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28 avril 2008

Commentaires

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Josick d'esprit agricole

La nullité, le côté liberticide... je me demande si ce n'est pas le propre de la francophonie !

décembre

Il y a déjà beaucoup trop de bulletin de nouvelles pour le peu ce qui se passe, en plus que toutes les stations répètent la même chose à fréquence régulière.
Qu'y a-t-il de si important à Québec, à Alma, à Sept-Iles qui doivent être répété 3 fois par jour, lâchez-nous un peu criss.

Il y a tout sur Internet et les journaux sont en kiosques quotidiennement.
La télé ne sert plus à grand chose finalement. Ha oui j''oubliais, à célébrer ses stars de l'info hîhîhî !!!

Pierre-Yves

Difficile de voir les bulletins de nouvelles de TQS comme autre chose qu'une entreprise d'abrutissement collectif: non seulement c'est nul, mais ça vise systèmatiquement au dessous de la ceinture. Ce genre d'information-spectacle contribue massivement au pourrissement du débat démocratique, s'en débarrasser c'est donc vider un abcès, et lancer le message que les canaux de télévision doivent peut-être ajuster leur stratégie: ou bien on fait du divertissement, ou bien on fait de l'information et ça prend un minimum d'éthique et de rigueur.

En ce qui concerne les mises à pied, j'ai moi-même perdu plusieurs fois mon emploi, pour en retrouver un meilleur à chaque fois. Les journalistes licenciés devraient plutôt se féliciter qu'on leur offre l'occasion de se libérer de cet esclavage au service du plus petit dénominateur commun.

Rien d'autre derrière ces protestations outrées que la bonne grosse bêtise bien épaisse de la classe politique quoi.

Kevin

Eeeeh guys faut pas virer sur le bashing non plus. TQS c'est pas une institution publique et j'en ai rien à foutre de la qualité de ses information. Oui ça fait un peu "star académie" comme information mais le problème n'est pas là. Quand on parlait de sauver la station, plusieurs ont sorti les mêmes arguments (comme quoi c'est de la scrap) mais la qualité d'un service est évaluée par les consommateurs, that's it.

Le problème est que la politique se mêle d'une transaction qui ne la regarde absolument pas et le contenu des chaînes de télévisions n'a pas plus de "devoir national" que le contenu de "Star Système" (revue à potin québécoise). Mon père me disait récemment qu'il est nécessaire d'avoir le CRTC puisqu'il y a un nombre de place limitées et donc qu'on se doit de s'assurer la qualité de chacune de ses places de façon arbitraire.

Pourtant le nombre de places sur une rue est aussi limité, on devrait avoir un système pour gérer la qualité des produits en vente dans chacun des commerce et obliger les dollarama à avoir du contenu "local" pour encourager nos entreprise "locales" (c'est quoi local au fait? Québec-Vancouver c'est pas une importation mais Québec-Boston oui???!?!?!).

C'est des raisonnements de twit qui pensent avoir des droits sur la propriété des autres pour se donner de l'importance!!

Isabelle P.

Incroyable! Aujourd'hui TQS serait le fondement même de notre démocratie et sa fermeture serait un problème de sécurité nationale pour le Québec. Non, mais j'ai l'air d'une valise peut-être?

Pas besoin de TQS pour être informé.

JF Plante

Je n'ai pas à définir si j'aime ou non TQS.

Je n'ai pas à définir si la qualité de l'information était bonne ou mauvaise, ce qui de toute façon est immensément subjectif.

TQS est une entreprise privée?

Est-ce que je vais dire à M. Da Giovanni que son spaghetti est mauvais? (oui mais ça c'est un autre débat) :-)

TQS est en faillite et on ne se bouscule pas au portillon, Remstar arrive et ils disent: nous avons un plan. S'ils font de la merde, les téléspectateurs quitteront et Remstar perdra son fric.

Avec les cablodistributeurs et les satellites, la raison d'être du CRTC est maintenant obsolete, l'occupation d'une fréquence n'est plus un privilège limité par la place que l'on dispose sur une bande de fréquence.

En fait si un cablo ou un fournisseur satellite veut ajouter du contenu, il le fait a sa guise dans la mesure où il respecte les normes de contenu canadien créées pour nous protéger contre nous-même et nous faire apprécier Anne Murray et Dan Bigras pour notre plus grand bien.

