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08 février 2008

Commentaires

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David Gagnon

Le retour au "gold standard" je n'y crois pas.

Je suis plutôt du même avis que Milton Freidman qui prônait une privatisation des banques centrales.

La période de semi-privatisation de la banque centrale en Nouvelle-Zélande a donné de bon résultats.

http://www.econtalk.org/archives/2006/08/milton_friedman.html

Gerry Flaychy

"La période de semi-privatisation de la banque centrale en Nouvelle-Zélande a donné de bon résultats."
David Gagnon


Ces bons résultats, selon Milton Friedman, seraient dûs au fait d'avoir d'abord ciblé une certaine fourchette de taux général des prix, et de s'y être tenu.


"Russ Roberts: Because it was so dramatically effective in New Zealand?

Milton Friedman: It was the first time that anybody had explicitly adopted an inflation target. So that was something that everybody observed. And, secondly, it was so dramatically effective. "
http://www.econlib.org/library/Columns/y2006/Friedmantranscript.html

Jérôme

Ou plutôt une re-privatisation de l'émission de monnaie, sans aucune restriction.

David Gagnon

@ Gerry Flaychy:

En effet, le gouvernement de la N-Z a donné des cible contraignante à sa banque centrale. Une voie qui me parait moins casse gueule que le retour au "gold standard".

Voici ce qu'a écrit Tyler Cowen aujourd'hui:

There is little doubt that over the broad sweep of world history, commodity standards have outperformed paper money. But we don't live in the broad sweep of world history, we live in 2008 and our ability to monitor and control central banks is unparalleled. The central banks of the wealthier nations work pretty well. My main worry with the gold standard is simply the pro-cyclicality of the money supply and for all its talk of money demand the paper doesn't much address this concern. For instance would you really want a contracting money supply in today's environment? And yes credit crunches of this kind happen in market settings too so you can't blame it all on Alan Greenspan.

And I am not reassured by this (admittedly true) sentence: "At the right reentry rate, dollar prices would not need to jump [from the transition]." One five or ten percent deflation is enough to crush the economy and indeed the whole gold standard idea. Given the socialist calculation debate, can we really know the right transition price? Gold at $900 an ounce? $600 an ounce? Anybody?

http://www.marginalrevolution.com/marginalrevolution/2008/02/should-we-consi.html

Martin Masse

"...our ability to monitor and control central banks is unparalleled. The central banks of the wealthier nations work pretty well."

Tyler, qui se décrivait comme à moitié autrichien et à moitié néoclassique quand je l'ai rencontré il y a dix ans, devient malheureusement de plus en plus confus et non-rigoureux en vieillissant. Gilles me dit que ses opinions sur la culture (il est notamment l'auteur de "In praise of commercial culture") évoluent vers de plus en plus d'étatisme ces dernières années.

Et on dirait que c'est vrai aussi de ses idées sur la monnaie. Les deux phrases ci-dessus le discréditent complètement. Qui donc a un "contrôle sans précédent" sur les décisions de la banque centrale, à part ses dirigeants?!! En quoi un contrôle centralisé et bureaucratisé d'un processus économique est-il quelque chose de positif de toute façon? Et il faut vraiment être complètement aveugle pour dire que les banques centrales des pays riches fonctionnent plutôt bien. La Fed est en train de détruire le dollar et crée des crises à répétition. La banque centrale du Japon tient le pays dans le marasme économique depuis 15 ans avec ses politiques keynésiennes débiles de taux d'intérêt à zéro. Toutes les banques créent de l'inflation monétaire dans des proportions gigantesques. C'est bien dommage, mais Tyler est devenu un autre interventionniste insignifiant et se trouve aujourd'hui à mi-chemin entre les néoclassiques et les keynésiens.

