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03 septembre 2009

Commentaires

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Jean-Luc Autret

Je doute beaucoup que Gérald Tremblay embarque dans la coalition des politiciens pour sauver La Presse.

Véritablement, les qui les regretteraient ce serait les libéraux fédéraux comme provinciaux, ça laisse beaucoup d'autres politiciens à l'extérieur de cette pseudo-coalition.

Faudrait pas trop se surprendre aussi qu'éventuellement Le Devoir est aussi des problèmes avec ses finances.

Les péquistes et les bloquistes seront probablement un peu plus tristes.

Bobjack

Vu la qualité de l'information qu'on y trouve ... les blogs sa vole pas haut. Je me demande combien Richard Hêtu est payé pour faire la cheer-leader démocrate et combien les modérateurs sont payés pour supprimer les messages plus intelligents que les billets.

Il est presque sûr que tout se passera comme lorsque TQS annoncait ne plus avoir de bulletin de nouvelle. C'était la catastrophe et les politiciens étaient prêt a s'en mêler.

Gilles Guénette

«Je doute beaucoup que Gérald Tremblay embarque dans la coalition des politiciens pour sauver La Presse.»

Je suis certain qu'il pourrait se laisser convaincre qu'une grande ville se doit d'avoir un grand quotidien, ou quelque chose comme ça...

Pour le reste, je ne visais pas d'allégeances politiques particulières lorsque je parlais des politiciens. Au-delà des allégeances péquistes/libéraux/adéquistes/suicidaires ou fédéraux/provinciaux, les politiciens étatistes - toutes allégeances confondues - auraient plus de difficulté à rejoindre «le vrai monde» sans le quotidien. Ils auraient plus de difficulté à faire passer leur message. Donc, d'un point de vue purement électoraliste, un «investissement» pour sauver La Presse serait une bonne affaire pour eux ;-)

Sébas

Arrêtons de rêver.
;-)

A mon humble avis et dans le contexte vraiment difficile de certains journaux américains, 'La Presse' joue peut-être à la 'victime' dans le but d'essayer d'arracher quelques concessions ?

Ou bien, ils sont sincères... et les proprios sont prêts à abonder ce merveilleux outils de propagande pro-étatique?(pourquoi? prévoient-ils ne plus en avoir besoin dans un avenir rapproché?).

Dans ce cas-là, je ne sais plus si je dois me réjouir, dans un sens, comme dans l'autre...

Quoi ?
Dans un contexte où Obama veut passer des lois pour limiter la liberté d'expression, ce qui se passe, m'incite à me demander si -finalement- la fermeture des journaux et l'encadrement de plus en plus strict de l'internet, ne cache pas quelque chose d'autre...

Ah, oubliez-ça. J'exagère... euh, j'espère en tout cas.

Tym Machine

"Les employés du plus grand quotidien français d'Amérique - qui sont sans doute parmi les mieux payés du pays - devront réduire leur train de vie."

C'est le journalisme-citoyen qui y gagnera au change je crois ;)!!!

Journaliste citoyen = 0$ par an

Journaliste corporatif = dans les cinq chiffres

Encore plus rentable que de "mover" le staff en Chine, au Viet Nam ou en Inde.

Ici la Plesse canayenne allo!!!

Tym Machine

@sebas,

Pbama est un dictateur mégalomane en puissance.

Les américains qui ont voté pour lui juste pour "passer à l'histoire" vont s'en mordre les doigts jusqu'au sang.

Même les procédure d'impeachment ne viendront pas à bout de ce despote de pacotille sorti de nulle part et n'ayant même pas la citoyenneté américaine (c'est un kényen).

Tym Machine

Un monde sans la grosse Presse épaisse? N'importe quand, demain matin!!

Un monde sans Radio-Cadenas et Radio-Québec? N'importe quand, tout de suite!!

Bertrand

@ Gilles Guénette

«Mais les politiciens, eux, peuvent-ils imaginer un monde sans La Presse? Pas sûr. Ils perdraient un bien trop bon porte-voix. Gageons qu'ils vont se mobiliser pour sauver La Presse. Gageons qu'ils vont débloquer des fonds au nom de la démocratie ou du «droit» à l'information.»