C'est au client de décider si l'offre télévisuelle de TQS est bonne ou mauvaise.

Je n'ai pas besoin du gouvernement pour décider si je dois regarder oui ou non une 8e antenne qui me parle des émeutes sur Ste-Catherine.

Quand un média comprend que c'est payant de laisser aller le marché et d'offrir du contenu local, pas besoin d'aller voir ailleurs.

Gilles Guénette

«...il est nécessaire d'avoir le CRTC puisqu'il y a un nombre de place limitées et donc qu'on se doit de s'assurer la qualité de chacune de ses places de façon arbitraire.»

Kevin, vous direz à votre père que c'était peut-être vrai dans son temps - lorsque les stations de télé étaient diffusées par voie hertzienne -, mais qu'avec l'avènement des nouvelles technologies, ce n'est plus vrai. Il pourrait y avoir des centaines de chaînes de télé grâce au câble, internet et les satellites. À bas le CRTC!

Pour le reste, vous avez entièrement raison: la qualité n'a rien à voir dans tout ça. Il s'agit d'une chaîne privée, alors personne ne vous force à regarder.

Moi, ce qui m'a bien fait rire (façon de parler) dans toute cette affaire, c'est de voir et d'entendre les intellos parler de la fermeture en utilisant des termes comme «hécatombe», «massacre à la tronçonneuse», et «déchiqueteuse». À la radio de Radio-Canada, on a fait une table ronde d'une demi heure en fin de semaine pour discuter de «la crise des médias». Dans une publicité de l'émission Tout le monde en parle (non, non, je regarde pas ça!), une journaliste de TQS a même dit avec tout le sérieux du monde qu’elle et ses collègues s’en allaient «à l’abattoir» pour parler de la fermeture de la salle de nouvelles. On n’est pas loin du génocide et/ou de la solution finale ;-)

Pierre-Yves

'On n’est pas loin du génocide et/ou de la solution finale ;-)'

Québec = Tibet, Remstar = Nazis quoi, CRTC = Zorro quoi, un coup parti...

David Lacerte

Un mot :

web-télé.

Du contenu sur demande, quoi. L'avenir est là, et certaines stations dans le monde sont à l'avant-garde de ce phénomène, alors que d'autres sont encore à la traîne - surprenamment, les stations québécoises et canadiennes ne s'en tirent pas trop mal, à mon avis.

Une fois que le public prendra conscience de l'immense pouvoir qu'il a simplement en changeant de poste ou mieux encore, en prenant conscience qu'il peut écouter ce qu'il désire quand ça lui plaît, la télé conventionnelle n'aura plus sa place et ça plantera le dernier clou dans le cercueil de ce cadavre ambulant qu'est le CRTC.

Pierre-Yves

@David Lacerte

Votre message me fait penser que cela fera un an ce mois ci que je n'ai plus de télé. Peut pas dire que ça me manque.

Super-Résistant

"C’est la meilleure recette pour appauvrir tout le monde."

Une recette typiquement Québécoise et elle fonctionne à 150% cette recette, le Québec n'a cessé de s'appauvrir au cours des 28 dernières années. La recette fonctionne trop bien.

Il faudrait changer de recette au plus vite.

Ben Gbs

@tous

vos commentaires sont très à propos. Je rejoins particulièrement l'argumentation simple (pas simpliste) et logique de Jeff Plante.

Ce réflexe de sauver à n'importe quel prix les entreprises semble être un automatisme chez nos politiciens. Alimenté par les médias, on plonge dans le sympathique et la compassion et on oublie l'essentiel: le monde des affaires (parce que c'est de cela qu'il s'agit) est un univers de survie où créativité et innovation sont incontournables. Tiens, ça me rappelle quand CKAC était sur le bord de fermer. Tout le monde parlait de la plus vieille radio francophone d'amérique qui allait fermer. Ses presque cent ans, une institution (!) que l'on disait. Mais personne ne parlait des cotes d'écoute faméliques, de la non-rentabilité, etc. etc. Une institution en déroute, oui. Comme TQS.

300 ans de domination de l'Église, ça laisse des traces. Ça doit être dans nos gènes faut croire!

François 1

J'ai de la difficulté à ne pas éclater de rire devant cette levée de boucliers de la part des politiciens et SURTOUT de la part des journalistes qui se drapent dans leurs beaux discours ronflants pour "sauver la diversité de l'information" à TQS.

