par Bradley Doucet
Dans le journal d'hier, on retrouvait de nombreux appels en faveur de moratoires. D'une part, le maire de Québec veux imposer un moratoire sur la construction de maisons dans les bassins versants des rivières Saint-Charles et Montmorency, question de protéger les sources d'eau potable de la ville. D'une autre part, le regroupement «Mobilisation gaz de schiste» réclame un moratoire sur l'extraction du gaz naturel le long de la vallée du Saint-Laurent, question d'avoir le temps d'informer le Québécois moyen des enjeux sociaux, économiques et environnementaux de cette exploitation potentielle. Et suite au désastre de BP dans le golfe du Mexique, Jean-Robert Sansfaçon exige, pour sa part, un moratoire sur les puits sous-marins au large de Terre-Neuve «en attendant le renforcement des normes et des contrôles». L'ancien rédacteur en chef du Devoir applaudit le président Obama pour avoir interdit tout nouveau projet au large des côtes américaines pour au moins six mois.
Perdus de vue dans ces reportages et éditoriaux sont les droits des individus. Les gens qui veulent se bâtir des maisons en banlieue de Québec, on ne se préoccupe pas de leurs plans et désirs? Et les intérêts de tout ceux qui bénéficieraient de l'extraction sous-marine de gaz naturel et de pétrole - les employés, les investisseurs, les usagers -, on s'en fout?
Mais la question que l'on doit se poser pour résoudre ce genre de conflits est toujours la même: à qui appartiennent ces ressources? Si c'est mon terrain, je peux m'y bâtir une maison. Si ma fosse septique pollue ton eau, je dois te compenser. Si ma plateforme pétrolière explose, je dois m'en occuper, et je dois payer des dommages à ceux qui ont perdu propriété ou rémunération.
Le seul rôle légitime pour les élus dans tout ça, c'est de définir les droits de propriété s'ils ne sont pas déjà clairs. Mettre en place un système de droits sur l'eau, par exemple, et laisser les détendeurs les vendre, s'ils le veulent, pour que la ressource soit utilisée de la meilleure façon. Après ça, nous pourrions chacun de nous - politiciens, militants écologistes ou simples citoyens - nous mêler de nos affaires.
Pour ma part, je demande un moratoire sur les moratoires jusqu'à ce que quelqu'un puisse me démontrer que ce genre de manoeuvre politique ne cause pas plus de mal que de bien.

«Nous sommes bombardés d'informations sur les changements climatiques dans notre quotidien, et le ton catastrophe trop souvent utilisé risque de provoquer un désengagement populaire. L'écologie n'est pas une religion, et il faut éviter la sempiternelle réprimande psychologique qui risque d'engendrer un phénomène de masse encore plus dommageable que l'inaction: l'écolassitude.» (Jean Lemire, La Presse, 1er juillet 2007)



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