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30 novembre 2010

Commentaires

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David Gagnon

Une interview d'Emmanuel Martin avec le Professeur Pascal Salin à propos de son dernier ouvrage "Revenir au capitalisme pour éviter les crises":

http://www.dailymotion.com/video/xcclqg_salin-pour-eviter-les-crises_news

Union Révolte

Je ne comprends pas l’obsession des libertariens à revenir à un capitalisme libre. L'humain émancipé requiert d'être propriétaire. L'humain épanoui doit pouvoir penser et organiser son travailler pour pouvoir être fier de ce qu’il vend. Il doit être propriétaire de son travail et de ses produits. Le capitalisme va à l'encontre de cela. Le capitalisme, c'est la division de la société entre bourgeois et prolétaires, entre propriétaires et locataires. Il est évident logiquement et prouvé par l'Histoire que le développement du capitalisme emmène une bourgeoisie propriétaire de plus en plus restreinte et une masse de prolétaires locataires de plus en plus grande. Le développement du capitalisme va à l'encontre des principes d'épanouissement, d'émancipation et de développement pour la majorité des humain. Votre mouvement n’a donc rien à voir avec les libertés individuelles, mais avec la liberté du Capital.

Si l'État n'a été qu'un accélérateur à la création de certains monopoles capitalistes, premièrement nationaux et maintenant planétaires, il est idéaliste de penser qu'un capitalisme basé sur la division entre bourgeoisie et prolétaire est viable à moyen ou à long terme. Même le célèbre penseur libertarien Joseph Schumpeter, qui idéalisait également les vertus du capitalisme, savait que l'essence-même du capitalisme portait les bourgeons de son effondrement. S'il était en défaveur des idées socialistes et communistes, c'est qu'il à cru à tord que la majorité d’entre eux remettaient en cause les fondements-même de la loi de l'offre et de la demande, ainsi que la libre circulation des marchandises et des travailleurs. Sachez par contre que les tendances marxistes des socialistes et communistes ne remettent pas en cause ces principes fondamentaux du libre épanouissement de l'Homme.

C'est l'aboutissement historique de la société actuelle qui permet aux bourgeois de s'enrichir comme ils le font. Cela n'a pas toujours été ainsi et le concept-même de profit n’a pas toujours eu la forme qu’on lui apporte aujourd’hui. Il serait donc normal que la société, la logique et les intérêts de la majorité prime sur les intérêts de la bourgeoisie. Celle-ci devrait être redevable face à la société et à l'histoire autant que la société lui est redevable en lui offrant plus de richesse et donc de pouvoir.

Si l'on qualifie l'État moderne d'État bourgeois, c'est qu'il repose sur l'acquisition de richesse par la bourgeoisie pour pouvoir agir, par l'impôt et les taxes. Ce sont les entités privées qui ont le pouvoir d'imprimer la monnaie, ce sont elles qui décident à quel projet elles accordent le financement, et aujourd'hui, tout dépends de ces prêts accordés par les banques. Le profit n’est pas nécessairement réfléchi à long terme et la désertification de l’Afrique par la monoculture en est une preuve accablante. Il est facile d'imaginer un système inverse, si ce serait les collectivités qui imprimaient la monnaie selon les besoins essentiels de la population (logement, nourriture, santé, éducation, etc.) et qu'ensuite, les intérêts privés pouvaient faire du profit sur cette création monétaire. Le système serait inverse. La monnaie n’est qu’un outils de développement social après tout. Il n’est pas la richesse en soit.

Le pouvoir entre bourgeoisie et prolétaire serait au moins plus équilibré dans un système où la création monétaire se ferait d’abord sur l’essentiel : reboisement, dépollution, construction d’hôpitaux, d’écoles, salaire des services essentiels, etc. Un système pareil ne peut évidemment pas subsister avec le système actuel de la monnaie dont la banque centrale en a le monopole. Un tel système requière une monnaie semblable à la monnaie timbrée (ou monnaie fondante) utilisé, par exemple, lors de l'expérience de Worgl, dans les années 1930. Cela n’est qu’un exemple, mais le principe central est de mettre l’intérêt de l’Homme et de la Nature comme prémisse à la création de richesse et non l’inverse. Les libertariens devraient utiliser leur créativité ainsi que leur connaissances en économie pour créer un système innovateur et respectueux de l'Homme et de la Nature, pas seulement respectueux de la bourgeoisie et de son profit.

http://unionrevolte.blogspot.com

Steven

@Union révolte

Je dois admettre que vous êtes très éloquent dans la façon d'exprimer vos idées. Ceci étant dis, approfondissons donc certaines de vos affirmations. On s'entend, bien qu'elles soient joliment exposées, elles demeurent superficielles.

