La Ligue des contribuables du Québec décerne aujourd’hui ses prix Glouton 2009. Ils visent à honorer les individus ou les organismes qui ont été les plus voraces avec l’argent des contribuables. Tous les ans, la Ligue remet un Glouton d’or, d’argent et de bronze à ceux qui ont dilapidé l’argent des citoyens avec brio. L’année 2009 a été marquée par des révélations catastrophiques pour le portefeuille des Québécois. Les conséquences financières des scandales que nous couronnons cette année se chiffrent en milliards de dollars. C’est du jamais vu dans l’histoire des prix Glouton.
Glouton d’or
Le Glouton d’or est attribué à la Caisse de dépôt et de placement du Québec dont les pertes ont atteint 40 milliards de dollars en 2008, un désastre comparé aux résultats des grandes caisses de retraite du pays. Aucun dirigeant n’a voulu porter la responsabilité du trou béant qu’ils ont créé dans notre bas de laine. Au contraire, ils sont partis avec des primes! Ce sont les contribuables qui assumeront le prix à long terme de leurs décisions douteuses.
«Des réformes comme la scission de la Caisse auraient dû être étudiées plus sérieusement, et nous regrettons qu’elle soit toujours un gigantesque monopole, constate Claire Joly, directrice générale de la Ligue. De plus, malgré des efforts évidents d’ouverture, l’institution est loin d’être un modèle de transparence. Le Vérificateur général doit pouvoir enquêter de sa propre initiative sur les pratiques de gestion de la Caisse, ainsi que sur celles des autres sociétés d’État. Le Québec est d’ailleurs la seule province canadienne qui impose de telles restrictions à son vérificateur.»
Glouton d’argent
Le Glouton d’argent est décerné à la Ville de Montréal, pour sa culture florissante du magouillage et de copinage dans l’octroi de contrats. Une mention spéciale est accordée au ministère des Transports qui a fait preuve d’une passivité étonnante devant des cas avérés de collusion. Dans les deux cas, ce sont les contribuables qui ont dû assumer le prix artificiellement élevé des contrats accordés. On peut aujourd’hui affirmer que le laxisme des pouvoirs publics, et peut-être leur connivence dans certains cas, a ainsi coûté des milliards de dollars aux contribuables au cours des années.
«La Ligue dénonce l’entêtement du gouvernement qui refuse de déclencher toute forme d’enquête publique sur le phénomène de la collusion et de corruption dans l’octroi des contrats au Québec, souligne Claire Joly. Il faut comprendre les tenants et aboutissants des agissements frauduleux afin d’y mettre un terme. Comment prescrire un traitement efficace sans avoir au préalable diagnostiqué la maladie?»
Glouton de bronze
Le Glouton de bronze est remis aux onze députés qui ont démissionné quelques mois seulement après l’une ou l’autre des élections générales qui ont eu lieu au Québec depuis deux ans. Ils ont eu droit à des allocations de transition variant entre 98 000 $ et 146 000 $, en plus de forcer la tenue de neuf élections partielles. La facture globale pour les contribuables s’élève à 6,5 millions de dollars.
«Ce genre de prime encourage en quelque sorte nos politiciens à démissionner avant la fin de leur mandat, fait remarquer Mme Joly. Il s’agit d’une pratique de rémunération absurde qui n’existe pas dans le secteur privé. Par contre, de telles allocations semblent assez répandues dans le secteur public. Elles devraient être abolies.»



Je dois m'auto-censurer quand j'aborde ces sujets. Dans une monde où la pauvreté et la misère en général ne devraient plus exister, de tels abus de corruption ou de mauvaise gestion défient les lois de l'intelligence. Parfois je me demande jusqu'où ira l'impunité. Pour chaque abus du genre, des québécois manquent de soins de santé, des enfants sont mal éduqués, des personnes âgées sont mal soignées...
Rédigé par : Libriarie philanthropique | 26 janvier 2010 à 23h14
@Librairie philantropique:
'Pour chaque abus du genre, des québécois manquent de soins de santé, des enfants sont mal éduqués, des personnes âgées sont mal soignées...'
Ces abus ne sont pas des dysfonctionnements du systèmes, mais inhérents à sa nature même.
Rédigé par : Pierre-Yves | 27 janvier 2010 à 09h32
''Ces abus ne sont pas des dysfonctionnements du systèmes, mais inhérents à sa nature même.''
Je voulais exactement dire la même chose. En fait, cela entre dans la logique politicienne de dire qu'un fait cela pour notre bien. Je suis certain que même certaines personnes excusent les comportements étatiques de gaspillage car l'état est là pour notre bien.
Rédigé par : Mathieu NV | 27 janvier 2010 à 10h38
Excellent article! Je n'aurais pas pu moi-même trouver trois positions meilleures que celles-là.
À noter que les trois concernent le gouvernement PROVINCIAL le plus gloutonnesque au pays, celui qui a le plus de fonctionnaires et le plus de paperasseries à remplir: le beau gouvernement québecois.
Quoi que le fédéral (Canada) n'est guère mieux au chapitre des dépenses inutiles même s'il est soi-disant géré par les conservateurs des gens supposément à droite économiquement parlant mais qui à l'instar du PLC appliquent des mesures socialisantes avec leur plan de relance économique qui à l'instar de celui des USA, nous mettra dans le trou plus qu'autre chose.
Rédigé par : Tym Machine | 27 janvier 2010 à 11h15
Je donnerais aussi un « glouton de participation » au maire de Québec, l'ineffable Régis Labeaume.
En effet, la ville de Québec se prépare à donner trois cent mille dollars à un hurluberlu du nom de Clotaire Rapaille, un soi-disant « psychanalyste des cultures », pour refaire le « branding » de la ville.
L'excellent Clotaire a déjà refait, semble-t-il, le « branding » de Chrysler... Gros succès...
Rédigé par : B. Vallée | 30 janvier 2010 à 18h10