par Martin Masse
En vieillissant, on se rend compte que d'une année à l'autre, d'une décennie à l'autre, ce sont souvent les mêmes nouvelles qui reviennent. Suffit de changer quelques dates et quelques noms, tout en gardant la logique sous-jacente, et on observe essentiellement les mêmes situations.
L'une des nouvelles qui reviennent régulièrement est celle des dépassements de coûts des programmes bureaucratiques. En décembre 2007, j'écrivais par exemple ceci sur le Blogue:
Le programme québécois de subvention des congés aux nouveaux parents, où programme d'«assurance parentale» comme ils appellent ça, est dans le rouge. Les bureaucrates n'avaient pas prévu la hausse des naissances de l'ordre de 8% qui fait en sorte de créer un manque à gagner de 240 millions $. Les cotisations vont donc augmenter à partir du 1er janvier, de 3,4% pour un travailleur salarié et de 6,3% pour un travailleur autonome. Dans le cas des cotisations de l'employeur, la hausse sera de l'ordre de 4,7%. Rappelons que le programme permet un congé aux parents lors d'une naissance et rembourse en moyenne 70% du revenu pendant 18 semaines pour la mère et cinq semaines pour le père.
La nouvelle avait déjà été annoncée au milieu des vacances, le 5 juillet dernier, et était passée inaperçue. Elle a refait surface dans les médias aujourd'hui lorsqu'un député a soulevé la question à l'Assemblée nationale. Encore une augmentation de taxes pour la société distincte la plus taxée en Amérique du Nord.
S'il s'agissait du secteur privé, la compagnie devrait évidemment trouver des moyens de s'ajuster, en haussant ses primes, réduisant ses bénéfices aux assurés, et surtout en améliorant son efficacité, au risque de perdre des clients à la concurrence. Mais comme nous avons affaire au gouvernement, la solution est facile: on pige plus dans les poches des contribuables. (...)
Eh bien, qu'apprend-on ce matin, un an et demi plus tard? Qu'encore une fois, le gouvernement n'a pas prévu les hausses de coûts du régime et qu'il y injecte des centaines de millions pour éviter qu'il ne s'effondre. Comme le rapporte Tommy Chouinard de La Presse:
Le régime d'assurance parentale s'enfonce tellement dans le rouge que le gouvernement Charest doit intervenir pour éviter que des parents ne soient privés de prestations. Lors de sa réunion du 18 mars, le conseil des ministres a autorisé le versement d'urgence de 300 millions de dollars afin de maintenir à flot ce régime créé en 2006, a appris La Presse. Le gouvernement se retrouve donc aujourd'hui à payer lui-même des prestations d'un régime d'assurance, ce qui va à l'encontre de tous ses principes.
Pour la troisième année consécutive, Québec augmentera les cotisations payées par les travailleurs et les employeurs. La hausse serait d'environ 8% et entrerait en vigueur le 1er janvier prochain.
La bouée de 300 millions est tout à fait exceptionnelle puisqu'en vertu de la loi, l'assurance parentale doit être autosuffisante. Cette aide provenant du ministère des Finances commencera à être utilisée sous peu tant la situation est critique. Le déficit du régime, qui frôlerait les 200 millions à la fin de l'année, était en voie de menacer les prestations.
La roue bureaucratique tourne et tourne, le cycle sans fin de l'exploitation étatique recommence éternellement, et on revient toujours au même point de départ: il faut soutirer plus d'argent aux contribuables. Mais on peut toujours garder espoir: il s'agirait d'une intervention «tout à fait exceptionnelle», nous dit le journaliste. Ça ne se reproduira plus!



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