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07 octobre 2008

Commentaires

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Humain51

De tous les excellents articles que vous avez écrits M. Masse, c'est celui que je trouve le plus lumineux, celui qui m'éclaire le plus. Enfin, grâce à tous vos textes et à ceux de vos collaborateurs, je commence à comprendre quelque chose.

Stéphane Dumas

Très bon texte Martin

À propos de la crise financière dû à la bulle immobillière, j'ai trouvé un article via lien sur le forum de Liberaux.org http://www.objectifliberte.fr/2008/09/subprimes-cause.html
(d'ailleurs, au forum de Liberaux.org on y a aussi posté d'autres liens sur d'autres articles à
http://www.liberaux.org/index.php?showtopic=38788 )

Philippe Jaunet

Très bon texte en effet mais, malgré tout, si l'Etat n'avait pas "régulé" arbitrairement le secteur immobilier il n'y aurait pas eu de crise des subprimes, pas d'endossement de créances insolvables à des titres financiers sains partout dans le monde, pas de panique boursière donc.

Evidemment, on peut - on doit - condamner les politiques monétaires irréfléchies des banques centrales et de la Fed tout particulièrement.

En revanche, se borner à la seule question de la monnaie ne permet pas de comprendre que le problème majeur aujourd'hui c'est bien celui de la régulation économique (est-elle bonne ou mauvaise ? qu'est-ce qu'une bonne loi ? etc) car encore une fois les acteurs économiques vraiment spécialisés dans chaque domaine préviennent la crise avant tout le monde, parce qu'ils sont "dedans".

Les subprime ? mais tous les financiers sérieux savaient qu'on ne peut donner du triple A à un crédit donné, par définition, à des personnes insolvables... seulement, on ne les écoutait pas, les milieux d'affaires préférant sottement s'en remettre aux régulateurs publics.

Bref, responsabilité à tous les niveaux, voilà la principale chose à ramener dans notre système pour que de telles crises n'aient plus de tels effets.

Cordialement,

Christophe Vincent

Il y a une autre cause dans la crise actuelle à mon avis et peut-être même est ce là LA cause fondamentale :

Le fait que les gens confient leur argent aux banques sans se poser trop de questions.

Quand leur banquier place ensuite tout leur argent sur la création d'un très prometteur site internet pipo.com, mais qu'au final il s'avère que pipo.com, c'est du pipo...

Le libéralisme ça marche donc, mais il faut être vigilant, contrôler (son banquier en l'occurence).

Et quand on ne le fait pas ou que l'on croit que l'Etat va le faire à nôtre place, ça donne ce que l'on voit aujourd'hui.

Je me trompe ?

Martin Masse

@ Christophe,

C'est certain qu'il faut toujours être vigilant dans tout ce qu'on fait, mais on ne devrait pas avoir à se poser tant de questions concernant la sûreté de nos placements et les risques d'un effondrement global.

Ces risques seraient en effet bien moins élevés si les marchés n'étaient pas aussi déréglés à cause de l'intervention de l'État. Et les experts en finances et en économie qui nous conseillent n'auraient pas non plus une incitation à nous faire faire des placements toujours plus risqués, parce qu'ils n'ont eux-mêmes d'autre choix que de se joindre à la frénésie spéculative et qu'ils n'y comprennent rien.

Ce que tu nous dis, c'est que le libéralisme fonctionnerait mieux si tout le monde passait beaucoup de temps à s'intéresser à ce qui se passe dans les marchés financiers, ce qui est irréaliste et impossible. La division du travail devrait être une solution au fait que tout le monde ne peut pas tout savoir et s'intéresser à tout. Mais dans ce cas-ci, ses effets positifs sont complètement court-circuités par l'étatisme (voir par exemple mon billet sur la totale inutilité des économistes, dont le savoir devraient pourtant permettre de prévenir ces crises: http://www.leblogueduql.org/2008/09/la-totale-inuti.html ).

Martin

Connaissez-vous des conseillers financiers libertariens? ;-)

Christophe Vincent

@Martin,

pipo.com, que l'Etat vienne y mettre son nez ou pas, ça restera toujours une mauvaise affaire.

