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05 août 2013

Commentaires

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Minarchiste

@l'Auteur

Félicitation pour cet excellent article.
Le meilleur que j'ai pu lire sur cette tragédie.
Vraiment génial.

Cependant, il aurait été intéressant d'aborder le sujet de l'obstruction des régulateurs en ce qui concerne le développement d'oléoducs, beaucoup moins risqués pour le transport de pétrole que les trains.

Sans une telle obstruction, le renversement de la ligne 9 d'Enbridge aurait peut-être déjà eu lieu et aurait peut-être permi d'éviter cette catastrophe.

Bobjack

La règlementation donne aussi un passe droit, si les règles sont suivit (même si elles sont inutiles) on peut être blanchi de toute respnsabilité en cas de problème.

Quelques heures après la tragédie on a pu voir Mulcair affirmer que c'était la faute de la dérèglementation, ce qui était un mensonge, aucune dérèglementation n'a eu lieu, le ministre Lebel s'est défendu. Ce n'est pas Mulcair qui a menti qui a déclenché le couroux des médias, c'est Lebel qui à été attaqué pour avoir dit la vérité. Enfin, celà prouve que de se poser des questions sur la règlementation est dangereux politiquement, le biais anti-conservateur n'aide pas non plus.

On ne parlera pas de l'opposition au pipeline, la province à besoin de pétrole, la pensé magique n'y changera rien, aussi bien prendre le moyen le plus sécuritaire. Qu'il y ait des craintes de contamination ça je peux le comprendre, mais il existe des technologie qui peuvent rendre le pipeline beaucoup plus sécuritaire à ce niveau, qui n'ont intéressé personne.

Math

"En mathématiques, on ne peut jamais améliorer un optimum en ajoutant des contraintes aux variables de décision."

Sauf si la fonction objectif est multimodale.

martinpasfin

Pourquoi ce train était-il arrêté dans le haut d'un dénivelé très prononcé, à quelques kilomètres de Mégantic et que l'opérateur du train ait été obligé de prendre un taxi pour ce rendre à son hôtel à Mégantic même? Pourquoi l'opérateur du convoi n'a tout simplement pas continué sa course jusqu'à Mégantic et rangé le train en lieu sur dans le bas de la côte et simplement marché à pied jusqu'à son hôtel et ainsi économisé de l'argent à sa compagnie? Search for the gun in the room comme dirait un certain philosophe.

Je travail personnellement pour une cie ferroviaire et je suis aussi chef de train occasionnellement. Comme dans le cas du camionnage, Transport Canada, exige que l'on stop le train lorsque l'on a atteint la limite de temps de travail. Il arrive fréquemment que l'on doive arrêter un train en plein milieu des montagnes, forêts ou prairie juste pour faire un changement d'équipage parce que le temps est expiré. Vous pouvez imaginer ce que ça peut coûter. Il arrive qu'il n'y ait que quelques km à parcourir pour se rendre au prochain triage mais la loi n'a pas de jugement, l'équipage doit attendre la relève et prendre le taxi jusqu'à l'hôtel et perdre des heures en attente.

Je ne connais pas tous les faits de l'accident de Mégantic et on sait maintenant que la cause direct est une erreur humaine mais je gagerais bien un petit deux que la réglementation ait amorcée cette chaine d'événement malheureux.

Marianne

Ce que dit Martinpasfin est terrifiant si c'est vrai. Et je crains que ce ne soit vrai.

Malheureusement l'opinion publique achète toujours la conclusion "il faut toujours réglementer davantage" sans chercher à comprendre ce qui se passe réellement.

Etienne Bernier

(De l'auteur)

@ Minarchiste

La question des oléoducs me semblait un peu hors sujet, mais il est vrai que les mêmes raisonnements s'appliquent.

Il est aussi intéressant de noter que c'est le gouvernement fédéral qui a permis à la MM&A d'opérer avec une couverture de $25 millions seulement. Les oléoducs doivent avoir une couverture de $1 milliard même s'ils ne traversent aucun centre-ville. Les risques du rail sont donc beaucoup plus "socialisés", comme dans le cas du nucléaire. Ça, c'est le choix des politiciens, pas des compagnies.

@ martinpasfin

Excellente remarque! Par contre, je ne suis pas certain qu'il y ait de la place en bas de la côte, si la longueur du train excède la distance entre les passages à niveau des rues Frontenac et Agnès. Aussi, le centre-ville est moins à l'abri des curieux.

Ultimement, il me semble nécessaire de pouvoir se fier aux freins à main. D'ailleurs, je n'ai pas compris pourquoi il serait supposément impossible de les vérifier correctement lorsqu'on conduit seul.

Minarchiste

@Etienne Bernier

"c'est le gouvernement fédéral qui a permis à la MM&A d'opérer avec une couverture de $25 millions seulement. Les oléoducs doivent avoir une couverture de $1 milliard même s'ils ne traversent aucun centre-ville. "

Alors imaginons un monde où il n'y a pas de couverture minimale imposée par l'État.

