Les problèmes à considérer sont nombreux. Au niveau architectural d'abord, nos écoles ont été construites à une époque où l'on n'envisageait pas les risques de fusillades. Les portes de classe sont généralement vitrées et ne se verrouillent pas toujours de l'intérieur, et ça, c'est quand il y a des portes ou qu'elles se verrouillent! Il n'y a généralement qu'une seule sortie par salle de classe et on ne peut que rarement utiliser les fenêtres comme issue de secours. La seule mesure de sécurité pour laquelle nos écoles sont conçues est l'évacuation massive en cas d'incendie. Or, cette mesure est souvent la pire à envisager dans le cas d'une fusillade.
Beaucoup d'écoles sont accessibles à longueur de journée, la seule mesure de contrôle que l'on retrouve à la porte étant une affiche demandant à tout visiteur de se présenter au secrétariat. On entre dans beaucoup d'écoles beaucoup plus facilement que dans un proverbial moulin!
La configuration des lieux n'est pas la seule problématique que l'on doit considérer. Il faut aussi changer les mentalités. Pour beaucoup d'intervenants du milieu scolaire, la simple possibilité de tels événements est impossible à envisager. On aime mieux espérer que ça n'arrivera pas dans notre école, on préfère fuir les visions d'horreur. Et même lorsqu'on se résigne à y penser, très peu de membres du personnel ont une connaissance en matière de sécurité ou de gestion du risque qui leur permettraient de proposer des solutions efficaces. Beaucoup d'écoles ont adopté des plans de confinement, et bien que cette solution soit meilleure que de n'avoir aucun plan, il me semble que ça relève beaucoup de l'espoir que le tireur ne sache pas ouvrir une porte (vitrée)...
Reconnaissons qu'il s'agit d'un problème complexe pour lequel il n'y a pas de solution magique, surtout si l'on désire proposer une idée qui convienne bien à la réalité québécoise et aux choix sociaux effectués au fil des années. Des Américains ont suggéré qu'on devrait armer les enseignants ou les directeurs. Bien que je sois moi-même partisan du droit au port d'arme citoyen, cette solution ne me semble pas envisageable au Québec. Pour des raisons de sécurité d'abord, puisque l'enseignant est régulièrement à courte distance de ses élèves, comme lorsqu'il circule entre des rangées de pupitres par exemple. On ne voudrait pas qu'il se fasse désarmer par un élève, déjà qu'on a des cas dans nos classes pour lesquels on nous demande d'éviter de laisser des ciseaux sans surveillance!
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