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16 mai 2009

Commentaires

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Normand Choinière

Je partage nombre de points de vue avec vous mais je crois que sur certaines questions vous auriez avantage à revenir sur terre. En ce qui concerne l'accès Internet haute vitesse vous êtes dans le champ. Je demeure à 100 km de Montréal, pas au pôle Nord, à 6 km de la 117 et mon accès moyen est de 26 kb/s! Et pas d'alternative si non une connection satellite qui n'est pas de la haute vitesse réelle (500 kbs nominal) car dans la vraie vie, elle se situes entre 200 et 420 k/bs pour un tarif mensuel de près de 100$ et un investissement en équipement de plus de 1,000 $ avec contrat minimum de 3 ans. On peut avoir un peu plus mais là on parle de 150$ par mois pour moins de 2mb/s avec un temps de latence assez embarrassant.

Une récente étude révèle que plus de 70% des habitants de Hautes Laurentides n'ont pas d'accès haute vitesse et plusieurs ne voient pas le jour où cela se fera. Cela fair des années que cela dure. Les grands joueurs comme Bell et Vidéotron ne veulent tout simplement pas investir. Chez-nous, Bell vient de nous le confirmer et Vidéotron ne veut même pas (comme Cogeco) y penser. Et ne vous méprenez pas sur les accès WiFi et WiMax dans les zônes boisées et montagneuses. Il n'y a pas là non plus de miracle. Et cela n'est pas propre aux Hautes Laurentides.

Il y a des moments où l'État doit intervenir. Il y a 9 ans quand j'ai aménagé ici, on me proposait une ligne téléphonique partagée à 4, pas de fax, pas d'Internet. C'était en 1999 et pas au Zaïre, à 15 km de Mont-Tremblant. Il a fallu une intervention de l'État.

Je ne crois pas que tous ces citoyens des Laurentides soient nécessairement des "parasites numériques" et qu'il n'est pas nécessaire de les insulter. Il faut quelques fois se servir de sa jugeotte et cesser d'être prisonnier d'un cadre de pensée généralement fort juste mais qui ne peut fonctionner parfaitement tout le temps. Ne tombez pas dans l'extrémisme idéologique et revenez sur terre. Il y a tellement de causes plus solides que celle-là, lâchez donc votre os. Bonne chance à Stanbridge Est. J'ai passé très près de choisir ce coin avant de me fixer dans les Laurentides. Mon beau frère y est et lui non plus n'a pas la haute vitesse hormis par satellite. Il est trop loin!!!

Pierre-Yves

«Laisser le marché s'occuper tout seul de cela, ça ne fonctionne pas», dit M. Barsalo. À preuve: «Nous sommes en 2009, 10 % de la population, en région, n'est pas capable d'avoir accès à Internet, ajoute Mme Tessier. Même des parcs industriels n'y ont pas accès.»

Ça c'est une imbécillité rare. Ce genre de toton ne sait il pas que l'industrie des télécoms canadienne est toujours une des plus réglementées du monde capitaliste? Ça ne le frappe pas que le taux de pénétration de la téléphonie mobile au Canada dépasse à peine les 60%, alors qu'il est supérieurs à 100% et jusqu'à 120% dans les pays nordiques (note: ce qui signifie qu'un abonné possède en moyenne plus d'un appareil sans-fil).

Or il y'a une, et une seule raison majeure à cela: les limitations fédérales à la propriété étrangère des compagnies de télécommunication, et c'est aussi la raison pour laquelle les Canadiens paient leurs télécommunications plus cher. Et tout ça, ça n'a rien à voir avec le marché mais tout à voir avec les obsédés du contrôle étatique qui s'imagine, ou veulent faire croire, que l'État à le pouvoir de faire tomber la pluie au Sahara.

Martin Masse

@Normand Choinière,

"Bonne chance à Stanbridge Est. J'ai passé très près de choisir ce coin avant de me fixer dans les Laurentides. Mon beau frère y est et lui non plus n'a pas la haute vitesse hormis par satellite. Il est trop loin!!!"

Il y a deux fournisseurs d'Internet haute vitesse par micro-ondes qui couvrent la région, Vivowave et Targo. Évidemment, vous devez avoir une vue dégagée de l'horizon vers l'une des tours. Sinon, il n'y a en effet que le satellite, qui coûte plus cher pour un service vraiment rapide.