Friedman est également un inflationniste confus lorsqu'il est question de monnaie. La monnaie et la disponibilité du crédit sont déterminés par l'offre et la demande comme le reste des biens et services. Un monopole privé émettant de la monnaie à un rythme constant n'est pas une solution plus pertinente que la situation actuelle. Les fameuses analyses de Friedman et d'Anna Schwartz sur la Dépression sous-tendent d'ailleurs les politiques inflationnistes actuelles. Selon eux, c'est un manque de liquidités après le crash de 29 qui a provoqué la Dépression (une analyse que rejettent évidemment les Autrichiens). C'est pourquoi les monétaristes (comme Greenspan et Bernanke) appuient constamment une injection massive de liquidités lorsqu'il y a un ralentissement économique ou un recul des titres boursiers. Friedman lui-même recommandait un tel remède pour sortir le Japon du marasme au début de la décennie, alors que c'est justement ce que faisait le Japon depuis des années, sans aucun résultat. Une telle politique ne fait que retarder la liquidation nécessaire des mauvaises créances et perpétuer le marasme. L'inflation monétaire n'est *jamais* une solution, ni pour accélérer la croissance, comme le croient les keynésiens avec leur pensée magique, ni pour sortir d'une crise provoquée par une inflation monétaire précédente. Il n'y a pas tant de différences entre les monétaristes et les keynésiens sur les questions monétaires. Seuls les Autrichiens ont un point de vue cohérent.

Martin

Est-ce que ces solutions proposées seraient plus réalistes?

http://youtube.com/watch?v=nNumEm2NzQA

R.David

L'idée n'est pas d'avoir un gold standard, l'idée c'est d'avoir un libre-marché dans la monnaie. C'est juste que chaque fois dans l'histoire de l'homme qu'on a été libres de choisir, nous avons choisi l'or et quelques fois l'argent.

Si nous avions une monnaie qui ne perdait pas de valeur constamment à cause du gouvernement, nous verrions beaucoup plus les prix baisser qu'en ce moment (et même avec l'inflation nous réussissons quand meme à observer une baisse constante des prix dans le marché de la technologie.... un des marché les plus libres d'intervention gouvernementale)

gdm

Dans votre article, vous évoquez l'or comme fondement de la valeur de la monnaie, voire comme monnaie. Le valorimètre d'une monnaie, c'est à dire l'étalon de mesure de la valeur d'une monnaie, peut être l'or. Il peut aussi être tout aussi valablement un indice des prix. Ce qui importe est que ce valorimètre de la monnaie soit défini sans ambiguité. L'or présente l'avantage d'avoir une valeur précise. Mais l'or n'est pas nécessairement le meilleur valorimètre d'une monnaie. L'indice des prix est un autre valorimètre valable, lequel a des qualités, et quelques défauts.

Chaque prêt bancaire provoque de manière automatique une création monétaire d'un montant égal au montant du prêt. Une reconnaissance de dette est une créance sur l'emprunteur. Un banquier garantit la valeur de sa monnaie grâce à la valeur des créances sur les emprunteurs. La principale question de la création monétaire est donc de vérifier que, à tout moment, la valeur totale des créances sur les emprunteurs, et autres actifs de la banque, reste supérieure à la masse monétaire.

La création monétaire permet aux agents économiques d'acheter plus tôt, d'investir plus tôt, de consommer plus tôt, ce qui accélère la croissance économique et la production de richesses. Le monopole étatique des Banques Centrales leur confère une responsabilité qui leur incite à édicter des règles prudentielles trop timorées. C'est ainsi que les banques commerciales sont arbitrairement limitées dans la création monétaire. Cette limitation induisent que le taux du crédit est, à mon avis, artificiellement trop élevé.

Une privatisation de la monnaie conduirait à des banques privées prenant davantage de risques en acceptant d'abaisser leur taux d'intérêt. Un moindre taux d'intérêt conduirait à une plus grande création de richesses. Dans un contexte de monnaies privées, la faillite d'une banque privée ne serait une catastrophe. Elle conduirait à une perte pour un nombre limité d'agents économiques et ne provoquerait aucun risque systémique. L'importance de cette perte serait liée à la diminution des valeurs des créances sur les emprunteurs.