Vous vous souvenez que, dans un billet précédent, j’estimais que les libertariens du QL avaient une obsession à dénoncer l’État, ce que Martin Masse a reformulé en disant que «certains libertariens qui voient l'État dans leur soupe, qui développent une sorte de haine aveugle de tout ce qui s'y rattache et qui sont constamment malheureux parce que tout autour d'eux est contaminé par l'intervention de l'État.»

Vous jeter une analyse sur une nouvelle, à savoir l’ultimatum que remet un média PRIVÉ (actuellement en période de négociation) à l’intention des ses employés, cependant que l’industrie à laquelle appartient ce média est dans une mutation sans précédent (internet, gratuité des imprimés, convergence numérique), alors que son principal concurrent (Journal de Montréal) est en lockout. Cet ultimatum tombe justement le jour – ô hasard! – où la Cour d’appel reconnaît par jugement aux actionnaires minoritaires du propriétaire de ce média (Power corp. via Gesca) le droit de consulter les états financiers des filiales de ce propriétaire, ce à quoi Power corp. s’était toujours opposé ( http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2009/09/02/012-power-corporation-MEDAC-cour.shtml ). Bref une nouvelle SANS LIEN aucun avec l’État ou avec les politiciens mais qui n’est qu’une stratégie commerciale destinée aux employés et aux investisseurs.

Mais vous choisissez in extremis de lier cette nouvelle avec les politiciens en faisant une prédiction, une hypothèse quant à leurs réactions. Vous projetez ainsi votre propre perspective sur une «fiction». Pourquoi? N’est-ce pas là une preuve supplémentaire que le discours libertarien se concentre désespérément contre l’État, même là où il n’y est pas?

Keven

Parlez-moi d'un gars qui se concentre à trouver toutes les peut-être faiblesses et les peut-être contradictions d'un propos pour mieux dormir la nuit, la poitrine remplit de fierté et le coeur remplit d'amour propre. On appelle ça un Intérrogateur, ça joue à l'avocat du diable à longueur d'année et c'est une méthode néfaste pour tout le monde mais excellente pour quelqu'un qui veut se sentir important et supérieur.

lutopium

Il faut reconnaître que M. Michaud a visé dans le mille lorsqu'il a demandé à la cour d'avoir la possibilité d'isoler les états financiers de Gesca - qui sont fondus dans ceux de Power Corp. - afin de vérifier si l'entreprise est rentable et, dans le cas échéant, pourquoi l'empire financier insiste pour conserver l'entreprise même si elle est déficitaire.

Je ne crois pas que Power Corp ait le "droit" de "fermer" l'entreprise. Au mieux, elle doit la vendre. Les employés seraient peut-être intéressés à former une coopérative et maintenir ses opérations.

Cependant, je suis convaincu que l'establishment libéral québécois fera tout en son pouvoir pour conserver cet empire médiatique qui, faut l'avouer, défend ses intérêts avec vigueur et conviction...

Gilles Guénette

@ Bertrand

«N’est-ce pas là une preuve supplémentaire que le discours libertarien se concentre désespérément contre l’État, même là où il n’y est pas?»

L'État est partout, alors ce n'est pas difficile de le voir dans cette nouvelle :-)

Mais vous avez raison, je n'aurais pas dû présumer du dénouement de cette affaire. Il y a de la place pour plusieurs sources d'information. Souhaitons que les employés du quotidien aient le bon réflexe d'accepter l'offre de la direction et de participer à la relance de leur journal - sous la présente forme ou sous une autre.

Pierre-Yves

Ce quotidien est devenu tellement insignifiant que ça ne serait pas une grosse perte, il désinforme plus qu'il n'informe! Tout comme sont pendant anglophone le Globe & Mail d'ailleurs, qui imprime aussi un bon 95% de niaiseries. Mais en effet je crois plutôt à l'union sacrée des partis politiques et des syndicats pour sauver une organe qui les sert si bien. La quatrième roue du pouvoir va recevoir du secours...

