par Yvon Dionne
Il y a deux formes d'opposition aux lois, celle des vrais criminels et celle des objecteurs de conscience, laquelle se subdivise selon les moyens: lutte armée, désobéissance civile ou simple contestation. Pierre Lemieux a choisi la désobéissance civile (voir mon texte sur la désobéissance civile, écrit en 2003).
La grande majorité des gens sont passifs face aux nombreuses lois votées par ceux qui se disent «nos représentants». Il devient donc facile pour ces représentants de se laver les mains de toutes les intrusions dans la vie privée et contre la liberté individuelle. Nos médias serviles s'insurgent rapidement contre des lois qui resserrent le contrôle des vrais criminels mais rarement contre celles qui augmentent le contrôle de l'État sur nos choix individuels.
J'ai assisté aux audiences de la Cour du Québec où comparaissait Pierre Lemieux les 26 et 27 mai. Je réserve mes commentaires pour après le 19 juin - après avoir pris connaissance du jugement. Inutile de vendre présentement la mèche sur ce qui peut suivre. La Loi sur les armes à feu place le fardeau de la preuve sur le plaignant. La juge a refusé d'entendre les arguments de nature constitutionnelle et s'est limitée à ceux portant sur la légalité du refus d'émettre un permis.
J'étais la seule personne du public dans la salle d'audience. Aucun représentant des clubs de tir ou de leur association. Ceux-ci ont décidé de vivre avec la loi Charest (no. 9, ou Loi Anastasia) et voient leur nombre diminuer graduellement, jusqu'à l'extinction. Une fois cette loi sanctionnée par tous les partis, ils croient qu'ils n'ont plus rien à dire. Puisque les lois ne garantissent rien, combien de lois à venir?
Jeff Snyder, dans un article récemment publié sur LewRockwell.com et intitulé «Plastic People», décrit ainsi la majorité prête à se faire plumer: «If at no point will you ever openly refuse to comply with their plans when you are ordered to do so; then relax, the state is not coming for you. You are a plastic person, deforming yourself to fit into the shape that the state designs for you. You are no threat and you can be controlled because there is no one there to offer any resistance.»
Un scientifique que personne ne peut qualifier d'être «un homme de droite», Bertrand Russell, a déjà écrit: «Je pense que le plus grand danger qui nous menace [...] c'est d'être enrégimentés. Par l'effet des découvertes scientifiques, par l'effet des tendances bureaucratiques, le monde risque de se trouver organisé à tel point qu'il ne sera plus drôle du tout de l'habiter.» Nous nous dirigeons graduellement vers une telle société où la liberté devient de plus en plus un privilège octroyé par l'État et dans laquelle il n'est plus intéressant de vivre.



Je me demande s'il ne serait pas possible que le milieu québécois soit ignorant de la chose. À ma connaissance, un certain nombre de propriétaires d'armes à feu sont au courant du coté anglophone mais du coté francophone, le cas est pratiquement inconnu..
J'essais de suivre le cheminement de M. Lemieux le plus possible mais j'avais oublié que son passage en cours etait les 26 et 27 mai.
Je ne suis pas surpris que le juge ait carrément refusé d'écouter les arguments sur la constitutionnalité de la loi sur les armes à feu, typique du régime québécois et de sa clique.
Dans le cas de Bruce Montague, au moins le juge avait écouté et reconnu un "droit mineur" de porter les armes...
Rédigé par : Mattiew | 02 juin 2009 à 07h26
Effectivement, on ne peut pas dire que nos médias en ont beaucoup parlé. Néanmoins la contestation de Pierre Lemieux a été rendue officielle lorsque son permis n'a pas été renouvelé, en 2007. Il décrit toutes les étapes sur son site (http://www.pierrelemieux.org). Il a passé en entrevue le 4 mai à l'émission d'André Arthur Le Midi qui passe à TQS (c'est disponible en cherchant André Arthur sur Google). J'ai moi-même informé un magazine québécois de chasse et pêche et d'autres gens qui pratiquent le tir à la cible. Pierre Lemieux a lui-même envoyé une lettre aux villageois de Lac-Saguay, où il demeure. Lac-Saguay est seulement à 30 km au sud de Mont-Laurier. Il n'y a quasiment pas eu d'opposition à la loi no. 9 de Charest. De plus, la justice coûte cher. Le gouvernement dispose de la caisse des payeurs de taxes à son bon plaisir, mais les opposants doivent payer. En somme, notre grande majorité ressemble à de la pâte à modeler et elle est déjà conditionnée pour le plus grand modelage des temps modernes, le contrôle du climat.
Rédigé par : Yvon Dionne | 02 juin 2009 à 13h35
Monsieur Dionne, vous dite: "aucun représentant des clubs de tir ou de leur association"
Quelle association? y en a pas! y en a jamais eu!
Exemple;à Montréal,les clubs de tir sont des clubs privé, ou les membres n'ont jamais aucune information, RIEN!
De plus, les proprios des clubs de tir de la région de Montréal sont beaucoup plus intéressé par leur petit match d'IPSC, alors le reste ils semblent s'en contrefoutre pas mal. la FQT elle, est une entité gouvernementale, alors rien non plus de ce coté là!
Les médias Québecois n'en parlent pas (à par André Arthur)
Moi je suis au courant de cette affaire parce que je fréquente un forum de discussion pan Canadien anglophone.
Alors comment voulez vous que les possesseurs d'armes a feu du Québec soient au courant de cette affaire? il n'y a rien qui les unis entre eux, il n'y a aucun moyen d'échange d'information entre eux! et aucune information ne provient des propriétaire des clubs privé, RIEN!
De toutes facon, la majorité des possesseurs d'armes à feu au Québec sont des chasseurs qui fort probablement ne savent même pas qui est Pierre Lemieux.
