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27 août 2010

Commentaires

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Martin Masse

@ Pascal Denault,

"Que pensez-vous de l'homoparentalité ?"

Je suis homosexuel et pourtant (pour répondre aussi à Pierre-Yves), je suis mal à l'aise avec la notion d'homoparentalité (tout comme avec le concept absurde à mon avis de mariage gai).

Le billet de Gilles sur les garçons à l'école discute abondamment des problèmes causés par l'absence de modèle masculin à l'école et le fait que l'école est féminisée et mal adaptée pour les garçons. Comment peut-on alors penser que grandir avec deux femmes ou deux hommes (dont l'un n'est forcément pas son parent biologique) encouragera un développement psychologique équilibrée? Un enfant devrait idéalement grandir avec ses deux parents biologiques.

Cela dit, même si je partage en partie le point de vue des conservateurs, je ne partage évidemment pas leur fixation sur les dangers de l'homosexualité, ni leur désir d'imposer leur point de vue à tous.

1. Par la force des choses, les cas d'homoparentalité seront toujours extrêmement marginaux, non seulement parce que les homosexuels sont une petite minorité, mais parce que très peu d'entre eux souhaitent être parents.

2. Les conservateurs capotent sur l'homoparentalité alors que la monoparentalité est mille fois plus répandue et a des effets pervers infiniment plus considérables. Les gays et lesbiennes qui veulent élever un enfant sont en général beaucoup mieux préparés à le faire et à maintenir un environnement aimant et stable que le sont ces très nombreuses femmes seules, très souvent pauvres, qui sont dépassées par leur statut de mère monoparentale. Sans compter celles (et j'en connais personnellement plusieurs) qui font des enfants de pères différents et dont les enfants sont trimballés d'un faux père à un autre. Les très nombreux enfants issus de ces "familles" ont bien plus de chance de devenir des mésadaptés sociaux (des garçons qui ne réussissent pas à l'école notamment et qui ont des troubles de comportement) que les enfants de couples homosexuels.

3. De toute façon, comme dans le cas du mariage de même sexe, l'État ne devrait rien avoir à faire là-dedans. Ce sont des lois et interventions étatiques qui ont encouragé la destruction graduelle de l'institution traditionnelle du mariage depuis 40 ans. Les conservateurs avec leurs penchants autoritaires pensent malgré tout que c'est le contrôle étatique qui est la solution. On ne va quand même pas empêcher à un père ou une mère qui a la garde de ses enfants d'aller vivre avec quelqu'un de même sexe après avoir découvert qu'il ou est est homosexuel. Quant à l'adoption, ça devrait être un service privé plutôt que contrôlé par l'État, et il n'y aurait pas ces débats inutiles sur le mariage gai et l'homoparentalité (comme dans l'article que vous proposez). C'est encore un cas de faux débat qui n'existe que parce que l'État a nationalisé l'activité en question.

Kevin

Pour compléter ce que Martin dit, effectivement un enfant a besoin de modèle féminin et masculin pour se développer. L'homoparentalité ne doit pas être réprimée mais de dire qu'elle ne constitue pas un risque est complètement stupide. Dans un lift Qc-Mtl, j'ai rencontré une femme qui avait été mère porteuse pour un couple gay de la R-S de MTL. D'après elle, ils sont d'excellents parents et ont adopté beaucoup d'enfant (ou eu des mère porteuse). Si je me souviens bien, ils en avaient entre 6 et 10.

Le développement peut être sans problème si les deux "parents" ne se ferment pas les yeux et encouragent un développement sain. Par exemple si nous avons deux personnes qui sont très protectrice et maternante, l'enfant développera un attachement ambivalent qui hypothéquera son développement social. Remarquez que le problème peut survenir dans un couple hétéro aussi, si l'homme par exemple ne prend pas la moindre décision. Il est très difficile de réprimer les désirs de protection d'une femme et vous n'arriverez pas à changer son attitude mais les comportements d'aventure des hommes sont facilement détruit pour faire place à plus de sécurité.

Le sujet des familles monoparentales est en effet beaucoup plus problématique, comme Martin le mentionne, les gay forment à peine 10% de la population et probablement la même proportion de ceux-ci veulent avoir des enfants. De faire une campagne contre l'homoparentalité serait largement éxagéré.

En gros c'est une cible très insignifiante.

Pierre-Yves

@Martin Masse:

"Les conservateurs capotent sur l'homoparentalité alors que la monoparentalité est mille fois plus répandue et a des effets pervers infiniment plus considérables."

Exactement, je n'ai pas développé parce que j'étais au bureau mais ça crève les yeux comme le nez au milieu de la figure. J'ai connu des floppées d'enfants perturbés par une éducation "monoparentale" - à 99% des cas, par la mère. Mais attention: le problème n'était pas tant la monoparentalité elle-même, que l'incapacité pour des raisons ancillaires (ex. rancune envers l'ex., ou lavage de cerveau féministe) de faire entrer dans la vie de l'enfant des modèles masculins positif.

Considérations similaires pour l'homoparentalité: c'est vrai, peu d'homos souhaitent élever des enfants, c'est même un des principaux avantages de l'homosexualité que le faible risque de se faire emmm....der avec ça (essayer donc d'expliquer à votre blonde nullipare de 38 balais que vous ne voulez pas de môme). Mais il y'en a, des gays, même si c'est une minorité, qui en veulent des enfants. Et pour ce que j'en ai vu ils font souvent de meilleurs parents que la plupart des monoparentales aigries que j'ai connu (il y'a d'ailleurs une théorie évolutioniste là-dessus: la proportion d'individus homsexuels aurait tendance à augmenter en situation de surpopulation afin de rendre davantage de nullipares disponibles pour s'occuper des jeunes en surplus).

D'ou ma boutade: c'est quoi le problème, parce que je n'en vois pas vraiment. De la même façon d'ailleurs je ne vois pas de problème avec la monoparentalité assumée et choisie sereinement (e.g. par fécondation in-vitro).

En ce qui concerne le mariage, gay ou pas, je me suis exprimé là dessus il y'a quelques jours ici même: pas ma tasse de thé, mais aucune raison de s'ingérer dans la décision des gens quelque soit leur sexe. Et aucune raison non plus, à partir du moment ou l'État légitime le mariage gai, de ne pas AUSSI légitimer des pratiques conjugo-familiales plus marginales mais néanmoins bien établies comme la polygynie ou la polyandrie.

Pierre-Yves

Ah, je voulais aussi mentionner que si on veut espérer réduire la taille de l'État de façon substantielle, et bien il va falloir se mettre dans la tête que ce n'est pas le rôle de ce dernier d'avoir aucune opinion que ce soit sur le mariage, la discrimiation positive ou négative, l'équilibre alimentaire des écoliers, ou l'ingéniérie sociale des immigrants. On peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Tant qu'a moi, avoir une police, une justice et une armée efficaces, ça serait déja pas mal, mais on a même pas ça!

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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