par Gilles Guénette
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a invité ses membres à voter du 5 au 7 avril sur le projet de création d'un titre de «journaliste professionnel». Les membres ont reçu par courriel une courte question référendaire à répondre par «oui» ou «non». Et ils ont été fortement invité à participer: «Si vous vous y opposez, votez "non", si vous êtes en faveur, votez "oui", mais dans tous les cas, votez! Un faible taux de participation peut à lui seul torpiller le projet, pouvait-on lire sur le communiqué. Si les journalistes s’unissent autour de cette proposition, il y a de bonnes chances qu’elle trouve une oreille attentive au gouvernement et que sa mise en oeuvre devienne possible.»
On apprend aujourd’hui que les membres de la FPJQ viennent de signifier à 86,8% leur appui à la création d’un titre de «journaliste professionnel» tel que proposé par le conseil d’administration de la Fédération. «À l’issue d’un vote par internet qui s’est étalé sur trois jours et qui s’est terminé à minuit le jeudi 7 avril, 852 membres professionnels se sont prononcés. 741 appuient la résolution et 111 la rejettent. En outre 66 membres se sont connectés à la plateforme de vote, mais n’ont fourni aucune réponse, certains d’entre eux faisant part de difficultés avec son utilisation. Un total de 918 membres ont donc voté ou tenté de voter.»
L’invitation au vote ayant été envoyée à 1694 membres, le taux de participation s’établit à 58%, «ce qui équivaut à la moyenne enregistrée lors des élections provinciales. La FPJQ considère que ce vote indicatif est une marque de confiance qui lui donne le mandat très net de travailler désormais à l’implantation d’un titre professionnel selon les balises entérinées par les membres.» Hmm. Ça ne leur en prend pas beaucoup. À 58% de taux de participation, je ne me sentirais pas investi d'un «mandat très net» d’aller de l’avant avec ma proposition. Mais bon… les journalistes professionnels sont de drôles de bibittes.
Comme l’écrivait à ce sujet M. Masse au début de l’année, «Il y aurait donc, d'un côté, une gang de moutons et de parasites membres de la nomenklatura et, de l'autre, les "amateurs" comme nous, en marge de ce beau monde. […] Est-ce moi qui rêve? Est-ce qu'on est vraiment dans une société civilisée ou bien en Union soviétique, circa 1978, alors que les apparatchiks ont encore l'espoir de maintenir le régime en place malgré les nombreux signes qui se manifestent de l'effondrement prochain?»
On apprenait hier que la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre, accorde deux subventions à des projets qui vont documenter l'état de l'information locale et régionale au Québec: 50 325 $ à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) pour mener une recherche sur le sujet et 19 748 $ au Conseil de presse du Québec (CPQ) pour la tenue d'un colloque portant notamment sur cette question.

Les commentaires récents