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08 octobre 2008

Commentaires

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Investisseur

Donc, dans une telle économie autrichienne, placer de l'argent en banque ou même dans un coffre fort chez soi c'est comme un investissement, à l'abris du fisc et relativement peu risqué.

Cela récompenserait ceux qui vivent selon leurs moyens et qui épargnent.

Ce serait tellement agréable de vivre dans une telle économie, cela aiderait les travailleurs et les salariés et ce serait bien mieux qu'un Réer.

Investisseur

Pourrait-on arriver à quelque chose de semblable en augmentant les taux d'intérêt à un niveau supérieur à l'inflation et en éliminant les taxes ?

On augmenterais les taux d'intérêts à 8% et on éliminerait les taxes, ce qui voudrait dire de 25% à 40% de plus dans les poches des salariés.

Augmenter les taux d'intérêts pour éliminer l'inflation.
Éliminer les taxes pour encourager l'économie.

Ce n'est donc pas de baisses de taux d'intérêts ni de crédit facile ni d'injection monétaire dont les travailleurs et les salariés ont besoin.

Ils ont plutôt besoin de leur plein salaire et de taux d'intérêts quotidien élevés sur l'épargne.

Je suis d'avis que la meilleure "réglementation" possible sur les prêts hypothécaires reste un taux d'intérêt élevé.

Je suis d'avis que la meilleure façon de "relancer" l'économie est de baisser voire même d'éliminer les taxes et les impôts.

Qu'en dites-vous ?

Martin Masse

@ Investisseur,

Oui pour l'élimination des taxes et impôts! Concernant les taux d'intérêt, je vous réponds dans mon dernier billet: http://www.leblogueduql.org/2008/10/devrait-on-avoi.html .

Frankyb

Si je comprends bien, il serait alors plus intéressant de laisser aller les choses et de connaître une déflation des prix. Ainsi, si on aurait pas augmenter la masse monétaire, nous aurions connu une diminution des prix d'environ 4-5% par année depuis 5 ans.

Cela sonne bien en premier car on se dit que l'on pourrait consommer plus avec moins, ce qui est bien pour ceux qui sont en mesure d'épargner. Qu'en est-il par contre pour les gens qui n'ont pas d'épargne ?

Je m'explique, un entrepreneur fait un emprunt de 100 000$ pour fonder son entreprise. Il prévoit faire des ventes d'une valeur actuelle de 25 000$ par année. Un marché inflationniste l'avantagera car pour le même niveau de production, il recevrait plus de 25 000$ l'an prochain et les années suivantes. Il remboursera donc son prêt beaucoup plus vite. Mais dans le cas d'un marché qui connaît une déflation, il recevra chaque année de moins en moins pour le même niveau de production et il en sera désavantagé non ? Dans le pire des cas, il ne sera jamais en mesure de rembourser son emprunt et restera toujours à la merci de ses banquiers.

Si ma mémoire est bonne, c'est ce problème qui a mener à l'abandon de l'étalon-or non ?

Martin Masse

@ Frankyb,

Non, ce n'est pas ce problème qui a mené à l'abandon de l'étalon-or, mais plutôt la volonté des États de contrôler la monnaie.

Vous oubliez que le producteur voit aussi ses coûts de production diminuer et qu'il continue à dégager des profits.

Il n'y a aucune raison de considérer la déflation des prix comme une sorte de trappe dont il ne peut se sortir s'il a fait des emprunts. Les taux d'intérêt s'ajusteraient et seraient vraisemblablement plus bas que dans la situation actuelle, puisque la prime à l'inflation disparaîtrait.

Dans le contexte d'une baisse générale des prix de 4% (c'est-à-dire une appréciation de 4% de la monnaie), un emprunt à un taux d'intérêt de 1% par exemple équivaut à un taux réel de 5%. Je ne vois pas pourquoi une entreprise ne pourrait pas gérer un tel emprunt. Les calculs économiques s'adapteraient à la situation de baisse des prix, tout simplement.

Il faut aussi noter que dans un contexte de baisse générale des prix due à une forte croissance économique, la demande pour du crédit serait logiquement moins forte. Les entreprises compteraient plus sur leurs réserves de liquidités. Et tout dépendrait en bout de ligne de l'épargne disponible - une épargne réelle, pas une fausse épargne créée par le crédit "injecté" par les banques centrale. L'offre et la demande détermineraient qui obtient cette épargne, à un taux qui satisfait tout le monde.

Ce sont les entreprises avec les projets d'investissement les plus profitables qui seraient les plus susceptibles d'obtenir des prêts (et pas tout le monde comme en ce moment avec le crédit facile), ce qui est parfaitement approprié. Il est absurde de penser que ces entreprises se mettraient dans une situation de ne pas pouvoir rembourser les prêts.

La situation que vous décrivez - celle d'emprunteurs qui remboursent avec de la monnaie dépréciée, ce qui fait leur affaire, est celle où tout le monde les subventionne en payant des prix plus élevés à cause de l'inflation. Cette situation n'existerait plus, ce qui est une très bonne chose, puisqu'il s'agit essentiellement d'un vol, d'un transfert de richesse de tous le monde vers les débiteurs.

Steven

J'aime toujours voir la gauche rouspeter contre le libre-marché. Ces personnes ne réalisent-elles pas que la déflation enrichirait l'ensemble de la population. Elle augmenterait le pouvoir d'achat des pauvres et les plus riches se feraient un peu moins d'argent à cause de la baisse des profits. Ça "égaliserait" légèrement plus la société. Mais l'ignorante gauche (incluant les syndicats) préfère que l'on continue à protéger les emplois et encourager des systèmes tels que la "gestion de l'offre". Ça fait monter les prix. Qui paye le plus en bout de ligne??