Daniel

Je suis d'accord avec Bertrand que cette nouvelle n'a pas de lien direct avec l'État. Je pense aussi qu'il y a (à mon goût) trop de billets sur ce blogue de monde qui sonne comme des sociopathes qui voient l'État dans leur soupe. Pour ma part, je suis devenu libertarien en apprenant comment fonctionne le libre marché. Quand j'y pense, je tombe toujours dans un état de contemplation face à

1) cette formidable inventivité des individus qui inovent motivé par l'appât du gain
2) cette façon d'équilibrer les prix selon l'offre et la demande en étant sensible à des millions de facteurs qui se manifestent avec plus ou moins de délais
3) ces façons que prennent les individus pour s'en sortir avec les moyens qu'ils ont et malgré les limittent qu'on leur impose
4) cet ordre émergeant
5) tout le progrès accomplis grâce au libre marché.(Je sais, je sais le libre marché dans lequel nous vivons n'est pas aussi libre qu'il pourrait être)

J'aimerais bien qu'on prenne tous un moment par jour pour penser à ce genre de choses et que ça se reflète de tant en tant dans les billets et les commentaires sur ce blogue. Enfin, je veux juste ouvrir un peu les esprits et faire un peu baisser le ton et la pression sur le QL et sur ce monde sur lequel le soleil continu de se lever malgré les entraves à la liberté.

Sylvain Rocheleau

J'ai un ami qui est en lock-out au Journal de Montréal. Vous posez la question "un monde sans Presse" et vous n'y trouvez rien pour pleurer. Je pose la même question par rapport au Journal de Montréal et loin de pleurnicher, je me sens presque bien.

Je ne me sens pas bien vis à vis des journalistes car j'estime qu'ils jouent un rôle essentiel. Par contre, je trouve que la concentration des médias de Power Corp et de Quebecor est extrêmement nocive pour la société.

Les gouvernement qui se sont succéder n'ont jamais vraiment pris la chose au sérieux et le résultat est celui qu'on connait: l'un des territoires occidentaux avec la plus grande concentration de médias. Mon copain me lançait le défi: "Essaie de vivre une semaine sans consommer du Quebecor!" J'y ai réfléchi un peu et, de TVA à Vidéotron en passant par les éditions de L'homme, Archambault et Musicor, j'ai réalisé que c'était à peu près impossible.

On pourrait reposer votre question différemment peut-on vivre sans médias de masse corporatifs? Je pense que ça vaudrait la peine d'essayer!

Sébas

@ Daniel

Je suis d'accord avec vous et votre très belle liste pro libre marché.

Par contre, je crois qu'il ne faut oublier que 'notre' philosophie ne se résume pas uniquement à être en faveur d'un libre marché et à l'échange de biens/services dans un monde 'libre'.

http://www.quebecoislibre.org/philo1.htm

J'aime la liberté dans TOUTES ses dimensions. Selon mon humble avis, ces libertés forment 'un tout' -inséparables.

***

Et que voulez-vous dire exactement par ça:

"Enfin, je veux juste ouvrir un peu les esprits et faire un peu baisser le ton et la pression sur le QL et sur ce monde sur lequel le soleil continu de se lever malgré les entraves à la liberté."

*

Le ton et la pression sur le QL ?
ôÔ

L'heure n'est pas grave selon vous ?

La dérive 'démocratique' des États-Unis et son inévitable impact ici (grâce à l'attente du SPP sur l'union nord-américaine), risque de nous affecter comme jamais auparavant.

Je ne veux justement pas/plus entendre/lire le ton mielleux et insipide des médias du 'troupeau', comme celui de La Presse et de Radio Canada; 2 médias 100% pro étatiques et anti libre marché, soit dit en passant. La Presse a déjà -depuis 1 an- passé 2 articles qui présentait Karl Marx sous 'un jour nouveau'.

***

A propos des lois qu'Obama veut passer:

Et après ces nouvelles lois pour ‘réglementer la libre expression’ (sic), il ne va rester que les télés/radios/journaux étatistes politiquement corrects, ayant le ‘bon ton’, féminisantes et castrantes à la msnbc... et lcn.

Comme en ex-URSS, nous aurons des médias presque toujours d’accords avec leurs invités et surtout avec El lider Maximo ou der Führer !

Que j’ai hâte...

***

@ Pierre-Yves

Je suis d'accord avec votre message de 6h57
;-)

***

@ Tym Machine

Je suis d'accord avec votre message de 22h09
;-)

***

@ lutopium

Hum, très intéressant:

"Il faut reconnaître que M. Michaud a visé dans le mille lorsqu'il a demandé à la cour d'avoir la possibilité d'isoler les états financiers de Gesca - qui sont fondus dans ceux de Power Corp. - afin de vérifier si l'entreprise est rentable et, dans le cas échéant, ***pourquoi l'empire financier insiste pour conserver l'entreprise même si elle est déficitaire***."