Les politiciens tentent de se faire du capital politique sur le dos des gens qui seront bientôt mis à pied (c'est normal, c'est leur réflexe conditionné d'agir ainsi...), et les journalistes des autres stations qui ridiculisaient bêtement TQS pas plus tard qu'hier, ne font aujourd'hui que du corporatisme de bas étage.

La fermeture du département de l'information à TQS ne changera rien...strictement rien à quoi que ce soit (quelqu'un a remarqué un gros changement lorsque CKAC a fermé son département de l'information?). La nature ayant horreur du vide, d'autres organismes (radios et journaux locaux) se chargeront de le combler et j'espère que l'État n'investira pas un seul centime dans ce fiasco!

lutopium

Effectivement, cette sortie des politiciens frise l'hypocrisie! Si ce n'est pas rentable de supporter des bureaux d'information régionale, on doit laisser ça aux télévisions d'état. Je serais personnellement d'accord pour que Télé-Québec remplisse ce rôle, elle pourrait même recruter ceux et celles qui ont perdu leur emploi chez TQS. Je sais que vous n'êtes pas de grands fervents d'un interventionisme étatique, mais voilà, à mon avis, un secteur d'activité qui pourrait être pris en charge par une société d'état. Et ce, au même titre que la diffusion d'évènements culturels que l'entreprise privée ne pourrait rentabiliser (théâtre, danse, documentaires, etc...).

Yan Grenier

"au même titre que la diffusion d'évènements culturels que l'entreprise privée ne pourrait rentabiliser (théâtre, danse, documentaires, etc...)."

HEIN?!

Kevin

Hahahahahahaha "au même titre que la diffusion d'évènements culturels que l'entreprise privée ne pourrait rentabiliser (théâtre, danse, documentaires, etc...)."

C'est vraiment mourant de te lire des fois.. Bon pour télé-québec, il y a un éditorialiste de la presse qui suggérais la même chose ce matin. Par contre c'est une chaîne publique que le public ne regarde pas... C'est un gros trou qui me fais penser à la fraternité des artistes subventionnés, ceux qui se font des tableaux subventionnés avec un beau mix-up de masturbation intellectuelle dans un cercle fermé qui n'accepte que des initiés. J'imagine aussi que tu ne connais pas internet. Ah et il y a aussi un domaine artistique complètement libre dont j'ai parlé récemment : le body art (tatouage, piercing, scarification) et ça roule comme sur des roulettes!!

Donc comme ça le privé ne pourra jamais rentabiliser les évènements culturels right.. J'imagine que par chez vous il n'y a pas d'école de danse, de cinéma, de librairies. J'imagine que dans ton univers on a maintenant beaucoup de choix de livres et de films grâce au gouvernement qui avec sa main magique a fait apparaître des subventions pour encourager la production culturelle.

La culture mon cher monsieur, c'est la chose la plus privée qui soit. First elle n'est pas collective puisque différente chez tous et chacun. Ensuite elle n'est pas produite collectivement puisque chaque artiste a sa propre touche et les plus expressifs et les meilleurs sont plus souvent qu'autrement des gens qui aiment ce qu'ils font, qui veulent la propager mais qui ne croient pas en vivre.

De dire que nous avons besoin de l'aide publique pour avoir un maximum de diversité culturelle est totalement ridicule. L'aide publique est prise dans les poches des contribuables et ce n'est qu'avantager un secteur face à un autre. Justement, les québécois consomment très peu de leur propre culture. C'est pas quelquechose qui doit être artificiellement encouragé, les gens savent ce qu'ils veulent et les artistes aiment ce qu'ils font. Au fait, tu dira à mon chum de gars qui a un band et qui a sorti un album récemment que les subventions sont nécessaires... parce que lui il a rushé en tabarnak pour sortir son album sans subvention, contrairement à son voisin (well n'importe quel autre artiste subventionné) qui a des chummé au pouvoir. Sauf que lui n'essaie pas d'en vivre et c'est son plaisir, il adore jouer et partager son talent, j'aime aussi l'encourager en travaillant avec lui (j'ai designé son album) ou en amenant des amis à ses show.

Isabelle P.

Lutopium : Et ce, au même titre que la diffusion d'évènements culturels que l'entreprise privée ne pourrait rentabiliser (théâtre, danse, documentaires, etc...).

