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27 novembre 2010

Commentaires

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Sébas

Pour ça:

"Admettent-ils, ces libertariens, qu'une application stricte des principes libertariens pourrait conduire à une augmentation vertigineuse du prix de certains biens et de certains services qu'on prend présentement pour acquis? Si la violence d'état, puisque c'est une intervention, contre certains travailleurs cessait, peut-être certains produits pourtant essentiels pour notre économie cesserait d'être bon marchés?"

*

Encore une fois, si vous répondez à ces questions:

http://www.leblogueduql.org/2010/11/la-perversion-journalistique.html?cid=6a00d8341cb44a53ef0147e03dc85f970b#comment-6a00d8341cb44a53ef0147e03dc85f970b

Vous allez avoir plusieurs réponses à vos questions.

l'engagé

Vous vous entêtez à voir dans ma longue explication une «bouillie pour les chats» et cela vous évite de devoir reconnaitre que certaines sphères des activités humaines sont incompatibles, si l'on veut qu'elles remplissent leurs fonction, avec les impératifs à courts termes de la gestion comptable et des exigences de rentabilité du privé. La créativité, étudiée par Mihaly Csikszentmihalyi, foisonne justement quand elle est imbibée des idées et d'un milieu créatif justement fertile, riche et abondant, les références doivent accessible pour les créateur (de l'artiste au chercheur), la créativité dépend aussi de certaines conditions, ce n'est pas parce que Balzac était si pressuré qu'il a écrit tant de bonnes oeuvres, ses conditions économiques ont justement réduit la durée de sa vie, coupant ainsi le temps dévolu pour créer. Malcom Gladwell, dans « outliers » explique que c'est justement le nombre extraordinaire d'heures exercés dans un champ donné qui ouvrent la porte à la créativité. Ces deux auteurs sont complémentaires et permettent de comprendre qu'il faut éviter de restreindre les sphères du savoir par des déterminismes si l'on veut que les sociétés accouchent d'idées riches et novatrices. Les impératifs de rentabilité à court terme empêchent résolument l'organisation de la création et de la diffusion du savoir s'ils deviennent les dispositifs à partir desquels le savoir, la création et la culture doivent être organisés.


Ainsi, Sebas me lance sa liste de questions, je peux tout à fait reconnaitre que les disparités qu'il dénonce autant que moi montrent des intérêts privés ont la mainmise sur l'État, ces questions ne justifient pas qu'une réponse à ce problème réside dans une diminution générale du rôle de l'état et de ses interventions.

On peut très bien diminuer le rôle de l'État dans certaines sphères et l'accroitre dans d'autres, la réponse réside dans une compréhension juste des mécanismes à l'oeuvre, et surtout, à l'assujettissement des administrations publiques et privées à des règles de transparence. Les commentaires libertariens que oublient que de nous dire que d'après les postulats économiques idéaux auxquels ils se réfèrent, pour que le marché soit équilibré et concurrentiel, l'information doit être disponible d'une manière complète par tous les acteurs. Encore faut-il que les acteurs la comprennent. Il me semble donc pertinent de penser que l'éducation, la culture et la recherches devraient être les dernières sphères à être libéralisés pour faire advenir ce fameux monde libertarien idéal.

Sinon j'ai bien peur que l'on se retrouve avec des demi-vérités, comme celle de Sébas sur la dialectique, j'ai l'introduction à la pensée de Hegel devant moi, d'Alexandre Kojève et je lis que «la dialectique est la nature propre, complète des choses», c'est-à-dire «l'anthropologie d'une phénoménologie de l'esprit prenant peu à peu conscience de lui-même», c'est « une recherche de l'être intégral de l'homme » (p.38-39, KOJÈVE,1947 chez Gallimard).

On ne peut la réduire à la polarité gauche-droite. N'est-ce pas ironique que ceux qui taxent les gens d'être peu politisés qu'il contribuent eux-mêmes, par l'usage de grand termes inappropriés à la confusion, aux seules fins de l'accroissement de leur propre autorité.

Après ces mêmes intervenants taxent ma pensée de «bouillie pour les chats»...

Vous ne pouvez la


Martin Masse

@ l'engagé,

"Les commentaires libertariens que oublient que de nous dire que d'après les postulats économiques idéaux auxquels ils se réfèrent, pour que le marché soit équilibré et concurrentiel, l'information doit être disponible d'une manière complète par tous les acteurs."

Vous tirez dans toutes les directions dans vos critiques sans vous rendre compte que souvent vous ne visez même pas la bonne cible. Ce commentaire réfère par exemple à la vision néoclassique de l'information selon des modèles statiques d'équilibre de marché, telle qu'on l'enseigne dans les cours d'économie conventionnels. La vision autrichienne qui est celle que je défends dans le QL et sur ce blogue depuis plus d'une décennie est TOUT LE CONTRAIRE de ça. Connaissez-vous la différence? Pourquoi ne pas vous informer un peu sur ce que vous croyez pouvoir critiquer avant de le faire?

Je vous invite à lire cet article publié dans le QL il y a dix ans:
LES DIFFÉRENCES ESSENTIELLES ENTRE LES THÉORIES ÉCONOMIQUES AUTRICHIENNE ET NÉOCLASSIQUE
http://www.quebecoislibre.org/000930-8.htm

Sébas

@ l'engagé qui écrit:

"si l'on veut qu'elles remplissent leurs fonction, avec les impératifs à courts termes de la gestion comptable et des exigences de rentabilité du privé."

*

Mes questions ( http://www.leblogueduql.org/2010/11/la-perversion-journalistique.html?cid=6a00d8341cb44a53ef0147e03dc85f970b#comment-6a00d8341cb44a53ef0147e03dc85f970b ), n'ont RIEN avoir avec des "impératifs à courts termes de la gestion comptable et des exigences de rentabilité du privé" (sic).

Le libertarianisme ce n'est pas ça. Si vous voulez comprendre, il faut cesser d'écouter et de croire la propagande médiatique/universitaire entourant cette philosophie.

Pourquoi est-ce si difficile pour vous de débattre de ces questions ?

Avez-vous peur de réaliser que vous vous trompez?

Pourquoi essayez-vous de les contourner avec vos longues "diatribes" (en tout cas, vos longues répliques subjectives et basées sur "pas grand chose") ?

Avez-vous peur de réaliser que vous n'êtes pas à la recherche de LA réalité, mais dans le subjectif, les émotions, les bonnes intentions basées sur... pas grand chose, etc ?

***

Vous dites:

"Ainsi, Sebas me lance sa liste de questions, je peux tout à fait reconnaitre que les disparités qu'il dénonce autant que moi montrent des intérêts privés ont la mainmise sur l'État, ces questions ne justifient pas qu'une réponse à ce problème réside dans une diminution générale du rôle de l'état et de ses interventions."