Sébas

@ lutopium

Lorsque vous écrivez:

"Je ne crois pas que Power Corp ait le "droit" de "fermer" l'entreprise. Au mieux, elle doit la vendre."

Qu'est-ce que vous voulez par là; qu'il y aurait une loi qui empêche de fermer ce journal ?

Sébas

@ Sylvain Rocheleau

"Essaie de vivre une semaine sans consommer du Quebecor!" J'y ai réfléchi un peu et, de TVA à Vidéotron en passant par les éditions de L'homme, Archambault et Musicor, j'ai réalisé que c'était à peu près impossible.

MOI ! (presque, car que je triche quelques fois par internet)

Et je vis non seulement sans Quebecor, mais sans tous les autres médias du troupeau...

-Plus de télé
-Plus de radio allumée
-Plus abonné à des revues/journaux

Je les boude complètement.
J'ai la paix de toutes leurs folies pro étatiques.

C'est une habitude -saine- à prendre et notre cerveaux devient libre de toutes ces cochonneries abrutissantes, qui nous empêchent d'avoir l'esprit vif... et 'incisif'...
;-)

***

Alors OUI à ça:

"On pourrait reposer votre question différemment peut-on vivre sans médias de masse corporatifs? Je pense que ça vaudrait la peine d'essayer!"

Et nos poches seront moins vides en plus.

Cessons de nourrir 'l'abrutissante bête de masse' et désabonnons-nous de tout !
;-)

Boudons les médias de masse et soyons créatifs comme QL et créons nos propres médias et moyens d'échanges = des milliers de QL dans tous les domaines de nos vies = wow !
;-)

lutopium

@Sébas: loin de moi l'idée d'exiger l'intervention de l'état dans ce "conflit". Il me semble un peu farfelu de la part du plus important empire financier québécois qu'on songe à fermer une entreprise (qui "apparamment" ne fait plus ses frais) sans considérer de la vendre. Lorsque la Consolidated Bathurst ne générait pas assez de profits pour la famille Desmarais, a-t-elle suggéré sa fermeture? Pas du tout, l'entreprise a simplement été vendue à des intérêts américains.

À mon avis, cette menace de fermer La Presse et Cyberpresse n'est qu'une stratégie reliée aux négociations avec les syndicats des employés. Tout comme Quebecor, le groupe Gesca cherche à réduire ses frais d'exploitation afin de générer plus de profits. Depuis son association avec le groupe suédois Metro International et Transcontinental dans la publication du quotidien gratuit Métro, le groupe Gesca a découvert une façon très économique de publier un journal. On y emploi quelques journalistes inconnus, quelques chroniqueurs "prêtés" par l'entreprise privée et on reprend tout simplement les dépêches des grandes agences de presse (Presse Canadienne, AFP, Reuters, etc) pour meubler le contenu. Le quotidien Métro est probablement fort rentable car la publicité y occupe plus de la moitié des pages. Est-ce que Gesca s'est tiré une balle dans le pied ou s'est-elle donné un nouveau modèle beaucoup plus profitable?

À mon avis, tout comme l'état n'a pas sa place dans la publication des quotidiens, je crois que les grands empires financiers devraient s'abstenir de les contrôler. Car, il faut l'avouer, il y a conflit d'intérêts. Comment peut-on s'attendre à recevoir une information équilibrée lorsque le propriétaire de La Presse, du Soleil et des autres quotidiens québécois possède des intérêts directs et indirects dans l'économie? Est-ce que les membres de son comité éditorial seront critiques envers des projets comme Rabaska? Les compteurs d'eau de la ville de Montréal? La privatisation des soins de santé? Et j'en passe.

Je suis d'avis que les journaux du groupe Gesca devraient être séparés de l'empire Power. Les journaux gratuits comme Métro, 24 heures, Voir, etc, prouvent que la publicité a encore sa place dans les médias écrits. Reste à savoir si les employés et les patrons sauront s'entendre sur le "plan de survie" qui assurera sa pérennité.