L'un des critères incontournables dans le choix de notre maison était d'avoir un accès Internet haute vitesse. Cela limitait le nombre de maisons que l'on pouvait acheter. Nous avons fait un choix et d'une façon ou d'une autre (si vous avions par exemple décidé d'acheter une maison où seul le satellite était disponible), nous l'aurions assumé.

Je ne vois donc pas pourquoi je devrais "lâcher mon os" comme vous dites et accepter de me laisser faire les poches pour vous financer votre connexion haute vitesse. Vous dites bien "J'ai passé très près de choisir ce coin avant de me fixer dans les Laurentides." Vous avez **fait un choix**. En quoi suis-je, et les autres citoyens du Québec sont-ils, responsables de **votre** choix? Choisir de s'installer dans un coin perdu des Laurentides implique des coûts et je vous invite simplement à les assumer comme un individu responsable de ses choix.

Comme l'écrit Pierre-Yves ci-haut, l'une des limites du libre marché au Canada se retrouve dans les restrictions à l'investissement étranger. Quand j'étais conseiller du minister de l'Industrie, nous aurions voulu changer la loi pour les abolir, mais cela a été impossible. Malgré cela, le marché s'est grandement développé au Canada et couvre presque tout le pays. Les petites compagnies privées de micro-ondes dans Brome-Missisquoi développent rapidement leur service et on m'a dit qu'une tour allait bientôt s'ajouter pour l'améliorer.

L'intervention de l'État accélérerait peut-être l'accès dans les régions mais au prix de distorsions du marché et au détriment des contribuables. Quand j'étais à Ottawa, nous avions d'immenses pressions de partout pour accroître ces subventions au développement de l'accès haute vitesse dans les régions. D'un autre côté, des compagnies privées développant cet accès sans subventions venaient nous dire de mettre fin aux subventions à leurs concurrents parce que cela constituait une concurrence déloyale subventionnée par l'État et compromettait leur développement et leur rentabilité.

C'est bien dommage mais si un accès Internet à bon marché était quelque chose de si crucial dans votre vie, vous auriez simplement dû faire comme nous et choisir de vous installer ailleurs.

Michel Monette

Tiens c'est curieux, plus le marché est libre, plus les revenus les plus élevés s'élèvent pendant que ceux de 80% de la population stagnent ou diminuent. Je ne comprends vraiment pas votre acharnement contre toute invervention de l'État. Le plus incroyable, c'est que nous devons l'existence d'Internet justement à l'intervention de l'État américain. Pourquoi êtes vous si unidirectionnel dans vos écrits? L'État ne peut donc rien faire de bien?

NoName

"Je partage nombre de points de vue avec vous mais je crois que sur certaines questions vous auriez avantage à revenir sur terre. En ce qui concerne l'accès Internet haute vitesse vous êtes dans le champ. Je demeure à 100 km de Montréal, pas au pôle Nord, à 6 km de la 117 et mon accès moyen est de 26 kb/s!"

J'ai grandi avec des modèmes de moins de 56kb/s et je ne suis pas mort. Je me souviens de mon premier 16ko/s, je tripais. 26ko/s me paraît suffisant pour toute activité autre que Youtube et le piratage. L'État n'a pas à financer le luxe que constitue une connexion de 300ko/seconde.

Je ne sais pas si ça vous convient mais ça me parait assez intéressant comme tarifs:
http://www.xplornet.com/

NoName

@Michel Monette

Avant internet il existait un système de boards accompagné de FidoNet ou équivalent pour la connection entre boards locaux. C'était comme un genre d'internet préhistorique. Avec le temps, ça aurait pu évoluer en internet.

Humain51

Le débat sur l'absence ou la présence d'internet haute vitesse dans les régions me fait penser au débat sur l'hydroélectricité au Québec au début des années 1960.

Sous prétexte que les régions rurales ne bénéficiaient pas encore des mêmes services en électricité que dans les villes, l'État a exproprié les entreprises privées et instauré le monopole d'Hydro-Québec que l'on subit encore aujourd'hui.

Pierre-Yves

@Michel Monette

'Tiens c'est curieux, plus le marché est libre, plus les revenus les plus élevés s'élèvent pendant que ceux de 80% de la population stagnent ou diminuent.'

