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13 février 2009

Commentaires

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lutopium

Bon billet. Je peux vous assurer qu'un bon nombre de "gauchistes" rejoignent vos préoccupations, spécifiquement en ce qui concerne l'interventionnisme au niveau des banques... Et que doit-on penser de ces universitaires qui pondent des papiers pour l'IEDM? "Compte tenu du fait que la plupart d'entre eux sont à l'emploi du secteur public..."

Pierre-Yves

@lutopium

"Et que doit-on penser de ces universitaires qui pondent des papiers pour l'IEDM? "Compte tenu du fait que la plupart d'entre eux sont à l'emploi du secteur public..."

Puisque lesdits universitaires n'ont pas besoin de l'IEDM pour survivre, et que personne ne les force à collaborer avec cette organisation, il faut bien accepter l'explication qu'ils le fasse tout simplement parce que la liberté académique n'existe plus depuis longtemps à l'université - et qu'un espace de liberté ou qu'il se trouve est toujours le bienvenu.

D'autre part vous mentionnez (très justement) les économistes des banques, mais vous oubliez ceux qui travaillent pour les syndicats, ou les corporations professionnelles (ex. construction).

Anarcho-pragmatiste

"l'essentiel de leur travail consiste à faire des modèles mathématiques sans rapport avec la réalité"

Le principal problème est la fausse conception pseudo-sciencitifiques des économistes concernant les statistiques/mathématiques et leur refus conséquent de la collaboration scientifique avec les statisticiens-mathématiciens. Refus qui existe encore plus chez les économistes autrichiens en passant. Le même phénomène se produit en épidémiologie, en actuariat, en climatologie, en agronomie, en sciences sociales, etc.

m.t.

Bien sur que les gauchistes sont contre les plans de relance.....parce que ceux-ci ne sont pas assez gros!

Anarcho-pragmatiste

Ceci dit, même si ces économistes ne vont pas assez loin dans leur raisonnement, je suis d'accord avec le fond de leur déclaration anti-plan de relance.

B. Vallée

Cet après-midi, à CHOI (!), j'entendais l'ex-premier ministre Bernard Landry, ce soi-disant « économiste », pontifier en faisant l'apologie de Keynes, de « l'investissement public » et de... l'impôt.

Le père Landry rejettait catégoriquement l'idée, lancée par les animateurs de l'émission, que des baisses d'impôt puissent relancer l'économie plus efficacement que les fameux « programmes d'infrastructure » si chers à nos gouvernements...

Pénible.

Pierre Lemieux

Sur la méthode en économie, voir mon Comprendre l'économie. Comment les économistes pensent, Paris, Belles Lettres, 2008.

Pierre-Yves

@Anarcho-pragmatiste

Sans prétendre être un expert, j'ai un bagage suffisant en statistiques ET en économie pour avoir saisi un problème fondamental de ces modèles mathématiques, en particuliers de ceux qui sont utilisés par les gestionnaires de portefeuilles: les gens qui conçoivent ces modèles sophistiqués n'ont qu'une vague idée de ce qu'il est pertinent de mesurer, et par conséquent leurs modèles ne représentent souvent qu'une abstraction sans aucun rapport avec la réalité du fonctionnement d'un marché.

En particulier ils font l'impasse sur la valuation subjective de l'utilité marginale, un concept qu'on rencontre souvent aussi bien en marketing ou en gestion de produit qu'en psychologie (et auquel la théorie autrichienne fait souvent référence de façon implicite), valuation qui peut être approximée en compilant les décisions prises par les acteurs de marché en présence d'alternatives quasi-équivalentes (c'est à dire qui suivant le modèle d'allocation des actifs - risque vs. rendement -, devraient présenter la même espérance de gain - la préférence des acteurs de marchés pour l'une ou l'autre option permet d'établir une fourchette pour la composante subjective de l'évaluation).

La théorie derrière tout ça est analytiquement correcte, mais impossible à appliquer en l'absence d'un marché justement (ex. certains produits dérivés OTC), et ses conclusions sont toujours descriptives, et non prescriptives, puisqu'on ne peut inférer d'une modélisation statistique des comportements généraux un comportement particulier qui produirait un rapport risque/rendement donné (un problème similaire à l'hypothèse de stationnarité pour les processus stochastiques, ou à la mise en oeuvre d'une stratégie optimale en théorie des jeux).

Mais fondamentalement ce qu'il faut retenir, c'est que les catastophes proviennent toujours de ce qu'on ne sait pas qu'on ignore, et la plupart des statisticiens qui conçoivent ces modèles ne semblent pas conscients qu'ils ignorent celà (je me suis assez crêpé le chignon avec eux autres). S'ils avaient étudié d'un peu plus près la théorie autrichienne, à tout le moins ils seraient peut-être conscients de leur lacune.

David Gagnon

Il y a un an, j'étais à Chicago.

Aujourd'hui, je suis en plein milieu de l'Atlantique et je nage pour rejoindre l'Autriche.