Le terrain sous la voie ferrée appartient à la compagnie ferroviaire, qui était là avant que les villes comme Mégantic ne se développent.

Comment la société peut-elle se prémunir contre un opérateur négligent sans assurance?

Je croirais dans ce cas que les clients de la compagnie exigeraient possiblement que la compagnie ferroviaire soit assurée pour se protéger des poursuites éventuelles. Leurs propres assureurs l'exigeraient probablement.

On pourrait aussi invoquer le principe de responsabilité limitée des entreprises. Même avec celle-ci, les actionnaires de MMA perdraient tout leur capital, ce qui n'est tout de même pas négligeable.

Et au final, la négligence de la MMA n'a pas encore été démontrée comme étant une cause fondamentale de l'incident et de sa gravité.

Steve

Je ne suis pas spécialiste du domaine de l'assurance, et dans l'hypothèse d'un contexte socio-économique libertarien, mais il me semble qu'un aspect majeur de la chose n'est ici pas pris en compte. Les lois économiques du marché de l'assurance que l'on cherche à appliquer ici tiennent compte de coûts/bénéfices en termes essentiellement monétaires, alors que des vies humaines sont en jeu et surtout, que des citoyens VS de grandes compagnies n'ont pas le même rapport de force. Il serait facile d'imaginer qu'une petite communauté sans trop de moyens, en particulier dans le contexte actuel où le pouvoir économique s'urbanise de plus en plus, puisse vouloir prendre le risque d'avoir un système de transport pétrolier avec une très faible couverture d'assurance, voire aucune. Dans un système purement libéral, la compétition étant ce qu'elle est, on pourrait vouloir risquer de voir son centre-ville exploser, quitte a éviter la faillite pure et simple du village. D’autant plus que les petits villages autour seraient également en compétition libre, et pourrait vouloir attirer cette industrie pour des conditions encore plus pitoyables.

Les petites municipalités disposent généralement de peu de moyens ; pas toujours facile encore d'avoir de l'expertise pour s'assurer que les compagnies soient fiables ou que les assureurs soient adéquats (et cela est encore plus vrai pour les citoyens pris individuellement). Il a beaucoup de chose à gérer, dans des domaines très variés. Que toutes les villes ou villages doivent évaluer ces risques pour toutes les compagnies présentent sur leurs territoires, et surtout pour tout type de risques possibles et imaginables, engendre une multiplication de coûts économiques globaux. Alors qu'un état peut centraliser cette expertise et assurer, dans la mesure de ses moyens, une sécurité pour toutes les communautés, sans que des rapports de forces disproportionnés soient en jeu. Dans le "grand capital", comme vous dites, la sécurité, comme tout autre chose, se calcule essentiellement en terme de coûts-bénéfices économiques, et on voudra toujours équilibrer les coûts/risques de manière à faire le plus d'argent possible. Alors, selon les rapports de force en présence, moins la communauté aura de moyens, plus cela risque de se faire à ses dépends, ce qui se compte malheureusement ici en nombre de vies.

Etienne Bernier

@ Steve

Je ne suis pas d'accord avec l'argument du David-contre-Goliath. Les gens ordinaires ont aussi un assureur, y compris pour des assurances-vies (où chacun choisit une valeur monétaire pour sa propre vie, que ça plaise ou non). Cet assureur va aussi défendre ses intérêts, donc ce sera Goliath-contre-Goliath.

Je ne suis pas d'accord non plus avec l'argument du personne-n'a-de-responsabilité-tant-qu'un-état-ne-lui-en-donne-pas, pour la même raison que nous pouvons avoir des droits sans état pour nous les donner. L'histoire donne plein d'exemples où l'État est devenu source d'impunité là où il n'y en avait pas avant.

La personne qui choisit d'acheter la maison juste à côté de la voie ferrée parce qu'elle coûte moins cher consent à un certain risque. La personne qui choisit d'acheter la voie ferrée qui passe près des maisons parce qu'elle coûte moins cher consent à une certaine responsabilité. Le point de vue libertarien ne juge pas la décision, il juge la qualité du consentement.

Enfin, si on veut spéculer sur comment le tout fonctionnerait sans état, il faut remarquer que l'établissement d'une ville à côté d'une voie ferrée déjà là (ce qui était le cas à Lac-Mégantic) est à l'avantage mutuel de toutes les parties impliquées. Le développeur immobilier et la compagnie de train ont donc intérêt à négocier un contrat qui stipule clairement les limites de responsabilité de chacun. En cas d'accident, il suffirait de déterrer le contrat initial et de vérifier quel assureur paie quoi. (Si la ville était là en premier, le jeu de négociation serait un peu différent, mais le résultat serait similaire.)

Minarchiste

@l'auteur

J'ai rassemblé mes idées sur la question dans un billet:

minarchiste.wordpress.com/2013/09/06/megantic-quelques-faits-a-considerer/

Je pense que la question des pipeline est cruciale et à ne pas négliger...

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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