conventionnelle un «prêteur de dernier recours» (qui ne devrait pas exister puisqu'il ne fait qu'alimenter l'irresponsabilité, mais c'est un autre débat). Lorsque les banques commerciales sont en difficulté parce qu'elles n'ont pas assez de réserves liquides pour répondre à leurs besoins, elles peuvent ainsi emprunter des fonds à court terme des autres banques et de la banque centrale.
Les taux d'intérêt fixés régulièrement par les banques centrales servent justement à déterminer le coût de ces prêts. Dans le cas de la Fed (le principe est le même partout mais les mécanismes ne sont pas exactement les mêmes au Canada et ailleurs), le Fed Funds Rate détermine le taux auxquels les banques peuvent se prêter d'une journée à l'autre les réserves de trop placées dans les coffres de la Fed dont elles disposent. C'est le principal taux d'intérêt qui est rapporté dans les nouvelles financières. Il s'agit d'un taux cible, pas nécessairement celui du marché, mais la Fed va utiliser ses autres «leviers» pour injecter ou retirer de l'argent et ainsi manipuler la quantité de réserves détenues par les banques pour que le taux du marché rejoigne le taux qu'elle fixe.
La logique est relativement simple: plus le taux est bas, moins il est coûteux d'emprunter, et plus le crédit devient facile. Lorsque le taux (qui est pour des prêts à très court terme) de la banque centrale baisse, on s'attend à ce que les banques commerciales baissent leurs autres taux à moyen et long terme. Les emprunteurs deviennent plus nombreux, empruntent plus, et la masse monétaire augmente. À l'inverse, si le taux augmente, il devient plus coûteux de s'endetter et la masse monétaire aura tendance à se contracter.
Il existe un second taux, le Discount Rate, qui est celui des fonds empruntés directement à la Fed par les banques commerciales. Il ne s'agit pas d'un taux de marché, puisque la Fed est le seul prêteur. Ce type d'emprunt était moins utilisé ces dernières décennies mais il semble qu'il joue de nouveau un rôle important puisqu'il permet à la Fed encore une fois de contrôler plus directement l'injection de fonds dans les banques, en augmentant ou réduisant son taux.
Les fameuses «facilités» sont une façon additionnelle de prêter aux institutions financières. L'année dernière, les banques centrales de la plupart des pays ont mis en place des «enchères» de liquidités, à coups de dizaines de milliards de dollars, mois après mois. Les banques ayant besoin de liquidités (à cause de prêts insolvables et d'investissements douteux gigantesques dans le fameux papier commercial et les titres adossés aux subprimes qui grugeaient leurs réserves) pouvaient offrir des titres en garantie (collaterals en anglais) aux banques centrales, et celles qui offraient les paniers de titres les plus avantageux recevaient en échange des fonds correspondant à la valeur nominale (at face value) de ces titres.
Évidemment, la crise était due au fait que la valeur nominale de ces titres ne correspondait plus du tout à leur valeur réelle. Concrètement, tout ce qu'on faisait était donc de transférer le risque d'investissement à la banque centrale (c'est-à-dire à nous tous) et de permettre aux institutions financières ayant fait ces investissements de s'en sortir indemne. Du point de vue de la logique interventionniste (keynésienne et monétariste) visant à soutenir le crédit, on permettait ainsi aux banques de se débarrasser de mauvaises créances et d'avoir des réserves fraîches de liquidités à prêter de nouveau.
En théorie, tous ces fonds empruntés à la banque centrale par les banques commerciales (par opposition à la situation où la banque centrale achète des bons du trésor) doivent être éventuellement remboursés. Ils n'augmentent donc la masse monétaire que temporairement. C'est ce qu'on nous disait l'an dernier pour expliquer que ces emprunts n'auraient pas d'effet inflationniste, puisque les banques centrales allaient s'en débarrasser dès que la situation reviendrait à la normale.
Sauf que la banque centrale peut renouveler indéfiniment un prêt ou garder indéfiniment des titres placés en garantie et ne jamais exiger de remboursement. Dans ce cas, l'effet est le même que si elle les avait achetés, et la masse monétaire augmente d'autant. Cela a aussi l'effet pervers de renflouer les institutions qui avaient fait ces investissements imprudents, ce qui n'est pas le cas lorsqu'elle achète des bons du trésor de la manière traditionnelle.