Vous confondez les effets du libre marché avec ceux de la globalisation. La deuxième peut être une conséquence indirecte du premier, mais il faut les distinguer : il peut y avoir globalisation sans libre marché - à partir du moment ou les bureaucraties gouvernementales se développent à un échelon supra-national. D’ailleurs il serait plus exact de parler ‘des’ globalisations, plutôt que de ‘la’ globalisation (le singulier ayant sans doute été préféré pour en faire l’épouvantail à moineaux que l’on sait).

Toute globalisation entraîne, c’est vrai, un étalement de l'échelle des revenus, c'est ce qu'on appelle l'effet 'Winner takes all', ou tout simplement qu'il est plus rentable d'être un gros poisson dans une grosse mare, que dans une petite. Mais si tout le monde s’en trouve mieux, quel problème y’a-t-il avec le fait que certains en profitent plus que d’autres, surtout si c’est grâce à leur labeur, leur intelligence et leur inventivité?

Par contre il est totalement faux de prétendre (sans l'appui du moindre fait ou de la moindre référence d'ailleurs) que le libre marché appauvrit la majorité. Durant le 19ieme siècle, la seule période de véritable libre-marché qu'aie connu le monde occidental – puisqu’après la crise de 29 (et encore), on ne peut plus parler de libre-marché -, la population de l'Europe a été multipliée par trois, alors qu'au cours des dix siècles précédents elle progressait au maximum de trois à cinq pour cent par siècle (quand elle ne diminuait pas de moitié en quelques années pour cause de peste noire). Il n’y a qu’une seule explication à cela : la croissance fulgurante de la prospérité économique.

Des centaines de découvertes majeures, scientifiques, médicales, techniques, industrielles ont été faites qui ont propulsé en une couple de décennies des millions d'Européens et d'Américains à des niveaux de richesse dont leurs aïeux ne pouvaient même pas rêver. Alors justement, restons sur terre et intéressons-nous aux faits, plutôt qu’aux slogans.

Une cause majeure de la stagnation du pouvoir d'achat des travailleurs du monde occidental, relativement à l'explosion d’une minorité de très haut revenus, se trouve en fait dans la combinaison assez toxique de la globalisation avec l'étatisation croissante de ces économies.

Cette étatisation entraîne non seulement une ponction fiscale de plus en plus écrasante pour financer ces bureaucraties improductives (y compris les Conseils de l’Europe et autres machins), mais également provoque des distorsions irrémédiables dans la partie productive de ces économies - puisque ce qui paie à court terme, ce n'est plus de produire et de vendre mieux à moindre cout, mais de profiter au travers du jeu politicien des arbitrages économiquement pervers rendus possibles par l'intervention constante de l'État à tort et à travers, sur des critères politiquement rentables, mais économiquement absurdes.

En d'autres termes l'étatisation rend possible pour une petite minorité de gagner de l'argent en gaspillant dans des activités improductives des ressources arrachées à ceux qui les ont produit, tandis que la globalisation leur permet de surcroît de bénéficier d'un effet de levier sur ces profits qui certes leur remplissent les poches, mais sont macro-économiquement destructifs, puisqu'ils ne produisent aucune plus value et sont obtenus par détournement de la plus-value des secteurs productifs, sans pour autant créer de véritable richesse en échange. Il y’a simplement transfert de richesse à cette catégorie d’initiés particulièrement puissants, puisque l’État travaille pour eux, et non contre eux. Mais excepté ces privilégiés, quand tout le monde vit aux dépens de tout le monde, du point de vue du citoyen Lambda il y’aura toujours davantage de gens qui l’exploiteront, que de gens qu’il aura la capacité d’exploiter – le parasitisme n’est jamais une fonction bijective.

' L'État ne peut donc rien faire de bien?'

Le rôle de l'État n'est pas de faire le bien, mais d'empêcher ou de punir la perpétration du mal. En ce sens l’État est légitime, puisque s’il est légitime pour des individus de défendre leur propriété et leur vie, alors il est aussi légitime pour eux de s’associer sous la forme d’un état (ou d’une autre forme d’association) pour augmenter l’efficacité de cette défense. .

Par contre, non, l'État ne 'peut' faire le bien, pas plus que les météorologistes ne peuvent faire le beau temps. ‘Faire le bien’ – si les mots veulent encore dire quelque chose - ne peut être le fait que d’un individu ou d’un groupe d’individus libres en tout temps de leur choix à cet égard. Réfléchissez un peu là-dessus, et si vous voulez on en reparle.