Tout d'abord, vous affirmez:
"Il est évident logiquement et prouvé par l'Histoire que le développement du capitalisme emmène une bourgeoisie propriétaire de plus en plus restreinte et une masse de prolétaires locataires de plus en plus grande"

Bon bien, si tel est le cas, démontrez-moi le mécanisme menant à la cartelisation et ensuite au monopole des bourgeois propriétaire. Rappelez-vous, vous ne pouvez pas mentionnez la complicité de l'État! Autrement, ce n'est plus le véritable capitalisme, c'est du corporatisme avec un niveau d'intervention de l'État concentrant du capital entre certaines mains grâce à la coercition étatique. Après tout, vous dites que l'État fait accélérer les choses mais qu'il n'est pas la cause!

"Sachez par contre que les tendances marxistes des socialistes et communistes ne remettent pas en cause ces principes fondamentaux du libre épanouissement de l'Homme"

Ok... Encore une belle affirmation. Mettons un peu de viande autour de l'os! Comment ferais-je pour m'épanouir sachant que, dans un tel système, tout le monde doit non seulement avoir l'égalité des chances (ce que prone le liberalisme économique) mais l'égalité des résultats (ce que prone le socialisme, communisme, etc.)? Rappelez-vous, si j'ose me faire un peu plus d'argent à cause d'une bonne idée concrétisé ou si j'essaye tout simplement de me faire un peu plus d'argent pour arrondir les fins de mois, je suis passible d'un crime. C'est ce qui arrivait en URSS où il y avait tout une économie souterraine à cause de ceci. Si tout doit être nivelé vers le bas, afin de refléter l'égalité des résultas, est-ce que je serai condamné à accepter mon sort sans possibilité de l'amélioré?

"Ce sont les entités privées qui ont le pouvoir d'imprimer la monnaie, ce sont elles qui décident à quel projet elles accordent le financement, et aujourd'hui, tout dépends de ces prêts accordés par les banques."

Donc, qui nomme le président de la Fed? Est-ce que la banque centrale du Canada est une société de la couronne? À qui le président de la banque centrale du Canada se rapporte-t-il? Il est facile de dire aux gens qu'une société est "en principe" privé pour tromper les personnes sur l'influence que qu'ont les politiciens sur la création de la monnaie. Pourquoi ces banques centrales ont-elles le monopole? Est-ce que c'est l'État qui confère ce monopole? Pourquoi accorderait-il se monopole s'il n'en bénéficie pas?

"Il est facile d'imaginer un système inverse, si ce serait les collectivités qui imprimaient la monnaie selon les besoins essentiels de la population (logement, nourriture, santé, éducation, etc.) et qu'ensuite, les intérêts privés pouvaient faire du profit sur cette création monétaire. "

Comment déterminerions-nous ce qui constitue une collectivité? Est-ce que ce serait une ville, un pays, une province, un quartier, une rue, un regroupement de 6 maisons? Qui déterminerait ce qui serait les besoins essentiels d'une population et quels barems seraient utilisés? Un chef de collectivité? des référendums à tout coups? des groupes de pressions? Comment ferions-nous en sorte que ces groupes n'utilisent pas le pouvoir d'impression de l'argent qui leur serait donné pour leur enrichissement personnel au détriment des collectivités?

Curmudgeon

Pascal Salin est un excellent auteur, et qui sait exprimer les idées clairement. Il n'est malheureusement pas assez connu en France, bien qu'on l'invite parfois, de loin en loin, sur une radio ou une autre.

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Citations

  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

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