Les erreurs d'investissement ça existe et il faut absolument que les gens qui font travailler leur argent, en le confiant à des banquiers, en espérant en retirer plus tard un bénéfice, le sachent, et il faut donc pour cela que nous les libéraux/libertariens leur disions.

Si nous leur disons au contraire qu'avec le libéralisme/la banque (et sans aucune intervention de l'Etat cette fois), ils gagneront à tous les coups sans avoir à se donner la peine de rien contrôler (je ne dis pas non plus qu'ils doivent y passer leur temps), il ne fait pas s'étonner qu'ensuite (une fois que pipo.com est éventé) ils crient "au voleur", disent que les libéraux/banquiers les ont trompés et appellent l'Etat à la rescousse.

Bref, avec le libéralisme, on est gagnant à tous les coups. En revanche, si on joue au capitaliste sans rien y connaître et sans prendre aucune précaution, on peut y perdre gros.

C'est la vie.

Et même l'Etat n'y peut rien et n'y pourra jamais rien. L'Etat ne fait et ne fera jamais que transférer les pertes des capitalistes en culotte courte (dont je fais partie rassurez-vous) sur ceux qui n'ont rien demandés.

François1

Bonjour Monsieur Masse,

Voici ci-joint un lien relatif à un article de Sophie Cousineau de La Presse contredisant la théorie du "Community Investment Act": http://blogues.cyberpresse.ca/lapresseaffaires/cousineau/?p=446

Des explications?

Martin Masse

@ François1,

Sophie Cousineau cite un professeur selon qui "seulement un prêt immobilier à haut risque sur cinq a véritablement été émis par une société financière assujettie au CRA".

Je n'ai pas d'information spécifique sur ses calculs, mais je ne vois pas en quoi ça contredit le fait que le CRA aurait eu des conséquences néfastes. Le CRA est loin d'être la seule cause. S'il a eu une influence sur l'octroi d'un seul prêt sur cinq, c'est déjà une très mauvaise influence. Il y a plusieurs autres causes à cette crise, le rôle de Fannie et Freddie qui subventionnait implicitement les hypothèques, le rôle de la Fed, etc. À ma connaissance, personne n'a dit que c'était la **seule** cause.

JH Lapointe

Ce que l'avocat Barr (probablement un démocrate) cité par Sophie Cousineau ignore, probablement volontairement, c'est que le CRA a mis sous pression toutes les institutions financières de faire du subprime, et non seulement celles qui y étaient assujetties.

Les institutions qui n'étaient pas assujetties au CRA étaient menacées de perdre leurs parts de marché si elles n'assouplissaient pas leurs standards. Puisque Fannie Mae et Freddie Mac rachetaient les prêts risqués de toute façon, et donc assumaient les risques, tout le marché s'est mis à faire du subprime.

Son étude statistique ne tient pas la route.

Voir http://www.lewrockwell.com/blog/lewrw/archives/023120.html

François1

Merci à messieurs Masse et Lapointe pour vos réponses.

Je me suis peut-être mal exprimé mais ce que je voulais particulièrement souligner, c'est le fait que, selon certaines gens branchées tout comme vous dans ce milieu, qu'il semble y avoir d'autres facteurs que les seules interventions gouvernementales qui pourraient expliquer le récent dérapage dont il est question ici. De plus, je trouve étrange (en tant que disciple de la non-intervention) que les banques canadiennes, qui subissent fortement l'interventionisme de nos différents paliers de gouvernement, ne semblent pas du tout affectées par la crise actuelle.

Y aurait-il du bon dans un certain genre d'interventionisme?

Martin Masse

@ François1,

Non, il n'y a logiquement jamais rien de bon dans l'interventionnisme, qui a toujours pour effet de prendre à un pour donner à l'autre et de créer des distortions dans les marchés.

Si le Canada s'en sort mieux dans cette crise, c'est justement parce qu'il y a moins eu d'interventionnisme excessif ici qu'aux États-Unis. La Banque du Canada a été plus tempérée que la Fed dans ses injections monétaires. La SCHL est minuscule comparée à Fannie et Freddie. Les banques canadiennes sont mieux capitalisées que les banques américaines (d'un point de vue libertarien, elles devraient l'être bien plus encore, mais c'est moins pire qu'aux États-Unis). Il n'y a pas eu d'encouragement réglementaire systématique à prêter à des acheteurs de maison qui n'en avaient pas les moyens et les subprimes ont été bien moins développés ici. Et notre dette diminue d'année en année depuis dix ans alors que Bush le socialiste l'a doublé pendant son mandat.