Et Mont Laurier, c'est pas a coté, surtout quand vous travaillez, et que vous ne pouvez vous permettre de prendre une journée, tant mieux pour vous si vous le pouvez.
Cela dit, je sympathise de tout coeur avec la cause de Pierre Lemieux.
Rédigé par : Denis | 02 juin 2009 à 15h13
À Denis : Si vous êtes membre d'un club de tir (les clubs sont tous privés, sauf ceux de la police, et même la police a accès aux clubs privés) vous devez (d'après la loi no. 9, libre à vous) prendre un nouveau cours d'ici le 1er septembre pour être encore en règle, selon l'État de Jean Charest (avec l'appui de tous les partis), et conserver vos armes de poing. Ce cours est donné par la FQT ! C'est une organisation qui dépend des subventions et qui a son siège social sur le nom d'une avenue à Montréal dédiée au créateur des Jeux Olympiques. Et les clubs de tir en dépendent. Elle est une courroie de transmission de l'État de Jean Charest. Moi aussi je suis au courant de toutes... «les affaires», parce que j'écris à l'occasion dans le Canadian Firearms Journal et membre depuis plusieurs années de la National Firearms Association, et aussi collaborateur de la CUFOA, et j'écris à l'occasion dans leur magazine le Canadian Firearms Journal (comme Pierre Lemieux d'ailleurs). Les forums ne m'intéressent plus parce que c'est du placotage. Je suis d'accord entièrement avec vous que nous sommes mal informés au Québec.
Ce n'est quand même pas de ma faute si les Québécois sont des moutons, qu'ils ne peuvent pas avoir d'association pour se défendre avec leurs tripes, et qu'ils votent encore pour des partis (comme le Bloc) qui est résolument contre les armes à feu (sauf pour la police). Les propriétaires d'armes à feu au Québec ont le don de se critiquer entre eux et de se tirer dans le pied. La loi no. 9 est un bel exemple de jeu antagoniste entre les chasseurs (encore un majorité avec des permis de possession uniquement, appelés à disparaître) et les propriétaires d'armes de poing. Il n'y a pas de culture d'individualisme au Québec.
J'ai connu un ex-député de l'ADQ (et une qui a été réélue et qui sert de transition), du temps des discussions en commission parlementaire sur la loi no. 9. Nous avons échangé plusieurs conversations et courriels. L'ex était même en faveur de la prohibition des couteaux et voulait la prohibition de toutes les armes de chasse semi-automatiques. C'était pourtant un chasseur... Mais il voulait sans doute mettre de l'ordre chez les chasseurs (dont plusieurs ne connaissent pas les règles de sécurité élémentaires -- j'en ai rencontré un l'automne dernier qui pointait son fusil dans ma direction, et il m'est arrivé par d'autres à deux reprises de me faire viser pensant que j'étais du gibier...). Mais le point de vue que je défendais c'était l'éducation et l'instruction, le seul contrôle non étatique venant des propriétaires d'armes à feu pour exclure les contrevenants et se gérer eux-mêmes.
Pour ce qui est de Mont-Laurier, c'était à sept heures de chez moi, parti le lundi tôt le matin et départ le mercredi après la fin des audiences à 11:00, et arrivée le soir. À mes frais. En plus d'une bonne contribution (pas comme à la quête à la messe pour faire brûler des lampions...) au Fonds de défense de Pierre Lemieux dont vous trouverez les paramètres à la page http://www.yvondionne.org . Il est peut-être vrai que je peux me le permettre, comme vous dites, mais j'avais autre chose à faire et en économiste j'ai choisi de remettre à plus tard mes préférences immédiates pour aider à une cause que je crois importante. Ma sympathie «de tout coeur» allait au-delà de la parole.
Je reviendrai sur le sujet après avoir pris connaissance de la décision de la juge (qui méconnaissait la loi sur les armes à feu...) après le 17 juin (la décision a en effet été avancée du 19 au 17).
Rédigé par : Yvon Dionne | 03 juin 2009 à 18h39
Un petit retour sur le post précédent : ceux qui disent ne rien connaître de Pierre Lemieux devraient consulter la page de ses écrits (français) à http://www.pierrelemieux.org/SiteFrames/fs-francaises.html. Il a écrit sur plusieurs tribunes, entre autres des chroniques au site de l'Institut économique de Montréal, le Québécois Libre, etc. Il a publié plusieurs livres dont un sur le droit de porter des armes (devrait être disponible aux clubs de tir...), et le dernier et non le moindre sur «Comprendre l'économie». Il est vrai qu'au Québec ces écrits ne font pas la publicité de nos médias, sauf occasionnellement. C'est un problème sérieux d'étatisation des esprits, avant de condamner les... corps. Mais qui faut-il accuser si les Québécois ne s'abreuvent qu'à une seule source d'information ? Comme Radio-Canada, les médias de Power Corporation, ceux de Québécor ? Sommes-nous conditionnés à une pensée moutonnière, sans esprit critique ?
Pour ce qui est des clubs de tir, j'ai été membre de plusieurs (et encore de un) et je dois dire que lorsque j'ai mis une affiche de la NFA elle a été retirée. Les clubs ont peur du gouvernement et de sa police, la SQ.
Rédigé par : Yvon Dionne | 03 juin 2009 à 19h47
Ce n'est pas la loi Anastasia ou la loi fédérale qui vont éliminer des drames commes Dason ou Polythecnique.
Ces lois ont été faites par du MARKETING POLITIQUE afin de faire PLAISIR aux quelques madames qui n'ont aucunes connaissance des armes à feu.
Les armes qui servent lors de drames sont des armes souvent prohibées et des armes automatiques qui sont illégales pour chasser.
Rédigé par : Fern | 31 juillet 2009 à 10h44