*

C'est le contraire, c'est l'état qui a la mainmise sur des "intérêts privés".

Les "méchantes" banques et les puissantes cies comme Mosanto ne pourraient pas exister sous leurs formes actuelles, si la LOI sur les brevets n'existait pas, ou si la LOI sur les banques n'existait pas (et cela empêche d'ouvrir une banque/coop d'épargne basée sur des principes sains et donc le système bancaire canadien est UN oligopole -appuyé par la violence de l'état- SANS réelle compétition)

***

En tout cas, voici 4 réalités que presque tous les collectivistes (ou nihilistes), nient et cela empêche presque tous les débats sains/objectifs:

1/
"Tout n'est PAS relatif"

2/
LA nature humaine existe...

3/
"L'état, ce n'est PAS nous"
(surtout pas avec un état si peu démocratique)

et:

4/
Les structures socialistes SONT immorales et amènent immanquablement l'irresponsabilité et la corruption:

*

EXTRAIT:

"Aléa moral:

L'aléa moral (moral hazard en anglais) désigne la possibilité qu'un assuré augmente sa prise de risque, par rapport à la situation où il supporterait entièrement les conséquences négatives des risques auxquels il s'expose. Le système bancaire actuel est un bon exemple de système où l'intervention de l'État incite les investisseurs à des prises de risque excessives.

Ce phénomène ressort du domaine de l'économie comportementale.

Les libéraux s'opposent systématiquement à cette déresponsabilisation des individus, qui est le propre d'une société socialiste"

Suite ici:
http://www.wikiberal.org/wiki/Al%C3%A9a_moral

p.s.
Je ne sais pas pourquoi je répondrais à vos idées floues entourant la créativité étant donné que vous refusez d'entamer un dialogue par rapport à ma liste de questions, mais je vais quand même répondre à cette amusante remarque:

"Sinon j'ai bien peur que l'on se retrouve avec des demi-vérités, comme celle de Sébas sur la dialectique" (sic)

Ha! C'est certain que "MA" définition ne plaît pas à ceux qui utilisent cette technique. C'était une obligation pour vous de mettre la "bonne" définition... pour pas que les adeptes du "tout est relatif" s'égarent dans LA réalité. ;-)

Sébas

Petite modification:

"Les structures socialistes étatiques imposées SONT immorales et amènent immanquablement l'irresponsabilité, les abus, le "nivellement par le bas", la corruption, le corporatisme et éventuellement la tyrannie"

Derteilzeitberliner.wordpress.com

L'Engagé, bien que ce ne soit point une insulte et je vienne ici par sympathie, j'aimerais simplement préciser que je suis plutôt libéral de valeur et qu'en culture, je m'intéresse davantage à la libre-circulation qu'à faire la guerre aux subventions.

C'est ainsi que je trouve que votre référence au FFM un peu digne d'un autre âge.

Internet, que nos artistes cherchent à juguler, permet une circulation de la culture beaucoup plus grande que tous les autres moyens jusqu'à maintenant.

N'importe quel détaillant islandais vous vendra Mr Bjarnfredarson sur DVD, où des sous-titres anglais ont été ajoutés, via son site internet. C'est sans compter la pub qu'il a reçu en étant joué à bord des avions d'Icelandair.

Je ne nie pas que ça reste un segment marginal du marché du cinéma, mais si on fait l'effort de le chercher, on le trouve, il est là.

À mon avis, on met un peu trop d'emphase sur les majors alors qu'on gagnerait à s'intéresser aux effets pervers de ces quotas protectionnistes.

Sébas

@ Derteilzeitberliner qui écrit:

"j'aimerais simplement préciser que je suis plutôt libéral de valeur et qu'en culture, je m'intéresse davantage à la libre-circulation qu'à faire la guerre aux subventions."

*

Haha, j'ai lu votre texte sur radio-canada/québécor ( http://derteilzeitberliner.wordpress.com/2010/11/27/mon-coming-out-anti-quebecor/ )

... je comprends votre penchant pro-subventions...

;-)

***

Quelques faits:

"Radio-Canada a déjà quatre sources de revenus:

1/
1.1 milliard provenant du Parlement canadien,

2/
L’argent des fonds des nouveaux médias du Canada,

3/
De l’argent découlant de CBC news network et de RDI;

4/
Et des fonds provenant du Fonds pour l’amélioration de la programmation locale;

---» L'ensemble du financement s’élève à 1.3 milliard annuellement."

http://www.quebecdroite.com/2010/11/radio-canada-belle-transparence.html


***

"Cela diffère de la situation des diffuseurs publics des États-Unis, où PBS et NPR reçoivent des fonds publics mais dépendent fortement des contributions des auditeurs et des téléspectateurs."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_Radio-Canada

***

Pourquoi ne pas faire ça avec Radio Canada:

*

9 April 2009
David Descôteaux
Pour un diffuseur (vraiment) public
Le Journal de Montréal, p. 28

EXTRAIT:


"La SRC devrait profiter de ses ennuis financiers pour revoir son financement et se rapprocher de son public.

Elle peut s’inspirer de la National Public Radio (NPR) aux États-Unis. NPR offre aussi des émissions culturelles et des reportages à l’étranger, sans publicité. Mais NPR n’est pas un diffuseur. Elle conçoit des émissions et les vend à ses quelque 900 stations-membres. Près de la moitié de son budget vient des cotisations de ces stations, elles-mêmes financées par les dons des auditeurs. Le reste provient de commandites d’entreprises et de fondations. Le contribuable y gagne: moins de 2% du budget de NPR est financé par l’État.

Jadis, l’État américain finançait presque 40% du budget de NPR. En 1994, il menace de se retirer. NPR se convertit en organisme sans but lucratif. Trois ans plus tard, les dons privés remplaçaient presqu’entièrement le financement de l’État."

Suite ici:
http://www.iedm.org/2108-pour-un-diffuseur-vraiment-public

p.s.

En étant vraiment un diffuseur financé par SON public, peut-être que cela règlerait ces problèmes:

"Ceci dit, je tiens à le rappeler, je ne donne pas un chèque en blanc à Radio-Canada non plus. Je trouve que sa programmation devrait être moins « commerciale », à l’image d’ABC en Australie, que la salle des nouvelles devrait délaisser les sujets non-sérieux, qu’elle devrait adopter une «fairness doctrine» et qu’elle devrait plus transparente au niveau administratif, notamment."

-dixit, vous.
;-)

p.p.s
Que Québécor n'est pas de «fairness doctrine», je m'en fou, personne me force à payer pour eux. Mais radio canada penche -TROP- souvent pour le corporatisme syndical, les militants "verts", un GROS état qui subventionne/étatise tout ce qui bouge, et est anti-conservateurs et/ou valeurs conservatrices, etc et etc.