Ceux qui disent que le Canada s'en sort mieux parce qu'il est plus interventionniste ont tout à l'envers.

JH Lapointe

À mon sens, le principal dérapage non-gouvernemental semble être les cotes de crédit qui ont été données aux PCAA adossés à des subprimes, encourageant tout le marché à en acheter. Et encore... Il y a lieu de se demander à quel point les agences de notation étaient en mesure de découvrir le pot-aux-roses. Beaucoup d'efforts ont été déployés par les principaux intéressés (Fannie, Freddie, les Démocrates...) afin de rassurer tout le monde sur le produit.

Notez que le système financier canadien n'a pas été assujetti à des politiques d'accès à la propriété aussi mal avisées que le CRA, Fannie Mae et Freddie Mac.

Pierre-Yves

De toutes façons, Sophie Cousineau et l'étude qu'elle cite tapent complètement à côté de la plaque: que la bulle spéculative se soit agglutinée dans les prêts du CRA, dans les titres de Freddy Mac, ou dans les importations de papillons exotiques, ça n'a strictement aucune importance au regard de la cause première de cette bulle, l'aveuglement (volontaire?) des gouvernements et de leurs courroies de transmission les banques centrales devant l'évidence que l'erreur humaine (inéluctable), multipliée par les leviers du pouvoir de l'État et de la bureaucratie, c'est une recette assurée pour des catastrophes économiques en série. Je l'ai déjà écrit ailleurs, que celà puisse ne pas crever les yeux à un individu doté d'un Q.I. à peu près normal, ça me tue. C'est comme un programme informatique: when it screws-up, it screws-up big time... mais la cause première est toujours une erreur humaine.

Bon courage Martin, la nation a besoin de vous... LOL

Martin Masse

@ François1,

Il faut aussi faire attention à bien définir de quoi il s'agit quand on parle d'"interventionnisme". Forcer les banques à être mieux capitalisées (et donc à être moins capables d'utiliser un effet de levier excessif et dangereusement risqué) n'est pas, pour moi, de l'interventionnisme. Et à l'inverse, les laisser s'endetter dangereusement n'est pas du "laisser faire".

Dans une société libertarienne, les règles d'un marché libre de la monnaie (et, selon Rothbard, même les lois contre la fraude) feraient en sorte que les institutions financières seraient énormément plus capitalisées qu'aujourd'hui, sinon à 100% (contre 7-8% au Canada en ce moment, et jusqu'à aussi peu que 2% pour beaucoup d'institutions en Europe et aux États-Unis).

Même si c'est la réglementation qui les force à être plus capitalisées, ce n'est pas de l'interventionnisme comme tel, mais plutôt un pâle substitut de ce qui se passerait dans un véritable marché libre. C'est uniquement dans ce sens que vous pouvez dire que l'intervention de l'État peut avoir des effets positifs, si vous en parlez comme de l'interventionnisme.

Mais la meilleure solution est évidemment que ce soient les règles du marché qui permettent d'atteindre cet objectif, pas une réglementation qui vient tempérer les effets pervers de tout le reste de l'intervention étatique.

Martin Masse

Merci Pierre-Yves, mais je ne suis qu'une courroie de transmission pour ces idées et ça ne tient pas à grand-chose. C'est simplement grâce à un clic de souris de Matt Drudge si ces idées ont miraculeusement atteint quelques centaines de milliers de lecteurs de plus aux États-Unis et dans le monde depuis la semaine dernière. Mais nous avons en face de nous pratiquement tout l'establishment politique, médiatique, financier et intellectuel de l'Occident!!!!!!!

La "nation" a encore plus besoin que des centaines d'entre vous qui comprennent de mieux en mieux ces idées depuis quelques jours et à quel point elles sont cruciales pour l'avenir de notre civilisation cherchent à en apprendre davantage, les répandent autour d'eux, écrivent aux journaux, etc., et que ce mouvement finissent pas avoir une influence réelle.

Je reste optimiste à long terme mais à court terme, ce qui se passe est désastreux. La proposition No 5 de Marx est mise en vigueur un peu plus chaque jour.

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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