Il existe d'autres moyens encore plus obscurs et moins importants de manipuler les réserves des banques et d'augmenter ou de réduire la masse monétaire, mais en gros, ce sont ces mécanismes auxquels on a recours depuis le début de la crise actuelle.
(Reste à expliquer pourquoi le dollar américain se maintient et pourquoi nous traversons une période de déflation alors que la Fed injecte des liquidités en quantités astronomiques. J'y reviendrai dans des articles subséquents.)



Bonjour Mr Masse,
Je suis l'actualité économique depuis quelques semaines, et encore plus depuis que j'ai découvert Peter Schiff et lu son livre. Je comprends que la masse monétaire américaine a littéralement "explosé" depuis quelques mois ce qui s'en suivra probablement par une inflation importante et peut-être même l'effondrement du dollars américain selon certains. Ma question est la suivante; comment se situe le Canada p/r au USA? Est-ce que la Banque du Canada a été aussi irresponsable depuis 10 ans? Et aussi, si jamais les taux d'intérêts américains montaient à 20-25% pour contrer l'inflation, verrait-on la même chose se produire au Canada? (inflation ET intérêts élevés) Est-ce que le dollars Canadien ne se siturerait pas plutôt à 1.40 voire 1.50$US/$can? Je sais que la réponse à cette question est dans le domaine des prédictions mais je me demande si le Canada sera entrainé dans le désastre ou si au contraire il en profitera à moyen terme vue ses politiques économiques moins irresponsables et donc attirer des investisseurs américains à la recherche d'une monnaie plus stable.
Merci à l'avance!
Rédigé par: Jacquot Veilleux | 27 novembre 2008 at 12h32
C'est vraiment EMMERDANT de ne pas pouvoir se fier à son argent.
Les banques centrales punissent ceux qui font attention et épargnent leur argent. À cause de l'inflation les épargnes sont détruites avec le temps.
Des gens qui ont fait attention toute leur vie voient leur niveau de vie et leur richesse disparaître.
C'est un appauvrissement massif.
Rédigé par: Vie Privée | 27 novembre 2008 at 12h43
"Ce qui détermine en bout de ligne la valeur relative de la monnaie, c'est la quantité qui est en circulation."
Et la raison pour laquelle on assiste à une déflation présentement c'est que malgré le fait que la masse monétaire augmente, la circulation de la monnaie (vélocité) diminue.
Le gouvernement injecte des milliards mais les banques les gardent jalousement. Les individus vendent leurs actions et leurs maisons et leurs actifs et mettent l'argent en banque et dans les bons du trésor.
Ce qui fait qu'on assiste à une pseudo-déflation.
Dès que tout cet argent va retourner en circulation, on assistera alors à une hyper-inflation.
Rédigé par: Vie Privée | 27 novembre 2008 at 12h45
"(Reste à expliquer pourquoi le dollar américain se maintient et pourquoi nous traversons une période de déflation alors que la Fed injecte des liquidités en quantités astronomiques. J'y reviendrai dans des articles subséquents.)"
C'est très simple, la confiance est à zéro en ce moment. Alors les individus, les entreprises et la banques sont AVARES et gardent leur argent et ne le dépensent pas.
Bien qu'il y ait plus d'argent en existence, il y a moins d'argent en circulation. Donc la demande de biens et services baisse et la valeur du dollar augmente.
Mais attendez rien qu'un peu que tout cet argent revienne en circulation et vous verrez la période la plus inflationniste de toute l'histoire des USA et du reste du monde.
Car les autres pays étant fortement exportateurs ne laisseront pas leur monnaie prendre trop de valeur et vont eux aussi lancer des programmes inflationnistes pour ne pas pénaliser leurs industries exportatrices.
C'est donc l'appauvrissement de tous les travailleurs et épargnants à travers tout le monde dont on va assister au cours des prochaines années.
Rédigé par: Vie Privée | 27 novembre 2008 at 12h52
@Martin Masse
Merci du bon article. Bien instructif et intéressant. J'ai 2 question.
"Inversement, si la banque centrale souhaite diminuer la masse monétaire, elle vend des bons du trésor."
-Comment la banque centrale s'y prend-elle afin de vendre des bons du trésor? À moins d'obliger les banques à les acheter ou d'y acheter un avantage spécifique, je ne vois pas comment ça peut être avantageux.