Eric

Je me souviens d'un reportage totalement ridicule de Radio-Can sur l'Islande... un journaliste, je me souviens pas lequel, est allé en Islande pour nous "expliquer" la crise. D'abord une entrevue avec une femme qui a perdu son emploi et les difficultés qu'elle vit... bon d'accord, pourquoi pas. Ensuite, une entrevue avec un écrivain...Vous imaginez facilement son propos. Finalement, la conclusion, basée sur le témoignage de ces "experts": la crise est causée par le capitalisme sauvage néo-libéral bla bla bla. Malgré le parti pris de gauche, je m'attends à un minimum de professionnalisme de la part de Radio-Cane, mais ce reportage en était dépourvu.

derteilzeitberliner

@Sébas

Je trouve que vous exagérez en me qualifiant de pro-subventions parce que je n'ai pas choisi d'en faire mon focus dans ce débat (comme on dit, "pick up your fights") et que la Société Radio-Canada ne m'empêche pas de dormir. D'ailleurs, comme je l'ai dit dans mon billet, je crois que Quebecor a largement bénéficié du corporatisme et de l'étatisme québécois aussi.

Sachez aussi que je ne m'objecte pas à la transformation de la SRC en OSBL tel que le propose David Descôteaux.

Et je n'ai jamais demandé de fairness doctrine pour les médias privés, soyons clairs! Soyez également assuré que, même si le produit ne me rejoint pas comme consommateur, il a tout à fait le droit d'exister et je ne serais pas de ces ténors qui favorise son démantèlement, son boycott, etc.

Mais bon, peu importe, je pense qu'on se croise assez pour savoir qu'on a des affinités intellectuelles :)

@Eric

Effectivement. Et dès l'annonce faite par Céline Galipeau, j'avais déjà deviné la conclusion. http://derteilzeitberliner.wordpress.com/2010/06/22/efnahagskreppan-a-islandi-i-sjonvarpsfrettum-fail/

Pierre-Yves

@l'engagé:

"si l'on veut qu'elles remplissent leurs fonction, avec les impératifs à courts termes de la gestion comptable et des exigences de rentabilité du privé."

Voilà bien le genre de cliché qui ne veut rien dire et qui me font par conséquent profondément suer: la comptabilité, c'est la seule façon de gérer une organisation rationellement, en mesurant les résutat de votre action relativement aux objectifs que vous aviez planifié pour cette action.

Ce qui ne signifie pas, ne prendre en compte QUE les résultats financiers; ce qui ne signifit pas non plus, gérer à court terme. Mais si vous vous asseoiyez sur les chiffres, vous êtes mort. Sauf évidemment si vous êtes une bureaucratie gouvernementale, auquel cas vous aurez toujours des contribuables à égorger.

Je connais beaucoup de comptables qui pourraient vous donner des notions d'humanisme éclairé, et surtout, durable.

B. Vallée

à Charles Gill

Je vous cite :
« Maintenant quand une oeuvre existe (surtout si elle est reconnue), elle enrichit le patrimoine de l'humanité de manière intangible, mais c'est un don. Que serait le monde sans la musique des Beatles, sans Beethoven, sans Picasso, sans le spleen de Baudelaire, sans «les simpsons»... Il me semble normal que nous encouragions donc ceux qui se consacrent à l'enrichissement de notre univers cognitif, dramatique, imaginatif. »

Encore une fois, on reconnaît bien la prétention culturelle des socialistes et leur propension au chantage. Comme si Beethoven, Picasso ou Baudelaire étaient attribuables aux « politiques culturelles » de l’état socialiste, et à son système de clientélisme… Ridicule.

« Il me semble normal que nous encouragions donc ceux qui se consacrent à l'enrichissement de notre univers cognitif, dramatique, imaginatif. »

Et bien sûr, pour justifier votre chantage, vous utilisez le truisme. Pour vous, « encourager ceux qui se consacrent à l'enrichissement de notre univers cognitif » (un bien grand mot pour désigner ceux qui se prétendent aujourd’hui « artistes »), c'est verser des subventions à des esprits somme toute médiocres (je pèse mes mots) qui viennent grossir le nombre anormalement élevé « d’artistes » (c’est une classe en pleine expansion !) qui sombrent tous dans la dépendance la plus éhontée aux subventions... Dans la société du spectacle, stade avancé du capitalisme d’état, les « artistes » forment désormais une classe en soi, classe imbue de sa propre importance, et qui a tout intérêt à l’expansion indéfinie de l’état socialiste, puisque elle en profite. Comme le disait si bien Philippe Muray, nous aurions plutôt besoin, aujourd'hui, de « décourageurs d'artistes » pour enrayer l'expansion forcenée d'un « secteur culturel » devenu dans bien des cas (par sa propension à l'activisme et au chantage, principalement) une véritable nuisance.

En somme, vous évoquez de très grands créateurs du passé pour justifier l'existence des subventions versées à des « artistes » médiocres, sans imagination ni talent, qui ne sont en fait que des activistes criards dont « l'oeuvre » se résume à ce que j'appelle la « subversion convenue ». On en a eu de bons exemples, l’automne dernier, avec la « courageuse » (et infantile) campagne de salissage menée par nos brillants « artistes » contre le gouvernement soi-disant « obscurantiste » de Stephen Harper.

Baudelaire n’a jamais été « subventionné » par l'état français, pas plus que Picasso à ses débuts. Mieux, ce dernier a débuté dans un milieu qui comptait, pour l'essentiel, sur des mécènes qui savaient infiniment mieux reconnaître le talent que les fonctionnaires de l'état français. Étatiser la culture, comme vous semblez le suggérer, n'est-ce pas justement la meilleure façon de l'affadir en y supprimant toute notion de risque personnel ?

Je ne remets aucunement en cause la pertinence des recherches en sciences humaines. Mais il y a toute une nuance entre Tolkien, Freud ou Heidegger (de tels génies se seraient manifestés de toute façon, subventions de recherche ou pas), et les pitoyables « chercheurs » qui s'agitent dans les couloirs de l'UQAM...

l'engagé

L'éditeur vient de faire une mise au point et je comprends vos critiques, mais vous défendez une certaine idéologie libertarienne, et de plus, et vous en défendez une particulière, pourtant la philosophie de ce blogue est la suivante :

«Il existe plusieurs écoles de pensée libertarienne (autrichienne, randienne, néoclassique, anarcho-capitaliste, etc.) qui ne professent pas des positions similaires sur tous les sujets; celle qui est privilégiée au QL est l'École autrichienne (dont les principaux représentants sont Murray Rothbard, Ludwig von Mises et Friedrich von Hayek). Tous les articles publiés dans le QL expriment un point de vue libertarien, libéral classique, ou qui n'est pas en contradiction avec la philosophie libertarienne. Chaque auteur est responsable de ses propres opinions. Lorsqu'il y a conflit d'interprétation, la ligne éditoriale est déterminée par le directeur.»