Pardon? Est-ce une bonne blague ou quoi? Il est ou la caméra?

lutopium

Je sais, je sais, vous êtes contre toute intervention étatique, j'ai compris, ça va! J'ai pris la peine de le dire en intro de mon commentaire! Pour ceux qui sont un peu plus vieux, on se souviendra peut-être des "Beaux Dimanches", qui étaient présentés à Radio-Canada les dimanches soirs. C'était une belle occasion pour les gens qui n'en avaient pas les moyens d'écouter et de voir un orchestre symphonique, de découvrir le théâtre, la danse, etc... Une station de télé privée comme TVA et TQS ne pourrait pas présenter des trucs comme ça. Je ne suggère pas de le faire à outrance mais d'utiliser un budget de façon intelligente afin de produire ces évènements. La station publique pourrait évidemment vendre des espaces publicitaires afin de récupérer une partie des investissements.

J'ai collaboré à la production d'un documentaire il y a quelques années et nous avons frappé à la porte des producteurs privés. Je pense que nous avions un bon sujet et nous avions déjà investi plus de $5,000 de nos poches. Le privé a dit non parce que ça ne représentait pas un bon investissement. La seule façon de faire ce genre de trucs, c'est de recevoir une aide gouvernementale, produire le film et espérer que les recettes permettront de rembourser l'aide reçue.

C'est tout. On ne parle pas de siphonner les fonds publics ici. On ne parle que d'une collaboration entre les créateurs, l'état et le privé qui serait une formule gagnante pour tout le monde. Voilà. Faut pas en faire de l'urticaire!

Salut!

Yan

"Le privé a dit non parce que ça ne représentait pas un bon investissement."

Une chose qui intéresse les gens sera toujours un bon investissement. Tu n'as soit aucune idée de comment vendre un projet, ou tu n'as aucune idée d'où aller frapper ou bien encore tu as sur-estimé la valeur de ton projet. Je vote pour les 3.

Gilles Guénette

«Par contre c'est une chaîne publique que le public ne regarde pas...»

lol - elle est bonne! (et très vraie en plus)

Télé-Québec a fait un incursion dans le domaine du bulletin de nouvelles régionales il y a quelques années. L'initiative a duré une saison, si je ne m'abuse. Personne ne regardait et ça coûtait les yeux de la tête...

Martin Masse

À la défense de lutopium, il faut dire également que la présence massive de l'État et le rôle incontournable du financement étatique dans la production culturelle et l'information font en sorte que beaucoup de projets ne peuvent effectivement exister aujourd'hui uniquement à partir de contributions privées.

On ne parle pas ici seulement de rentabiliser sur une base commerciale, c'est-à-dire de trouver des investisseurs qui feront du profit. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Yan lorsqu'il écrit qu'une chose qui intéresse les gens sera toujours un bon investissement. C'est vrai d'un certain type d'échange économique mais pas de tous. Le QL intéresse des gens, mais combien d'entre vous seraient prêts à payer pour le service? Est-ce que je réussirais à vivre de ces contributions? Probablement pas. Si j'avais lancé le QL il y a dix ans en espérant en tirer des profits monétaires pour compenser mes efforts (il m'a servi d'autres manières), il n'existerait probablement pas aujourd'hui.

Beaucoup de produits culturels ou journalistiques pourraient intéresser un grand nombre de consommateurs, mais pas suffisamment pour couvrir les coûts de la production et engendrer un rendement suffisant pour satisfaire des investisseurs. C'est pourquoi les mécènes existent, qui ont d'autres priorités que le profit, mais qui sont malgré tout un maillon essentiel dans une société libre (le profit, contrairement à ce qu'affirment constamment les crétins de la gogauche, n'est absolument pas la seule motivation de ceux qui défendent la liberté).

C'est comme dans le domaine de la charité dont on discutait récemment ( http://www.leblogueduql.org/2007/12/la-guignole-tat.html ): l'État fait une concurrence déloyale aux organismes de charité privée. Si le ministère de la Culture dépense un demi-milliard de dollars pour toutes sortes de produits culturels, ça fait en sorte que des mécènes potentiels vont s'en désintéresser et mettre des fonds ailleurs. Ces domaines deviennent dépendants des priorités politiques et des réglès bureaucratiques inefficaces. La production en souffre. De plus, certains produits qui auraient peut-être une logique commerciale sont court-circuités parce que les investisseurs ne voient pas d'intérêt à faire concurrence à des produits subventionnés. Il peut y avoir beaucoup d'autres raisons pour expliquer que le documentaire de lutopium n'a pas trouvé preneur dans le privé.