On atteindra jamais l'égalité parfaite et le plein emploi dans la société. Cependant, le libre-marché est notre meilleur gage pour s'en rapprocher le plus.

Louis-Paul David

Juste une petite question.

Selon ce que je comprends, une déflation se reflèterait également sur les salaires (en imaginant qu'ils ne soient pas réglementés). Donc l'enrichissement se siturait chez ceux qui ont une balance liquité-crédit positive seulement.

Les pauvres qui n'ont pas d'argent de coté ne profiteraient pas "directement" de la déflation.

Est-ce que je me trompe ?

Martin Masse

@ Louis-Paul David,

"Les pauvres qui n'ont pas d'argent de coté ne profiteraient pas "directement" de la déflation."

Non, au contraire, ils en profiteraient directement par la baisse des prix des biens de consommation.

De plus l'inflation avantage ceux qui sont endettés (ils peuvent rembourser avec de l'argent dévalué). Les riches ont plus d'avoirs, mais sont aussi ceux qui sont le plus endettés, et une situation de déflation les avantageraient moins sur ce plan. Les pauvres, qui n'ont pas les moyens de s'endetter beaucoup, sont donc relativement avantagés.

Enfin, pour ce qui est des salaires, oui ils pourraient baisser dans une situation de déflation si on déréglemente (c'est l'un des arguments des économistes néoclassiques moumounes pseudo en faveur du libre marché pour s'opposer systématiquement à une situation de déflation: les salaires aussi devraient être ajustés, mais ils n'osent pas s'opposer au pouvoir des syndicats, au salaire minimum et à d'autres réglementation qui l'empêchent. Ils préfèrent dire que ce serait irréaliste). Mais il n'y a rien d'automatique là-dedans et aucune raison de croire que les salaires des pauvres baisseraient plus que les salaires des riches. Tout dépend de l'offre et la demande de main-d'oeuvre dans un secteur donné. Qu'on soit en situation d'inflation ou de déflation, si votre seule compétence est de pouvoir passer le balai, vous n'allez pas vous enrichir.

Investisseur

@Steven,

La raison pour laquelle la gauche n'est pas d'accord avec la déflation c'est que la gauche perdrait le contrôle d'égaliser qui elle veut bien.

Ce que la gauche veut ce n'est pas la justice ni l'égalité mais le pouvoir de prendre aux uns pour donner aux autres.

Donc, la gauche veut le pouvoir de décider qui est plus égal que les autres. C'est le contrôle et le pouvoir que la gauche veut.

Voilà pourquoi elle va rejetter tout système égalitaire qui ne passe pas par un contrôle centralisé. La gauche ne veut pas que les individus puissent se passer d'elle.

Louis-Paul David

@Martin Masse "Non, au contraire, ils en profiteraient directement par la baisse des prix des biens de consommation."

Désolé je me suis mal exprimé.

Si un individu à une compétence X, son salaire va suivre l'évolution des prix. Donc si les prix baissent et son salaire baisse, l'individu (sans dette ni liquidité) en sera au même point.

10$/h avec la bierre à 2$ VS 5$/h avec la bierre à 1$ ça revient au même.

C'est pour ca que je disait que le pauvre ne va pas bénéficier directement d'une déflation. Je ne dis pas qu'il sera désavantagé non plus, je pense simplement qu'il sera au même point. Je pense par contre qu'il en bénéficiera indirectement avec une économie plus saine et optimisée.

Toutes proportions gardées, il me semble que c'est plutôt la quantité de dettes et de liquidités qui détermine les gagnants et les perdants d'un scénario déflationniste ou inflationniste.

Steven

@Investisseur

Je suis en accord avec ce que tu dis lorsqu'on parle des syndicats et de l'élite politique de la gauche. Cependant, je crois vraiment que les masses de gens situées à gauche croient vraiment que l'égalité vient par la redistribution et qu'ils sont sincères dans ce qu'ils disent. Ils sont tout simplement ignorants et "brainwashées" par l'élite et les syndicats gauchistes.

@Louis-Paul David

Je pense que je n'ai pas été tout à fait clair par rapport aux pauvres. Je parlais surtout des personnes sur le BS et des gens travaillant au salaire minimum. Je doute fort que les gouvernements décideraient de couper les gens sur le B.S ou baisser le salaire minimum. Ce serait des mesures extrêmement impopulaires auprès de l'électorat. Ces pauvres verraient donc leur pouvoir d'achat augmenter.

Mis à part l'endettement, où Martin Masse a montré que la plupart des riches s'appauvriraient plus que les pauvres, je réalise qu'en autant que la baisse de salaire soit égale à la baisse de valeur des prix, le pouvoir d'achat reste le même. Par contre, en terme absolus de dollars ayant pris de la valeur, les riches en perdent plus que les pauvres car les baisses se font généralement en pourcentage. Le riche perderait donc plus de caisses de bières que le pauvre. Cependant, le pourcentage perdu demeurerait le même.

Tocqueville

Montesquieu au sujet de notre crise:

"Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point de mines d'or comme le roi d'Espagne son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre, et, par un prodige de l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées.

D'ailleurs ce roi est un grand magicien: il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets; il les fait penser comme il veut. S'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor, et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux, et ils le croient. S'il a une guerre difficile à soutenir, et qu'il n'ait point d'argent, il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier est de l'argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur les esprits."

Lettres persanes, lettre XIV

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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