L'approche que vous privilégiez est peut-être celle de l'École autrichienne, mais mes critique de l'idéal de l'équilibre des marchés telle que défendues par l'école néoclassique demeuraient pertinentes, car rien ne nous dit que si l'on supprime le plus d'intervention étatique possible, que nous ne vivrons pas dans un système économique régit par les règles de de l'école néoclassique, c'est justement celle qui est le plus enseignée au Québec.

Par ailleurs je ne tire pas dans toute les directions, j'articule ma position sur la possibilité que certaines zones de l'activité humaine soit épargnées par le marché et je justifie cela par l'impossibilité de réaliser certains des postulat nécessaires à l'équilibre sans lequel les marché sont déréglés et par là qu'un monde régit par ce marché ne pourra produire les bénéfices que vous escomptez. Le savoir étant capital et ce dernier échappant aux querelles d'école, j'affirme simplement qu'il devrait être le dernier à être «privatisé», les liens entre création, culture et savoir étant naturels, je maintiens que l'intervention est nécessaire, de la création, à la diffusion et à la conservation.

Si l'économie dans une société dépend d'un ensemble de facteurs incroyablement complexes et que notre position repose sur un certain laisser-faire, on n'est vulnérable à toute attaque visant à montrer la fragilité dudit système économique, surtout si des situations réelles sont en contradictions avec la théorie. Dans le cas qui nous intéresse, une libéralisation progressive de l'aide de l'état pour les petites nations auraient des conséquences inattendues, c'est ce que je me borne à dire. Je ne critique pas tout le reste de vos idéaux, mais je demande aux promoteurs de ces derniers de me répondre concrètement et de me dire par quels moyens ils pensent faire advenir ce monde libertarien.

Pour faire une synthèse, j'ai réclamé à de vos lecteurs qu'ils réfléchissent aux notions de culture, de savoir, de science et j'ai utilisé le cinéma en guise d'exemple pour exposer certaines lacunes qui me semblent évidentes dans la diffusion de vos idées : vous n'exposez la manière de réaliser des réformes qui ne soient pas de nouvelles distorsions.


J'ai voulu expliquer que réduire progressivement le rôle de l'État et les subventions dans les sphères de la culture génèrerait des effets pervers imprévus, certaines institutions tireraient un avantage indu du désengagement de l'état dans les petits marchés.

J'ai également profité de l'occasion pour souligner une autre contradiction : vous faites un billet sur la presse, mais vous attaquez très peu les militaires.

Si dans l'idéologie libertarienne originale on ne remet pas en question l'armée, laquelle permet la souveraineté et la propriété des citoyens d'une population donnée, il serait néanmoins grand temps de moderniser la théorie et d'attaquer cette dépense inutile.

Libérer de la contrainte d'entretenir une armée, de l'équiper et de nourrir le complexe militaro-industriel en déclenchant des guerres souvent illégales (le contraire absolu de l'idéologie libertarienne), nos sociétés seraient beaucoup plus riches et libres.

Si vous trouvez que je m'éloigne du sujet original, c'est que je ne cherche pas tant à critiquer l'application de vos principes dans un cas particulier (celui de la presse) à critiquer les principes eux-mêmes par rapport à un sujet connexe.

En définitive, instaurer du jour au lendemain les principes libertariens ne se fera qu'à travers une révolution, et qui sait quels écarts peuvent naitre d'une telle révolution? Et si vous faites advenir ces changements d'une manière graduelle, vous libérez des pans de l'économie, lesquels sont intriqués à d'autres pans que seront pas du tout libérés, n'y aura-t-il pas contamination, corruption entre les sphères libérées et celle qui ne le sont pas?

En somme, je considère que toute nouvelle action, par exemple une dérèglementation est une forme d'intervention par rapport au statu quoi qui génèrera des déséquilibres peut-être structurels qui n'auront rien à voir avec un monde idéal entièrement libéré...

C'est le genre qu'un partisan farouche oublie de voir, la praxis...

Sébas

@ derteilzeitberliner qui écrit:

"Mais bon, peu importe, je pense qu'on se croise assez pour savoir qu'on a des affinités intellectuelles :)"

*

Mais bien sûr. Et je trouve que vous avez plusieurs bon arguments concernant presque toutes les cies du Québec qui profitent "du corporatisme et de l'étatisme québécois"(sic).

Ça me fait penser à une citation de Reagan:

"If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it stops moving, subsidize it."

J'aime beaucoup cette citation aussi:

"I have wondered at times what the Ten Commandments would have looked like if Moses had run them through the US Congress."

*

En tout cas, j'aime plusieurs de vos idées, placées ici et ailleurs.

p.s.
J'aime bien taquiner aussi.
;-)

Sébas

@ l'engagé qui écrit:

"j'articule ma position sur la possibilité que certaines zones de l'activité humaine soit épargnées par le marché"

Vous monologuez encore...

Et parler de marché, lorsque nous parlons de liberté (condition sine quo non pour TOUS les créateurs), c'est jouer avec les mots.

Et j'ai répondu:

Justement, si vous commenciez par répondre à ces questions:

http://www.leblogueduql.org/2010/11/la-perversion-journalistique.html?cid=6a00d8341cb44a53ef0147e03dc85f970b#comment-6a00d8341cb44a53ef0147e03dc85f970b

... vous constateriez qu'Hollywood ne ferait pas long feu et que TOUS les artistes/créateurs/penseurs pourraient jouer sur le même pied.

Mais -comme tant d'artistes- vont aimez mieux dépendre de l'état et défendre leurs subventions, que de revenir les 2 pieds sur terre, pour comprendre 1 ou 2 trucs par rapport à LA réalité (dont LA réalité par rapport à la nature humaine).

Mieux encore, presque toutes les grandes inventions, presque toutes les grandes oeuvres, presque tous les grands philosophes ou grands penseurs, etc, n'étaient PAS subventionnés par l'état (cela A rapport avec LA nature humaine... que tant de collectivistes 'oublient').

J'ai lu votre long discours archi garni d'idées reçues (et ce n'est pas parce que 10 000 "créateurs" -il faut le dire vite- ou 10 000 "grands" penseurs modernes -presque tous subventionnés, d'une façon ou d'une autre- répètent la même bouillie pour les chats, que cela la rend plus vraie), et de belles intentions, mais presque rien n'est ancré dans la réalité.