Mathieu

@Normand Choinière

Je suis d'accord avec Martin: nous sommes libres de vivre où on veut bien.

Si je choisis la cabane en bois rond près d'un lac et au milieu de la forêt (c'est déjà loin si vous êtes à 100 km au nord de Montréal) avec peu de voisins, c'est mon choix d'avoir choisi ce coin paisible.

Mais je n'ai pas à forcer l'ensemble des Québécois via l'État à me payer un service d'autobus/train public à ma porte, les frais pour ME brancher tout seul ou presque en haute-vitesse ou à payer pour que je puisse avoir tous les autres avantages d'une personne vivant dans un secteur fortement urbanisé dans mon coin probablement paisible mais isolé.

Si vous n'êtes pas seul dans votre secteur, allez cogner aux portes des voisins et demandez-leur s'ils aimeraient, comme vous, investir pour obtenir un accès Internet plus rapide.

C'est ce qui s'est fait en plusieurs endroits, la maison d'un voisin pas loin de la ville pouvant aussi servir de relais pour les autres.

Mathieu

@Michel Monette
"Le plus incroyable, c'est que nous devons l'existence d'Internet justement à l'intervention de l'État américain. Pourquoi êtes vous si unidirectionnel dans vos écrits? L'État ne peut donc rien faire de bien?"

L'État peut retarder bien des choses ou en financer d'autres qui ne mèneront généralement nulle part lorsqu'elle en garde le contrôle à 100%.
L'essor des babillards électroniques ou celle de FidoNet - permettant de les interrelier - s'est faite bien avant qu'on libéralise l'accès à Internet. Le besoin de communiquer était là, des gens offraient donc déjà des solutions en fonction des possibilités technologiques du moment.

Oui, ARPANET est la création de scientifiques dans des laboratoires liés à différentes institutions universitaires ou fédérales américaines.
Cependant, l'histoire ne dit pas assez souvent qu'ARPANET aurait bien pu mourir totalement dépassé s'il s'était asphyxié sous un contrôle étatique ou politique lourd et s'il ne s'était pas ouvert à des développeurs et des ingénieurs hors de ces institutions pour le faire évoluer et pour qu'il s'étende librement.

« On nous dit que le monde entier nous envie le Minitel. Je ne sais pas s'il nous l'envie, messieurs, mais je peux en tout cas vous dire une chose avec certitude, c'est qu'il ne nous l'achète pas » Bruno Lussato, professeur à l'ENSAM (Arts et Métiers), 1988.

C'est ce qui s'est passé en France. Le Minitel a toujours été très soumis au contrôle de l'État. Mais surtout, il était très coûteux d'en utiliser ses services comme toute chose fortement dépendante de l'État.

Internet a pris le dessus parce que ça s'est avéré être la solution la moins chère et la plus efficace donc la plus démocratisée et la plus démocratisable.

Stranger

Michel Monette,
"Tiens c'est curieux, plus le marché est libre, plus les revenus les plus élevés s'élèvent pendant que ceux de 80% de la population stagnent ou diminuent. Je ne comprends vraiment pas votre acharnement contre toute invervention de l'État."

Les riches s'enrichissent grâce à l'état, qui exproprie la fortune des gens ordinaires pour la redistribuer aux grandes banques et grandes entreprises par l'inflation de la masse monétaire, en même temps que les impôts et la réglementation contraignent la fermeture des industries et la destruction du capital qui rend les gens ordinaires plus productifs.

Les pauvres s'appauvrissent parce que l'état les volent.

Marcel Lavoie

Michel Monette

Même si à la base internet était un projet militaire du gouvernement américain, l'entreprise privée est entièrement responsable de son développement et de sa promotion à travers le monde. L'entreprise privée a contribué à faire connaitre ce réseau grâce a différentes applications que nous utilisons aujourd'hui.

Pierre-Yves

@Michel Monette

En ce qui concerne Internet, et bien oui il y'a 30 ans moi aussi je zigonnais dans les laboratoires de l'université en jouant à Dungeons & Dragons. Mais sans les entrepreneurs (en particulier un certain Marc Andreessen), ça ne serait allé nulle part, la preuve Arpanet a végété pendant 25 ans.

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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