"...mais la Fed va utiliser ses autres «leviers» pour injecter ou retirer de l'argent et ainsi manipuler la quantité de réserves détenues par les banques pour que le taux du marché rejoigne le taux qu'elle fixe."
-Je comprend bien que le taux directeur sert de taux d'échange entre les banques et je comprend aussi comment la banque peut ammener les banques (en reflouant ou en contractant la masse monétaire avec les moyens énumérés plus tôt dans ton article) à imposer le taux d'intérêt du marché qu'elle désire. Cependant, quel avantage a la banque centrale à "imposer" son taux sur le marché?
Merci
Rédigé par: Steven | 27 novembre 2008 at 14h19
@ Steven,
"Comment la banque centrale s'y prend-elle afin de vendre des bons du trésor? À moins d'obliger les banques à les acheter ou d'y acheter un avantage spécifique, je ne vois pas comment ça peut être avantageux."
Il y a une demande régulière pour des bons du trésor, qui sont considérés comme des investissements sûrs. Par ailleurs, comme tout bien, les bons ont un prix qui varie selon l'offre et la demande, ce qui a pour effet dans ce cas d'affecter aussi les taux d'intérêt sur le marché. Le prix du bon varie inversement avec l'intérêt qu'il rapporte.
Voici comment ça se passe de manière simplifiée. Par exemple, un bon de 1000$ censé rapporter 5% sur un échéancier de cinq ans (c'est sa valeur nominale) peut être acheté à 1010$ par quelqu'un qui souhaite payer un peu plus pour placer son argent dans une titre plus sûr, mais si ça rapporte moins comme rendement. L'intérêt de 50$ (5% de 1000$) sur la valeur nominale au bout de cinq ans quand l'obligation viendra à échéance ne correspond alors en fin de compte qu'à un intérêt d'un peu moins de 4%, puisque le détenteur obtient à échéance 40$ de plus (1050$ moins le prix qu'il a payé, soit 1010$), et que 40 divisé par 1010 = 0,0396, ou 3,96%.
Un bon peut aussi se vendre moins cher que sa valeur nominale, ce qui a pour effet de faire augmenter le taux d'intérêt. Donc, si le prix monte, le prix d'intérêt descend; si le prix descend, le taux d'intérêt monte.
La logique habituelle de l'offre et de la demande s'applique donc pour permettre à la banque centrale de mener sa politique. Lorsque la banque centrale veut augmenter la masse monétaire, elle achète beaucoup de bons, ce qui fait augmenter leur prix et réduire leur taux d'intérêt. Beaucoup d'institutions vont trouver intéressant vendre des bons à la banque centrale, qui va ainsi injecter de l'argent nouveau dans l'économie en les payant. La quantité plus grande d'argent dans l'économie ainsi que la baisse des taux d'intérêt des bons s'accordent avec une baisse des autres taux d'intérêt, dont le taux directeur de la banque centrale. Tout s'accorde pour favoriser une politique inflationniste.
À l'inverse, si la banque centrale veux réduire la masse monétaire, elle vend des bons au lieu d'en acheter, et cette offre pousse les prix des bons vers le bas (disons, à 980$ pour un bon d'une valeur nominale de 1000$) et le taux d'intérêt vers le haut (le détenteur obtient 70$ de plus que ce qu'il a payé à échéance, et 70 divisé par 980 = 7,14%). Plus le prix des bons est bas, plus le rendement est élevé, plus les banques voudront en acheter. Pas besoin de forcer qui que ce soit.
La banque retire donc de l'économie l'argent reçu en paiement pour ces bons. La moindre quantité d'argent dans l'économie et les taux plus élevés des bons s'accordent avec la politique monétaire plus restrictive et les plus hauts taux d'intérêt que souhaite la banque centrale.
"Cependant, quel avantage a la banque centrale à "imposer" son taux sur le marché?"
Là je ne suis pas certains de bien comprendre le sens de la question. L'imposition du taux est l'un des "leviers" qu'utilise la banque centrale pour mener sa politique monétaire.
Rédigé par: Martin Masse | 27 novembre 2008 at 16h12
@Martin Masse
Merci de ta réponse à ma première question. C'est clair. Je vais essayer de reformuler pour la 2e question. Je comprend le mécanisme qui ammène la banque centrale à alligner les taux d'intérêt du marché à son taux directeur. Cependant, quel est l'avantage de la banque centrale à voir les taux d'intérêt du marché s'alligner au sien?