La créativité, la vraie créativité, ne se retrouve que très rarement dans les grandes entreprises (là, je sais que vous êtes d'accord avec moi), ou dans les carcans étatiques (Un carcan social est un milieu social replié sur lui-même, où il est difficile d'introduire des idées nouvelles.).

Donc, il faut prendre presque tout ce que vous dites, et arriver aux conclusions contraires.

D'ailleurs, la plupart des libertariens ne sont pas subventionnés pour leurs recherches, leurs sites, etc, et c'est ce qui fait notre force.

***

Vous dites:

"Si l'économie dans une société dépend d'un ensemble de facteurs incroyablement complexes"


Rendue tellement complexes, SOUVENT 'grâce' à toutes les interventions de l'état.

Et c'est justement parce que les interactions humains sont "infinies", que l'état ne devrait JAMAIS essayer de s'immiscer dans nos vies (ou dans l'économie), car il cause toujours plus de problèmes avec ses "solutions".

***

Vous dites:

"J'ai également profité de l'occasion pour souligner une autre contradiction : vous faites un billet sur la presse, mais vous attaquez très peu les militaires."

Un peu de lecture, avant d'affirmer SANS SAVOIR:

http://www.google.ca/search?hl=fr&client=firefox-a&hs=SrH&rls=org.mozilla%3Afr%3Aofficial&q=site%3Awww.leblogueduql.org%2F+bush&aq=f&aqi=&aql=&oq=&gs_rfai=


***

Vous dites:

"J'ai voulu expliquer que réduire progressivement le rôle de l'État et les subventions dans les sphères de la culture génèrerait des effets pervers imprévus, certaines institutions tireraient un avantage indu du désengagement de l'état dans les petits marchés."


J'ai déjà répondu à ça, mais vous REFUSEZ de dialoguer.

Vraiment, vous n'êtes PAS sincère dans votre démarche, vous vous servez de ce site, pour faire VOTRE propagande.

Chou !!!

Sébas

@ l'engagé qui écrit:

"Et si vous faites advenir ces changements d'une manière graduelle, vous libérez des pans de l'économie, lesquels sont intriqués à d'autres pans que seront pas du tout libérés, n'y aura-t-il pas contamination, corruption entre les sphères libérées et celle qui ne le sont pas?"

*

Ça dépend comment cela est fait, vrai !

Mais est-ce que cela rend le statu quo plus acceptable?
NON.

Et est-ce que cela justifie toutes les interventions de l'état dans nos vies?
NON.

Et est-ce que cela justifie d'augmenter les interventions de l'état dans nos vies?

ENCORE MOINS:

"La loi des conséquences adverses ignorées:

L'une des lois de l'économie la plus universellement vérifiée, et la moins comprise des politiciens, est la loi des conséquences inattendues, le terme devant ici être compris comme "non anticipées", "law of unintended consequences", qui postule que toute action sur un système complexe entraîne toujours des effets secondaires non anticipés par celui qui entreprend l'action, effets qui souvent tendent à contrecarrer, voire réduire à néant ses résultats escomptés."

Suite:
http://blog.turgot.org/index.php?post/Benard-effets-pervers2

l'engagé


La liberté à laquelle vous vous référez est en définitive celle du marché, on est loin chez les libertariens de la conception de la liberté positive qui donne les moyens de réaliser la dite liberté. Sans une certaine égalité, cette liberté pour moi signifie être prisonnier des déterminismes, lieux de naissance, classe sociale.

B Vallé donnait l'exemple de Baudelaire, mais Baudelaire était d'origine bourgeoise, c'était un dandy (et ce sont ses propres excentricités qui l'ont conduite à la ruine), Wittgenstein venait d'une des familles les plus riches de Vienne, mes exemples sur la culture des commentaires précédents permettent aux gens d'origine modeste de contribuer au savoir.

Quand aux militaires, s'il est vrai que QL a beaucoup écrit sur l'ère Bush, les billets des 2 derniers mois n'en parlent pas, alors que c'est pour ma part l'ennemi à abattre.

Enfin, je ne viens justement pas faire de propagande, or QL est un site d'échanges pour faire connaitre votre idéologie pas pour parler entre vous. Je prends la peine d'expliciter ma «bouillie pour les chats» et j'égratigne au passage ceux qui utilisent des concepts incorrectement tout comme on me fait la leçon sur mon amalgame des idéologies libertariennes. Je suis loin d'être un esprit postmoderne qui croit que tout est relatif, mais je crois effectivement avoir répondu honnêtement aux questions de Sebas : que la promiscuité en l'État et les intérêts privés soit d'abord imputée à l'état ou qu'elle soit plutôt le fait du privé ne change rien, pour ma part, c'est avant tout un manque de transparence et d'implication de la société civile qui est en cause dans les problèmes qu'il soumet en exemple.

Je crois qu'à partir du moment où nous sommes en société, que nous ne pouvons pas remettre notre destin à des choix de consommation et qu'il faut plutôt activement occuper l'état, comme citoyens, plutôt que le démembrer. Je préfère la possibilité de voter des lois, à celle de n'avoir que le choix entre acheter ou pas.

Par exemple, Marianne stipulait à juste titre que c'est une clique qui décide de ce qui sera subventionné ou non et je partage son indignation, mais nous pouvons réclamer des changements, nous sommes potentiellement dans une démocratie, à nous de la faire advenir en participant. En ce sens, Marianne pourrait militer pour rendre moins opaque le fonctionnement de Telefilm Canada, peut-être que des citoyens peuvent former les comités et voter sur les scénarios et ainsi nous libérer de fonctionnaires inutiles. Voilà un changement possible. Mais le jour ou le privé seul produit des films, le quidam achète ou n'achète pas, mais il n'a pas de droit de parole ou d'action, en raison même du droit sacré de la propriété.


Enfin, on parle constamment de réalité ici en signifiant que mes discours sont de la brume, mais les exemples dont je parle concerne le monde réel (avec ses dysfonctionnements) et on me compare constamment ce dernier à la théorie. C'est cette dernière qui est un rêve.

Pouvez-vous m'indiquer un état libertarien et me décrire son fonctionnement, me fournir des éléments de comparaison et me donner des exemples concrets afin de me convaincre que vous êtes dans la réalité?

Vous écrivez ici que les économistes ne comprennent rien à la structure des crises, mais c'est facile à dire sans offrir votre propre modèle fonctionnel. Et que l'on cesse d'utiliser les anciens pays de l'Est, nous parlons de transformer nos propres sociétés, lesquelles n'ont pas connu ce genre de dérives pendant qu'elles était plus à gauche. Vous devez d'ailleurs reconnaitre que c'est plutôt la droite, en Amérique, qui a bafoué les libertés civiles.