Les médias disent que les plans de relance de l'économie sont nécessaires pour sauver le capitalisme. Ce n'est pas le capitalisme qu'on essaye de sauver, c'est l'étatisme (et l'étatisme est en train de perdre).

lutopium

@m.t.: vous n'y êtes pas. Bien des gens qui se disent de la "gauche" ou de nature "progressiste" (appelez ça comme vous voulez...) sont contre le plan de relance (du monde bancaire) du président Obama et questionnent les sommes (200 milliards) récemment injectées par le gouvernement conservateur canadien.

Pour la gauche, la portion des plans de relance qui vise la rénovation ou la construction d'infrastructures publiques fait du sens. Premièrement, parce que l'état est responsable de ces infrastructures, il doit donc en prendre soin. Deuxièmement, parce que l'état dispose d'un budget pour investir dans ces travaux, ce que les institutions privées auraient grand mal à trouver ces jours-ci. Et, en dernier lieu, ces investissement dans l'économie réelle (brique et mortier) permettra de fournir un peu de travail, ce qui contribuera à faire rouler l'économie de base. C'est une mesure temporaire qui permettra au système de reprendre son souffle.

Cependant, il faudra bien s'entendre un jour ou l'autre sur nature des règlementations qui entourent (ou devraient entourer) le monde des finances et celui des banques, qui doivent être reserrées, selon plusieurs économistes de renom. Et ce, dans l'unique but d'éviter la corruption. Il ne s'agit pas de rejetter le capitalisme ici, il faut seulement assainir les règles qui "devraient" assurer son bon fonctionnement.

@David Gagnon: L'état, que vous dénoncez quotidiennement, est sous l'emprise de vos maîtres de Chicago. Même Obama semble être pris en otage par Wall Street. Bon voyage!

Pierre-Yves

@lutopium

"Vous n'y êtes pas. Bien des gens qui se disent de la "gauche" ou de nature "progressiste" (appelez ça comme vous voulez...) sont contre le plan de relance (du monde bancaire) du président Obama et questionnent les sommes (200 milliards) récemment injectées par le gouvernement conservateur canadien. Pour la gauche, la portion des plans de relance qui vise la rénovation ou la construction d'infrastructures publiques fait du sens."
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Bon, ça au moins c'est clair est sans complexe: les gens de gauche n'aiment pas les plans de relance parce qu'il n'en mettent pas suffisamment dans leurs poches! Comme c'est touchant de sincérité....

Or quels qu'en soient les bénéficiaires, un libertarien ne peut que trouver immoral cette façon de profiter de la crise pour exécuter un hold-up sur les finances publiques, tout ça pour des investissements à fonds perdus, des malinvestissements, et en mobilisant des ressources qui feront cruellement défaut au secteur productif.

Il n'y a aucun sens à investir dans les infrastructures publiques en temps de crise, surtout quand on a soigneusement évité de le faire en période de vaches grasses. Encore une fois il y'a ce qu'on voit (le béton), et ce qu'on ne voit pas (les centaines, les milliers de faillites induites par la pression fiscale et/ou la rareté du crédit qu'auront provoqué ces travaux pharanoniques).

Steven

@Lutopium

Je vois que vous êtes animez de bonnes intentions comme la plupart des gens de la gauche mais qu'une analyse complète de la situation n'a pas été faite avant d'approuver des recommandations touchant principalement la classe moyenne et les pauvres. Tout comme moi, vous rejetez celles touchant les riches. Cependant, on va s'entendre que bien que les riches de Wall Street se soient enrichis durant les années prospères, la classe moyenne aussi a vu son salaire croître plus rapidement que le coût de la vie durant cette période. En ce qui concerne les pauvres, le gouvernement a récolté plus d'argent durant cette période et pendant qu'il ne créait pas de scandales a aussi fait augmenter les budgets en santé et en éducation plus rapidement que l'inflation. Maintenant que le tout a sauté, voici qu'on veut faire des tonnes de logements sociaux. Vive la dépendance encore plus accrue des pauvres envers l'État et le renforcement de la conviction qu'on leur doit qqchose car ils n'ont su se débrouiller. De par le fait même, en leur donnant qqchose de plus, on les empêchent de se débrouiller ce qui aurait augmenté leur confiance en eux et leur aurait permis d'apprendre comment on gère de l'argent (ce qui les aideraient à se sortir de la pauvreté).

Ceci étant dit, l'injection d'argent des gouvernements afin de faire travailler un peu les gens durant ces moments durs va faire beaucoup de mal. Tout d'abord, les prix doivent diminuer durant une récession afin de permettre à la population (qui s'est appauvrit) de pouvoir se remettre à consommer. Lorsque les gens se remettent à consommer, ils s'enrichissent à nouveau et les entreprises peuvent se remettre à investir l'argent nouvellement reçu grâce à la baisse des prix généralisée. Elle peut donc embaucher de nouveaux et investir dans du capital technique. On s'entend que mieux avoir 10 personnes qui achète un produit 12$ car le prix a baissé que 6 personnes qui achète le même à 15$.

