Les analystes financiers quantitatifs (ou «quants» dans le jargon financier) sont ces soi-disant génies de la finances qui ont été au coeur de la débâcle des subprimes. Ce sont eux qui évaluaient les risques des titres adossés aux hypothèques et des «credit-default swaps», grâce à des modèles mathématiques sur ordinateur très sophistiqués.
Malheureusement, comme le note un article du New York Times publié récemment, ils ont oublié de considérer un facteur crucial: l'imprévisibilité de l'action humaine. Un facteur que les économistes autrichiens, eux, placent toujours au coeur de leur analyse.
Cette question est l'objet d'un billet (en anglais) que j'ai posté sur le blogue de l'Institut Mises.



Ou à tout le moins donner beaucoup plus de place à l'analyse de l'action humaine dans les modèles économétriques.
Rédigé par: Anarcho-pragmatiste | 07 novembre 2008 à 13h13
L'action humaine est au contraire très prévisible dans les grandes lignes et sur le long terme. Tout le monde veut augmenter sa prospérité.
Mais la réaction humaine face à la coercition et la violence étatique, voilà ce qui est très imprévisible.
Les tyrants socialistes peuvent créer tous les programmes sociaux qu'ils veulent en pensant que tout le monde va les suivre, même ceux qui se font dilapider leur salaire par ces programmes.
Mais en réalité, ceux qui se font voler par les programmes sociaux vont se mettre à travailler "au noir", à voler à leur tour, à commettre des crimes, à faire de la fraude, à cultiver du pot pour récupérer les sommes perdues par les impôts.
Et plus le gouvernement essaie d'intervenir pour empêcher ces réactions négatives, plus les réactions s'amplifient et deviennent imprévisible.
Voilà ce qui est imprévisible.
Rédigé par: Jérôme Kerviel | 07 novembre 2008 à 13h16
Le principal problème de ces modèles mathématiques de gestion de risques est qu'ils ne prennent pas du tout en compte la corrélation entre les différents agents économiques. Ainsi, les prix des titres boursiers sont tous plus ou moins corrélés, parce que liés entre eux par l'état général de l'économie d'une part, et de l'autre par le fait qu'ils s'achètent mutuellement des biens et services. (Ce qui fait d'ailleurs que 1- la volatilité des marchés peut être fortement amplifiée et 2- qu'il est inutile d'aller au-delà d'une trentaine de titres dans un portefeuille ou un fonds, parce que la corrélation annule alors l'effet de diversification.)
De même, le risque pris par une banque en prêtant pour une hypothèque ne tient pas compte (au moins suffisamment) du fait que la corrélation du risque de défaut sur son parc d'hypothèques est différente de zéro, étant encore là liée à l'état général de l'économie et aux taux d'intérêts. Ce qui fait que lorsque l'économie vacille, le nombre de faillites s'amplifie comme une chute de dominos. C'est un problème complexe et malheureusement, je n'ai pas de solution à proposer...
Rédigé par: Carl-Stéphane Huot | 07 novembre 2008 à 17h21
Plutôt que de 'corrélation entre les titres', un attribut quantitatif qui assez bien pris en compte par les modèles d'allocation des actifs, je parlerais de 'corrélation entre l'utilité économique des titres et celle leur dérivés' (du point de vue de l'instisseur).
C'est un domaine ou ni la science économique, ni la psychologie n'ont de réponse safisfaisante à proposer, et donc il est tout à fait illusoire de prétendre qu'une quelconque combinaison mathématique des risques mesurés sur les actifs sous-jacents puisse représenter le risque véritablement perçu par le marché sur les portefeuilles composés par leurs dérivés. La panique actuelle en témoigne.
Ce n'est pas la première fois que je remarque à quel point les mathématiques servent de mantra aux gestionnaires de portefeuille, c'est bien beau de calculer, mais encore faut-il avoir une idée claire de ce qu'on calcule: garbage in, garbage out. Beau sujet de thèse en perspective.
Rédigé par: Pierre-Yves | 08 novembre 2008 à 14h29