Montrez-moi ce Liberianistan sur la carte avant de me dire que je ne suis pas dans la réalité et que ce sont vos modèles qui sont «vrais». Et vous n'avez pas vous-même répondu à une question que j'ai posé il y a plusieurs mois :

S'il est vrai que l'État a corrompu les économie, ça veut dire qu'une partie de ceux qui se sont enrichis l'ont fait grâce à lui. D.marrer un monde libertarien ne revient-il pas à leur donner un avantage indu par rapport à ceux qui n'ont pas eu cette chance, est-ce que ça ne donne pas une longueur d'avance aux tricheurs. Ne faudrait-il pas tous partir du même point pour réaliser l'idéal libertarien? Comment y parvenir sans «suspendre» momentanément la liberté?

Mathieu NV

«Pouvez-vous m'indiquer un état libertarien et me décrire son fonctionnement, me fournir des éléments de comparaison et me donner des exemples concrets afin de me convaincre que vous êtes dans la réalité?»

Vous voulez avoir des exemples concrets?

Je vais dire en premier lieu que l'idéologie libérale classique (rien à voir avec les pseudo-libéraux de nos jours qui ont probablement jamais lu un ouvrage de Toqueville, Bastiat ou Mises) entre sous une idéologie tellement importante au début du 19ème siècle que cela a carrément été à la base de notre société occidentale aujourd'hui.

La Suisse, Hong Kong, la Nouvelle-Zélande (avec des réformes importantes entreprises sous Roger Douglas, un ex-ministre des finances du Parti Travalliste), la Suède (où que l'on peut choisir l'école de son choix avec un bon), le New Hampshire (Live Free or Die ne sont aucunement des mots en l'air dans cet état), le Montana, l'Idaho, le Wyoming et le Dakota du Sud. On peut ajouter aussi le Costa Rica et même le Chili depuis 20 ans qui a fait des progrès incroyables. La Corée du Sud et Taiwan depuis 15 ans ont aussi fait des progrès immenses.

Et puis, regardez ce graphique: http://www.antagoniste.net/WP-Uploads/2010/11/RecessionDeficit281110.gif

Mathieu NV

«Vous devez d'ailleurs reconnaitre que c'est plutôt la droite, en Amérique, qui a bafoué les libertés civiles.»

Les collectivistes ont bafoué les libertés civiles.

Honnêtement des genres comme Trudeau (à part sa première année) ou FD Roosevelt ne sont pas des gros défenseurs des libertés civiles individuelles. Et même, là, Tommy Douglas était un adepte de l'eugénisme.

«Mais le jour ou le privé seul produit des films, le quidam achète ou n'achète pas, mais il n'a pas de droit de parole ou d'action, en raison même du droit sacré de la propriété.»

L'état ne sera jamais une institution indépendante pour les créateurs.

Rien n'empêche quelqu'un de produire des films sans subventions comme certains créateurs le font. Même qu'aujourd'hui, c'est encore plus facile avec le fait que la technologie est relativement facile à avoir avec l'aspect numérique.

«Je crois qu'à partir du moment où nous sommes en société, que nous ne pouvons pas remettre notre destin à des choix de consommation et qu'il faut plutôt activement occuper l'état, comme citoyens, plutôt que le démembrer. Je préfère la possibilité de voter des lois, à celle de n'avoir que le choix entre acheter ou pas.»

Mises a un élément dont j'aime beaucoup, c'est le fait que notre société contemporaine est beaucoup trop complexe économiquement et socialement pour être dirigée de façon centralisée par un état. C'est pour cela qui tous les régimes qui ont décidés de centraliser l'économie avec la planification centrale ont finit par planter tôt au tard.

Mais d'un sens malgré qu'on puisse tous être effrayé à première vue de vivre dans une société où que nous avons tous des intérêts et des objectifs divergents, cela amène des choses exceptionnelles. Par exemple, ce qu'on utilise pour communiquer ensemble nos idées présentement à été grandement développé de façon autonome par des gens qui avaient un intérêt un peu «étrange» de vouloir développer un réseau militaire et éducatif en l'amenant plus loin pour ensuite le rendre accessible au grand public. Et encore, peu importe ce qu'on dit sur Bill Gates et Microsoft, l'invention d'un interface graphique en tant que Windows (et bien entendu Mac l'a aussi développé à sa façon) est venu d'un «geek» qui a rendu le PC simple de façon graphique pour la personne «non-geek».

l'engagé

Merci pour les exemples, par contre je n'ai jamais dit vouloir être pour la centralisation...

Je vais examiner vos exemples, par contre l'histoire de Hong Kong, démarre plutôt mal, traité de Nankin, Guerres de l'opium, je trouve que cette agression contredit pas mal de principes libertariens... D'autant plus que l'empire britannique colonial est un modèle d'impérialisme où l'État se mélangeait aux intérêts privés. On est vraiment hors sujet, mais êtes-vous sûr de vouloir soumettre votre exemple à une analyse?

l'engagé

Je demandais des exemples concrets, depuis la «panne» j'avais oublié de revenir ici.

Voici quelques mises à jour pour la Suède :

D'après «l'Encyclopédie de l'état du monde» , les impôts et taxes en Suède en font le pays le plus imposé d'Europe, 51% du PIB (2008).

Autres chiffres qui proviennent de l'ambassade de France en Suède : La Suède est le pays de l'OCDE où les prélèvements obligatoires étaient les plus élevés : ils représentaient 50,8% du PIB en 2003 (devant le Danemark et la Belgique).
La France occupait le 5ème rang avec une pression fiscale de 44,2%.

Le taux suédois d 'impôt sur les sociétés (IS) est de 28%, soit l'un des plus faibles d'Europe.

Pour les individus, au total, le taux de prélèvements obligatoires sur les revenus varie de 36,4% à 53,2% du revenu imposable.
Le taux de l 'impôt sur les capitaux est de 30%, sur le montant net imposable.
La taxe sur la vente d'actions ou de titres est de 30%.

L'impôt sur la fortune
Cet impôt frappe, depuis le 1er janvier 2004, au taux de 1,5%, tout patrimoine dépassant le seuil de 1,5MSEK (162.000€) s'il est détenu par un individu, ou le seuil de 2MSEK (215.000€) s'il est détenu par un ménage.