Rédigé par: Steven | 27 novembre 2008 at 19h15
@ Martin Masse
Je crois que Steven veut simplement savoir à quoi sert l'existence même d'une politique monétaire.
L'intention est de "stabiliser" l'économie, selon les théories à la mode. Et/ou de manipuler le marché du crédit pour retarder le plus possible la faillite inévitable de l'état-providence-construit-comme-une-vente-pyramidale. Le résultat est toujours l'hyperinflation, tôt ou tard.
Rédigé par: Bastiat79 | 27 novembre 2008 at 21h56
En effet, très bon article Mr Masse.
Par contre, j'ai deux questions que je cherche à comprendre:
1) Vous dites que la Fed vend des bons du trésor pour gonfler la masse monétaire, mais d'oû provient l'argent pour l'achat des bons du trésor. La fed invente-t-elle de l'argent pour les acheter?
2)Cherchant à comprendre l'augmentation de l'offre de monnaie dans un système sans Banque Centrale et avec un système d'étalon-or, est-t-il vrai de dire que l'offre de monnaie n'augmente pas vraiment en réalité du au fait que se sont les Banques (dans ce système de libre-marché) qui crées de l'argent en prêtant de l'argent, mais que ce prêt sera remboursé dans une période de X nombre d'année (cela annule la création monétaire du début)?
Merci
Rédigé par: Guillaume | 27 novembre 2008 at 23h47
@Bastiat79
En fait, ma question est vraiment celle précisement posée avantage de l'alignement du taux du marché avec le taux de la Fed). Je comprend le but de manipuler la politique monétaire afin de conserver l'État providence (gauche) ou l'État de guerre (droite). Je sais aussi que lorsqu'on cré de l'inflation, ça diminue le poid de la dette et permet à l'État continuer à dépenser irresponsablement.
Rédigé par: Steven | 28 novembre 2008 at 09h04
@ Steven
Vous n'êtes toujours pas très clair. Soit la banque intervient pour influencer le taux du "marché", soit elle laisse les autres participant négocier entre eux et le taux du "marché" devient neutre mais imprévisible. Dans tout les cas, il n'y a pas d'autre taux que celui du "marché", c'est à dire celui auquel se vendent et s'achètent les dettes dans le monde réel.
Rédigé par: Bastiat | 28 novembre 2008 at 09h20
@ Guillaume
1) Oui, elle fait apparaître la monnaie de nulle part
2) Non, tant qu'à chaque année il se fait plus de prêts que l'année précédente, la masse monétaire augmente toujours.
Rédigé par: Bastiat | 28 novembre 2008 at 09h25
@Bastiat
On s'entend pour dire que le taux directeur est celui imposé pour l'échange de liquidité entre les banques. Du moins, c'est ce que j'en dégage du texte à Martin Masse. Lorsque les banques transigent avec les entreprises ou les individus, elles ne sont pas forcées d'adopter le taux directeur. Cependant, grâce aux "leviers" de la banque centrale consistant à contracter ou à renflouer la masse monétaire, elles le font. En quoi est-ce avantageux pour la banque centrale de voir les banques prêter de l'argent aux entreprises et aux individus à des taux allignés avec le taux directeur?
C'est cette phrase du texte de Martin. Je veux savoir le "pourquoi" derrière cette action:
"...manipuler la quantité de réserves détenues par les banques pour que le taux du marché rejoigne le taux qu'elle fixe."
Rédigé par: Steven | 28 novembre 2008 at 12h23
@ Steven
En auto, si je veux savoir si j'ai assez pesé sur le gaz, je peux regarder mon cadran RPM ou mon cadran km/h, mais il faut bien que je mesure quelque chose!
Si la banque centrale veut savoir si elle a assez injecté de monnaie, elle compare le taux du marché au taux directeur. Ça pourrait être une autre quantité, mais il faut bien qu'elle mesure quelque chose si elle veut savoir où elle s'en va!
Rédigé par: Bastiat79 | 28 novembre 2008 at 19h43
Merci Martin pour ce très bon texte.
Puis-je te demander quelque chose de plus? J'aurais aimé que ton explication m'aide à comprendre aussi ces chiffres:
http://www.shadowstats.com/imgs/sgs-m3.gif?hl=ad
Malgré toutes les nouvelles injections 'd'argent' faites par la FED, pourquoi le M3 continue-t-il de chuter aussi vite ? A moins que ces chiffres ne soient pas fiables ?