Le principal risque du système monétaire actuel provient de l'incertitude de la valeur des créances sur les États. En effet, un État a toujours un risque de faillite financière. Mais tant qu'il peut prélever des impôts, un tel risque à court terme est quasiment nul.

En ce qui concerne l'inflation, il existe deux sources distinctes de l'inflation. Une des deux inflations est causée par les prêts aux agents économiques privés qui créent des marchandises. Cette inflation-là permet une augmentation de l'offre qui tend à résorber l'inflation initiale. Cette inflation est vertueuse et utile.

Mais la monnaie empruntée par l'État n'induit aucune création de marchandises qui pourraient augmenter l'offre marchande. Les emprunts d'État provoquent ainsi une inflation continue qui ne peut pas être compensée. Cette inflation d'origine étatique conduit la monnaie à se dévaluer de quelques 2% par an. Cette inflation d'origine étatique est masquée par l'augmentation constante de la productivité des agents économiques. Cette augmentation moyenne de la productivité des agents économiques est supérieure à 1% ou 2% annuel.


R.David

Je veux un système de monnaie que MÊME le gouvernement ne peut pas tricher, est-ce que c'est trop demandé?

Ça ne veut pas dire qu'il sera impossible de créer du crédit, il faudra juste le faire sans frauder les clients comme c'est fait en ce moment.

Yan Grenier

Oh nooooonnnn :( Moi je veux un système où l'on ne peut que prêter de la richesse qui existe je suis un gros méchant :( !!!!

QQ

Gerry Flaychy

"Le valorimètre d'une monnaie,
...
peut aussi être tout aussi valablement un indice des prix."
gdm


Pouvez-vous nous donner un exemple de ce que vous voulez dire?

Gerry Flaychy

"Le quotidien a également interviewé Donald Coxe, stratège global chez BMO Groupe financier, qui croit que le métal jaune dépassera bientôt la barre des 1000 $US l'once et recommande d’y investir."
Martin Masse


Si, comme certains le pensent, il y a déflation des prix, n'y aura-t-il pas aussi déflation des prix de l'or?

Bastiat

@ GDM

"La création monétaire permet aux agents économiques d'acheter plus tôt, d'investir plus tôt, de consommer plus tôt, ce qui accélère la croissance économique et la production de richesses."

Êtes vous en train de dire que la création monétaire fait apparaître de l'acier et du béton comme par magie? Ce que vous ne voyez pas, c'est que pour chaque acteur qui achète quelque chose "plus tôt", il y en a un qui doit acheter plus tard. La richesse (réelle) qu'on consomme "plus tôt" n'est plus disponible pour construire quelque chose de productif, et cela RALENTIT la création de richesses.

Mathieu Gaudreault

Deux choses pour éviter une crise économique.

Mettre unj étalon or, tu ne peux pas impirmer plus d'argent que tu possède d'or. Pas de monnaie fidicuaire, on base la monnaie sur l'or et non sur la confiance, comme ça on contrôle l'inflation. Les crise inflationiste ont étés en majorités après que Nixon ait finina avec l'étalon or. Avant 1973 il y en avait une au 50 ans comem celle de 1929, 1873 mais depuis 1973 il y a eu la crise énergétique de 1979, le crash immobilier de 1987, le crash asiatique de 1997 et la bulle informatqiue qui a explosé en 2002.

Que les banques arrêtent de donner des crédits à tout le monde, un ménage qui gagne 60 000$/an et qui paye 50% en impôts et paye les paiements d'une maison de 400 000$, deux voitures, qui fait vivre un enfant ne devrait pas avoir de carte de crédit tout comme des ados qui ne travaile pas à 15 ans ne devrait pas avoir de carte de crédit.