La TVA
Connue sous le terme de « moms » (diminutif de mervärdesskatt), la TVA représente environ un quart des ressources de l'Etat suédois, soit davantage que les impôts directs. Le taux ordinaire est de 25% sur le prix hors taxes des biens et des services. Depuis 1996, un taux réduit de 12% est applicable aux produits alimentaires (incluant l'eau potable, mais excluant les boissons alcoolisées), services hôteliers, services de transports de passagers et importations d 'œuvres artistiques.
Les journaux quotidiens, les livres, les tickets de cinéma et autres spectacles (cirque, théâtre, événements sportifs...), exonérés jusqu'au 31 décembre 1995, doivent aujourd'hui acquitter une TVA au taux réduit de 6%. Depuis le 1er janvier 2001, la TVA sur le transport intérieur de passagers (train, taxi, avion ...) a été ramenée de 12 à 6%. Le taux de la TVA sur les livres et les magazines a également été ramené à 6%, depuis le 1er janvier 2002.


J'en appelle aux libertariens qui me critiquent d'ordinaire, peut-on qualifier la Suède d'exemple concret de l'application des principes libertariens, avec une telle fiscalité?

Mathieu NV

«J'en appelle aux libertariens qui me critiquent d'ordinaire, peut-on qualifier la Suède d'exemple concret de l'application des principes libertariens, avec une telle fiscalité?»

Des bons pour choisir l'école de son choix, des hôpitaux privés ou du transport en commun géré de façon privée, c'est déjà mieux que rien!

Oui, l'impôt sur le revenu est élevé, mais autant dire que celui-ci est moins «progressiste» qu'au Canada. En d'autres termes, TOUT le monde paye et il n'y a pas un 40% de la population qui ne paye pas d'impôts sur le revenu.

«In the early 1990s a deep recession forced Sweden to abandon a lot of the excesses from the 1970s and 1980s. Marginal tax rates were cut, the central bank was made independent, public pensions were cut and partially privatized, school vouchers were introduced, and private providers were welcomed in health care. Several markets were deregulated, like energy, the post office, transportation, television and, most importantly, telecom, which opened the way for the success of companies like Ericsson.»

http://reason.tv/video/show/508.html

Malgré tout, c'est un modèle qui est loin d'être parfait, j'en conviens. Par contre, la seule raison dont ce modèle a pu continuer dans le temps c'est en se reformant considérablement.

Et encore au Danemark, surprise: http://derteilzeitberliner.wordpress.com/2010/11/26/meme-de-gauche-les-danois-aiment-les-hopitaux-prives/

Mathieu NV

Aussi voir l'exemple sur la Suède ici:

http://descoteaux.argent.canoe.ca/?p=451&preview=true

l'engagé

Vous prenez les choses à l'envers les taux sont moins «progressifs», parce que les salaires eux le sont et ça c'est le propre d'une vie syndicale pour le moins surprenante : «La notion de salaire minimum n’existe pas dans notre système social et quand nous l‘entendons, nous pensons immédiatement à un système fixé par la législation comme cela se pratique dans un certain nombre de pays en Europe. Chez nous le concept usuel est celui de salaire de démarrage, c’est-à-dire du salaire qui est payé quand on commence à travailler. Etablir ce niveau est crucial car c’est à partir de là que l’on va pouvoir discuter les augmentations futures. Ce salaire de démarrage est habituellement discuté au niveau sectoriel par les seuls syndicats et organisations d’employeurs. Et le débat est âpre, notamment ces temps ci, car nous exigeons que ces salaires de démarrage soient revus à la hausse alors que les employeurs voudraient qu’ils baissent, arguant du fait que cela pourrait permettre de créer plus d’emplois. Notre système de négociation collective, couvre environ 90% du marché du travail, ce qui laisse théoriquement 10% de l’économie sans règle, notamment sur les salaires. Mais de fait, la majorité des employeurs non affiliés appliquent volontairement les dispositions des accords collectifs salariaux. Même les intérimaires sont couverts par une convention collective spécifique, qui inclut la notion de salaires de démarrage.»

Source : Mats Essemyr est responsable national au sein du syndicat suédois TCO (confédération des « cols blancs »)

Quant au choix des écoles, le MELS ne finance-t-il pas au Québec 60% des couts de formations des élèves au privé?


Permettez-moi un copier-coller de la chronique de Éric Le Boucher du Journal «Le Monde» (disponible ici :http://citoyen.eu.org/doc/modele-suedois.php)

«Le gouvernement engage alors une série de vastes réformes. L'administration est complètement repensée autour de 13 ministères et 300 agences. Le capital de ces dernières est soit public soit mixte, comme pour La Poste ou les télécoms. Certaines fonctions sont entièrement privatisées. Les ministères sont vidés de leurs effectifs et réduits aux hautes fonctions d'arbitrage politique. Parallèlement, le gouvernement décide d'élever les crédits de la recherche-développement à plus de 4 % du PIB (la moyenne de l'Union européenne est 2,5 %) et de couvrir le pays d'un réseau large bande. Il crée des écoles privées et donne le choix aux parents. Le nombre de places à l'université passe de 200 000 à 300 000. Des petites cliniques privées sont autorisées. Une retraite complémentaire par capitalisation est introduite et les pensions sont liées aux performances économiques du pays.

Cette " stratégie du renouveau", résume Thomas Östros, se décline en trois volets : 1) une ouverture à la compétition et aux forces du changement ; 2) un effort massif pour l'innovation, les universités, la recherche ; 3) un Etat qui reste fort, mais qui a été entièrement adapté. »


La grande réussite de ce pays, comme celle par ailleurs du Danemark, a été de trouver le moyen de conserver une grande sécurité pour les individus tout en donnant toute la flexibilité nécessaire à l'économie : d'où le néologisme de la "flexécurité". Le modèle scandinave est le seul à la fois juste et efficace en Europe, selon l'économiste André Sapir (notre chronique du 23-24 octobre). Le modèle anglo-saxon est efficace, mais inéquitable, le modèle franco-allemand est équitable, mais inefficace (trop cher), et le modèle latin est à la fois inefficace et inéquitable. Le choix est donc de glisser soit vers l'anglo-saxon, soit vers le nordique.

Copier la Suède, est-ce possible ? Deux objections sont formulées. La première tient à la petite taille de ce pays de 9 millions d'habitants, comme des pays scandinaves en général. L'esprit de la "maison commune" est très ancré. Surtout, 80 % des salariés sont syndiqués auprès de l'unique centrale, LO, qui est habitée par une volonté de consensus.

omine en Scandinavie un puissant "esprit civique" qui rend le modèle intransposable dans un pays comme la France, selon l'économiste Pierre Cahuc. "Les attitudes civiques sont construites à l'échelle nationale et sont enracinées quels que soient les changements de l'environnement économique. En conséquence, il est peu vraisemblable de réussir (en France) des réformes du type scandinave sans les accompagner par des politiques qui modifient les comportements des citoyens."

