par Martin Masse
Les Allemands, qui ont connu l'hyperinflation dans les années 1920 et dont la Bundesbank a été pendant longtemps la banque centrale la plus prudente et conservatrice d'Europe, sont probablement l'un des peuples les plus conscients des effets néfastes de la dépréciation de la monnaie. C'est donc sans grande surprise que l'on constate que le peu de jugeote qui se manifeste encore sur les questions monétaires en Europe vient de ce pays. Une dépêche rapporte en effet que
La chancelière allemande Angela Merkel a critiqué mardi les initiatives de diverses banques centrales pour injecter des liquidités sur le marché et appelé à «revenir à des politiques de banques centrales indépendantes».
La chancelière a fait part de son grand scepticisme face au pouvoir des banques centrales américaine et britannique, appelant à mettre fin aux mesures dites «non conventionnelles» engagées par la Réserve fédérale et la Bank of England.
Elle a aussi estimé que la Banque centrale européenne (BCE) était «sous pression» pour lancer à son tour de telles mesures, qui consistent pour les banques centrales à acheter des titres financiers afin d'injecter de l'argent frais sur le marché.
Je ne suis pas tout ce qui se dit dans tous les pays, mais à ma connaissance, au cours des derniers mois, aucun autre chef de gouvernement n'a fait de pareille déclaration. La presque totalité d'entre eux appuient aveuglément les politiques inflationnistes keynésiano-monétaristes des banques centrales. Au Canada, Stephen Harper, qui prétend avoir lu Hayek pendant ses études en économie, semble n'en avoir rien retenu. Angela Merkel est-elle la seule politicienne dans le monde à avoir encore une tête sur les épaules lorsque vient le temps de parler de questions monétaires?



Il semblerait bien qu'elle soit seule, j'ai cherché un bon moment j'ai vu beaucoup de critiques négatives, mais aucune d'un chef d'état, il faudrait les vérifier un par un, mais il n'y a personne du G 20 à part Mme Merkel, c'est incroyable.
Rédigé par : Pierre-Etienne Fiset | 02 juin 2009 à 21h32
J'ai vu aux nouvelles aujourd'hui que le gouvernement fédéral canadien semble être en train d'étudier la possibilité de vendre certains de ses actifs et compagnies tels que Via Rail et la SCHL. Bien que ce soit mineur et que ces sociétés seront probablement fortement reglementées même si techniquement indépendantes, c'est mieux que rien... Il semblerait aussi que le gouvernement australien cherche aussi à vendre certains de ses actifs.
Rédigé par : Steven | 02 juin 2009 à 22h47
Je penses bien que Vaclav Klaus, président de la République Tchèque, entre dans cette catégorie de politiciens...
Rédigé par : Francois J | 02 juin 2009 à 23h21
Bon, les Allemands sauvent l'honneur des politiciens... enfin, des politiciennes. Vielen Dank, Frau BundesKantzler.
Rédigé par : Pierre-Yves | 03 juin 2009 à 00h54
@ François,
La position de Klaus reste ambigue et en tant que partisan de Friedman, je ne suis pas sûr qu'il partage notre point de vue. Il dénonce correctement les effets pervers de la réglementation et parle des effets pervers de l'interventionnisme plutôt que des excès de capitalisme. Mais sur la question de la monnaie, ce n'est pas clair. J'ai lu quelques articles et jamais il ne dénonce les injections monétaires, même s'il dénonce la manipulation des taux d'intérêt dans cette entrevue avec Henri Lepage:
http://blog.turgot.org/index.php?post/2009/02/21/Interview-%3A-Vaclav-Klaus-s-explique-sur-sa-conception-de-vis-de-l-Union-europ%C3%A9enne
Et puis il répond aussi ceci:
"Bien sûr. Un système économique ne peut fonctionner que s’il existe une flexibilité des prix. Cette réalité est largement admise lorsqu'on parle de café, de jus d'orange ou de voitures. En tant qu’économiste, je peux vous dire qu’elle s'applique également, voire plus encore, au prix de la monnaie, c’est-à-dire au taux de change. C'est le prix le plus important de toute l'économie. Nous avons un taux de change qui flotte. Par les temps qui courent, c’est un énorme avantage."
En fait, la monnaie doit justement être la chose la plus inflexible possible, puisqu'elle permet de déterminer le prix de toutes les autres choses, elle est le prix de référence, celui qui est le prix le plus important de toute l'économie comme il dit. Si celui-là aussi est flexible, on n'a plus de repère stable.
L'étalon-or permet d'ancrer la valeur de la monnaie et de restreindre la possibilité des manipulations. Les taux de change flottants au contraire, c'est l'un de ces mécanismes à la Bretton Woods qui permettent aux États de manipuler leurs monnaies et de les réajuster constamment les unes envers les autres.
Rédigé par : Martin Masse | 03 juin 2009 à 08h40
Elle est pas la seule... Ron Paul en est un autre. www.dailypaul.com
Rédigé par : Eric | 18 août 2009 à 16h24