Gilles donnait récemment l'exemple de Next Floor ( http://www.leblogueduql.org/2008/04/next-floor-un-o.html ), financé par la mécène Phoebe Greenberg. Il y aurait beaucoup plus de contributions privées de la sorte dans la culture et les communications si l'État s'en retirait complètement (sans compter que nous pourrions contribuer davantage si nous étions moins taxés). Des chaînes "publiques" comme PBS et NPR aux États-Unis (qui sont en fait privées et, à part une contribution minimale des gouvernements, financées par la publicité et des dons des téléspectateurs et auditeurs) pourraient exister. Pas besoin de l'État pour financer des Beaux Dimanches.

Il est certain que *tout* ne pourrait pas pas être produit. Il n'y aurait sans doute pas d'opéra pour répondre à la demande des 12 fans de Sept-Îles. Mais au lieu d'avoir une élite imposant ses goûts et priorités en forçant le reste de la population à les financer, que ça lui plaise ou non, nous aurions un système qui répondrait mieux à la demande des consommateurs, tout en harnachant les ressources d'un plus grand nombre de mécènes (pas juste les très riches - des tas de gens ordinaires, moi par exemple, financent des stations comme Vermont Public Radio).

@ lutopium: Pourquoi ne pas envisager de telles solutions au lieu de toujours vous tourner vers l'État pour imposer à tous vos goûts et vos choix?

Yan

"Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Yan lorsqu'il écrit qu'une chose qui intéresse les gens sera toujours un bon investissement. C'est vrai d'un certain type d'échange économique mais pas de tous. Le QL intéresse des gens, mais combien d'entre vous seraient prêts à payer pour le service?"

Simple cas de valeur subjective. La pinte de lait ou mon dollar? La chanson ou mon dollar? Qu'est-ce que je préfère? Le QL intéresse les gens dans la même mesure où le système de santé québécois intéresse les usagers qui n'ont pas à payer directement pour le service.

Si les gens ne sont pas prêts à mettre leurs ressources au service d'un certain divertissement, que celui-ci n'ait pas lieu ne me dérange pas. Les gens ont fait leur choix.

Anarcho-pragmatiste

Voici une déclaration intéressante de Claude Petit-Bedeau, analyste des médias et ex-animateur de radio ennuyant, qui illustre la contradiction populiste de plusieurs personnes à Québec, en particulier à l’ADQ (quelle surprise!), concernant l’affaire de la fermeture de la salle de nouvelles de Ti-Cul-S.

"Réglons un problème philosophique intéressant : vous vous souvenez de la bataille de CHOI et du maudit CRTC? Vous avez une vaste frange de la population à Québec dont l’attitude vis-à-vis le CRTC, c’est «Maudit CRTC à marde, on devrait se débarrasser de ça». Et ce qui est très amusant dans le dossier qui nous occupe, c’est qu’il y a soudainement plein de ces ténors qui vont dire : il faut que le CRTC fasse quelque chose. Il faudrait peut-être qu’on dispose de la question : on veut-tu un gouvernement qui intervient ou on veut un gouvernement qui laisse faire et qui laisse le marché marcher?"

Carl-Stéphane Huot

Je voulais pondre un blogue sur le sujet, pour m'intéresser à un problème particulier, soit la prise de position pro-TQS des politiciens et au moins de la centrale syndicale CSN. La raison est la suivante: en supposant que les pressions politiques fonctionnent et que les bulletins de nouvelle reviennent à TQS, quelle sera l'indépendance des journalistes face aux politiques après qu'ils aient récupéré leur emploi grâce à eux? Ils n'ont pas l'habitude d'oublier ce genre de truc, que je sache... Donc, de facto, nous avons déjà perdu les bulletins de TQS, qu'ils reviennent ou non, si vous voulez mon avis.

lutopium

Martin, nous avons contacté les producteurs qui avaient le profil pour produire un documentaire politique. Aucun intérêt. Tous étaient enjoués par les images que l'équipe avait tournées sur le terrain mais aucun n'y voyait un potentiel commercial. Le réalisateur avait décidé de débuter le projet sans les subvnetions habituelles de la SODEC et de Téléfilm Canada. Il n'était donc pas question de se faire subventionner. La raison principale: les documentaires "uniques" (90 minutes) n'intéressent pas les producteurs canadiens. Ils préfèrent les séries car elles dégagent de meilleurs profits. On ne peut pas être en désaccord avec ça. Ce fut frustrant mais nous avons avalé notre pilule. Nous y avons "perdu" dix mille dollars mais nous avons eu beaucoup de plaisir et avons appris énormément. Malheureusement, le réalisateur du documentaire, qui a déjà claqué la porte de CBC, n'a pas profité de la qualité du film pour se faire une place dans la petite famille des documentaristes reconnus.

