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24 septembre 2012

Commentaires

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Steven

@Grégoire

Bon article! Vous allez vous attirer la foudre des gauchistes avec cet article. Ils vont soit:

-vous attaquer personnellement avec des insultes
-Répéter des slogans
-tout simplement affirmer que vous avez tort sans faire aucune démonstration.
-sortir des anecdotes d'abus de patron rendus possible grâce à l'intervention étatique. Cependant, les gauchistes associeront cet abus, à tort, au libre-marché.

Il est certain que certains employeurs peuvent êtres abusifs et croches. Cependant, les lois imposés par l'État (en particulier le salaire minimum) diminue beaucoup la mobilité des employés de plus bas niveau. Ces derniers sont donc moins libre de changer d'employeurs car ils ne peuvent pas négocier librement leurs conditions de travail.

Christian

Je ne crois pas que l'État soit le principal obstacle à la réalisation du libre-marché tel qu'imaginé par les libertariens.

Le principal obstacle serait plutôt le manque de moralité souvent inhérent à l'être humain. Je m'explique : le libre-marché tel que décrit dans l'article ci-haut ne pourrait qu'exister dans un monde où les êtres humains comprennent et acceptent les avantages de la coopération volontaire et refusent d'avoir recours à la violence ou autre tactiques visant à violer, détruire ou piller la propriété d'autrui.

Il faudrait s'assurer que les communautés qui possèdent moins pour toutes sortes de raisons, qui ont perdu leurs biens à cause d'une malchance (catastrophe climatique, environnementale, etc.), se résignent à leurs conditions, sans chercher à piger dans les poches de leurs voisins. Il faudrait que ces communautés, malgré la malchance qui les frappe, décident de se relever les manches et d'utiliser des moyens pacifiques pour s'extirper de leur misère. Or, l'homme a souvent tendance à recourir à la violence, au mensonge et à la tricherie. Les « échanges productifs » ne peuvent advenir lorsqu'une partie vole l'autre.

Dans la même veine, une entreprise puissante et établie de longue date pourrait avoir recours à des moyens violents pour empêcher ses homologues d'employer des individus dans de meilleures conditions, afin d'éviter d'avoir elle-même à améliorer ses conditions de travail. Pensons à une entreprise qui détient un procédé de fabrication jusqu'alors inconnu de ses concurrents et qui a ainsi pu s'établir et prendre une longueur d'avance.

De plus, dans notre monde, l’esclavage est une réalité qui n'a besoin d'aucun État pour exister. Sans moralité, rien ne pourrait empêcher un être humain d'en capturer d'autres et de les employer comme bon lui semble, parce que l'esclave n'a pas la liberté d'aller voir ailleurs.

Selon moi, il faudrait plutôt lire, sans moralité, pas de libre-marché possible.

Anne-Marie Provost

@ Christian

Votre texte est bourré de contradictions. Premièrement, vous émettez l'hypothèse que l'être humain est immoral, mais ça reste à prouver. Maintenant, supposons qu'on accepte votre hypothèse, croyez-vous vraiment que la solution est de concentrer le pouvoir dans une poignée de politiciens et de mettre à leur disposition une force armée policière et militaire ainsi que le pouvoir de décider des lois? Les politiciens sont des êtres humains et ils doivent être aussi immoraux que le reste des êtres humains. Ils ne deviennent pas magiquement moraux lorsqu'ils sont élus. Personnellement, la dernière chose que je voudrais faire est de donner à quelqu'un d'immoral la possibilité de contrôler ma vie.

Ensuite, il y aurait des mécanismes dans le libre marché pour permettre aux gens de se défendre contre la violence des autres.

Finalement, il est fort possible que la malchance à laquelle vous faites référence serait plus rare dans un marché libre, parce que des compagnies d'assurances mettraient en place des mécanismes pour diminuer cette malchance et dédommagerait ceux qui sont victimes de malchances.

Christian

Mme Provost, merci de souligner les imprécisions de mon commentaire. Je n'ai pas été très clair sur certains points.

Bien qu'il soit facile de rentrer dans un débat sur la nature humaine du genre Rousseau contre Voltaire au sujet de la moralité de la nature humaine, ce n'est pas mon intention.

Comme vous, je ne suis pas non plus convaincu qu'il y ait une nature humaine qui fasse de l'Homme un être fondamentalement bon ou mauvais. Je constante simplement qu'il existe des individus immoraux. C'est un fait. Il suffit d'une poignée de ces individus, suffisamment puissants et organisés, ne répugnant pas à employer des moyens violents, pour que le principe du libre marché ne fonctionne plus ou fonctionne beaucoup moins bien.

Il peut certes exister des mécanismes de défense créés dans le cadre du libre marché pour protéger les intérêts de ceux qui en jouent le jeu. On pourrait imaginer des armées privées, des milices, etc. Mais rien ne garantit que ces milices ou ces armées seront victorieuses contre une organisation sociale différente.

Supposant qu'elles le soient, rien ne garantit non plus que les combattants auxquels vous remettrez le rôle de vous défendre seront nécessairement moraux, à l'instar des politiciens élus dont vous parlez. Ceux que l'on engagera deviendront-ils donc magiquement moraux parce qu'on les paie ? Rien vous assure qu'ils ne vous demanderont pas une contribution supplémentaire, ce qui viendrait encore une fois fausser le libre marché.

Ensuite, quant à la question des assurances dans un monde de libre marché absolu, rien n'obligerait les gens à s'en prémunir. Ils seraient tout à fait libre de disposer autrement de leurs ressources, pour les employer à autre chose qu'ils jugent plus appropriée à ce moment. Les êtres humains ne sont pas tous rationnels.
S'ils sont victimes d'une catastrophe, seront-ils assez moraux pour accepter leur sort ? Si personne ne leur vient en aide, parce que toute coopération est volontaire, quel destin choisiront-ils ? Si leur existence même est menacée, seront-ils assez moraux pour ne pas empiéter sur la propriété privée de leurs voisins ? J'en doute.

Anne-Marie Provost

@Christian

Je ne sais pas trop quoi dire. Vous dites que puisque les gens immoraux risquent de recourir à la violence dans un libre-marché, vaut mieux créer une entité (l'État) qui a, plus que n'importe quelle entité qui existerait dans un marché libre, la possibilité de recourir à la violence sans conséquence. Ça n'a aucun sens et ce n'est pas vraiment une critique du libre marché. Puisque les gens risquent d'être violents dans un libre-marché, créons l'État qui aura la possibilité de taxer les gens et de créer des armes nucléaires, des groupes aéronavals de porte-avions, des missiles antisatellites, des armes biologiques et chimiques, etc. Voilà qui devrait mettre fin au problème de violence.

D'ailleurs, plus la concentration des pouvoirs est grande plus les individus auront les incitatifs pour atteindre les postes qui donnent accès à ces pouvoirs. Plusieurs pays d'Afrique sont constamment en guerre civile, parce que la récompense pour remporter la guerre est le pouvoir quasi absolu sur la population ainsi qu'un accès à tous les dollars provenant de l'aide internationale. Pensez-vous que les gens se battraient avec autant d'acharnement, si une fois élu, ou une fois la guerre remportée il n'aurait accès qu'à des pouvoirs symboliques ou cérémoniaux?

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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