Tout ça parce ce que nos dirigeants, à gauche comme à droite, s'obstinent à croire à l'existence d'une « troisième voie » qui nous mène pourtant à l'impasse. Ce n'est pas nouveau. Le Général de Gaulle s'efforçait de placer la France en dehors de la sphère d'influence des États-Unis et de l'URSS. Depuis, au nom d'une mystérieuse « exception culturelle », les gouvernements français nous ont fait croire que notre pays pouvait échapper aux lois de l'économie, qui, comme le nuage de Tchernobyl, se seraient arrêtées à nos frontières.
Mais, pas plus que le théorème de Pythagore n'est grec, les lois de l'économie ne sont américaines. Elles sont au coeur de nos comportements, de la nature humaine et du bon sens qui échappent aux élites aveuglées par l'idéologie. Et tous les pays qui ont nié les lois de l'économie sont tombés dans la misère, la pénurie et le chômage, tandis que les pays qui les ont acceptés et intégrés ont décollé en quelques décennies. Il n'y a aucune exception à cette règle fatale.
Le XXe siècle est sans appel: les régimes totalitaires, qui promettaient un monde sans inégalités et sans pauvreté, ont implosé sous l'effet de leur propre ruine morale et économique. À leur tour, les social-démocraties, sous le poids d'une dette devenue insoutenable, et qui condamne l'avenir même de nos enfants, ont dû entreprendre les réformes indispensables et nécessaires que, seule au monde, la France se refuse à faire. Entre ces deux voies sans issue, il est encore temps de redécouvrir la seule troisième voie qu'il a fallu tant de siècles à découvrir, celle de l'État de droit, des institutions de la république sans laquelle une économie de liberté et de responsabilité ne peut s'épanouir.
L'auteur
Jean-Louis Caccomo est docteur en sciences économiques, maître de conférences à l'université de Perpignan où il est responsable des relations internationales du département « Economie & Management », et directeur du Master professionnalisé « Économiste Financier ». Auteur de trois ouvrages consacrés à l'innovation, il a réalisé plusieurs articles scientifiques dans les revues internationales (Journal of Evolutionary Economics, Economics of Innovation and New Technology) et les revues nationales (Revue d'Économie Industrielle, Revue Innovations) ainsi que de nombreuses contributions dans la presse nationale (Les Échos, Le Monde, Le Figaro, Le Midi-Libre) et internationale (Le Providence à Boston, l'Express de Toronto, L'Écho de Bruxelles). Il a été chroniqueur économique à l'AGEFI, le quotidien suisse de l'économie et des finances. Il participe à de nombreux programmes de coopération académique à l'international (dans la formation et la recherche).
Un lecteur, Guillaume, nous suggère une lecture pour les vacances: S.O.S. Bonheur – Intégrale de Griffo (dessins) et Jean Van Hamme (scénario), publié chez Dupuis. Il s'agit d’une BD qui résume sept histoires différentes – dont l’une est en fait la clef des six – et dans laquelle les auteurs ont imaginé un monde où l'État-providence règne de façon dictatoriale. Par exemple, dans une des histoires, l'État met en place un régime de santé «gratuit». Pour être couverts, les citoyens doivent donner 1/3 de leur salaire, manger ce que les médecins leur disent de manger, faire de l’exercice, être toujours bien vêtus lorsqu’il fait froid, etc. Si une seule des «règles» imposées par les gestionnaires du régime n’est pas respectée, c’est la radiation. De plus, toutes les personnes qui ne veulent pas intégrer le régime ne peuvent tout simplement pas avoir accès à un médecin ou à des médicaments, la totalité des pharmaciens et des médecins font partis du régime public et n'ont pas le droit de pratiquer dans le privé… Mais diantre, c'est le monde d'aujourd'hui!

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