Nous avons songé à d'autres stratégies de commercialisation mais elles se sont avérées trop coûteuses. Le documentaire a été présenté dans quelques festivals mais n'a pas intéressé les producteurs privés américains ou européens. Mêmes arguments: "no commercial potential".

Le documentaire est maintenant disponible en différents extraits sur YouTube (http://www.youtube.com/profile_videos?user=BrainwashTheMovie). Pas votre tasse de thé mais il faut avouer que le style "flyé" du film et quelques entrevues intéressantes en font - à mon humble avis - un très bon petit documentaire qui aurait pu susciter de bons débats... Plusieurs personnes ont manifesté leur intérêt et aimeraient bien en commander une version DVD. Nous n'avons pas les moyens d'aller dans cette direction.

lutopium, votre crétin de la gogauche.

Martin Masse

@ lutopium,

Je ne peux pas analyser toutes les facettes de vos démarches, mais d'après ce que vous racontez, *dans le contexte actuel* (comme je l'ai expliqué plus haut, dans un autre contexte où l'État n'interviendrait pas dans la culture, ce pourrait être différent), il semble ne pas y avoir de potentiel commercial pour votre documentaire. Cela signifie que vous devez vous organiser différemment. Internet est justement une autre avenue de distribution. Vous devez agir comme des "mécènes" avec votre propre production pour la faire connaître. Le fait que vous croyez dans sa valeur ne justifie en rien que l'État force des contribuables à le financer.

Par ailleurs, la référence aux "crétins de la gogauche" ne vous visait pas mais visait ceux qui nous démonisent en pensant que la seule justification à tout discours et toute action de la part d'un partisan du libre marché est de "faire du profit". À moins que ce soit votre cas? Vous pensez vraiment que c'est pour faire des millions que j'ai passé des dizaines d'heures par mois à m'occuper du QL depuis dix ans?

Ma situation n'est pas du tout différente de la vôtre. Vous avez "perdu", dites-vous, dix mille dollars mais avec eu du plaisir et avez appris des choses. Big deal. J'en ai "perdu" (en revenu non gagné) infiniment plus que cela!, même si j'y ai également gagné autre chose. Mais alors que tous les petits parasites obtenait des bourses pour "développer le contenu québécois sur l'autoroute de l'information" il y a dix ans, je n'ai jamais extorqué un sou des contribuables qui ne s'intéressent pas à ce que je fais. J'ai financé moi-même ce travail parce que j'y crois.

On revient donc à la même question: pourquoi considérez-vous que des gens devraient être forcés de financer VOTRE projet? Pourquoi vous tournez-vous toujours vers l'État pour imposer à tous vos goûts et vos choix?

lutopium

Martin, comme je l'ai mentionné, le réalisateur a démarré le projet sans passer par les traditionnelles phases de financement gouvernemental. Il n'était donc pas question de se tourner vers l'état. Nous n'avons jamais forcé quelqu'un de financer le projet, je ne sais pas pourquoi vous m'associez encore à la violence. Ça devient tordu à la fin.

Je suis d'accord avec vous qu'il serait préférable que le financement des productions cinématographiques et télévisiuelles ne soit pas sous la responsabilité de l'état. Du moins, pas dans le cas des grosses productions avec un potentiel commercial. Ce n'est pas ce qui se passe aujourd'hui. Une poignée de producteurs se partagent les subventions et crédits d'impôts (Fabienne Larouche et Denise Robert sont les plus beaux exemples) et beaucoup de noiveaux talents ne perceront jamais, faute d'accès au financement. C'est exactement là que la SODEC et Téléfilm Canada pourraient intervenir. Avec des prêts remboursables, pas des subventions. Avec une aide technique à la production, les services juridiques, l'aide à la commercialisation, etc...

Allez, bonne fin de semaine!

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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