Stéphane Dumas

N'en déplaise aux journalistes de La Presse (et par extension ceux du Journal de Montréal qui continuent leur grève mais qui disent leur opinions via le site "RueFroteneac"). Ils devraient peut-être se remémorer ce qui s'est passé avec les défunts journeaux comme La Patrie, Montréal-Matin et The Montreal Star.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Montr%C3%A9al-Matin
http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Montreal_Star
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Patrie_(journal)

Bastiat79

@ lutopium

Les employés peuvent décider unilatéralement de quitter et se démarrer une co-op. Pas besoin "d'empêcher" Gesca de "fermer" la Presse pour ça. Le mot fermeture n'implique pas que les équipements disparaissent dans un trou noir, comme tu l'impliques.

D'ailleurs pourquoi ne le font-ils pas déjà? Peut-être savent-ils très bien qu'ils sont gâtés pourris.

lutopium

@Bastiat79: qui parle "d'empêcher" Power Corp de fermer La Presse? Je crois tout simplement qu'il fait du sens pour l'empire de vendre le groupe médiatique au lieu de le fermer... Ne serait-il pas dans la logique du "libre-marché" de tenter de vendre cette filiale au lieu de la fermer? Prière de ne pas déformer ma pensée. Merci!

Pierre Bouchard

Il n'y a qu'à lire le billet (5 septembre 2009) de la tristounette Michèle Ouimet ainsi que le blog de Richard Hussein Hétu pour comprendre que la disparition de La Presse ne serait pas un drame épouvantable.

Yan

"Ne serait-il pas dans la logique du "libre-marché" de tenter de vendre cette filiale au lieu de la fermer?"

Non, si elle n'est pas rentable la fermer au plus vite est la meilleure chose à faire du point de vue du libre marché. La fermeture des éléments non-rentables est même un fondement d'un marché sain.

Richard Bernard

'Un monde sans Presse: pourquoi pas?!

J'ai déjà été un avide lecteur de La Presse et du Devoir. Ça fait longtemps. Mais ces journaux puent maintenant la rectitude politique a plein nez. Ce sont d'ardents défenseurs de l'étatisme.

Bertrand

La valeur de La Presse ne tient ni dans la valeur de ses imprimantes (d’ailleurs à ma connaissance, elle sous-traite l’impression du journal) ni dans son facteur de rentabilité. Sa valeur est liée à l’achalandage et à sa capacité à créer de l’information (pas juste à répéter de l’information crée par d’autres). Par conséquent sa valeur est sa capacité d’influencer. Ce n’est pas un hasard si on qualifiait les médias de quatrième pouvoir, c’est synonyme de leur capacité d’influencer. «L’information, c’est le pouvoir» comme on dit. Un empire, c’est comme sa réputation, c’est difficile à construire mais facile à perdre. La suspension des activités de La Presse est très improbable, tout comme il était plus avantageux pour TQS de fonctionner à perte un moment afin de conserver une valeur marchande à son achalandage (finalement acheté par les frères Rémillard).

Aujourd’hui, la blogosphère (et autres sites gratuits), le réseautage et les imprimés gratuits (BRIG) accaparent une partie de cet achalandage. Ils n’ont toutefois pas encore trois qualités des grands médias :
1) la capacité de donner une direction délibérée à l’information à une échelle significative;
2) la crédibilité : le contenu des BRIG montre un grand éventail de qualité, allant de propos injurieux aux articles les plus professionnels qui soient, mais c’est à chacun de séparer l’ivraie du bon grain alors qu’un grand média vérifie ses sources et répond à un certain code déontologique;
3) la création dispendieuse d’information.

Même les BRIG crédibles ne créent que peu d’informations, ils se contentent de répéter l’information produite par d’autres médias (dont les agences de presse) ou de produire une information très locale (hebdos) ou spécialisée (revue).

La Presse s’est tournée beaucoup vers le modèle des BRIG pour les concurrencer et s’en alimenter, à l’instar de tous les empires médiatiques. Son chemin est incomplet. Son défi est de traverser l’évolution de l’industrie. Là où on fait fausse route, c’est de confondre «imprimé» et «média». Peut-être, dans quelques temps, le papier électronique sera-t-il disponible et les lecteurs du transport en commun pourront-ils lire Le Devoir et La Presse, RDI, CNN et le QL dans le métro. C’est en développement. Ils reprendraient alors une partie de l’achalandage perdu. Le principe du tout numérique, exclusivement numérique.

Daniel Paquet

@lutopium
"Ne serait-il pas dans la logique du "libre-marché" de tenter de vendre cette filiale au lieu de la fermer?"