Et en passant, je viens d'écouter un nouveau petit 'docu' http://ca.youtube.com/watch?v=vjWNOe66udk et le monsieur nous explique la vraie définition du mot inflation. Il disait que même dans les dictionnaires la définition est fausse. Je suis allé vérifier. Effectivement, ils parlent de 'hausse des prix et etc' !
ÔÔ
Rédigé par: Sébastien Tremblay | 28 novembre 2008 at 20h30
Se pourrait-il que nous vivions dans une économie proche de celle souhaitée par les anciens créditistes ?
Rédigé par: Mathieu Demers | 29 novembre 2008 at 02h56
Me semble que créditistes proposaient que l'émission de 'chiffres' (l'argent) soit contrôlé par le gouvernement à 100%.
Me semble qu'ils proposaient aussi que la quantité totale de 'chiffres' soit proportionnelle à la quantité de production/service totale (pnb)... ce qui est loin d'être le cas...
Rédigé par: Sébastien Tremblay | 29 novembre 2008 at 04h30
@Bastiat79
Merci de la réponse. Je comprend que c'est donc une référence à fin de savoir si elle a réussi à manipuler l'argent dans le sens désiré (contration ou renflouement).
Rédigé par: Steven | 29 novembre 2008 at 10h36
Bonjour à tous. Merci pour ce post et ses commentaires.
Plusieurs questions simples me viennent à l'esprit :
1/ Comment la banque centrale du canada peut augmenter ou diminuer la masse monétaire si il n'y a pas de bons du trésors en circulation ?
2/ Est-ce que vous savez si le même genre de fonctionnement s'applique pour la BCE ?
3/ Tout de même cette argent. Il est réellement créé à partir de rien ? J'entends beaucoup dire qu'avec l'effet multiplicateur du crédit, les banques commerciales créent de l'argent à partir de rien. Cela me semble faux. Car pour créer 900, une banque commerciale dois posséder 1000 (avec un ratio de réserve de 10%). Cela ressemble plus à un prêt déguisé qu'à une réelle création. Mais vous soutenez bien que les banques centrales peuvent acheter des bons du trésor à des banques commerciales, en faisant surgir du néant de l'argent complètement nouveau. C'est bien cela ?
4/ Si une banque commerciale achète un bon du trésor à l'état, peut-elle le faire en créant de l'argent complètement nouveau ? Ou cela est-il uniquement le privilège de la banque centrale ?
4/ Les bons du trésor existent en quantité finie. La Fed ne peux donc pas créer de l'argent à l'infinie, mais seulement dans la limite des bons du trésors disponibles sur le marché. Cela vous semble-t-il juste ?
5/ Quels sont les autres actifs ayant le même pouvoir de création monétaire que les bons du trésors (visiblement : 'toutes sortes d'autres titres adossés à des dettes hypothécaires'. Mais cela semble très récent. Y en a-t-il d'autre moins récent ?).
6/ Sérieusement, si cet argent est réellement créé à partir de rien. (ce qui me parait douteux, mais j'ai l'esprit ouvert à toute explication) Pourquoi diable l'état ne le créé-t-il pas lui même à partir de rien et sans avoir à payer d'intérêts ?
Merci pour vos réponses, si vous avez le temps et la motivation :)
Rédigé par: Archimondain | 05 décembre 2008 at 21h09
Bonjour,
Tout n'est en fait pas créé à partir rien : les dettes que possèdent chaque acteur économique que sont les personnes physiques (citoyens) et les personnes morales (entreprises) sont tout à fait réelles.
Ces dettes entrent comptablement dans le circuit économique et sont donc valorisables à partir du moment où la solvabilité des uns et des autres est acquise.
Cette solvabilité existe si l'économie fonctionne et donc si les acteurs économiques sont psychologiquement en situation de penser que l'avenir est pour eux dégagé...et donc sont susceptibles de pouvoir continuer à générer du crédit supplémentaire.
L'économie est par essence une affaire humaine, donc psychologique. Contrairement aux ressources de matières premières, qui sont épuisables, les ressources financières sont inépuisables. Elles trouvent leurs limites dans la capacité des hommes à rembourser leurs dettes contractées.
Rédigé par: Pataub | 22 décembre 2008 at 07h41