"Ce n'est ni une question de taille ni une question de morale, rétorque le ministre suédois, mais de modèle", autrement dit de stratégie coordonnée de réformes structurelles. La clé n'est pas de vouloir changer les mentalités, mais de proposer "beaucoup d'Etat et beaucoup de marché, les deux ensemble". "La France et la Suède sont très proches, ajoute-t-il, un Etat fort, une même structure industrielle. Nous avons démontré qu'on peut lutter et conserver beaucoup d'industries dans nos pays. Et créer beaucoup d'emplois dans les services connexes."»

On dirait «La gauche efficace» de JF Lisée, il y une grande différence entre un plan étatique de réforme qui propose une mixité dynamique entre le public et le privé, une mixité réfléchie, planifiée et la solution libertarienne de laisser de plus en plus de place au marché tout simplement.

Je rappelle que les Suédois ont aidé leurs entreprises car ils savaient qu'une compétition interne n'aurait pas permis de créer des géants capable de rivaliser avec les autres pays européens, comme quoi, faut-il systématiquement «libérer le marché» et couper le service public?

Cela dépend!

Mathieu NV

«Vous prenez les choses à l'envers les taux sont moins «progressifs»»

Comment commence le taux d'imposition en Suède ou au Danemark? 40% des gens ne payent pas d'impôt sur le revenu au Québec? Trouvez-vous cela normal?

Pour la France, je m'y attarde même pas, c'est un système qui va finir par s’effondrer, tout comme le Québec où les grandes centrales syndicales sont maintenant rendus sur le même pied que la mafia. Or, j'espère un jour que comme dans les pays scandinaves, les syndicats arrêtent de faire de la politique. Honnêtement, la situation au Québec ressemble davantage à une prise d'otage car les syndicats sont un état dans l'état. Et même cela, je me demande si leur seul but est simplement d'aller chercher plus de cotisations pour que cela servent à engraisser leurs programmes politiques.

Puis encore, je considère évidemment que le niveau de syndicalisation ne vaut absolument rien dire selon la culture populaire. Or, la France a un niveau relativement bas de syndicalisation, malgré que les syndicats exercent un pouvoir corporatiste très grand.

Derteilzeitberliner.wordpress.com

Avant de le qualifier de "surprenant", il faudrait peut-être observer qu'est-ce que le syndicalisme scandinave et se demander si ce n'est pas celui du Québec qui est le "surprenant" parmi les deux.

Pour quoi un Scandinave se syndique? Parce que ça lui rapporte.

On ne rejoint généralement pas un syndicat parce qu'on obtient une job dans une boite syndiquée. On y adhère à son entrée sur le marché du travail, et on y reste après sa retraite.

Le syndicat scandinave négocie les conventions par secteurs, aux travailleurs de s'entendre individuellement par entreprise. Par exemple, quand mon ami Lars était au chômage et qu'il était envoyé par un agence de placement à un endroit, c'était sa responsabilité de négocier le salaire en prenant l'appel.

Parce que Lars était en recherche d'emploi après sa graduation, il n'avait pas droit au chômage "normal". C'est son syndicat qui lui versait ses allocations. Syndicat qui paie aussi des formations et offre toute une aide à ses membres qui ont à se replacer. Le syndicat verse aussi une partie des indemnités de congés de maladie, offre des fonds de pension, des assurance-maladies complémentaires... et on parle aussi de rabais sur différents services.

Mais si vous dites que l'impôt scandinave est moins progressif parce que les salaires le sont au départ, allons voir.

J'ai "entre les mains" la convention collective du syndicat islandais VR qui représente les employés du commerce. Pourquoi j'ai pris cet exemple? Parce qu'au Québec, le commerce au détail est un domaine qui paye mal et où les syndicats essaient d'entrer depuis de nombreuses années.

http://www.vr.is/Uploads/VR/enska/pay_scales_sa_june_2010.pdf

Par salaire mensuel, on entend 171.5 heures de travail (semaines de 39.5) par mois payées au tarif de jour, soit du lundi au vendredi de 7:00 à 18:00. Notons que c'est un salaire minimal, les employeurs peuvent offrir plus mais pas moins.

Embauche: 162450 (1430.75$)
6 mois: 173134 (1525.14$)
1 an: 174511 (1537.27$)
2 ans: 182144 (1604.91$)
5 ans: 186289 (1641.07$)

Le seuil de pauvreté en Islande est fixé à 160000 kr par mois pour une personne seule, 337700 pour une famille de 4 (10.2% de la population). Ce n'est pas beaucoup au-dessus, alors imaginez une femme seule qui aurait 2 enfants...

L'Islande taxe le premier 200000 kr à 37.22%, moins l'exemption personnelle (uniquement pour le salarié) de 44205 kr par mois. Aucune déduction possible et pas de remboursements comme ça nous arrive ici.

Ajoutez la TVA de 25% SUR TOUT et le ticket modérateur pour avoir des soins de santé. Si on considère encore l'exemple de la mère monoparentale, l'allocation familiale doit couvrir à peine les dépenses qu'ils engendrent ainsi que les frais exigés pour l'école, les repas du midi, le transport, les activités, les frais de garde...

Une simple visite à l'épicerie vous montrera que la vie en Islande est plus chère qu'au Québec. L'électricité à Reykjavik vient d'augmenter de VINGT POUR CENT D'UN SEUL COUP! Vous devez aussi payer le chauffage, l'eau chaude et froide au mètre cube.

Et si je regarde les petites annonces, je ne vois vraiment où une personne avec si peu de revenus peut vivre. L'appartement le moins cher à Reykjavik est un 3 à demi à 616$ par mois...

Alors tout ça pour dire que, selon mes observations, le modèle scandinave n'est pas du tout fait pour une personne pauvre bien qu'elles soient bel et bien présentes dans ces pays.

Un mot sur les bons d'éducation en Suède versus les subventions au privé au Québec:

En Suède, ce ne sont pas les écoles qui sont subventionnées mais les élèves. Les écoles doivent donc compétitionner entre elles afin d'attirer les enfants, et elles le font en offrant tels cours, tels sport, un suivi, etc. L'école publique A est autant en compétition avec l'école publique B qu'avec l'école privée C.

Alors, l'école A peut décider de se "spécialiser" pour attirer des enfants forts en sciences, tandis que l'école B va se créer un programme de sports. Quant à l'école C, elle pourrait offrir un enseignement bilingue ou je ne sais trop.

Parce que publiques, par contre, les écoles A et B doivent faire avec l'argent alloué par l'État. Privée, l'école C est cependant libre d'exiger des frais de scolarité supplémentaires.

La Suède n'a donc pas deux systèmes d'éducation qui se battent pour attirer des élèves, mais des écoles individuelles.

Pendant ce temps au Québec, les syndicats de professeurs se plaignent de la compétition du privé ainsi que des "classes d'élites" établies par de nombreuses commissions scolaires pour contrer la compétition du privé.

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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