Cette question démontre une méconnaissance du libre-marché. Autant dire à un enfant qu'il est "libre" de choisir la tarte aux pommes ou le gâteau au chocolat, mais que la "logique gastronomique" lui commande de choisir le gâteau.

Il n'y a pas de "logique" qui transcende le libre-marché. On y est libre ou on ne l'est pas!

Dans un libre-marché, il n'existe pas de règle de ce qui est économique bon ou mauvais, sauf... le droit propriété avec ses corollaires: la liberté et la responsabilité.

Le libre-marché fonctionne, contrairement au dirigisme économique, parce qu'il laisse des entrepreneurs tenter ce qui apparait illogique au yeux des autres.

Daniel

@Bertrand

"1) la capacité de donner une direction délibérée à l’information à une échelle significative"

Il est vrai qu'un seul quotidien peut influencer à grande échelle ce qu'un seul blogue ne peut faire. Cependant, on peut constater que dans l'ensemble complexe, réagissant, interragissant et rétroagissant des blogue et groupes de discussions se dégage un phénomène d'émergence qui fait en sorte que cet ensemble se comporte comme un tout. Pour illustrer le concept d'émergence on donne souvent l'image d'une volée d'oiseau:
chacun se déplace librement et individuellement, il n'y a pas d'oiseau qui coordonne le tout et pourtant l'ensemble se déplace comme si un chef orchestrait la chorégraphie. C'est aussi comme ça que je vois le libre marché et c'est en grande partie ça qui me met dans un état d'admiration, de respect et de contemplation. Et pour en revenir à la blogosphère, je pense que ce tout synergique dépasse, à mon humble avis, tous les grands médias en pouvoir d'influence, en proximité avec la population et en vitesse de réaction. Vous pouriez dire que cet influence, même si elle en a les allures, n'a pas la faculté de prendre des décisions puisqu'elle n'est pas animée d'une conscience localisable et là, on serait d'accords. Cependant, contrairement à vous, je vois cela d'un bon oeil.

Émergence
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mergence

Volée d'oiseau
http://www.youtube.com/watch?v=OBtyW5mFCxo

Synergie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Synergie

Bertrand

@ Daniel

«Vous pouriez dire que cet influence, même si elle en a les allures, n'a pas la faculté de prendre des décisions puisqu'elle n'est pas animée d'une conscience localisable et là, on serait d'accords. Cependant, contrairement à vous, je vois cela d'un bon oeil.» - Daniel

Effectivement on s’entend. La comparaison grands médias versus blogosphère que j’ai amenée visait surtout à démontrer la valeur marchande de La Presse. Il ne s’agissait pas de les mettre en opposition ou d’en préférer un plus que l’autre. Les grands médias et la blogosphère ont des propriétés différentes. Il faut juste que les grands médias trouvent les bons ancrages dans la réalité nouvelle. Il se peut qu’un grand média devienne un luxe que seulement d’énormes empires puissent soutenir. Il se peut que la publicité et les tarifs d’abonnement deviennent tout à fait accessoires et que c’est des contrats de services ou des partenariats qui deviennent les moteurs financiers. Imaginez Provigo signer avec La Presse une entente pour faire une enquête sur le transport des aliments au Québec, ou SNC-Lavalin sur la gestion des CHSLD, ou Sanofi-Aventis sur les psychotropes, etc. La Presse recevrait du financement et en contre-partie, elle fournirait l’expertise, le personnel accrédité et surtout, son imprimatur à une enquête désirée par son client, qui ne veut pas une étude universitaire anonyme mais une étude vite faite bien faite et qui a de l’écho populaire dans un sens bien déterminé. Ce n’est qu’une hypothèse, elle vaut ce qu’elle vaut mais les partenariats existent réellement : La Presse-SRC, CROP-Gesca, Québécor-Céline Dion, TVA-Loto-Québec. Ces partenariats créent de l’info et la formatent dans une direction bien déterminée.

Si la synergie et les nouvelles propriétés émergentes de la blogosphère (dont cette capacité à créer des vagues riches, cohérentes (auto-correctrices) et fulgurantes à partir d’une petite étincelle d’un blogue solitaire) sont incontestables et fascinantes, elles ne sont toutefois pas maîtrisables (cf système complexe), alors qu’un grand média peut maîtriser totalement le message. Il ne peut compétitionner en vitesse et en proximité, il est vrai, et il n’a pas besoin de compétitionner sur ce plan, il n’a qu’à alimenter le web.