Gerry Flaychy

"Ce que vous ne voyez pas, c'est que pour chaque acteur qui achète quelque chose "plus tôt", il y en a un qui doit acheter plus tard."
Bastiat


C'est ce que dans un autre sujet de discussion on a désigné comme les "gagnants" et les "perdants", ou encore, les "profiteurs" et les "volés".

Voir http://www.leblogueduql.org/2008/01/au-moins-une-ch.html#comment-99629126
et les interventions suivantes.

Gerry Flaychy

"Mettre unj étalon or, tu ne peux pas impirmer plus d'argent que tu possède d'or. Pas de monnaie fidicuaire, on base la monnaie sur l'or et non sur la confiance, comme ça on contrôle l'inflation."
Mathieu Gaudreault


1- L'inflation monétaire ne se fait pas uniquement en imprimant plus de billets de banque. Elle se fait aussi grâce au système de réserve fractionnaire des banques commerciales, et surtout grâce à ce système.

2- Le fait de baser les billets de banque sur une certaine quantité d'or donnée n'empêche pas les gouvernements de changer cette certaine quantité d'or pour une quantité plus faible, et par voie de conséquence, d'imprimer encore plus de billets de banque.

Alors adieu le contrôle de l'inflation !

Gerry Flaychy

Selon Von Mises, pour que le système de l'étalon-or fonctionne, il faut suivre stictement les deux règles indispensables suivantes:

"1) En aucun cas la machine à imprimer ne doit servir —directement ou indirectement — à couvrir les dépenses publiques. Toutes les dépenses publiques doivent être couvertes par les impôts ou les emprunts que les citoyens consentent à distraire de leurs économies.

2) La Banque d'émission doit, en tous temps, et immédiatement, convertir les billets émis par elle, au taux de la parité or légale. Et pour être en état de le faire, elle doit éviter de baisser artificiellement le taux de l'escompte par l'élargissement du crédit.

Tant que les peuples ne seront pas disposés à appliquer rigoureusement ces principes, ils ne cesseront pas de souffrir de troubles monétaires."
http://herve.dequengo.free.fr/Mises/Articles/OI.htm


L'impôt, notre sauveur ?

Ce n'est pas tellement dans l'air du temps !


Quant à la rigueur du gouvernement à appliquer ces règles, et à la population à les accepter, ce n'est pas demain la veille qu'on verra ça !


N'y a-t-il donc aucun espoir ???

Sylvain Falardeau

@Gerry Flaychy

"L'impôt, notre sauveur ?"

Je ne crois pas que Mises appuie ici les impôts mais décrit seulement les autres moyens que le gouvernement peut emprunter s'il arrête d'utiliser l'inflation pour financer ses projets. "L'avantage", si je peux m'exprimer ainsi, d'utiliser les impôts plutôt que l'inflation c'est qu'il est plus visible et que les contribuables en ressentent une effet plus direct. Ils ont plus de chance à s'opposer à quelque chose de concret qu'à du plus abstrait.

Ça ne rend pas le concept d'impôt plus moral pour autant par contre.

Gerry Flaychy

"Je ne crois pas que Mises appuie ici les impôts mais décrit seulement les autres moyens que le gouvernement peut emprunter s'il arrête d'utiliser l'inflation pour financer ses projets."
Sylvain Falardeau


Von Mises, dans le texte cité, emploie les expressions suivantes:
«il n'y a rien d'autre à faire que», «indispensables», «doivent », «rigoureusement ».

Ses deux règles sont un sine qua non. On ne peut en dévier. C'est ça et rien d'autre.

Le gouvernement DOIT arrêter d'utiliser l'inflation, DOIT se servir de l'impôt ou des emprunts. Ce principe d'obligation s'applique également aux activités de la Banque d'émission.


Ses deux règles ne vise donc pas uniquement les dépenses du gouvernement, mais aussi tout le système monétaire et bancaire, autrement dit, tout le système économique.

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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