Lorsque les gouvenements se mettent à embaucher massivement, ils le feront généralement au dépend de l'entreprise privée. Le gouvernement, qui lui ne se préocuppe pas de sa viabilité économique, va embaucher des salariés temporaires à prix plus élevés que le privé qui lui va probablement avoir baissé ses salaires afin d'éviter la faillite. Immédiatement, ça cré un problème, les salariés ne se recyclent pas afin d'aller dans des domaines de travail plus en demande. Par exemple, il est évident que le secteur de la construction perdera beaucoup de vigueur mais si le gouvernement engage des gars de la construction mis à pied pour des projets temporaires, il les empêche de se recycler dans un autre domaine plus en demande par les consommateurs. Ceci risque de créer des pénuries un peu plus tard.

Autre problème. En plus de créer un niveau d'endettement public énorme, ces mesures empêchent les prix de baisser afin de relancer l'économie. Les salaires plus élevés (et l'ensemble des prêts consentis aux gouvernements) que donne les gouvernements nécéssite une grande création d'argent à partir de rien. Cette augmentation de la masse monétaire cré de l'inflation. L'inflation empêche les pauvres, les gens de la classe moyenne mise à pied et l'ensemble des consommateurs qui se seront appauvris de bénéficier de la baisse des prix afin de recommencer à consommer. Ici, on commence à aller à l'encontre de ce que veut la gauche: on appauvrit les personnes déjà pauvres et les nouveaux pauvres que la crise a créé.

Un autre effet pervers. Avec tout l'argent que les gouvernements emprunteront, il n'en restera plus pour les entreprises privées. Ces dernières ne peuvent pas créer de l'argent à partir de rien et les gouvernements ne le ferait probablement pas pour elles car leurs emprunts vont faire tellement d'inflation qu'ils voudront limiter la création de la monnaie.

Tu sais Lutopium, être Libertarien ne veut pas dire se foutre de tout le monde et vouloir s'enrichir au dépend des autres. Être Libertarien implique qu'on puisse être assez sensible à la misère qui nous entoure. Lorsqu'on est sensible à cette misère, il nous faut décrocher des émotions afin de trouver les vrais causes et les vrais solutions aux problèmes qui nous entoure. C'est se décrochage émotif qui n'est pas facile (de là la création et la prolifération de la gauche) afin de vraiment aider les gens. Assez souvent, la vrai solution n'est pas qqchose qu'on peut appliquer rapidement (un quick fix) comme la redistribution de la richesse. Imagines un instant, un adulte de 30 ans qui va voir constamment ses parents pour de l'argent car il se dit pauvre et que la main invisible de la société (ou les néolibéraux) l'empêchent d'avancer dans la vie. Les parents se disent: "Oh! on est plus riche que notre fils, nous allons redistribuer notre richesse afin de créer un lien plus équitable entre nous et lui". Je serais prêt à gager bcp d'argent avec toi que le fils reviendrait voir régulièrement ses parents pour de l'argent car il n'aurait pas appris à se débrouiller. Lorsque qqun se sort de la misère de ces propres moyens, il s'en sort grandement gagnant et beaucoup plus fort et indépendant. Pour ce faire, il faut avoir un amour assez grand des gens car c'est difficile de voir des gens dans la misère. Il faut souvent se répéter que le quick fix de tout lui donner ne va que contribuer à le rendre plus malheureux et avec un estime plus basse de lui. Ce que je trouve qui décris le mieux la pensée de la gauche versus la réalité est: "L'enfer est pavé de bonnes intentions". La preuve, va dans les réserves amérindiennes. Il n'y a pas de redistribution plus grande qu'envers ces gens: maisons données par le gouvernement, éducation gratuire même à l'unviversité, etc. Pourtant, ils sont toujours pauvres et ils reviennent toujours voir les gouvernements pour plus d'argent.

David Gagnon

@ lutopium:

L'État n'est pas sous l'emprise de Wall Street, c'est l'État qui veut mettre Wall Street sous son emprise.

Pierre-Yves

@Steven

"Tu sais Lutopium, être Libertarien ne veut pas dire se foutre de tout le monde et vouloir s'enrichir au dépend des autres. Être Libertarien implique qu'on puisse être assez sensible à la misère qui nous entoure. Lorsqu'on est sensible à cette misère, il nous faut décrocher des émotions afin de trouver les vrais causes et les vrais solutions aux problèmes qui nous entoure. "
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Exactement. Pour que le coeur soit vraiment tendre, l'oeil doit rester sec.

Steven

@Pierre-Yves

J'avais jamais entendu cette expression, mais t'as frappé dans le mille en résumant ce que je voulais dire avec ceci.

Pierre-Yves

@Steven

C'est d'Alexandre Dumas... je crois.

P.Simard

JE CITE :
Une douzaine sur les centaines d'économistes qui enseignent et travaillent au Québec qui se mobilisent pour prendre position sur ce qui pourrait s'avérer le principal développement économique des dernières décennies, c'est pas fort...

Trois jours après l’ouverture du site antistimulus.ca :

Des centaines de visiteurs
185 visiteurs se sont prononcés sur la déclaration
19 ont signé la déclaration

Vous avez raison, on a du travail à faire ...

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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