La maîtrise du message demeure un atout concurrentiel majeur d’un grand média. Pensez au faux blogue de Bixi, ça s’est retourné contre leurs auteurs. Pensez à la vidéo de l’enfant au volant d’un véhicule, filmé par son père et mis en ligne par lui-même… Le phénomène Obama ou Susan Boyle (sur la blogosphère) n’est jamais assuré.

lutopium

@Daniel Paquet: vous ne me ferez pas croire qu'il serait plus logique pour la famille Desmarais de fermer La Presse au lieu de la vendre. Ça ne fait aucun sens au point de vue économique. Vous jouez sur les mots et en profitez (encore une fois) pour me qualifier d'ignorant, ce qui devient la marque de commerce de certains libertariens.

De toutes façons, Power Corp n'est pas sérieuse avec cette possibilité de fermeture. Ce n'est qu'une tactique de négociation avec les syndicats.

Bastiat79

@ lutopium

C'est vous qui faites semblant de ne pas comprendre. La question est de vendre en un seul morceau, ou vendre en pièces détachées (fermer).

lutopium

@Bastiat79: à mon avis, on vend en pièces détachées lorsqu'on a la conviction qu'aucun acheteur n'est intéressé par l'entreprise. Qu'aurait-elle à vendre en pièces détachées? Une imprimerie? Vous savez fort bien que ça ne représente pas grand chose... Qu'en penseraient les actionnaires si la famille Desmarais ne tenterait pas de vendre La Presse pour récupérer un peu de son investissement?

Est-ce que la famille Desmarais a fermé la Consolidated Bathurst au lieu de la vendre? Non, elle l'a vendue à des intérêts américains et est devenue la Bowater.

Je persiste à croire que la famille Desmarais n'a aucun intérêt et aucun droit (face à ses actionnaires) de fermer La Presse. Mais, encore une fois, je persiste également à croire que c'est du bluff et que la filiale Gesca ne cherche qu'à provoquer des concessions de la part des syndicats.

Yan

"Je persiste à croire que la famille Desmarais n'a aucun intérêt et aucun droit (face à ses actionnaires) de fermer La Presse."

Si la famille a la majorité des actions elle fera ce qu'elle veut.

lutopium

@Yann: bon point. Effectivement, la famille Desmarais contrôle plus de la moitié des actions. Elle peut faire ce qu'elle veut. Parfois avec l'aide de certains gouvernements et avec l'appui financier de partenaires mais elle peut faire ce qu'elle veut. Questionnez-vous ce pouvoir "excessif" ou admirez-vous inconditionnellement leur succès?

Tym Machine

"Gageons qu'ils vont se mobiliser pour sauver La Presse. Gageons qu'ils vont débloquer des fonds au nom de la démocratie ou du «droit» à l'information."

Drôle que toute cette gang de syndicaleux ait été plutôt silencieuse lorsque le CRTC a voulu faire fermer une station qui elle était rentable, Choi Radio X.

Pierre-Yves

@lutopium

" Questionnez-vous ce pouvoir "excessif""

Cette question n'a pas de sens du point de vue du droit a la propriété privée: tout individu ou groupe d'individu a parfaitement le droit de faire ce qu'il veut avec des actifs qui lui appartiennent, en autant qu'il n'enfreigne pas le droit criminel, le droit a la propriété de tiers, ou les engagements contractuels pris avec autrui.

Cet "excessif" est donc... insignifiant.

Natmir

Bertrand a raison sur un point: il ne faut pas chercher de logique économique dans le fait d'opérer un "grand" journal, la valeur d'un médium d'envergure est son influence sur la société et pour certains cette valeur dépasse largement les bénéfices financiers de l'opération. Je crois que le plus grand avantage de posséder un médium et de le faire opérer par des petits carriéristes sans courage c'est de savoir que le discours servi au public demeurera insignifiant. Pas de grands débats, pas de grandes enquêtes, pas de remous. Tout va bien continuez de dormir, continuez de prendre au sérieux les "grands" partis politique, continuez de consommer la "culture" qu'on vous sert, continuez d'accepter le système dans son ensemble, tout ce qu'il a besoin c'est de quelques ajustements rien de plus.

Yan

"Questionnez-vous ce pouvoir "excessif" ou admirez-vous inconditionnellement leur succès?"

http://www.fallacyfiles.org/


http://www.fallacyfiles.org/loadques.html

Loaded Question: A "loaded question", like a loaded gun, is a dangerous thing. A loaded question is a question with a false or questionable presupposition, and it is "loaded" with that presumption. The question "Have you stopped beating your wife?" presupposes that you have beaten your wife prior to its asking, as well as that you have a wife. If you are unmarried, or have never beaten your wife, then the question is loaded.

Pierre-Yves

RESTE T'IL UN JOURNALISTE DANS LA SALLE?

Google veut "aider" les journaux à faire payer les internautes. Que les médias dits « traditionnels » se fasse offrir une planche de salut par leur propre Némésis, voilà qui ne manque pas de sel. Et inexorablement, les apôtres du "tout gratuit" montent au créneau en dénonçant une initiative pourtant pleine de bon sens: il n'y a rien de vraiment "gratuit" dans la vie, et la qualité du produit reflète dans un système de libre marché le prix que le consommateur est prêt à payer - à condition qu'on lui laisse un choix.

http://www.lefigaro.fr/hightech/2009/09/10/01007-20090910ARTFIG00454-google-veut-aider-les-journaux-a-faire-payer-les-internautes-.php

Mais je ne suis pas certain que les journalistes de la presse « papier » réalisent bien à quel point leur industrie est déconsidérée : autocensure, dictature des annonceurs, conglomérats incapable de produire autre chose que de l'info-divertissement pour cervelles catatoniques et petits esprits bornés... le financement par recettes publicitaires a en effet un inconvénient majeur : le lecteur n'y trouve plus aucune VALEUR AJOUTÉE, autre que l’immédiateté de la nouvelle – et cette valeur résiduelle est inexorablement grugée par la tendance envahissante à créer de toutes pièces de soi-disant « nouvelles » avec n’importe quoi - histoire de "remplir".

La véritable information elle, court-circuite aujourd'hui les grands médias par l'intermédiaire Internet: un fatras au professionnalisme souvent douteux, mais avec un avantage concurrentiel énorme: la liberté d'expression. Et le QL est parmis les premiers à démontrer qu'avec des moyens limités, il est possible de produire une information de fond d'une qualité aujourd'hui introuvable dans les grands médias: preuve, même les étatistes le lisent!

Car si vous voulez VRAIMENT vous informer sur une question importante aujourd'hui, qu'elle soit sociale, politique, ou - de plus en plus - économique et financièere (puisque ceci détermine cela), Internet est devenu incontournable; à vous de faire le tri. Mais vous y trouverez ce qui a été systématiquement censuré (ou pire, autocensuré) dans la presse papier, pour ne pas déplaire à ces annonceurs tellement importants: mais qui voudra annoncer, quand les lecteurs délaissent un brouet devenu insipide?

La presse traditionnelle achève donc actuellement de scier la branche sur laquelle elle était assise, et par leur démission devant les pusillanimités des annonceurs, les journalistes ont une lourde part de responsabilité dans cette débandade. Même les cursus universitaires se sont adaptés, en bannissant à toutes fins pratiques l’esprit critique et la logique aristotélicienne de la formation des diplômés: quelle importance quand "l'information" ne sert que de support à la pub, et que le revenu disponible du lectorat compte davantage que son quotient intellectuel?

Alors, pour que les internautes acceptent de payer leur contenu, les organes de presse ont donc une grosse pente à remonter du point de vue de la crédibilité. Or – pour ne citer que cet exemple -, la couverture médiatique consternante de bêtise et de malhonnêteté des tenants et aboutissants de la crise économique actuelle ne laisse rien présager de bon à cet égard: c’est très bien de vouloir à nouveau faire du "vrai" journalisme, mais… reste t’il un "vrai" journaliste dans la salle de rédaction? Parce que personne ne paiera pour les idioties qu'on lit aujourd'hui à longueur de colonne, et qui sont à classer au rayon du "fast-food" informationnel.

Sébas

Pierre-Yves :

Excellent commentaire que j'endosse à 100%.

Pierre-Yves

Sebas:

Dans un tel contexte, ce genre d'entrefilet prend toute son importance:

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/09/11/01011-20090911FILWWW00535-phelps-pessimiste-sur-l-avenir-de-l-economie.php

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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